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dimanche 28 juillet 2019

Mecredi 24 juillet 2019. Qu'est-ce que la conscience ? Première partie


2. Qu’est-ce que la conscience ?

La langue française est très polysémique ; le mot conscience, comme l’indique le dictionnaire Larousse, renvoie à des notions très différentes : les voici. Après deux définitions liminaires (1 et 2), le dictionnaire précise leur application à différents domaines DE LA CONNAISSANCE, en ignorant délibérément ou non les aspects neurophysiologiques.

1. Connaissance, intuitive ou réflexive immédiate, que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur.
2. Représentation mentale claire de l'existence, de la réalité de telle ou telle chose 

Psychologie
Fonction de synthèse qui permet à un sujet d'analyser son expérience actuelle en fonction de la structure de sa personnalité et de se projeter dans l'avenir.

Vous noterez que le dictionnaire Larousse ignore le sens du mot en tant que « Jugement de valeur de  la raison pratique sur les actes que l’on doit, peut ou veut poser »

Philosophie
Conscience de classe, 
Chez les marxistes, ensemble des représentations idéologiques (éducation, culture), des comportements sociaux (vie professionnelle, politique, etc.) par lesquels un individu sait qu'il appartient à une classe sociale déterminée, par opposition à une autre.
Conscience (de) quelque chose. 
Dans la phénoménologie husserlienne et sartrienne, situation dans laquelle l'objet de la pensée, l'image, présents dans l'esprit, ne peuvent absolument pas être distingués de la pensée elle-même, ce qu'indique la présence des parenthèses pour (de).
Conscience de soi. 
Chez Hegel, moment du savoir qui fait que l'individu se saisit lui-même réflexivement comme immanence à soi.

Psychologie

Troubles de la conscience. 

Ensemble des troubles impliquant une altération de la vigilance et/ou une altération de la perception que le sujet a de lui-même.


Sociologie

Conscience collective. 

Selon Durkheim et ses disciples, ensemble de croyances et sentiments partagés par les membres d'une collectivité.


La langue anglaise, plus riche, comporte trois substantifs différents qui rendent compte, avec quelques détails différentiels supplémentaires, des définitions données plus haut : consciousness qui a pour synonyme approximatif awareness, et conscience.
Les deux premiers mots renvoient à l’activité cérébrale qui accompagne la pensée de quelque chose et la possibilité plus ou moins grande de la communiquer (consciousness), et le second (awareness) plutôt à l’idée de vigilance, au fait d’être au courant.
Le second renvoie plutôt à l’aspect moral ou social ou psychologique de la conscience (liberté de conscience, conscience de classe).
Nous avons en français divers adjectifs qui indiquent bien la différence entre ces notions, l’une, physiologique et neurologique : conscient, l’autre, morale : consciencieux, la dernière enfin, sociologique et psychologique, conscientisé.

Néanmoins, toutes ces notions renvoient à l’activité réflexive et au jugement de valeur (discernement entre le bien et le mal), puisque la justice reconnaît que des actes répréhensibles peuvent être commis par des sujets irresponsables, car déments, ou dotés d’une conscience morale altérée.

Ceci est la première partie de mon billet consacrée à la conscience.

mercredi 12 novembre 2008

Les élites n'ont toujours pas compris

Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir disait déjà notre bon La Fontaine. Rien n'a changé depuis l'époque où le fabuliste, fin observateur de la vie sociale, mettait en vers son indignation cachée.
Le Président d'un directoire, un haut responsable par conséquent, peut si mal surveiller son entreprise qu'il lui ait fait faire 751 millions d'euros de perte, démissionner (c'est le moins qu'il ait pu faire) de son poste, et retrouver quelques temps après un poste analogue dans une filiale de l'affaire qu'il avait si mal gérée. Ainsi, monsieur Charles MILHAUD, est-il devenu Président du directoire d'Oceor, une filiale de la Caisse d'épargne pour l'outre mer et l'international. Je trouve cela scandaleux et indigne. Scandaleux de la part des responsables de cette Banque. Ils se protègent les uns les autres, et prouvent par cette nomination qu'ils entendent continuer à profiter, quelles que soient les circonstances, de leur fauteuil doré. Indigne de la part de monsieur MILHAUD qui n'aurait jamais dû accepter d'occuper ce poste. On imagine l'autorité qu'il pourra avoir dans ces conditions.
Il se peut que monsieur MILHAUD n'ait aucune responsabilité factuelle directe ou indirecte dans l'histoire des traders véreux de sa banque. Mais enfin il était responsable, et en ces périodes de crise, où toute spéculation était hautement risquée, il aurait dû redoubler de vigilance, renforcer les systèmes de contrôle, demander des rapports quotidiens sur l'évolution de la situation de son entreprise. J'ai lu quelque part que si la position risquée avait été dénouée le premier jour qui a suivi la découverte du trou, celui n'eût été "que" de 180 millions d'euros. Le déficit s'est creusé de jour en jour, faute d'avoir été pris en compte à temps.
Aucune conscience droite ne peut accepter une telle irresponsabilité, et son incompréhensible récompense. Combien de mises à pied, d'avertissements, de révocations pour des transgressions autrement plus bénignes, dans des usines ou des centres commerciaux ? Quand donc les élites comprendront-elles que leurs privilèges et leurs revenus ne se justifient que par l'assomption inconditionnelle de leur responsabilité ? Il ne faut pas s'étonner de voir grandir l'irritation, la révolte des "petits", devant de telles différences de traitement.
Il est loin le temps ou dans les geôles de la Convention, tel marquis, ou tel comte pouvait dire au moment de l'appel des condamnés à mort : "Souffrez, marquise, que pour une fois, je passe avant vous", et prendre une place qu'on ne lui réclamait pas. Ainsi en a-t-il été lors de l'appel de la dernière charrette de la Terreur. Cela s'appelle l'esprit aristocratique, et, voyez-vous, je le préfère à l'esprit petit-bourgeois qui se répand comme une peste dans la société contemporaine. Bon appétit tout de même, monsieur MILHAUD !