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mercredi 26 août 2009

Le monde hait ce qui est pur

Voici un poème de LI PO, un très grand littérateur chinois qui écrivait sous les TANG. Il a été traduit par François CHENG, et figure dans le livre dont j'ai déjà parlé, consacré à la poésie chinoise classique.

LAVÉ ET PARFUMÉ.

Si tu te parfumes,
ne frotte pas ta coiffe ;
Si tu te baignes,
n'essuie pas ta robe.
Sache-le bien, le monde
hait ce qui est pur.
L'homme à l'esprit noble
cache son éclat.
Au bord d'une rivière
est le vieux pêcheur :
"Toi, moi, à la source
nous retournerons !"
La pointe du poème, c'est bien entendu le "Sache-le bien, le mode hait ce qui est pur".
Et le monde se mire aujourd'hui dans les médias et le show-biz ; deux univers qui nous renvoient de nous-mêmes une image bien peu reluisante. Je relis le livre remarquable, truffé de faits, tous référencés, qui a pour titre "Le terrorisme intellectuel". En son chapitre intitulé : Liberté, Egalité, Sexualité, il démontre comment les médias, allant à l'encontre de ce que disent les démographes, les sociologues, les médecins, les moralistes, laïcs comme religieux, sur le mésusage de la sexualité, déforment la réalité. Voici un petit extrait de cette étude :
"Le 8 mars 1993, le gratin du cinéma français attribue quatre Césars au film de Cyril COLLARD, Les nuits fauves. C'est l'histoire d'un séropositif contaminant sciemment une jeune femme. "Un hymne à la vie, à l'amour étourdissant et flamboyant", estime Jack LANG. L'oeuvre est autobiographique. Tristement autobiographique : le 5 mars, trois jours avant le nuit des Césars, Cyril COLLARD est mort du SIDA. Il avait trente-six ans. [...]
"La prévention du SIDA, poursuit Jacques SEVILLIA, dès lors repose tout entière sur l'apologie du préservatif. Tous les médecins savent que ce n'est pas un moyen fiable à 100 % Mais il ne faut pas le dire : faire l'amour à n'importe quel âge, quand on veut et avec qui on veut est un droit de l'homme. Le professeur Henri LESTRADET, membre de l'Académie de Médecine, fait campagne pour expliquer que le préservatif aggravera la catastrophe : il est accusé de tenir un discours mortifère."
Quand l'abbé Pierre, le 7 avril 1994, évoque la faculté de se préserver de la contamination par la fidélité, il est hué comme le sont les pharmaciens qui refusent de vendre des préservatifs à des adolescents, ou les proviseurs qui ne veulent point installer de distributeurs de préservatifs dans leur établissement, lesquels appareils seront inaugurés en grande pompe, quelques semaines plus tard, par monsieur LANG en personne, alors ministre de l'Education Nationale, dans un Lycée parisien. C'est au cours de l'émission "Tous contre le SIDA" (toutes les chaînes, six heures ininterrompues...) que la foule présente sur le plateau conspue ces hommes et ces femmes courageux qui ne font que dire la vérité.
Le monde hait ce qui est pur. LI PO a raison. C'est pourquoi le monde du show-biz déclare chef-d'oeuvre le film de COLLARD, ce film qui nous montre comment, au nom du droit à jouir, il est possible de tuer une personne que "l'on aime". C'est ce que monsieur LANG appelle un hymne à la vie.
Le monde hait ce qui est pur. LI PO a mille fois raison. C'est pourquoi les hommes et les femmes au coeur droit ont été ridiculisés, au nom du droit à jouir, quand ils ont préféré suivre la voix étroite de leur conscience que le large chemin de la facilité.
LI PO a raison quand il dit que le monde hait ce qui est pur. Mais le monde, c'est nous qui le faisons ce qu'il est. Nous avons le droit, que dis-je le devoir, d'agir selon la vérité, et en consultant notre conscience plutôt que les éditorialistes de Libération, de Marianne ou du Monde.