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samedi 19 décembre 2015

19 décembre 2015. Nouvelles de la Résistance. La Révolution de l'amour et la Révolution de la haine.

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Le billet de ce jour aura une autre structure que celle à laquelle mes fidèles lecteurs (si, si, il y en a !) sont habitués. Il opposera deux visions du monde celle d’un monde unifié par l’amour, et celle d’un monde dominé par la haine. Je vous demande de lire intégralement ce billet. Je le dédie à une amie du midi. Elle se réconnaîtra.

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1. La Révolution de l’amour.
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Première épître de saint Paul aux Corinthiens, chapitre 13, versets 1 à 13.

"Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je ne suis plus qu’un airain qui sonne ou qu’une cymbale qui retentit. Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j’aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien.
L’amour est longanime, l’amour est serviable, il n’est pas envieux, l’amour ne fanfaronne pas, ne se rengorge pas ; il ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout
L’amour ne passe jamais. Les prophéties ? Elles disparaîtront. Les langues ? Elles se tairont. La science ? Elle disparaîtra. Les langues, elles se tairont. Car imparfaite est notre science, imparfaite aussi notre prophétie Quand donc viendra ce qui est parfait, ce qui est imparfait disparaîtra. […].
Bref, la foi, l’espérance et l’amour demeurent tous les trois, mais la plus grande […] c’est l’amour.

Les fruits du pardon.

Vatican, Mardi 10 janvier 2006  – A propos de la libération, prévue jeudi prochain, à Istanbul, de Mehmet Ali Agça, auteur de l’attentat contre Jean-Paul II le 13 mai 1981, place Saint-Pierre, le cardinal Martino rappelle que Jean-Paul II a « pardonné à son agresseur » et cite le Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002 : « Il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de justice sans pardon ». Le cardinal Renato Raffaele Martino a en effet déclaré, le 9 janvier, à la télévision de l’Associated Press: « Nous avons entendu à nouveau ces jours-ci Isaïe qui dit du Rédempteur: « Il est venu proclamer la libération des prisonniers; il ne brise pas le roseau froissé, il n’éteint pas la mèche qui fume » (cf. Lc 4,18; Mt 12,20; Is 42,3). Il ajoutait: « Jean-Paul II qui a tout de suite pardonné à son agresseur, a intitulé l’un de ses messages pour la Journée mondiale de la paix : « Il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de justice sans pardon (2002) ». […].
Pour sa part, le porte-parole du Saint-Siège, M. Joaquin Navarro Valls a cité, dimanche 8 janvier, cette parole du pape Jean-Paul II, cinq jours après l'attentat, dans un message enregistré depuis son lit d’hôpital au Gemelli, lors de l’angélus du dimanche 17 mai 1981: « Je prie pour le frère qui m'a frappé et auquel j'ai sincèrement pardonné ». Le pape reprenait aussi à son compte un proverbe polonais et disant: « Une main a tiré. Une autre a dévié la balle ». Il a attribué cette protection à la Vierge Marie. Dans le même message, il a confié l'humanité au Cœur Immaculé de Marie. 
Le pape avait été atteint par 3 des balles tirées par le Browning d’Agça et blessé au ventre, au coude droit et à l'index de la main gauche. Le 23 mai, les médecins signaient un communiqué disant que la vie du pape n'était plus en danger. Sorti de l’hôpital, il sera une nouvelle fois au bord de la mort au mois d’août, du fait d’un virus contracté lors de la transfusion sanguine nécessaire lors de son opération, comme l’a raconté Mgr Dziwisz (cf. Zenit, 13 mai 2001). Le pape sortait de l'hôpital le 3 juin pour y retourner le 20 pour de nouveaux examens, qui allaient confirmer la présence d'un virus, cause de la fièvre et de différents symptômes. Un point de pleurésie allait compliquer les choses. Mais le 5 août, une opération d'une heure devait libérer le pape du système de dérivation mis en place lors de la première opération, et il allait pouvoir rentrer au Vatican le 14 août. Le lendemain, il célébrait l'Assomption devant une foule de cinquante mille personnes. Le soir, à 17 h 30, il s'envolait en en hélicoptère pour Castelgandolfo.
[…].
Condamné à perpétuité en Italie, Ali Agça, âgé de 23 ans au moment de l’attentat, avait été libéré au cours du Grand Jubilé, en juin 2000, à l’issue de la grâce signée non par le président italien Oscar Luigi Scalfaro, mais par son successeur Carlo Azeglio Ciampi, avec l’avis favorable du Vatican, après avoir purgé une peine de 19 ans. 
Lors de l'annonce de la grâce présidentielle, M. Navarro Valls, avait fait savoir la « satisfaction personnelle » du pape pour cette mesure (qui s'accompagnait de l'extradition vers la Turquie), en particulier du fait qu'elle survenait dans le cadre du Jubilé. Le pape avait reçu la mère de Mehmet Ali Agça en 1994 et en 1996, et son frère Adnan, en 1997. Le 26 février 1999, Agça avait lui-même écrit au pape lui demandant de bien vouloir intervenir favorablement auprès des autorités italiennes. Déjà, en 1997, le Vatican avait fait savoir qu'il n'y avait pas d'objection à la grâce. 
La justice italienne a alors remis l’ancien terroriste des « Loups gris » aux autorités turques : il y avait été condamné pour l’attaque d’une banque, dans les années 1970, et pour le meurtre d'un journaliste turc en 1979, mais s’était évadé. Après son extradition, sa peine à perpétuité a été transformée par les juges turcs à 10 ans, puis elle a été réduite à 5 ans pour « bonne conduite ».

