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mercredi 19 octobre 2016

19 octobre 2016. Nouvelles de la Résistance : l'objectivité à la sauce Libé et Inrocks ? Je me marre !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LES CITATIONS DU JOUR.
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"Mieux vaudrait pour moi me trouver en désaccord avec tout le monde que de l’être avec moi-même tout seul." (PLATON, Gorgias, 482c.)

"Mais exigez-vous donc qu’une connaissance qui intéresse tous les hommes soit au-dessus du sens commun et ne nous soit révélée que par les philosophes ? […] la nature, dans ce qui intéresse tous les hommes sans distinction, ne peut être accusée de distribuer partialement ses dons, et […] par rapport aux fins essentielles de la nature humaine, la plus haute philosophie ne peut pas conduire plus loin que ne le fait la direction qu’elle a confiée au sens commun." (KANT. Critique de la raison pure.)

Lettre de KANT (21 février 1772) à Marcus HERZ à propos de l’impartialité : "[Les activités propres à l’animer et les distractions doivent conserver les forces de l’esprit dans leur souplesse et leur mobilité] et ce faisant, l’on se trouve placé en l’état pour apercevoir l’objet toujours sous d’autres côtés et élargir son horizon depuis une observation microscopique jusqu’à une vue générale, afin d’adopter tous les points de vue concevables, de telle sorte que d’une manière réciproque se vérifie à un point de vue le jugement porté dans la perspective d’un autre."
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2. COMMENTAIRES.
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Je n’ai pas lu le livre de messieurs Albertini et Doucet qu’ils intitulent avec une grâce exquise : "La fachosphère. Comment l’extrême-droite a remporté la bataille du net". (Je vais me procurer cet ouvrage et j'en rendrai compte.) Il paraît que nos deux hommes se désolent du peu de crédit que l’opinion accorde aux journalistes et aux élites. Curieusement, ils ne se demandent pas si leurs productions médiatiques ne sont pas responsables de l’éloignement, que dis-je, de la répulsion que la bien-pensance de gauche suscite dans l’esprit de nombre de concitoyens.
Il paraît que ces messieurs sont « objectifs » (si, si). À ne lire que le titre, on se gratte le menton devant une telle affirmation. Tous ceux qui ne pensent pas comme ces appréciateurs de l’objectivité sont donc des fachos. Nous retrouvons là une des composante de l’évolution totalitaire de l’Occident, dont parle si bien Marc Weinstein dans le livre qui porte ce titre, à savoir la négation de toute subjectivité chez les êtres humains, la toute-puissance de la parole d’État, sans parler de l’omniprésence de la technoscience qui, pour une fois, a réussi en partie à échapper à la coagulation totalitaire de l’économie, de l’état et du tout technique. Pourquoi, de plus, parler de bataille ? Je ne me sens nullement ennemi de messieurs Albertini et Doucet, seulement adversaire, adversaire de leur pensée, adversaire de leurs opinions fausses, adversaire de leur idolâtrie du progrès, du multiculturalisme et du mondialisme à la sauce française. Mais ils sont mes concitoyens, et si je me sens libre (encore, mais pour combien de temps ?) de les critiquer, je leur reconnais le droit d’exprimer leurs propres idées (qui séduisent de moins en moins). Pour crédibiliser leurs dires, cependant, ils jugent et classent, horresco referens, dans la même catégorie honnie, un ensemble de sites, de mouvements, de blogs, à l’extrême-droite. Ce faisant, ils rejettent dans les ténèbres extérieures de la citoyenneté près d’un tiers des électeurs, puisqu’il est entendu de toute éternité que c’est très laid d’être à l’extrême-droite, comme si cette topographie avait un sens autre que celui que l’idéologie lui a donné.
Messieurs Albertini et Doucet devraient déjà méditer sur le Gorgias de Platon ; la citation souligne le rôle de l’accord de soi-même avec les exigences de sa conscience. Il se trouve, grâce au ciel, qu’un nombre croissant de nos concitoyens, rentrant en eux-mêmes, examinent ce que leur dit leur conscience et se moquent allègrement de ne pas penser comme les bien-pensants. Et c’est précisément la multiplication de ces réflexions individuelles qui fait pulluler des sites déclarés « fachos » (non pas par nos auteurs, mais par les "médias" et par un ensemble de journalistes, d’hommes politiques, de « philosophes » à la BHL.
La deuxième citation, celle de KANT, devrait ramener nos deux hommes à un peu plus d’humilité, et à accorder au sens commun un peu plus de crédit. Apparemment, ce n’est pas le cas.
Enfin, la dernière citation, toujours de KANT, souligne que considérer la matière sous l’angle de l’idéologie et non pas sous des angles divers (ce qui eût exigé d’adjoindre à la rédaction de cet ouvrage, des contradicteurs supposés appartenir à la « fachosphère ») est contraire à l’exigence absolue de l’objectivité et de l’impartialité.
Je n’aime pas, que dis-je ? je vomis la xénophobie et le racisme. Encore faut-il s’entendre sur ce que ces mots signifient. Quand on se réclame des philosophes des Lumières, on va un peu fouiller ce qu’ils ont dit, et on fouille non point dans les manuels scolaires de l’Éducation Nationale, mais dans la correspondance d’un Voltaire, ou d’un Diderot. Ce n’est pas la fachospère qui préconise de croiser des singes avec des Hottentotes pour engendrer une race de domestiques qui ne coûteraient pas cher. Ce sont ces philosophes qu’ils admirent, à mon avis, à grand tort.
Je suppose que mon modeste Blog est classé par ces messieurs comme agglutinable à la fachosphère. Je m’en moque complètement ; je les accuse de vouloir faire la police de la pensée contre l’opinion du peuple français. Les fachos ce sont eux. Quant à leur objectivité ? Je me marre !
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Sur la « fachosphère » de messieurs Albertini et Doucet.


