Je déteste m'attaquer à la vie privée personnes, celle des artistes comme celle des hommes politiques ou de tout autre citoyen. Néanmoins, quand l'une de ces personnes publie des écrits, des opinions, des récits, elle s'expose et accepte de s'exposer aux critiques des lecteurs et du public. Un lecteur et grand ami me demande de faire un petit billet sur ce sujet.
La polémique qui fait rage, à propos des frasques thaïlandaises de monsieur Frédéric MITTERRAND, me laisse sur des sentiments mitigés. Je me souviens que monsieur BAYROU a été sévèrement sanctionné par la presse et par les électeurs pour avoir rappelé à monsieur COHN-BENDIT qu'il avait fait l'apologie de la pédophilie dans un ouvrage passablement ancien. Personne, et surtout pas à gauche, n'a mené campagne contre Dany pour ces motifs. On ménage toujours celui qui peut vous servir. Je vois donc dans le déchaînement médiatique actuel, très certainement conduit à des fins de basses politiques, une énième tentative de déstabiliser le gouvernement. Et monsieur HAMON est d'une rare hypocrisie quand il s'attaque à celui qui porte le nom d'un Président qu'il vénérait. Mais ceci explique cela.
Tout de même, je trouve bon de vous livrer le passage critiqué et révélateur, à mon avis tout à fait exempt d'ambiguïté ; vous pourrez juger sur pièce, et non pas sur des ragots ou des gloses marginales et subalternes :
« Evidemment, j'ai lu ce qu'on a pu écrire sur le commerce des garçons d'ici et vu quantité de films et de reportages ; malgré ma méfiance à l'égard de la duplicité des médias je sais ce qu'il y a de vrai dans leurs enquêtes à sensation ; l'inconscience ou l'âpreté de la plupart des familles, la misère ambiante, le maquereautage généralisé où crapahutent la pègre et les ripoux, les montagnes de dollars que cela rapporte quand les gosses n'en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages et les enchaîne, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Je m'arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout ; je n'arrête pas d'y penser mais cela ne m'empêche pas d'y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m'excitent énormément. La lumière est moche, la musique tape sur les nerfs, les shows sont sinistres et on pourrait juger qu'un tel spectacle, abominable d'un point de vue moral, est aussi d'une vulgarité repoussante. Mais il me plaît au-delà du raisonnable. La profusion de garçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n'ai plus besoin de refréner ou d'occulter. L'argent et le sexe, je suis au cœur de mon système ; celui qui fonctionne enfin car je sais qu'on ne me refusera pas. Je peux évaluer, imaginer, me raconter des histoires en fonction de chaque garçon ; ils sont là pour ça et moi aussi. Je peux enfin choisir. J'ai ce que je n'ai jamais eu, j'ai le choix ; la seule chose que l'on attend de moi, sans me brusquer, sans m'imposer quoi que ce soit, c'est de choisir. Je n'ai pas d'autre compte à régler que d'aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l'autre. »
Je trouve que cet aveu est pathétique, mais je ne puis m'empêcher de penser qu'il n'est pas digne d'un ministre. Il trahit une addiction dont j'ai pu mesurer la violence à Tibériade. Il affaiblit sa crédibilité et le laisse à la merci des maîtres chanteurs. En somme, la dignité de la fonction pourrait inspirer à monsieur MITTERRAND la pensée de prendre un peu de repos et d'abandonner une fonction qui lui allait bien nonobstant ces habitudes. Mais aujourd'hui, l'honneur, la dignité, la maîtrise de soi, le respect de l'autre, le respect du corps de l'autre, le respect du corps des enfants et des adolescents sont des notions très floues et dont s'accommodent nombre de gens en vue, parce que ça les arrange. On voit pourquoi. Ils ont les mêmes habitudes.
Commençons par nettoyer les écuries d'AUGIAS en purgeant Internet de tous ces sites immondes dont la presse nous relate la découverte et l'usage par des pervers polymorphes. Et qu'on ne me dise pas que c'est impossible. Les autorités chinoises savent très bien s'y prendre pour empêcher leurs concitoyens d'accéder à des sites qui sentent le dangereux fagot de la liberté et de la démocratie (la vraie, pas la nôtre).