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2. La Révolution de la haine.
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Repris du site Aletéia, les propos de Che GUEVARA.

"[…]
Ernesto Che Guevara était un jeune homme qui croyait en la construction d’un monde plus humain. Il était mû par l’amour des pauvres et la lutte pour la justice sociale. Mais le désir a grandi en lui de les obtenir à tout prix, en conquérant le pouvoir politique et en imposant sa vision. Il changea, abandonna progressivement ces idéaux qui faisaient de lui un être honnête.
Lors de la Tricontinentale en 1967, il a pu dire ce qu’il n’avait jamais dit quand il était un jeune humaniste : « Un révolutionnaire doit opter pour la haine comme facteur de lutte ; la haine intransigeante de l’ennemi, qui pousse au-delà des limites naturelles de l’être humain et en fait une efficace, violente, sélective et froide machine à tuer ». Le Che avait changé, il subissait les conséquences de s’être laissé pénétrer par le mal moral et il commença à justifier l’injustifiable. Dans sa nouvelle vision de la société, l’autre était un ennemi, un dommage collatéral. Il n’était plus guidé par le « bien commun » mais par le désir déshumanisant de ne pas laisser à l’ennemi « une minute de tranquillité, une minute de calme hors de ses casernes, et même dedans : l’attaquer où qu’il se trouve ; qu’il ait la sensation d’être une bête traquée où qu’il aille ».
Comment est-il possible qu’un homme qui avait prêché de nobles et justes idéaux soit devenu comme ces tortionnaires qu’il dénonçait ? Comment a-t-il pu se laisser entrainer par la soif de pouvoir politique et éprouver ce vil sentiment qui défigure l’humain ? La haine, fruit de la polarisation, comporte une dynamique psychologique d’autodestruction qui se nourrit de ressentiments. Mais ce n’est pas une force naturelle. Elle découle de décisions personnelles qui trahissent les idéaux les plus nobles par des pratiques viles et irrationnelles. Face à la haine, il faut une conversion, un changement, mais cela est-il possible ? Oui, certainement.
Nous le voyons avec les premières communautés chrétiennes. Elles vivaient clandestinement et subissaient les persécutions et les tortures, mais elles n’ont jamais répondu aux agresseurs avec les mêmes armes. Elles ont compris que la haine équivaut à tuer (1 Jean 3,15*). Haïr c’est renoncer à bien vivre, se laisser consumer par l’agressivité et les insultes. Changer signifie aimer l’ennemi. Cela ne signifie pas qu’il faut lui donner de l’affection, mais qu’il ne faut pas agir comme lui, il ne faut pas devenir tortionnaires et se laisser vaincre par la haine. La dépolarisation du pays dépendra de notre capacité à ne pas laisser la haine alimenter nos désirs, nos mots et nos actions. Nous pouvons retrouver la paix politique et la réconciliation sociale.
* « Quiconque a de la haine contre son frère est un meurtrier, et vous savez que pas un meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui. »"

La mort de Che GUEVARA.