Voici le début de l’article du Causeur.

"Les deux auteurs de cette “enquête” sur la Fachosphère sont Dominique Albertini journaliste à Libération, et David Doucet, plume des Inrockuptibles. Ils prétendent avoir effectué une enquête objective et dépassionné sur ce que l’on appelle la « fachosphère ». on peut légitimement avoir envie de rire à gorge déployée rien qu’en relisant la première phrase du paragraphe qui contient un oxymore de bonne taille : journaliste à Libé ou aux Inrocks « objectif ». Pour les deux auteurs, leur parole est forcément objective. Néanmoins, reconnaissons qu’ils ont malgré tout fait l’effort d’aller rencontrer les auteurs des blogs et sites estampillés « fachos » et d’essayer de comprendre leur parcours intellectuel et politique, la construction de leurs convictions.
[…]."

Je vous invite à lire la suite de l’article, grâce au lien que je donne plus haut.


mardi 12 août 2014

12 août 2014. Nouvelles de la Résistance : liberté chérie !

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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !

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1. La citation du jour.
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La citation du jour est empruntée à un ouvrage de KANT intitulé Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ?Elle est reprise par Hannah ARENDT dans l'une de ses oeuvres, consacrée au philosophe allemand. La voici :
"On dit, il est vrai, que la liberté de parler ou d’écrire peut nous être ôtée par une puissance supérieure, mais non pas la liberté de penser. Mais penserions-nous beaucoup, et penserions-nous bien, si nous ne pensions pas pour ainsi dire en commun avec d’autres, qui nous font part de leurs pensées et auxquels nous communiquons les nôtres ? Aussi bien, l’on peut dire que cette puissance extérieure qui enlève aux homme la liberté de communiquer publiquement leurs pensées, leur ôte également la liberté de penser – l’unique trésor qui nous reste en dépit de toutes les charges civiles et qui peut seul apporter un remède à tous le maux qui s’attachent à cette condition."
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2. Commentaires. 
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Voilà bien la menace que font peser sur nous les guignols qui nous gouvernent. Ils veulent établir un contrôle des contenus échangés par le canal de réseaux sociaux... Je ne sais pas comment nos compatriotes qui se prétendent amoureux de la liberté peuvent accepter cette initiative. Certes, ils ne peuvent nous empêcher de penser, les guignols, mais s'il devient impossible d'échanger le fruit de nos réflexions, où est la liberté.
La vérité est que ces gens sont des totalitaires, et des totalitaires d'une espèce infiniment plus redoutable que toutes les espèces qui les ont précédés dans le monde politique. Ils avancent masqués, ils rampent dans le silence ensoleillé des vacances, ils nous enfument.
Je vous encourage vivement à vous rendre à LYON au mois d'octobre pour assister aux journées de formation à l'objection de conscience. Je vais m'y inscrire et vous invite à faire de même.
Ce qui se dessine à l'échelle du monde, et peut-être sans qu'il y ait un gouvernement occulte qui dirige le mouvement, c'est une tentative aveugle de réduire en esclavage l'humanité pour mieux la faire consommer et enrichir quelques grossiums. C'est la raison pour laquelle je maintiens et maintiendrai le titre de mes billets : Nouvelles de la Résistance. C'est à ce monde financiarisé, matérialiste, vide de sens, jouisseur et sans pitié qu'il convient de résister. Je ne suis pas sûr que les changements politiques suffiront à faire évoluer la situation mondiale. En revanche, je suis certain que si un nombre croissant d'êtres humains prennent conscience de l'impasse ou plus exactement du gouffre dans laquelle nous précipitent ce mouvement accéléré, alors il sera possible de changer (un peu) les choses.
Les prétendus et soi-disant socialistes qui disent nous gouverner ne sont que les faux-nez d'un système qui prend sa source aux Etats-Unis et aussi à Londres : la finance, la technique, le rapport de force. Certes, la Russie n'a pas toujours été un modèle de pacificatrice, du moins l'âme de son peuple n'est-elle pas corrompue. Je suis certain qu'un jour nous verrons les deux poumons de l'Eglise du Christ, l'occidental et l'oriental, respirer au même rythme ; alors se lèvera sur notre continent un nouveau soleil. Ne nous y trompons pas : la haine que les médias stipendiés vouent à monsieur POUTINE n'a pas d'autres raisons que la liberté dont fait preuve le président russe vis-à-vis des initiatives prétendues occidentales, en vérité, inspirées par une clique de financiers plus soucieux de leur compte en banque que du bien-être de l'humanité.
Je supplie mes amis polonais de comprendre cette analyse. Notre salut n'est pas dans une alliance avec les Etats-Unis, mais dans une estime fraternelle des peuples européens.
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3. Informations.
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L'horreur à l'état pur (transmis par mon ami Dominique ; de TV Gloria), voir cette vidéo. 

http://gloria.tv/mediafile/PpXhgCwlDj7qwTH0Gk5m
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MAHKMOUR repris par les Kurdes aux fous du Califat (site du Figaro).


mardi 8 juillet 2014

8 juillet 2014. Nouvelles de la Résistance : le vrai Peuple de France et autres considérations. Deuxième billet de ce jour

