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dimanche 21 mars 2010

Suggestion

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Savez-vous qu'au début des années 1930, Huey LONG, sénateur américain de la Louisiane, déposa une proposition de loi qui tendait à rendre illégal le fait de gagner plus d'un million de dollars par an, et d'hériter d'un patrimoine supérieur à 5 millions de dollars ? Je viens de l'apprendre en lisant un petit livre fort instructif de Walter Ben MICHAELS, La diversité contre l'égalité.

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Il est intéressant de noter que cette initiative est née aux États Unis. Elle n'a pas eu de suite. Mais enfin un homme politique a eu le courage de poser sur la table la question des écarts de revenus injustifiés par le service rendu à la société ou à la patrie. Bien entendu, ces revenus étaient considérables, mais enfin la loi tendait à les limiter.

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J'ai déjà eu l'occasion de dire que je trouvais absolument scandaleux que des banquiers, ou des grands capitaines d'industrie pussent avoir des revenus mensuels qui atteignissent 1.000 fois le SMIC. Et je m'étonne que des gens supposés dotés d'intelligence ne se rendent pas compte de l'indécence d'une telle situation. Il y a là une immoralité, jointe à une inconscience, qui ne laisse pas d'interroger.

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Il est donc tout à fait possible de régler par la loi, en s'appuyant sur l'article 1 de la déclaration des Droits de l'Homme, la question de la disproportion des revenus. Il ne s'agit pas ici d'introduire une stricte égalité de ceux-ci entre tous les citoyens ; elle serait impossible, injuste et de surcroît économiquement inefficace. Mais si l'on peut admettre qu'il est légitime d'avoir des différence de revenus de 1 à 20 ou même 50, il ne l'est plus du tout dans le cas de différence de 1 à 1.000. On pourrait au moins commencer par interdire les bonus et les stocks options. Nombre de dirigeants partiraient sous d'autres cieux ? Qu'ils y aillent. Je ne crois pas qu'un pays qui se cherchent aient besoin de dirigeants soit-disants compétents mais affligés d'une telle cécité.

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Je croirai donc à l'honnêteté des propositions de la gauche, le jour où elle expliquera clairement qu'il n'est pas anormal d'avoir des différences de revenus et de salaire, mais que ces différences doivent avoir des limites imposés par la décence, par la morale et par le service rendu à la société et à la patrie.

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Alors la question du bouclier fiscal ne se poserait plus. Pour ce qui est de la limitation des successions, la chose est plus difficile à mettre en oeuvre surtout dans le cas de transmission d'entreprises familiales. Mais avec un peu d'imagination, on peut trouver des solutions humainement justes et économiquement efficaces. J'ajoute que je vomis de ma bouche l'idéologie socialiste qui repose sur la jalousie et le ressentiment, et non point sur une réflexion fondamentalement morale. Ils devraient relire la doctrine sociale de l'Église catholique... Mais tout ce qui vient des curés, n'est-ce pas ... ?

vendredi 15 mai 2009

Quelques chiffres intéressants

Il y a des légendes qui ont la vie dure. Voici des chiffres, publiés par Jacques MARSEILLE dans Le Point (livraison du 14 mai 2009 ; N°1913), qui donnent à réfléchir en une période où tout le monde parle du pouvoir d'achat, des salaires insuffisants et des avantages indus consentis aux grands dirigeants.
En 2007, le salaire mensuel moyen, net de tous prélèvements, et pour un poste à temps complet, était, dans le secteur privé et semi-public, de 1.997 euros. Ce sont les femmes ouvrières qui étaient les moins bien payées (1.239 euros), et les cadres masculins qui étaient les mieux payés (4.276 euros). Le rapport entre ce salaire et celui de l'ouvrière est de 3,4 (avant impôts). La France est, à cet égard, l'un des pays où les inégalités moyennes entre salariés sont les plus faibles. Autre chiffre, et des plus parlants, le salaire net médian (50 % des salariés gagnent moins que lui ; 50 % gagnent plus) est de 1.594 euros.
Bien entendu, ces chiffres n'incluent pas les revenus non salariaux : prestations sociales, chèques restaurants, réductions de toutes sortes sur sur toutes sortes de produits négociées par les comités d'entreprise, chèques vacances, etc. qui viennent abonder les revenus réels des ménages.
Il y a donc un immense écart entre la perception que les Français, ces maniaques de l'égalité, ont de la réalité et la réalité elle-même. Bien entendu, les chiffres présentés ici sont des moyennes, et il est difficile d'affirmer que lorsque l'on a un pied plongé dans l'eau glacée et l'autre dans l'eau bouillante, on a les pieds dans une eau qui fait en moyenne 50°C. Il faut se garder de trop tirer les conclusions, mais tout de même la situation n'est pas aussi catastrophique que le prétendent les responsables syndicaux et les politiques de l'opposition qui nous bassinent avec l'accroissement des inégalités et la paupérisation. Mais attention, cela n'exonère pas les grossium du CAC 40 de leurs responsabilités dans l'emprise qu'a sur l'opinion publique cette croyance. Moins de bonus, moins d'arrogance, moins de stock-options, plus de responsabilité, et des salaires qui correspondent réellement aux services rendus permettraient plus d'objectivité de juigement de la part de nos concitoyens.
Autres chiffres, commentés toujours par Jacques MARSEILLE. En 1981, 82 % des Français se disaient fiers d'être français ; ils sont aujourd'hui 90 % soit une augmentation de 8 %. Cette fierté traverse toutes les générations (18-29 ans : 88 % ; 45-59 ans : 87 %), toutes les couches de la société (non-diplômés : 91 % ; diplômés : 87 %), toutes les opinions politiques (gauche : 87 % ; droite 95 %). Plus encore, nous sommes seulement 43 % à penser que pour être français, il faut avoir des origines françaises, mais 98 % à penser que pour être français, il d'abord respecter la loi et les institutions françaises et 96 % à penser qu'il faut être capable de parler français.
En outre, en 1981, 19 % des Français se disaient très heureux ; ils sont aujourd'hui 34 %. Globalement, 90 % des Français se disent très heureux ou assez heureux aujourd'hui.
Il convient de moduler ces chiffres paradoxaux par un autre pourcentage qui laisse rêveur : 2 % des Français se disent très satisfaits du fonctionnement de la démocratie (ils étaient 4 % en 1981) et 37 % assez satisfaits (41 % en 1981).
Voilà du grain à moudre pour les responsables politiques ou économiques. Puisqu'ils sont si savants, il serait bon qu'ils donnassent quelques éléments de solution à cet étrange paradoxe qui veut que nous soyons si heureux dans un pays apparemment si peu démocratique.