Che GUEVARA a été tué en Amérique du Sud par les forces boliviennes, après avoir été capturé vivant. Il a été exécuté et, pour avoir une preuve de sa mort, on lui a coupé les deux mains que l’on conservera dans le formol. Ainsi s’accomplit la parole de l’Evangile, quiconque se sert de l’épée périra par l’épée.
Inutile d’ajouter que je trouve répugnante l’exécution d’un homme sans défense, même s’il fut d’une très grande cruauté.




samedi 22 mai 2010

Je m'explique

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Dans un courriel reçu aujourd'hui, une très chère amie me dit qu'elle trouve mon indulgence et mon sens moral à géométrie variable. Elle fait allusion à mon billet du 13 mai consacré au silence dont les médias ont entouré les propos de BENOIT XVI sur les prêtres pédophiles. Une telle réaction mérite une explication.
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Je voudrais rappeler que dans ce billet, j'ai qualifié ces actes de "crimes contre l'innocence des enfants". Je ne pense pas avoir manifesté une indulgence particulière en utilisant cette expression. J'y indiquais que BENOIT XVI avait déclaré que le pardon ne remplace pas la justice. Ceci signifie que le pape n'entend pas mettre sous le boisseau les procès et les condamnations des coupables. Et je n'ai pas non plus cette intention. Un crime est un crime. Un criminel est un criminel. Ces prêtres, hélas, sont des criminels. Et il faut bien appeler un chat un chat. Ils ne cessent pas pour autant d'être prêtres.
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Cependant, et parallèlement, je m'étonnais de l'indulgence que les médias et les cultureux manifestent, les uns pour le ministre de la culture - qui n'a point caché ses excursions sexuelles en Asie du Sud-Est, tout en prétextant que ses proies étaient des majeurs consentants (ce que la lecture de la confession incriminée ne laisse point du tout apparaître) - les autres pour Roman POLANSKI, qui a tout de même eu une ou des relations sexuelles avec une fillette de 13 ans, et, sans doute avec une autre jeune fille d'une quinzaine d'années (aux dires de l'actrice qui, aujourd'hui, révèle ces faits, sans toutefois apporter de preuves), sans parler des frasques de nos footballeurs.
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Je crois que cette manipulation médiatique a deux objectifs : le premier consiste à attaquer l'Église catholique en faisant peser sur son clergé un soupçon généralisé de corruption sexuelle. (Il faut déplorer qu'un trop long silence des évêques sur ce sujet alourdisse considérablement le climat ; la vérité seule est libératrice) ; le deuxième consiste à relativiser la gravité du crime en fonction de son auteur. C'est en quelque sorte un hommage que le vice rend à la vertu. Un acteur, un saltimbanque, un sportif connu a tous les droits et mérite notre indulgence ; pas un prêtre, qui ne peut y prétendre. Je dis, moi, qu'aucune de ces catégories de criminels ne doit échapper à la justice, au jugement des hommes et à la condamnation. La miséricorde revient à Dieu.
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Je ne sais, chère Danielle, si cette explication vous satisfera. Elle me semblait nécessaire, car je visais essentiellement les médias, sans excuser, bien entendu, les coupables de ces méfaits, et je ne voudrais pas donner à mes lecteurs la fausse impression que je minimise l'importance et la gravité de ce problème.
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jeudi 13 mai 2010