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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.
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De KANT (dans Observations sur le sentiment du beau et du sublime) : 
"Je suis par goût un chercheur. Je sens la soif de connaître tout entière, le désir inquiet d’étendre mon savoir, ou encore la satisfaction de tout progrès accompli. Il fut un temps où je croyais que tout cela pouvait constituer l’honneur de l’humanité et je méprisais le peuple qui est ignorant de tout. C’est ROUSSEAU qui m’a désabusé. Cette illusoire supériorité s’évanouit ; j’apprends à honorer les hommes ; et je me trouverais bien plus inutile que le commun des travailleurs, si je ne croyais que ce sujet d’étude peut donner à tous les autres une valeur qui consiste en ceci : faire ressortir les droits de l’humanité."
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2. Commentaires.
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Je comprends tout à fait ce que veut dire KANT. Longtemps, j'ai cru que le fait d'être professeur à l'Université et chercheur me mettait au-dessus du commun des mortels. En revanche, je n'ai jamais méprisé ce que l'on appelle le Peuple qui, pour moi, est certainement le dépositaire du sens commun, du sens moral, et du sens esthétique d'une patrie. Je pensais simplement que je pouvais l'éclairer. En somme, je croyais que j'avais des choses à lui apprendre, et c'est lui qui m'en apprend aujourd'hui.

En voulez-vous un exemple ? Le voici. Il inaugurera le temps de relâche de mes billets puisque je m'absente jusqu'au 20 juillet inclus.

Il y a 6 jours, alors que je rentrais chez moi, ayant laissé ma femme et ma fille faire du shopping, une activité pour laquelle je n'ai guère d'inclination, je réalise, alors que je suis dans le métro, que je n'ai pas pris les clés de l'appartement. Tant pis. J'attendrai dans le petit parc qui s'étend entre le périphérique et l'avenue Ferdinand Buisson. Il fait beau. Il y a du soleil que filtre les frondaisons des arbres. Le parc est merveilleusement entretenu par une équipe de jardiniers dont le responsable, avec qui je discute régulièrement, a un sens inné du jardin et compose des sous-bois et des jardinières exceptionnels. Il se trouve que ce parc héberge aussi des terrains de boule et des terrains de quilles aveyronnaises et qu'il arrive à des joueurs à l'accent rocailleux du Rouergue de venir s'entraîner. C'est le cas ce jour-là. Normalement, on n'entre sur le terrain que si l'on est membre du club. Je reste donc sagement à la porte tout en m'émerveillant de l'habileté des joueurs. Ils sont quatre. L'un d'eux voit que je les observe et me fait signe d'entrer. Je ne me fais pas prier. Il m'invite à m'asseoir et m'explique patiemment les règles de ce jeu subtil, des règles assez complexes qui impliquent, notamment, qu'il faille abattre une quille déterminée pour que les points (attribués au nombre de quilles abattues plus celui du bâton de jet) soient comptés. Parmi les joueurs, (André, Bernard, Pierrot et un quatrième dont j'ignore le prénom), il y en a un qui arbore une magnifique moustache. Il ne lui manque plus que le casque ailé, le bouclier, les saies et la lance pour faire un guerrier gaulois plus vrai que nature.

Nous parlons de l'Aveyron. Je leur indique que j'ai l'intention de louer une petit appartement à MILLAU. Eux sont du Nord, et il est clair qu'il n'est pas question de les confondre avec ceux du Sud ; selon eux, ils n'ont pas tout à fait le même accent que leurs cousins méridionaux. Il faut sans doute une oreille celte pour voir la différence ! Je devine qu'à l'issue de l'entraînement, et conformément à une habitude amicale, on servira à boire.

Il me faut partir hélas, et je le fais à regret. Et l'un des joueurs me dit : "C'est dommage. On voulait vous inviter à boire un coup".

Voilà la France, la vraie, celle du partage de la parole, du lien social, des traditions, de l'amitié. Voilà la France qu'on voudrait faire disparaître sous les coups d'une mondialisation marchande, inhumaine, parfaitement aseptisée et faite pour les quelques puissants qui se partagent les richesses du monde. Je ne sais pas comment ROUSSEAU a pu désabuser KANT, et du reste je m'en moque, car comme esprit faux quoique génial on ne fait pas mieux que Jean-Jacques. Mais je sais que KANT a raison : les maîtres de sagesse ne s'appellent pas HOLLANDE, TAUBIRA, HAMON ou Bernard HENRY-LEVY. Ils s'appellent André, Pierrot, Bernard ; ils ont le visage de ces joueurs qui ont su partager leur passion avec un passant inconnu. Ils sont l'honneur de la patrie et de l'humanité. Tout le reste, c'est de la littérature.
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3. Menues et divertissantes infos.
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La carte des Provinces de France (comparez à celle de monsieur HOLLANDE).

Réforme territoriale : pourquoi pas un retour à la France des anciennes provinces ?

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Gentilles finances de monsieur SAPIN contre méchantes finances de monsieur HOLLANDE.

Monsieur HOLLANDE dans son discours du BOURGET :

«Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire», avait lancé le 22 janvier 2012 le candidat socialiste à la présidence: «Il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera pas élu. Et pourtant, il gouverne. Mon adversaire, c'est le monde de la finance.» Promis, François Hollande allait mettre au pas le monde de la finance.

Monsieur SAPIN dans son intervention à AIX-EN-PROVENCE :

Aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence dimanche, Michel Sapin, qui admet une «provocation», explique que «notre amie c'est la finance: la bonne finance». 

