Je viens de trouver un petit texte d'un auteur chinois ancien (GE HONG, dans le Baopuzi) que je trouve délicieux. Il fera frémir Gisèle HALIMI, madame BADINTER, Huguette BOUCHARDEAU et toutes les passionnaria du féminisme. Mais il vaut la peine d'être délivré, car l'auteur y déplore ce qu'il appelle l'inconduite des femmes de son temps, en des termes qui ne laissent pas d'étonner et d'interpeller.
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"Or les femmes et les jeunes filles du commun, à notre époque, ne s'adonnent plus au filage et au tissage ; elles n'aiment plus confectionner des houppes pour les bonnets ; elles ne préparent pas le chanvre ; ce qui leur plaît, c'est de vadrouiller sur la place du marché. Elles négligent de surveiller la cuisine, mais se consacrent à des plaisirs frivoles. Elles sortent pour faire visite à leurs parents. Elles y vont à la lueur des étoiles ou en portant des torches, soir après soir ; elles se font suivre de tout un cortège, et la rue en est illuminée ; ce sont des servantes, des courriers, des commis, des laquais, comme une foule bigarrée sur un marché. En outre, ces dames-là se livrent à des plaisanteries et à des fredaines inconvenantes, ce qui est vraiment déplaisant. Parfois, elles passent la nuit dans une autre maison, parfois elles ne rentrent au logis qu'à une heure très tardive. Ces femmes font aussi des voyages d'agrément pour voir les temples bouddhiques ; elles s'en vont assister à la chasse et à la pêche ; elles organisent des parties de campagne sur les collines ou au bord des rivières. Elles franchissent même les frontières du district pour s'en aller faire des compliments à des parents (à l'occasion des naissances et des mariages) ou pour leur faire des visites de condoléances (en cas de décès). Elles y vont dans des voitures ouvertes, tous rideaux relevés, s'attardant dans chaque hameau, chaque ville qu'elles traversent, buvant à la santé d'autrui, chantant, et faisant de la musique en chemin."
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Heureux temps celui où les femmes s'adonnaient au filage et au tissage ? Je ne saurais le dire. Mais quand il m'arrive dans la salle d'attente de mon dentiste de jeter un coup d'oeil sur le sommaire du magazine Elle, je me dis que ce bon GE HONG avait vu bien des choses...