Silence médiatique pour le moins curieux

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Les médias ont fait grand bruit autour des affaires de moeurs et des crimes contre l'innocence des enfants dont se sont rendus coupables des membres du clergé. Curieusement, ils ne sont pas nombreux, ces juges impitoyables, à avoir fait état, en les commentant, des propos tenus par Benoît XVI, le 11 mai, à LISBONNE, lors de son voyage au Portugal. Il me paraît nécessaire de vous les faire (ou refaire) connaître, de les commenter et de les comparer avec la très élastique morale politique dont la démocratie française est une éminente représentante.
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"La plus grande souffrance de l'Église est son propre péché. [...] L'Église doit apprendre le pardon, même si le pardon ne remplace pas la justice. Les attaques contre l'Église ne viennent pas seulement de l'extérieur. Les souffrances viennent de l'intérieur de l'Église, du péché qui existe dans l'Église. L'Église a un profond besoin d'apprendre le pardon et aussi la nécessité de la justice."
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Je fais appel à la probité intellectuelle de tous mes lecteurs éventuels et leur demande de répondre à cette question : Connaissez-vous beaucoup d'institutions humaines qui reconnaissent aussi clairement leurs propres erreurs, demandent pardon et acceptent que justice soit rendue pour les crimes dont quelques un de leurs membres se sont rendus coupables ? A ma connaissance, je ne vois que l'Allemagne pour avoir osé regarder en face les crimes passés d'un régime épouvantable, demander pardon aux victimes, et leur accorder réparation. Sans doute faut-il aussi évoquer la commission de réconciliation nationale de l'Afrique du Sud, où des victimes et des bourreaux ont pu se parler face à face et trouver les conditions du pardon.
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Ouîtes-vous, lors du bicentenaire de la Révolution française, le Président MITTERRAND faire la moindre allusions aux crimes abominables des colonnes infernales, lors des guerres de Vendée ? Alla-t-il au Luc-sur-Boulogne se recueillir devant le mémorial des quelques cent enfants massacrés par les armées révolutionnaires (je rappelle que le plus jeune avait quinze jours) ? Y a-t-il eu le moindre regret à l'égard de l'Église de France, dont des dizaines de prêtres et d'évêques avaient été emprisonnés puis guillotinés, au motif qu'ils préféraient obéir à leur conscience qu'à César ? A-t-on regretté le pillage, la mutilation, voire la destruction, de près de 90 % des édifices religieux, églises, monastères, couvents divers ? Nous continuons de vivre sur le mensonge, le déni et l'oubli. Faut-il rappeler que les sans-culottes étaient tout simplement la lie du peuple, qu'ils inspiraient à leurs concitoyens le dégoût et l'effroi ? Qu'ils se sont rendus coupables de tortures et d'actes barbares analogues à ceux des nazis dans les camps de concentration ? Que nenni. On a fait défiler sur les Champs Élysées, le 14 juillet 1989, des dizaines de figurants débonnaires pour accréditer dans l'esprit du peuple français contemporain l'idée que les sans-culottes avaient par leur vertu sauvé la Patrie ! Mensonge, mensonge et mensonge ! Je ne marche pas dans cette combine-là.
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Pour dire le vrai, il me faut admettre que la Révolution française a laissé en héritage quelques trésors estimables. Ils ne figurent pas forcément dans la corbeille politique, ni même sociale, mais surtout dans la corbeille des institutions culturelles, encore que nombre d'entre elles (Muséum, Bibliothèque Nationale, Cabinet des médailles, etc.) eussent été créées sous l'Ancien régime.
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En somme, nous continuons à nager dans l'idéologie la plus obscure, la plus obscène, la plus insupportable à qui cherche d'abord la vérité. Bien entendu, je suis un adepte fervent de la liberté, bien entendu, l'égalité devant la loi me semble être un apport fondamental de la Révolution. Mais j'attends encore, qu'à l'image de l'Église catholique, notre République reconnaisse publiquement les erreurs originelles qui font aujourd'hui une grande tache sur la majestueuse tunique dont elle pare ses statues dans nos jardins publics.

jeudi 8 avril 2010

Choc...

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Voici le texte, retrouvé dans les archives d'un camp de concentration, et publié il y a quelques années par le SüddeutscheZeitung. Il s'agit sans doute de la prière d'un déporté qui venait d'expirer et qu'un bourreau a gardée par devers lui.


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"Paix à tous les hommes de mauvaise volonté ! Que toute vengeance cesse, tout appel au châtiment et à la rétribution... Les crimes ont dépassé toute mesure, tout entendement. Il y a trop de martyrs...

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Aussi ne mesure pas leurs souffrances aux poids de ta justice, Seigneur, et ne laisse pas ces souffrances à la charge des bourreaux pour leur extorquer une terrible facture. Qu'ils soient payés en retour d'une autre manière.

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Inscris en faveur des exécuteurs, des délateurs, des traîtres et de tous les hommes de mauvaise volonté le courage, la force spirituelle des autres, leur dignité, leur lutte intérieure constante et leur invincible espérance, le sourire qui étanchait les larmes, leur amour, leurs coeurs brisés qui demeurèrent fermes et confiants face à la mort même, oui, jusqu'aux moments de la plus extrême faiblesse.

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Que tout cela soit déposé devant toi, ô Seigneur, pour le pardon des péchés, rançon pour le triomphe de la justice : que le bien soit compté, et non le mal ! Et que nous restions dans le souvenir de nos ennemis non comme leurs victimes, non comme un cauchemar, non comme des spectres attachés à leurs pas, mais comme des soutiens dans leur combat pour détruire la furie de leurs passions criminelles. Nous ne leur demandons rien de plus.

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Et quand tout cela sera fini, donne-nous de vivre, hommes parmi les hommes, et que la paix revienne sur notre pauvre terre - paix pour les hommes de bonne volonté et pour tous les autres."

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Le choc que j'ai ressenti à la lecture de cette prière est indescriptible. Il m'est impossible de la commenter : elle se suffit à elle-même.

