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samedi 22 mai 2010

Je m'explique

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Dans un courriel reçu aujourd'hui, une très chère amie me dit qu'elle trouve mon indulgence et mon sens moral à géométrie variable. Elle fait allusion à mon billet du 13 mai consacré au silence dont les médias ont entouré les propos de BENOIT XVI sur les prêtres pédophiles. Une telle réaction mérite une explication.
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Je voudrais rappeler que dans ce billet, j'ai qualifié ces actes de "crimes contre l'innocence des enfants". Je ne pense pas avoir manifesté une indulgence particulière en utilisant cette expression. J'y indiquais que BENOIT XVI avait déclaré que le pardon ne remplace pas la justice. Ceci signifie que le pape n'entend pas mettre sous le boisseau les procès et les condamnations des coupables. Et je n'ai pas non plus cette intention. Un crime est un crime. Un criminel est un criminel. Ces prêtres, hélas, sont des criminels. Et il faut bien appeler un chat un chat. Ils ne cessent pas pour autant d'être prêtres.
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Cependant, et parallèlement, je m'étonnais de l'indulgence que les médias et les cultureux manifestent, les uns pour le ministre de la culture - qui n'a point caché ses excursions sexuelles en Asie du Sud-Est, tout en prétextant que ses proies étaient des majeurs consentants (ce que la lecture de la confession incriminée ne laisse point du tout apparaître) - les autres pour Roman POLANSKI, qui a tout de même eu une ou des relations sexuelles avec une fillette de 13 ans, et, sans doute avec une autre jeune fille d'une quinzaine d'années (aux dires de l'actrice qui, aujourd'hui, révèle ces faits, sans toutefois apporter de preuves), sans parler des frasques de nos footballeurs.
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Je crois que cette manipulation médiatique a deux objectifs : le premier consiste à attaquer l'Église catholique en faisant peser sur son clergé un soupçon généralisé de corruption sexuelle. (Il faut déplorer qu'un trop long silence des évêques sur ce sujet alourdisse considérablement le climat ; la vérité seule est libératrice) ; le deuxième consiste à relativiser la gravité du crime en fonction de son auteur. C'est en quelque sorte un hommage que le vice rend à la vertu. Un acteur, un saltimbanque, un sportif connu a tous les droits et mérite notre indulgence ; pas un prêtre, qui ne peut y prétendre. Je dis, moi, qu'aucune de ces catégories de criminels ne doit échapper à la justice, au jugement des hommes et à la condamnation. La miséricorde revient à Dieu.
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Je ne sais, chère Danielle, si cette explication vous satisfera. Elle me semblait nécessaire, car je visais essentiellement les médias, sans excuser, bien entendu, les coupables de ces méfaits, et je ne voudrais pas donner à mes lecteurs la fausse impression que je minimise l'importance et la gravité de ce problème.
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