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vendredi 3 mai 2019

Vendredi 03 mai 2019. Note brève : Bernanos et la démission des chrétiens


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BERNANOS FUT VRAIMENT UN PROPHÈTE.
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"L’état présent du monde est une honte pour les chrétiens. C’est à nous, chrétiens, que la chrétienté a été confiée. Qu’en avons-nous fait ? Les châtiments qui nous menacent et ceux qui nous ont déjà frappés sont plus que légitimes. Vu que nous n’avons pas su faire reconnaître en nous la véritable physionomie de la charité du Christ, devant laquelle tout homme de bonne volonté ploierait les genoux, nous ne devons pas être surpris qu’on brûle les églises et qu’on massacre les fidèles. Le sacrement du baptême n’est pas une police d’assurance contre l’incendie ni contre le martyre."
In
Georges BERNANOS.
La révolte de l’esprit. Écrits de combats (1938-1945). ("Le goût des idées". Collection dirigée par Jean-Claude ZYLBERSTEIN.) Présentation de Gilles BERNANOS.
Les Belles Lettres, Paris, 2017. (Page 18.)
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COMMENTAIRES.
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Quand on pense que ce texte a été écrit en 1938, on reste confondu par sa valeur de prophétie. Incendies de l’église saint Sulpice, incendie de Notre-Dame, massacres des chrétiens au Sri Lanka, événements récents qui nous glacent de tristesse et d’horreur, viennent illustrer ce qui dit BERNANOS. Et nous restons, nous chrétiens, l’arme aux pieds, désarmés, non priants, non exemplaires ; nous passons notre temps à nous regarder le nombril, et nous oublions ce que dit Jésus dans l’’Evangile de Matthieu (26, 18-20) : « Allezfaites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. »
Il est donc urgent d’évangéliser, d’exiger que nous ayons cette liberté de le faire, par tous les moyens que nous accordent les lois, quitte à les transgresser si elles offensent notre conscience. La vraie liberté, c’est bien la parole de Jésus : « Ma Parole vous rendra libre, dit-il ».
Je n’aurai pas la naïveté de croire à l’instauration de la Cité de Dieu sur Terre. Les hommes sont pécheurs, moi le premier. Mais pour marcher dans la lumière, c’est bien de cet état de pécheur que nous devons prendre conscience.
Il se peut que les propos qui vont suivre blessent certains de mes lecteurs. Et pourtant voici très exactement ce que je pense : je connais des musulmans admirables ; ils sont des chrétiens qui s’ignorent. Peu importe qu’ils ne le sachent pas : ils sont bons et ouverts, ont conscience de leur petitesse, et ils ont de la transcendance divine une idée qui, trop souvent, manque à bien des chrétiens. Je reviendrai demain sur un passage de NEWMAN qui éclaire ce que je viens de vous dire. Mais ATTAR, l’auteur de la Conférence des oiseaux (j’en ai déjà parlé) a, par exemple, une approche du mystère de Dieu que ne renieraient pas les plus grands mystiques chrétiens. C’est ainsi, et nous devons reconnaître la liberté du Créateur de parler au cœur de tous les hommes qui le cherchent.
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INFORMATIONS UTILES.
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Copinage. 

En somme, il y a des limogeages dorés ! Tout cela est minable.









mercredi 18 mars 2015

18 mars 2015. Un moment de poésie avant la vraie reprise.

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Il y a une dizaine d'années, un groupe d'amis strasbourgeois et lorrains m'offraient un livre merveilleux, intitulé La conférence des oiseaux, traduit du persan par Manijeh NOURI-ORTEGA et adapté par Henri GOURGAUD (Éditions du Seuil, Paris, 2002). Il s'agit d'un long poème écrit par le poète persan ATTAR. Né en 1130, ATTAR mourut en 1230. C'est un des plus grands poètes mystiques de la Perse. Il appartenait à la tradition soufie et il parle de Dieu en des termes que ne renieraient point des mystiques chrétiens. Certes, il était musulman, mais avant tout, c'était un chercheur de Dieu. Voici comment il parle de la Création :

"Dieu a rougi la cime ensoleillée des monts du sang de la tulipe. Il a fait dans le ciel de fumées envolées des champs de nénuphars. De vulgaires cailloux, il a fait des agates et de terre pétrie des rubis rubiconds. Il a fait clair le jour, ténébreuse la nuit. Au seuil du crépuscule, à l'entrée du matin, la lune et le soleil posent pour l'honorer le front dans la poussière. Pourraient-ils sans cela cheminer ? Il a fait de l'azur un oiseau impatient de cogner tous les soirs à sa porte fermée. A Lui la huppe doit l'art de guider les êtres. A lui le perroquet doit sa gorge dorée. Qu'il souffle sur l'argile et voilà que naît l'homme. De quelques grains d'écume Il crée des univers. [...]."

En vérité il me paraît très difficile de dépasser en souffle et en beauté ce poème qui exalte le créateur à travers sa création. Sans doute, seul le récit de la Genèse peut l'équivaloir, mais, paradoxalement, en raison de sa concision et de son laconisme qui laisse à la Parole toute la puissance de l'appel à l'être. Ah ! Nous pouvons nous glorifier de nos écrivains. Dans notre ignorance des autres, nous passons à côté de trésors littéraires qui appartiennent à l'humanité tout entière.

On ne peut rien comprendre à la politique actuelle conduite par l'IRAN, si l'on ignore que ce pays est multi-millénaire, que c'est une grande nation, un grand peuple et qu'il a nourri en son sein des esprits supérieurs qui valaient bien les nôtres. Notre rationalisme desséchant, l'empressement de nos gouvernants à éteindre tout sens du transcendant dans l'âme de notre patrie trouve dans ce poème l'antidote le plus parfait à notre prétention de tous savoir, de tout pouvoir et de tout vouloir.

Demain, reprise des billets classiques.