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Oui, paix aux hommes de bonne et de mauvaise volonté.

dimanche 27 septembre 2009

Différence de ton

Madame Michèle COTTA a produit un excellent éditorial dans le numéro du journal 20 minutes daté du 25 septembre. Quelle différence de ton d'avec le poulet venimeux du Monde dont je vous avais parlé dans un récent billet.
Elle intitule son article "Gâchis", et elle passe en revue les ravages et les gâchis qu'a suscités l'affaire Clearstream : gâchis chez les journalistes "qui ont mis la main sur le document" (le fameux listing) qu'ils n'auraient jamais dû toucher (tiens ! apparaît ici la vertu de prudence, et la réflexion morale), gâchis pour les "seconds couteaux", et plus précisément Ihmad LAHOUD qui "a mis en circulation les listes sorties des fichiers informatiques" (là, madame COTTA est indulgente : monsieur LAHOUD avoue les avoir falsifiées !), gâchis pour monsieur GERGORIN, qui, en corbeau diligent, a transmis les listings au juge (il reste à savoir, selon moi, s'il avait connaissance de leur falsification), gâchis pour le jusque-là irréprochable Général RONDOT, "que son rôle dans l'enquête a fini par ridiculiser", gâchis pour le juge VAN RUYMBEKE, qui a été mené en bateau, gâchis "surtout évidemment pour Dominique de VILLEPIN, [...] accusé d'avoir voulu abattre, de cette façon, Nicolas SARKOZY", gâchis pour le Président de la République : "aujourd'hui Président dit-elle, ne gagnerait-il pas à pratiquer le pardon pour oublier l'éventuelle offense plutôt que de parler de coupables ? Ce serait une façon de sauver, avec panache, la seule vraie perdante de Clearstream, la politique".
Cette façon équilibrée d'envisager l'affaire me plaît. Elle apprécie les diverses circonstances, les personnes, les actes avérés des protagonistes de l'affaire. Et j'aime sa conclusion. En effet, il y aurait de la grandeur à pardonner. Peut-on le demander aujourd'hui en ce monde où ne comptent que l'efficacité, la prétendue transparence, l'exacte pesée des pensées et des responsabilités au regard de la loi, l'absolue négation des faiblesses humaines (puisque l'homme peut tout et est à lui-même sa mesure !) ?

Ah, tout le monde n'est pas Louis, duc d'Orléans, qui devenu Roi de France sous le nom de Louis XII après la mort de son frère aîné, disait au duc de la Trémouille : "Le roi de France ne venge pas les injures du duc d'Orléans" . Louis avait pourtant de sérieuses raisons d'en vouloir à ce grand seigneur qui l'avait fait prisonnier à la bataille de SAINT-AUBIN-DU-CORMIER, le 28 juillet 1488. Il avait pris la tête d'une révolte des grands féodaux contre la Régente Anne de BEAUJEU, et le duc l'avait battu.
Vu sous cet angle, alors j'approuve. Le Président de la République ne venge pas les injures de Nicolas SARKOZY. Cela pourrait être juste et exemplaire. Mais seulement sous cet angle, et non sous celui qui dénie à l'injurié le droit de se défendre.

dimanche 15 mars 2009

Honneur à toi, Judicaël !

Tu as 19 ans, Judicaël, l'âge de tous les possibles, la vie qui s'ouvre devant toi, les projets, les amours. Il y a quelques mois, tu as été pris dans une bagarre entre bandes rivales d'un quartier de banlieue. On a tiré des coups de feu. Une balle perdue s'est logée dans ta moelle épinière. Tu es paraplégique ; tu te déplaces en fauteuil roulant.
Ah qu'il est beau ton visage apaisé et souriant ! Comme ta parole est sereine et juste ! Tu n'en veux pas à celui qui t'a si cruellement blessé. Tu n'as pas de haine pour lui qui t'a ravi le mouvement. Tu n'as pas de haine, et tu expliques tranquillement pourquoi au journaliste qui t'interroge. Si tu entretenais ta haine, elle serait contagieuse et ton petit frère, élevé dans ce climat de vengeance circulaire, à son tour deviendrait violent. Tu ne le veux pas, toi qui as été la victime innocente de la violence humaine. Tu pratiques cette vertu éminemment rare qu'est le savoir pardonner. Je t'imagine disciple. Et en effet tu l'es, car le cameraman qui t'a filmé n'a pu dissimuler que tu portais une croix autour du cou .
Honneur à toi Judicaël. Tu as déjà une place dans le Royaume. Puissent les jeunes qui t'ont entendu, t'imiter, et contribuer à la paix dans la cité, dans les cités.
Oui ! Honneur à toi, Judicaël.