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jeudi 22 avril 2010

A méditer

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Lu dans un petit livre dont je reparlerai cette définition de l'envie. Elle me paraît très juste. Elle nous invite à ne jamais regarder dans l'assiette du voisin non plus que de comparer ce que l'on a à ce que les autres possèdent.

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"C'est un sentiment horrible. L'envie est de tous les péchés le pire puisqu'il ne donne aucun plaisir intrinsèque, au contraire de la luxure, de la gourmandise, de la paresse, et même de l'orgueil. En cela, il est à peine humain. Les hommes pèchent en cherchant leur bien, et ils le trouvent en partie en péchant, mais l'envie vous installe dans le mal pur, désintéressé, sans plaisir, mal angélique qui vous surprend comme une subite possession. C'est pourquoi le devoir de l'éviter figure en dixième et dernière place sur la liste des commandements." (A. BESANCON. Une génération. Julliard, Paris, 1987)

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René Girard a magnifiquement commenté le dixième commandement, et il montre comment il vise à éviter la violence circulaire et le sacrifice de l'innocent. Je vous renvoie à cet immense penseur.

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Ceux qui excitent l'envie sont des fauteurs de violence. Quand monsieur MAUROY, dans les années 1980, a parlé "des gens du château", les opposant (implicitement) aux gens des cités ouvrières, il a commis une mauvaise action, pour cette raison-là. Et il n'a pas fait avancer d'un pouce la justice ; l'homme politique qui a parlé de la "France d'en-bas" n'a pas fait mieux. Etait-ce monsieur RAFFARIN ou monsieur SARKOZY ? Il ne m'en souvient pas. Mais c'était un homme "de droite". En aucun cas ces comparaisons et ces oppositions ne peuvent résoudre la question sociale, et la juste redistribution des richesses.

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Pour la même raison, utiliser le levier de l'envie pour critiquer le bouclier fiscal (il a permis la redistribution d'environ 350 millions d'euros d'euros à 834 foyers fiscaux, ce qui à l'échelle du pays est économiquement dépourvu d'effets lourdement négatifs), qui bénéficie "aux riches", opposés "aux pauvres", est une ineptie. Faire croire que sa suppression donnerait plus "aux plus démunis" est un mensonge grossier. Il faut supprimer le bouclier fiscal pour des raisons symboliques ; il est normal qu'en temps de crise, les mieux pourvus acceptent de faire un effort qui reste minime. Car ce qui est vrai dans un sens (remise d'impôts dépourvue de signification économique) l'est aussi dans l'autre (prélèvement fiscal lui-même dépourvu d'incidence sur la vie des contribuables aisés).

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Tout cela est une question de bon sens et d'équité ; non point d'envie et de rage impuissante.

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A méditer par les responsables du PS et par ceux de l'UMP.