Après l'avoir traîné dans la boue de l'ignominie, monsieur Cyrus VANCE vient de décider d'abandonner les poursuites qu'il avait initialement envisagé de faire contre l'infortuné (!) Dominique STRAUSS-KAHN. Il faut bien comprendre que cet abandon des poursuites ne signifie nullement que l'ancien patron du FMI est innocent (ni même coupable), mais que le procureur n'est pas assuré d'obtenir l'avis unanime (et nécessairement unanime) des jurés, en raison du manque de crédibilité de la victime supposée. Les responsables socialistes disent leur joie et leur soulagement à cette nouvelle. Ils oublient simplement une chose. C'est que le procès pénal est certes abandonné, mais que le procès civil ne l'est pas et que madame Nafitassou DIALLO a toutes les chances d'obtenir des compensations financières de la part de son agresseur supposé. Il est donc possible, aux Etats Unis de ne pas être pénalement condamné, mais d'être obligé de payer des sommes parfois considérables, à celles des plaignants dont le bon droit n'aurait pas été reconnu au pénal. Pour un esprit cartésien, la chose est impensable.
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C'est donc une bien curieuse justice que cette justice-là. Car si madame DIALLO obtient des compensations financières, il faut bien qu'elles lui soient accordées en fonction de faits avérés et prouvés. Décidément, je préfère le système inquisitoire français (malgré ses défauts) au système accusatoire américain, qui aboutit à condamner des innocents et à innocenter des coupables. Il faut avoir de bons avocats et de l'argent pour pouvoir traverser les mailles de ce système ; leurs dimensions est à géométrie variable, et notre bon La FONTAINE l'a déjà dit : "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir". J'ai bien peur que nous n'ayons avec ce feuilleton érotico-politico-financier, quelque illustration contemporaine de cet amer constat. Ceci étant dit, mes remarques ne préjugent aucunement de la culpabilité ou de l'innocence de l'ex-prévenu. Elles s'inscrivent dans une réflexion plus générale sur l'inégalité de traitement des citoyens devant la loi.
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