Cherchez l'erreur. Décidément, le temps maussade est propice à la multiplication des imbéciles (bernanosiens, bien sûr).

mercredi 21 août 2013

Nouvelles de la Résistance : que le jugement repose sur une relation authentique avec le passé, premier billet du 21 août 2013

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Il y a quelques jours, j'ai fait allusion dans un billet au livre remarquable qu'Hannah ARENDT a consacré à la philosophie politique de KANT (Juger. Sur la philosophie politique de Kant). A dire vrai, KANT n'a jamais élaboré de philosophie politique, et tout le travail d'Hannah ARENDT consiste à déduire cette philosophie de ce que KANT a dit du jugement esthétique. Ronald BEINER consacre un essai à cet ouvrage. L'abord en est difficile. Néanmoins, il jette quelques lumières fulgurantes sur la faiblesse de la pensée politique de nos actuels gouvernants, monsieur PEILLON en tête.
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Rappelons d'abord ce que dit le ministre de "l'éducation nationale" que je préférerai appeler le ministre de "l'endoctrinement national". Pour lui l'histoire de France commence avec la Révolution et il est inutile, dangereux et politiquement improductif (pour son clan, cela va sans dire) de faire la moindre allusion à ce qui se vivait en France sous l'Ancien Régime. Cette manière de voir, partagée par ses collègues du gouvernement, une manière qui nous a valu la loi que nous combattons, prive les personnes du pouvoir de juger, c'est-à-dire d'attribuer une valeur à telle action, tel acte, telle initiative.
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Ronald BEINER explique lumineusement en quoi ce point de vue est gros de danger. "L'ascendant croissant du pouvoir de la volonté (analysé par HEIDEGGER) est cause du concept moderne de progrès historique, qui, à son tour, constitue une menace pour la faculté de juger : car le juger repose sur une relation authentique avec le passé. Dans la mesure où l'on épouse l'idée d'un progrès de l'humanité et où l'on subordonne, de ce fait, le particulier (l'événement) à l'universel (le cours de l'histoire), on renonce à la dignité qui provient de ce qu'on juge le particulier pour lui-même, indépendamment de sa relation à l'histoire universelle du genre humain." Et BEINER note que le travail d'Hannah ARENDT sur KANT se termine sur l'idée que croire au progrès veut dire "qu'il n'est pas de lieu où nous puissions nous arrêter pour poser sur le passé le regard rétrospectif de l'historien".
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Il est très important de souligner qu'Hannah ARENDT a énormément travaillé la question du totalitarisme. Sa conclusion éclaire tout à fait les raisons pour lesquels les "progressistes" font passer par profits et perte les horreurs révolutionnaires des guerres de Vendée ou du 10 août 1792 (où des émeutiers on cloué à coup de baïonnette sur le corps de son père assassiné un enfant de 10 ans) au regard de l'immense avancée que constitue selon eux la conquête de la liberté (!), de l'égalité (!!) et de la fraternité (!!!). La même myopie explique pourquoi l'on encense CHE GUEVARA qui fumait le cigare pendant qu'on fusillait sous ses yeux des dizaines d'opposants cubains à FIDEL CASTRO). La même considération progressiste fait ignorer à madame TAUBIRA les leçons du passé, sur la famille, la filiation, la paternité, la maternité. Or la culture, n'en déplaise aux adeptes de la "modernité", c'est bien l'ensemble des savoirs, des techniques, des pratiques artistiques, des conduites sociales, etc. que nous ont transmis nos ancêtres pour nous éviter d'avoir à refaire le même chemin qu'eux. En somme, nos gouvernants veulent nous empêcher de penser en nous empêchant de juger. Eh bien je ne marche pas dans la combine ! Et la pensée d'Hannah ARENDT me paraît autrement plus profonde et articulée que les fumeuses idées de nos ministres.
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vendredi 9 août 2013

Nouvelles de la Résistance : que les souverains ne reconnaissent aucun droit au peuple, premier billet du 9 août 2013

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Trouvé dans l'ouvrage d'Hannah ARENDT, Juger. Sur la philosophie politique de KANT, un extrait de l'essai du maître de l'idéalisme, le Conflit des facultés, un constat qui s'applique particulièrement à monsieur HOLLANDE et à la manière dont il a traité la question du mariage dit "homosexuel" :
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"Pourquoi un souverain n'a-t-il jamais osé dire ouvertement qu'il ne reconnaît aucun droit au peuple, contre lui [...] ? La raison en est qu'une déclaration publique de ce genre révolterait tous les sujets contre lui : encore que, comme des moutons dociles, conduits par un maître bienveillant et sensé, grassement nourris et énergiquement défendus, ils n'aient aucunement à se plaindre qu'il manque quelque chose à leur bien-être."
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Un droit  est la reconnaissance par la loi de ce qui est dû à un être humain, ou à des communautés humaines. Le peuple français a le droit de donner son avis sur des questions aussi importante que la filiation, et le mariage n'est pas dû aux couples homosexuels, pas plus que celui d'élever un enfant qui n'a pu être engendré, conçu ou enfanté "naturellement". C'est aussi simple que cela. Monsieur HOLLANDE en faisant intervenir ses service auprès de son frère maçon, monsieur DELEVOYE, n'a pas reconnu au peuple français le droit constitutionnel de pétition citoyenne. En accordant aux homosexuels le "droit" au mariage, monsieur HOLLANDE a utilisé la souveraine liberté et le mépris glacé des souverains vis-à-vis de leurs sujets ; il n'a pas accordé un droit aux homosexuels, il a donné une latitude ou une licence (dans tous les sens du terme) à un lobby minoritaire. Mais, voilà le hic : il n'est pas capable de grassement nourrir le peuple, ni d'assurer énergiquement sa défense (le traitement réservé à l'armée en est un bel exemple ; je ne dis pas que je désapprouve, mais simplement que, dans le cadre du constat de KANT, il n'assure pas cette énergique défense, réclamée par ses sujets, les moutons). Quand la liberté est bafouée et que les ventres ne sont pas remplis à la convenance de leurs propriétaires (exception faite de celui des "élites"), il faut craindre la révolte. La limite de la démocratie à la française est là : nous sommes formellement en République ; nous sommes en réalité dans une monarchie tyrannique qu'il ne peut être question de comparer à la monarchie d'ancien régime, tant les pouvoirs de nos monarques étaient limités par les coutumes qui dressaient de solides barrières contre le bon vouloir royal. En ce moment, nous sommes dans règne du BON PLAISIR.
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Voilà pourquoi nous devons résister, voilà pourquoi nous résisterons, voilà pourquoi cela peut prendre du temps, mais cela est invincible !
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Je vous invite aussi à regarder cette très édifiante vidéo :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Rf5GasIh9lY&t=0

