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lundi 20 juillet 2020

Lundi 20 juillet 2020. Contre les cinq pouvoirs... Ou comment résister ?


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Contrairement à ce que dit MONTESQUIEU, il n’y a pas aujourd’hui trois pouvoirs, l’exécutif, le législatif et le judiciaire, mais cinq, car il faut ajouter à ces trois classiques, le pouvoir médiatique, et le pouvoir financier qui chapeaute les quatre précédents. (Il faut noter que MONTESQUIEU n'a jamais discuté la question de la légitimité du pouvoir, c'est-à-dire la question de l'autorité qui pour lui allait de soi, en la personne du roi.)

C’est à ces cinq pouvoirs qu’il nous faut résister. En vérité c’est le pouvoir financier qui dirige tout, corrompt tout et biaise toutes les décisions qui s’imposent aux concitoyens. C’est donc par lui que nous commencerons, en y adjoignant demain le pouvoir médiatique qui lui est consubstantiellement lié.

Il fait ici reprendre une distinction qu’avait lumineusement expliquée Jean-Frédéric POISSON lors d’une soirée des Veilleurs de Paris, tenue place de la Sorbonne : celle de l’autorité, et celle du pouvoir. L’autorité est l’instance qui possède la légitimité nécessaire pour établir et dicter des normes que doit avaliser et mettre en lois le pouvoir législatif. Une norme peut être définie comme une action obligatoire ou interdite par cette autorité. Une norme, par définition, délimite ce qui est normal ou légal, et ce qui est anormal ou illégal. Le pouvoir exécutif, représenté en France par le Président de la République et le Premier Ministre, devrait tirer sa légitimité (en régime véritablement démocratique) du vote majoritaire des citoyens, sous la réserve que ceux-ci aillent voter. C’est de moins en moins le cas, et un Président élu avec au plus 25 % des voix du corps électoral n’a pas la légitimité requise, ce qui suscite des réactions, souvent violentes, de la part des citoyens, quand il entend imposer ses réformes. Mais, par le jeu de la constitution, il a le pouvoir, c’est-à-dire le droit d’utiliser la force (quelle qu’en soit la modalité) pour imposer l’adoption ou l’exécution des normes qu’il définit. En réalité, cette distinction entre autorité et pouvoir se retrouve dans les cinq cas que j’ai énoncés d’entrée de jeu. Madame Agnès THILL, député LREM, déclare-t-elle qu’elle est contre la loi de Bioéthique, la force « législative » s’exerce contre ce comportement a-normé, et elle est exclue de son  parti.

Comment résister au pouvoir financier et au pouvoir médiatique ? Le pouvoir financier se niche dans les grands groupes industriels, ceux que l’on retrouve dans le CAC 40 ou à Wall-Street, ou encore dans des institutions opaques, comme la Réserve Fédérale américaine qui n’est pas un organisme public, mais un organisme privé. Chez nous, le pouvoir financier est détenu par des groupes comme LVMH (c’est un exemple parmi d’autre) ou SFR ou Auchan ou l’Oréal, et j’en passe. Dans tous les cas, il s’agit de groupes à la tête desquels il y a un homme ou une femme qui élabore sa stratégie et la fait appliquer dans toute sa rigueur, celle qu’impose la recherche du profit maximum. Rien ne nous oblige à acheter des produits de l’Oréal, ou du cognac Hennessy, ou champagne Moet ; rien ne nous oblige à faire des queues interminables devant les caisses d’Auchan, d’Intermarché, ou de Super-U ou même de Liddl. Nous pouvons acheter dans le petit magasin de proximité les fruits, les légumes, les produits français, préférer le shampoing Garnier à celui de l’Oréal, et le vrai savon de Marseille aux horreurs glissantes et parfumées qui offusquent nos narines dans les boutiques de Marionnaud.  Non que ces produits soient mauvais, mais le profit qu’ils engendrent par leur vente ne sert pas le bien commun, ni les familles ; ni les petits commerçants qui triment du matin au soir ; il nous faut préférer la librairie de quartier aux livraisons sauvages d’Amazon qui ruinent des pans entiers de la libre et autonome entreprise. Bref, à moins de ne pas pouvoir faire autrement, fut-ce en dépensant quelques euros de plus, préférer les petits qui ont un nom et un visage, aux gros dont nous n’entendons que les cliquetis de la caisse enregistreuse.
         Bref, consommer moins, consommer mieux, faire vivre le tissu social de proximité et bannir le plus possible le recours à ces enseignes qui entendent uniformiser nos goûts et nos modes de vie, pour leur seul intérêt, prétextant qu’ils créent des emplois (en fait des emplois salariés, qui mettent le salarié sous la coupe de leur employeur, et les aliènent). A cet égard, je crois qu'il est nécessaire de créer des petits groupes locaux de citoyens qui signalent où trouver des produits équitables, répondant à ces exigences, aux membre de leur réseau.
         Dans le billet de demain, nous verrons comment les grandes fortunes françaises ont fait main basse sur les médias et entendent user de leur pouvoir (lequel est toujours coercitif) pour sans arrêt augmenter leur profit et se délecter de la croissance de leur emprise sur la vie politique et sociale de notre patrie. L’exemple de monsieur Patrick DRAHI et de l’élection de monsieur MACRON est assez significatif…

