Dans l'impossibilité de répondre par le voie ordinaire au commentaire d'un lecteur, je me décide mettre le mien sous la forme d'un billet.
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Cher monsieur,
J'ai le regret de vous dire que vous utilisez les mêmes arguments que les journalistes et que vous mélangez deux affaires totalement différentes : celle du financement occulte de l'UMP par madame BETTENCOURT - l'accusation semble avoir fait long feu. Et celle de son évasion fiscale. Votre manière de présenter les choses, en amalgament les deux affaires, revient tout simplement à accuser monsieur WOERTH de prévarication, voire de concussion dans la première affaire. Si c'est ce que vous pensez, dites-le, au conditionnel bien sûr, mais clairement. Ne laissez pas vos lecteurs fantasmer, et imaginer de ténébreuses histoires.
Madame WOERTH était payée 180.000 euros par an. C'est beaucoup, mais ce n'est même pas le double de ce que gagnait pendant le même temps le majordome indélicat de la vieille dame. De ce qu'elle était bien rétribuée, il ne s'ensuit pas qu'on l'ait engagée pour commettre des actes délictueux. Compte tenu de sa situation, il y a même fort à parier qu'elle n'a rien fait dans ce sens au sein de la société CLYMENE. Il faudrait aussi prouver qu'elle gérait directement et spécialement la fortune de madame BETTENCOURT.
Bien que je désapprouve ces pratiques, il n'est pas illégal d'être gestionnaire de patrimoine et membre d'un Conseil d'administration. Cette situation est anormale. La loi doit l'interdire, comme elle doit interdire d'être membre de plusieurs Conseils d'administration à seule fin d'en toucher les jetons de présence. Et il n'y avait aucune honte (légale, cela s'entend) à prétendre à être membre du Conseil d'administration de la société HERMES. La correspondance saisie par les enquêteurs portait peut-être sur cette nomination à laquelle monsieur de MAISTRE était hostile.
Que les enquêteurs saisissent toutes les pièces utiles à la manifestation de la vérité (correspondance, bulletins de salaires, ordinateurs, etc.) ne prouvent aucunement que ces pièces soient accusatrices. Et remettre la Légion d'honneur à un ami, quelque temps après qu'il a recruté votre épouse ne prouve pas que ce recrutement ait été assorti d'un petit clin d'oeil de bienveillance. C'est bien mal connaître les règles de nomination et de promotion dans cet ordre honorifique. Il faut remplir un volumineux dossier, fournir toutes sortes de pièces, être entendu par les renseignements généraux, etc., avant la publication du décret de nomination ou de promotion, un an au bas mot. L'argument fourni par la presse, est, je le dis en toute franchise, d'une rare faiblesse et d'une bassesse insigne. Mais enfin c'est la presse. Vous n'êtes pas obligé de vous faire le diffuseur de ces arguments-là.
Vous faites allusion a ce que dit monsieur de MAISTRE quant à la satisfaction (toute supposée) du ministre de voir sa femme recrutée chez Clymène. C'est ce que DIT monsieur de MAISTRE. Pour que cet argument soit recevable, il faudrait que monsieur WOERTH ait exprimé directement sa satisfaction à monsieur de MAISTRE en l'assortissant d'un petit clin d'oeil d'indulgence pour les manoeuvres fiscales que ce dernier viendrait à faire ou aurait faite . C'est en tout cas ce que vous suggérez sans le dire, et c'est ce que je trouve insupportable. On peut simplement penser que quelqu'un qui voit les revenus du ménage gonfler de 180.000 euros par an ressente une certaine satisfaction et c'est semble-t-il la satisfaction que prête à son ami monsieur de MAISTRE.
Les poursuites en matière de fraude fiscale sont mises en oeuvre par le Parquet. Ce n'est pas au ministre du Budget à le faire. Et du reste le Parquet était saisi. Il faudrait savoir qui, dans cette noble institution et pourquoi, a pris l'initiative de ne rien entreprendre. Je doute fort que ce soit le ministre du Budget qui a certainement d'autres soucis en tête que de prendre connaissance quotidienne de la liste des fraudeurs. Je reconnais toutefois que ce point demande à être éclairci au plus vite.
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Voilà ce que je voulais dire. Mais je termine sur une opinion personnelle : s'il apparaît que monsieur WOERTH a négocié le recrutement de son épouse contre des indulgences fiscales, il doit être lourdement condamnés. Nombre de ceux qui, du temps du Président MITTERRAND, disparus comme lui de ce monde, et qui n'ont pas eu le malheur d'être condamnés pour leurs malversations doivent dans leurs tombeaux pousser un ouf de soulagement.
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Je ne reviendrai plus sur cette affaire, sauf événements nouveaux et imprévus.