mercredi 24 août 2011

Avant de partir en vacances, réponse à des objections.

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Avant de repartir pour quelques jours en vacances, (je reviens le 29) je voudrais répondre à l'objection que mon ami Yves à faite sur la validité des preuves philosophiques de l'existence de Dieu. KANT, dit-il, l'aurait ruiné, quelle que soit la preuve envisagée (ontologique, cosmologique, par la contingence et la nécessité). KANT distinguait le domaine de la raison de celui de la croyance (je me suis renseigné, voilà qui va faire plaisir à Pierre-Henri THOREUX) auquel il rapportait la foi. Mettant le sujet au centre de l'acte de connaissance, il affirmait qu'il lui est impossible de connaître l'être des choses, en raison des conditions a priori de cette connaissance, qui sont l'espace et le temps, et des catégories de l'entendement. Il n'en voit que ce qui paraît (phénomène) et non pas ce qui est (noumène). Les arguments de KANT sont très forts. Et je me rabattais sur l'expérience de la nature, du beau, de l'histoire et des mystiques. CORATINE a sévèrement critiqué la première voie. Je lui répondrai.
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Je me posais ensuite la question suivante : existe-t-il des réalités observables qui échappent aux limitations que l'espace et le temps apportent à la connaissance de la vérité ou de l'être ? 
J'ai relu le livre de Jean STAUNE (Notre existence a-t-elle un sens ? Une enquête scientifique et philosophique. Presses de la Renaissance, Paris, 2007). Lors de ma première lecture, mon attention n'avait pas été attirée par le commentaire, cité par STAUNE, que fait Bernard d'ESPAGNAT à propos de l'expérience d'Alain ASPECT, confirmée depuis par d'autres auteurs.
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Pour bien comprendre ce dont il s'agit, il faut rappeler ceci : il est impossible à la matière de dépasser la vitesse de la lumière et à l'énergie de se transmettre à une vitesse supérieure à celle-ci. Pour vérifier certaines hypothèses (je ne les détaille pas) ASPECT, GRANGER et ROGER imaginent en 1982 une expérience tout à fait remarquable. Il s'agissait de savoir comment deux particules subatomiques peuvent interagir l'une sur l'autre de manière telle que si l'observation donne un état particulier pour une particule, un état aléatoire, l'autre particule répond de manière coordonnée par le même état. Pour cela il fallait d'accomplir des mesures d'état des deux particules dans un intervalle de temps tel que la transmission d'un signal ne puisse se faire d'une particule à l'autre, celle-ci étant séparé par une distance telle que la lumière mette plus de temps à la parcourir que le temps séparant les deux mesures. Celles-ci sont réalisées dans un intervalle d'un milliardième de seconde ; la distance qui sépare les deux particules est de 12 m et il faut à la lumière quarante fois plus de temps pour la parcourir, quarante milliardièmes de seconde. L'hypothèse est donc la suivante : si la seconde particule n'est pas dans le même état que la première, c'est que le signal n'a pas pu l'atteindre ; elle n'a pas pu être informée par cette dernière. Si au contraire elle est dans le même état, il faut imaginer qu'une information dite supralumineuse a été transmise INSTANTANÉMENT, sans passer par un transfert de matière ou d'énergie. (Je passe sur les détails). Comme l'état que prend la première particule est aléatoire (et non prédéterminée avant la mesure, comme le serait celui de la seconde qui partagerait avec la première une sorte de vie commune initiale) et ne se  révèle qu'au moment de la mesure, il faut accepter la deuxième hypothèse. La réponse est implacable. La réalité ultime échappe aux conditions d'espace et de temps.
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Bernard d’ESPAGNAT, un physiciens très réputé, commente ainsi ces résultats (Un atome de sagesse. Éditions du Seuil, Paris, 1982 ; page 55) :"Un des enseignements des sciences modernes dites (par tradition) ‘de la matière’ est celui-ci : la ‘chose’, s’il en est une, qui se conserve n’est pas le concret mais l’abstrait, non pas ce qui est proche des sens, mais au contraire le nombre pur dans toute son abstraction mathématique telle que nous la révèle la physique théorique. En d’autres termes, par rapport à nos sens et à nos concepts familiers (qui en résument les possibilités), une des manières les plus pertinentes de l’évoquer est, selon moi, de reconnaître que le mot matière est mauvais et de réintroduire le beau mot d’Être."
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Bernard d'ESPAGNAT ajoute dans le même ouvrage (page 117) : "Les Idées de PLATON ne sont pas dans l'espace-temps mais elles existent indépendamment de l'esprit humain et sont les causes des phénomènes. C'est pourquoi on parle parfois, à propos du platonisme, de réalisme des essences. En ce sens-là (une réalité indépendante lointaine, probablement non située dans l'espace-temps), le réalisme philosophique d'un physicien peut difficilement ne pas être un petit peu platonicien".
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Je crois donc rationnellement et scientifiquement que la réflexion de KANT ne vaut que pour une partie du réel dont nous fixons les contours par commodité ou par incapacité, et qu'il y a une réalité ultime qui échappe aux contingences du temps et de l'espace, la seule qui vaille et qui soit vraie. Elle est en quelques sortes ce que la physique de NEWTON est à la physique quantique et à la relativité.

