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mercredi 24 août 2011

Avant de partir en vacances, réponse à des objections.

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Avant de repartir pour quelques jours en vacances, (je reviens le 29) je voudrais répondre à l'objection que mon ami Yves à faite sur la validité des preuves philosophiques de l'existence de Dieu. KANT, dit-il, l'aurait ruiné, quelle que soit la preuve envisagée (ontologique, cosmologique, par la contingence et la nécessité). KANT distinguait le domaine de la raison de celui de la croyance (je me suis renseigné, voilà qui va faire plaisir à Pierre-Henri THOREUX) auquel il rapportait la foi. Mettant le sujet au centre de l'acte de connaissance, il affirmait qu'il lui est impossible de connaître l'être des choses, en raison des conditions a priori de cette connaissance, qui sont l'espace et le temps, et des catégories de l'entendement. Il n'en voit que ce qui paraît (phénomène) et non pas ce qui est (noumène). Les arguments de KANT sont très forts. Et je me rabattais sur l'expérience de la nature, du beau, de l'histoire et des mystiques. CORATINE a sévèrement critiqué la première voie. Je lui répondrai.
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Je me posais ensuite la question suivante : existe-t-il des réalités observables qui échappent aux limitations que l'espace et le temps apportent à la connaissance de la vérité ou de l'être ? 
J'ai relu le livre de Jean STAUNE (Notre existence a-t-elle un sens ? Une enquête scientifique et philosophique. Presses de la Renaissance, Paris, 2007). Lors de ma première lecture, mon attention n'avait pas été attirée par le commentaire, cité par STAUNE, que fait Bernard d'ESPAGNAT à propos de l'expérience d'Alain ASPECT, confirmée depuis par d'autres auteurs.
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Pour bien comprendre ce dont il s'agit, il faut rappeler ceci : il est impossible à la matière de dépasser la vitesse de la lumière et à l'énergie de se transmettre à une vitesse supérieure à celle-ci. Pour vérifier certaines hypothèses (je ne les détaille pas) ASPECT, GRANGER et ROGER imaginent en 1982 une expérience tout à fait remarquable. Il s'agissait de savoir comment deux particules subatomiques peuvent interagir l'une sur l'autre de manière telle que si l'observation donne un état particulier pour une particule, un état aléatoire, l'autre particule répond de manière coordonnée par le même état. Pour cela il fallait d'accomplir des mesures d'état des deux particules dans un intervalle de temps tel que la transmission d'un signal ne puisse se faire d'une particule à l'autre, celle-ci étant séparé par une distance telle que la lumière mette plus de temps à la parcourir que le temps séparant les deux mesures. Celles-ci sont réalisées dans un intervalle d'un milliardième de seconde ; la distance qui sépare les deux particules est de 12 m et il faut à la lumière quarante fois plus de temps pour la parcourir, quarante milliardièmes de seconde. L'hypothèse est donc la suivante : si la seconde particule n'est pas dans le même état que la première, c'est que le signal n'a pas pu l'atteindre ; elle n'a pas pu être informée par cette dernière. Si au contraire elle est dans le même état, il faut imaginer qu'une information dite supralumineuse a été transmise INSTANTANÉMENT, sans passer par un transfert de matière ou d'énergie. (Je passe sur les détails). Comme l'état que prend la première particule est aléatoire (et non prédéterminée avant la mesure, comme le serait celui de la seconde qui partagerait avec la première une sorte de vie commune initiale) et ne se  révèle qu'au moment de la mesure, il faut accepter la deuxième hypothèse. La réponse est implacable. La réalité ultime échappe aux conditions d'espace et de temps.
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Bernard d’ESPAGNAT, un physiciens très réputé, commente ainsi ces résultats (Un atome de sagesse. Éditions du Seuil, Paris, 1982 ; page 55) :"Un des enseignements des sciences modernes dites (par tradition) ‘de la matière’ est celui-ci : la ‘chose’, s’il en est une, qui se conserve n’est pas le concret mais l’abstrait, non pas ce qui est proche des sens, mais au contraire le nombre pur dans toute son abstraction mathématique telle que nous la révèle la physique théorique. En d’autres termes, par rapport à nos sens et à nos concepts familiers (qui en résument les possibilités), une des manières les plus pertinentes de l’évoquer est, selon moi, de reconnaître que le mot matière est mauvais et de réintroduire le beau mot d’Être."
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Bernard d'ESPAGNAT ajoute dans le même ouvrage (page 117) : "Les Idées de PLATON ne sont pas dans l'espace-temps mais elles existent indépendamment de l'esprit humain et sont les causes des phénomènes. C'est pourquoi on parle parfois, à propos du platonisme, de réalisme des essences. En ce sens-là (une réalité indépendante lointaine, probablement non située dans l'espace-temps), le réalisme philosophique d'un physicien peut difficilement ne pas être un petit peu platonicien".
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Je crois donc rationnellement et scientifiquement que la réflexion de KANT ne vaut que pour une partie du réel dont nous fixons les contours par commodité ou par incapacité, et qu'il y a une réalité ultime qui échappe aux contingences du temps et de l'espace, la seule qui vaille et qui soit vraie. Elle est en quelques sortes ce que la physique de NEWTON est à la physique quantique et à la relativité.