lundi 17 décembre 2018

Lundi 17 décembre. Ecoutez, nom de Zeus ! Ecoutez les Français


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Mes lecteurs habituels auront remarqué que, depuis quelques jours, je reste muet. Je pratique ce qu’une amie théologienne appelle « l’ascèse de la parole ». Aujourd’hui, je commence à voir mûrir un fruit des réflexions que me suggèrent la révolution des Gilets jaunes, et je pense pouvoir vous faire part de quelques remarques.
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Les citoyens français ont été à l’école et on leur a appris à avoir l’esprit critique. Celui-ci n’est pas forcément toujours bien employé, mais quand des centaines de milliers de Français disent la même chose, font les mêmes remarques, relèvent les mêmes défaillances, il faut bien en tirer les conséquences politiques et institutionnelles.
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Hélas, les élites sont incorrigibles ; elles savent, et sachant, elles imposent. Le Président de la République annonce un grand débat local ; fort bien. On ne peut qu’approuver. Ici et là ont circulé et circulent des cahiers de doléances. On aurait donc pu imaginer que ces débats locaux s’articulent autour de la parole des Français et de leurs plaintes. Il n’en est rien. Comme l’indique un bandeau du journal La croix, « l’exécutif a fixé cinq thèmes pour le futur grand débat ». Exeunt par conséquent toutes les demandes qui ne rentrent pas dans ce cadre, fixé par quelques technocrates lesquels ne craignent qu’une chose, la remise en question de leur statut social et de leur pouvoir.
Les Gilets jaunes réclament l’instauration d’un Référendum d’Initiative Citoyenne. Il existe théoriquement aujourd’hui, mais il y faut des conditions qui n’ont aucune chance d’être atteintes : puisque l’initiative doit venir et d’un nombre important de parlementaire et conjointement d’un pourcentage (10 %) du corps électoral.
Comme il est non moins évident que les métropoles, boboïsées jusqu’à l’os, ne voteront jamais en faveur d’un texte qui viendrait troubler leur digestion, et que, démographiquement, elles ont un poids considérable, il faut instaurer une double majorité : celle des votants, et celle des départements. Longtemps je les ai critiqués ; je réalise qu’ils sont en réalité un élément de proximité entre le pouvoir central et les citoyens.
Il y a un « mais », un gros « mais ». Et ce gros « mais » c’est l’existence de ces communautés de communes dont les contours ont été taillés sur mesure pour conférer à un petit potentat local une juteuse présidence, une concentration en leurs mains d’une partie des ressources fiscales des communes intégrées de force dans ces inutiles machines – ce qui leur permet d’arroser leur clientèle – et de punir le cas échéant la commune récalcitrante qui ne rentre pas dans les vues présidentielles.
Je connais un cas très précis – que je ne veux pas citer plus précisément pour ne pas faire pleuvoir des représailles de la part d’un de ces incapables sur des élus de cette communauté  – d’un de ces « présidents », retoqué aux Législatives, récupéré au Sénat et qui s’est littéralement taillé un fief territorial aux contours tellement tordus qu’ils font rire les géographes les moins doués.
Si l’on donne la parole aux Français dans ces débats citoyens, qu’on les laisse libres de mettre aussi à l’ordre du jour des questions aussi sensibles que l’immigration clandestine, l’hébergement forcé d’immigrés qui ne sont pas tous des saints, la signature du pacte de Marrakech, la question des niches fiscales. Je ne crois pas que le retour de l’ISF serait une bonne chose. Le mal est fait depuis longtemps, et nombre de Français très riches ont placé leur fortune à l’étranger. Ce que ni les gilets ni votre serviteur n’avons la possibilité de faire. Qu’on les laisse supprimer les dépenses inutiles qui grèvent les finances publiques (dont le mille-feuille territorial), et établir une hiérarchie des besoins et des urgences. Tout cela ils peuvent et savent le faire, à condition que l’idéologie libérale-libertaire ne contribue pas à les plonger dans les « eaux glacées du calcul égoïste ». Les Français ont le droit d’organiser leur vie commune. Nous y reviendrons.

Je résume ce que j’ai à dire aux gouvernants, avant une explosion qui risque d’être fatale à nos libertés, à nos biens et à nos vies :
Écoutez ! Nom de Zeus, écoutez, et cessez de trouver des solutions toutes faites avant d’avoir vu les problèmes qu’elles sont censées résoudre.