lundi 1 août 2011

Synthèse et confession

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Les lecteurs réguliers de ce Blog  (si, si ; il y en a) doivent se demander si je suis cohérent. Tantôt, je dénonce l'arrogance des Lumières à vouloir fonder des valeurs universelles, et tantôt je soutiens qu'il y a des lois qui valent pour tous les hommes, en tous temps et en tous lieux. C'est que je ne parle pas de la même chose quand j'évoque l'arrogance d'un VOLTAIRE et de ses épigones, et la loi naturelle. J'ai promis à Pierre-Henri THOREUX, qui commentait mon billet d'hier sur la dictature du relativisme, de reprendre plus largement cette question. Ce lecteur amical et attentif met en avant l'impératif catégorique de KANT ; un tel impératif est censé fondé la morale indépendamment de toute référence à Dieu.
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Il convient de rappeler d'abord une des formulations de cet impératif : Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. Je soutiens que nombre d'êtres humains pensent agir de telle sorte que leur action puisse devenir une loi universelle. Et c'est bien tout le problème. Si j'agis de cette façon, je me fonde sur ma seule subjectivité (laquelle peut ne pas s'accorder à celle d'autrui), et je propose une norme qualifiée de morale ; je puis être sincère, mais être aussi dans l'erreur. La prétention des philosophes des Lumières étaient bien cette prétention à l'universel.
Certes, la présentation que je fais de l'impératif catégorique est très caricaturale, et KANT y ajoute bien des conditions auxquelles il est facile de souscrire, notamment ne jamais traiter autrui comme un moyen, mais toujours comme une fin. KANT, comme FENG YOULAN, souligne qu'un acte apparemment moral, mais intéressé, n'est pas moral, et il soutient que la fin de la vie humaine n'est pas le bonheur, mais une vie morale. C'est du moins ce que j'ai cru comprendre en lisant ici et là  des résumés ou des commentaires. Car j'avoue que les textes originaux sont... plutôt d'abords difficiles.
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En vérité, la seule manière d'échapper à la dictature d'une loi parfaitement arbitraire, et reposant sur des normes définies par des "experts" (Comités d'éthique Hippolyte et Théodule...), est de reconnaître qu'il existe une loi naturelle sur laquelle toutes les civilisations ont été fondées. Toutes aussi attribuent cette loi naturelle à un Dieu (créateur ou non, selon les époques et les continents). Peut-on imaginer que les hommes qui ont vécu dans ces civilisations et les ont fécondées de leur expérience, aient décrété de l'existence d'un Dieu en regardant simplement dans leur cerveau ? Sur quel réel ont-ils défini des règles à valeur authentiquement universelle (en gros et pour faire simple, les Dix Commandements) ? Un seul homme, fût-il génial, grand fréquentateur de salons parisiens, peut-il avoir raison contre des milliers de ses congénères ?
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J'ai passé quarante ans de ma vie à faire de la recherche. J'ai observé au microscope, par exemple et entre autre, la contraction de fibres musculaires humaines innervées par des explants de moelle épinière embryonnaire de rat. Il fallait que je rende avec des mots, des pauvres mots, une réalité fascinante. Je n'ai jamais cru que ma description verbale épuisait ce que je voyais, et que les idées abstraites qui me venaient en conclusion de mes observations étaient nées spontanément dans mon cerveau. Il fallait bien que j'écrive pour transmettre, mais je ne pouvais faire passer dans mes articles l'admiration que j'éprouvais devant la manifestation de la vie. Oui, Marcel DE CORTE a raison : "le concept est le fils des noces de l'intelligence et du réel". Et j'ajouterai qu'il ne l'épuise pas.
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Dans son ouvrage d'accès difficile (car la traduction française en est franchement mauvaise, lourde et trop littérale) intitulé Entre l'oralité et l'écriture, Jack GOODY, spécialiste reconnu de la littérature orale dit ceci (que je commenterai brièvement) : "Après l'introduction de l'écriture, la voix de Dieu fut remplacé par Sa main ; l'autorité de l'Ecriture est l'autorité de l'écrit et de de la parole. La religion écrite implique la stratification. L'écrit appartient au prêtre, à l'homme instruit, et est enchâssé dans la religion ritualiste ; l'oralité est la sphère du Prophète, de la religion extatique, des cultes messianiques, de l'innovation. [...] Le conflit entre le prêtre et le prophète, entre l'Église et la secte, est la contrepartie du caractère figé du texte et fluide de la parole."
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Je ne partage pas entièrement ce point de vue, si du moins l'auteur entend viser les Églises chrétiennes. (Il en va différemment s'il parle de l'islam.) En effet, il aurait dû noter que Jean donne le nom de Verbe de Dieu à Jésus, et que s'il existe une Église, c'est précisément pour éviter le fondamentalisme découlant d'une interprétation littérale des textes reçus, et pour mettre en relief le caractère sans cesse innovant de la Parole. Non, l'Église de Jésus n'est pas une Église du Livre, mais une Église de la Parole. Et je confesse ici, après avoir tant cherché, et alors que je suis dans la dernière partie de ma vie, jamais la Parole de Dieu ne m'a paru si vivante, si nourrissante, si épanouissante. Et pourtant le Maître le dit : "Vous demeurez dans mon amour si vous observez MES COMMANDEMENTS", à commencer par ceux qui sont inscrits dans la nature, sans aucun doute.
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Voilà le fruit d'une très longue réflexion, d'un très long chemin. Je n'en suis pas au bouT
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lundi 29 mars 2010

Selon que vous serez...

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Un proche qui m'est très cher et qui n'a pas voulu commenter directement sur le Blog le billet que j'ai consacré à Stéphane GUILLON et à KANT (l'homme mélancolique) me fait quelques reproches gentils auxquels je me fais un devoir de répondre ici.
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Il me dit notamment ne pas voir le rapport entre Stéphane GUILLON et la description que KANT donne de cet homme-là. Je lui ai déjà répondu, mais je le redis ici pour tout le monde. Si, il l'a vu, mais ne s'est pas formulé clairement le rapport. Je vais l'expliciter : Stéphane GUILLON est un pervers médiocre, au sens ou Cynthia FLEURY définit cette catégorie de citoyen (voir le billet portant ce titre) ; KANT est un homme qui pense, qui doute et qui respecte autrui. Stéphane GUILLON se complaît dans la bassesse, KANT dans le sublime. Stéphane GUILLON racole gratuitement la clientèle pour son spectacle au Théâtre DEJAZET, KANT sait qu'il passera pour un fantasque et un songe creux, mais persistera dans l'exigence qu'il a envers lui-même. On ne finirait pas de faire le parallèle entre l'histrion et le philosophe. Moi, je préfère le philosophe.
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Il me dit encore que je n'ai pas à parler de ce que je n'ai pas entendu. Mais j'ai lu les propos ignobles de "l'humoriste" sur le visage de fouine, le menton fuyant, et que sais-je encore de monsieur BESSON. Les journaux ont abondamment repris ces propos. Et quand je les compare à ceux que monsieur BESSON a tenu en réaction, je ne puis m'empêcher de penser qu'il a eu une attitude autrement plus digne que Stéphane GUILLON.
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Il me dit que la démocratie doit s'accommoder de la critique. J'en conviens bien sûr. Et je ris à entendre Anne ROUMANOFF qui n'est pas tendre avec le pouvoir. Elle en croque avec esprit les travers et les petites limites. Rien de cela chez monsieur GUILLON qui n'a que l'injure, l'invective, la fausse caricature, la méchanceté à la bouche. Je n'empêche personne de l'aimer. Mais on ne peut m'obliger à le faire. Mais bien sûr, il fait de l'audience. C'est bon pour la carrière des journalistes.
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J'ai vigoureusement condamné les propos de monsieur FRÊCHE sur la "tronche pas très catholique de Laurent FABIUS". Les socialistes et leurs relais médiatiques, Libération en tête, ont de leur côté dit tout le mal qu'ils pensaient de ces paroles indignes. Mais le même Libération se fend de trois pages d'apologie de monsieur GUILLON et accuse monsieur BESSON d'être mauvais joueur et de ne pas supporter la raillerie. On doit donc accepter de se voir traiter d'homme à visage de fouine, mais on ne peut accepter de se voir taxé de posséder une "tronche pas très catholique" ? Qui ne voit là la contradiction insupportable de ces moralistes à géométrie variable, dont les avis fluctuent au gré de leurs intérêts.
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J'accuse donc formellement les médias et certains politiciens de gauche de détruire l'esprit civique par de telles pratiques. Et je maintiens que je suis infiniment plus démocrate que ces tyrans de la pensée dominante, ces faux-prophètes de lendemains qui chantent, ces dialecticiens de pacotille. Je me sens le droit de les juger sévèrement, à due proportion de l'amour qu'ils prétendent avoir pour la démocratie. Ils devraient savoir que celle-ci exige de la tempérance et de la vertu, au premier rang de laquelle il faut placer le respect d'autrui.
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Je conclus en disant que la seule parole sensée que j'ai entendu cette semaine sort de la bouche de Pierre ARDITI. Il ne fait pas mystère de ses opinions. Mais il est, lui, dans le réel. Je l'ai entendu hier dire ceci qui me paraît d'une grande justesse : "il y a trente ans, le travail permettait de se loger, de se nourrir, de se vêtir, d'élever ses enfants. Cela n'est plus possible aujourd'hui. Il faut trouver là une solution à cette intolérable situation". Monseigneur Di FALCO qui était l'invité de l'émission Vivement dimanche a approuvé ce constat. Je l'approuve aussi. Et je reviendrai sur quelques solutions concrètes qui ne sont ni de gauche ni de droite, mais de bon sens.
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Bonne journée.

jeudi 25 mars 2010

Au fil des jours ou l'homme mélancolique

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J'avais prévu de commettre un billet sur divers petits événements qui ont marqué, ces derniers jours, l'espace public. Mais consacrer à Stéphane GUILLON un billet, c'est perdre son temps. Cet homme a un humour d'éléphant ; mal rasé, d'aspect malpropre sur lui, les yeux plein de ruse et le menton pointu, il se pourrait bien qu'il fût, avec cette mine, un espion chargé par AL QAIDA d'infiltrer l'audiovisuel public pour instaurer avec la complicité de BEN LADEN une république islamique... Mektoub ! Inch Allah ! Donc rien sur Stéphane GUILLON. Il faut laisser les choses basses mourir de leur propre poison.
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Je préfère vous donner ici la description qu'Emmanuel KANT fait de l'homme mélancolique. Plût au Ciel que la France fût peuplée de tels hommes !
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Donc, selon KANT, l'homme au tempérament mélancolique "se soucie peu du jugement des autres, de ce qu'ils tiennent pour bon ou pour vrai. [...] Il considère la véracité comme sublime et ne hait rien tant que la dissimulation et le mensonge. Il nourrit un sentiment élevé de la dignité de la nature humaine, s'estime soi-même et tient tout homme pour digne de respect. Toute basse sujétion lui répugne, son noble coeur respire la liberté. Il ne souffre ni les chaînes dorées qu'on porte à la cour, ni les fers pesants des galériens. Il se juge sévèrement, comme il juge autrui. Il lui arrive d'être fatigué de lui-même et du monde. [...] Il risque de devenir un fantasque ou un songe creux". (In Observations sur le sentiment du beau et du sublime.)
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J'ai rencontré KANT à KOENIGSBERG alors qu'il y dispensait ses cours de Géographie. Humour décalé ou déjanté, bien sûr. Remarque d'un fantasque et d'un songe creux.
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mardi 23 mars 2010

Le songe de Carazan

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Cité par Hannah ARENDT dans son petit livre remarquable, intitulé "Juger. Sur la philosophie politique de Kant, ce passage fameux de la Critique de la faculté de juger, ouvrage publié en 1790 par le philosophe allemand, devrait être lu par tous ceux de nos concitoyens qu'interrogent la chose politique. Le voici :
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"Ce riche avare, à mesure qu'il voyait grossir sa fortune, fermait son coeur à la pitié et à l'amour du prochain. Mais, tandis que s'éteignait en lui l'amour des hommes, la ferveur de ses prières et de ses dévotions ne cessaient d'augmenter. Ayant fait cet aveu, CARAZAN poursuit [sous-entendu : pour son interlocuteur] en ces termes : 'Un soir que, à la lumière de ma lampe, je faisais mes comptes et supputais mes bénéfices, je m'assoupis. Et je vis l'ange de la mort s'abattre sur moi comme un tourbillon et me frapper d'un coup terrible avant que je pusse crier grâce. Mon sang se figea lorsque je m'aperçus que les dés étaient jetés pour l'éternité et que je pouvais ajouter au bien ni rien retrancher du mal que j'avais fait. L'on me conduisit devant le trône de celui qui habite le troisième ciel. Astre flamboyant, il m'adressa ce discours : CARAZAN, Dieu rejette le culte que tu lui as rendu. Tu as fermé ton coeur à l'amour des hommes et d'une main de fer tu as retenu tes trésors. N'ayant vécu que pour toi, tu vivras seul éternellement, privé de tout commerce avec le reste de la création. A ce moment, je fus emporté par une puissance invisible à travers le radieux édifice de la création. J'eus bientôt laissé derrière moi des mondes innombrables. Comme je me rapprochais de l'extrémité de la nature, je remarquai que les ombres du vide illimité tombaient devant moi dans l'abîme. Un royaume effrayant de silence, de solitude et de nuit éternels ! Je fus pris d'un indicible effroi. Je perdais de vue insensiblement les dernières étoiles et me trouvais enfin plongé dans une obscurité extrême. Les affres mortelles du désespoir augmentaient d'instant en instant, à mesure que je m'éloignais du dernier monde habité. Et je songeais, plein d'une insupportable angoisse, que, transporté pendant dix mille fois dix mille ans au-delà des frontières du créé, je continuerais, sans aide ni espoir de retour, de m'enfoncer dans cette nuit infinie... Dans mon étourdissement, je tendis les mains vers quelque objet de la réalité si vivement que je me réveillai. Ainsi ai-je appris à estimer les hommes ; car le plus humble de ceux que, dans l'arrogance d mon bonheur, j'avais repoussé de ma porte, je l'eusse préféré dans ce désert à tous les trésors de GOLCONDE."
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Voilà un texte remarquable qui a un goût de parabole. On devrait l'afficher dans les salles des marchés boursiers, dans celles où se réunissent les membres des Conseil d'administration de grands groupes industriels, mais aussi dans les salons et dans les salles-à-manger, dans les cuisines et les boutiques de tous ceux que l'accumulation de l'argent obsède au point qu'ils en oublient leur semblables. Et il n'est sans doute pas nécessaire de posséder des millions pour tomber dans cet affreux et diabolique travers.
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Je n'ai cessé depuis l'ouverture de ce Blog de dire que l'homme est un sujet social, et qu'il ne peut trouver le bonheur (c'est-à-dire le sens) s'il omet d'assumer l'une de ces deux dimensions. KANT fait une distinction entre la morale et le jugement. Je n'ai pas encore lu cette partie de l'ouvrage d'ARENDT où elle analyse cette distinction. Et il se peut que je fasse fausse route en revendiquant constamment la nécessité d'un agir moral dans l'espace public. (Je vous en reparlerai donc quand j'aurai achevé cette lecture.) Mais je n'en suis pas certain.
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A tout à l'heure.