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jeudi 8 août 2019

Lundi 05 août 2019. Firdousi, un immense poète !

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FIRDOUSI (FERDOWSI) fait partie de ces poètes qui sont l’honneur de l’humanité. Sa puissance, son lyrisme, la beauté de ses images en font l’égal des plus grands : HOMÈRE, DANTE ou GOETHE, ou encore l’anonyme auteur de la chanson de Roland. Appelé le rénovateur de la langue persane (il s’efforça de bannir de ses vers tous mots d’origine arabe et il y réussit fort bien), il est né entre 932 et 934 (il y a une petite incertitude), dans le petit village de Bâj, près de Tùs. Sa famille occupait une place assez haute dans la société des propriétaires terriens.

Le Livre des Rois ou Châh-Namé compte plus de 60.000 (soixante-mille !) distiques. Il raconte l’histoire légendaires des premiers rois mythiques de l’Iran, dans une première partie, et dans une deuxième, il raconte celle (souvent enjolivée, notamment pour ce qui concerne Alexandre le Grand annexé à l’Iran pour les besoins de la cause…) de rois historiques, arsacides (il en parle très peu) et sassanides, jusqu’à l’arrivée des Arabes. Ce qui est très intéressant et ce à quoi nous allons nous attacher aujourd’hui, c’est la manière dont FIRDOUSI passe d’un roi à l’autre. Il n’y a pas vraiment de transition, mais souvent des passages qui font césure et qui commence par « Écoute ce que dit le poète » ou « Prête l’oreille au poète », où FIRDOUSI parle un peu de lui..

Voici un de ces passages césures du Livre des Rois, dans la traduction remarquable du Pr Frouzandeh BRÉLIAN-DJAHANSHAHI, qui privée de sa chaire d’immuno-hématologie à la Faculté de médecine de Téhéran, pour des raisons que je vous laisse deviner, a entrepris la traduction en rançai de ce monument de la littérature nationale persane. Sa traduction a été revue par Odile BENOIT. La troisième édition revue et corrigée a été publiée chez Auzas Éditeurs/Imago, Paris, 2013. C’est d’elle que je m’inspire :

"Prête l’oreille au poète : « Les bons comme les mauvais quittent ce monde, il reste d’eux la mémoire de ce qu’ils ont accompli, de leurs paroles et de la manière dont ils ont vécu. Dans ce passage dans le monde, ne faites jamais le mal. Au lieu de laisser de grands palais et de grandes richesses derrière vous, laissez un souvenir de justice, de pensée juste, et de bonne conduite qui jamais ne tombera en poussière »" (Page 41.)

Dans ces dernières paroles, on reconnaît la trace de la religion zoroastrienne (le bien dire, le bien agir, le bien penser).


J’aurai l’occasion de vous faire connaître quelques passages de ce chef-d’œuvre. Si je le fais maintenant, c’est que je trouve insultant et immérité le sort que l’Occident (ou ce qui se pare de ce nom usurpé) réserve au peuple iranien ; celui-ci n’est pas responsable des errements de certains de ses hommes politiques, et il pourrait en remontrer à nombre d’Européens en matière de courtoisie, d’érudition et de finesse.

Portrait de FIRDOUSI.


Hakim Abu ʾl-Qasim Ferdowsi Tusi

lundi 20 juillet 2015

20 juillet 2015. Nouvelles estivales de la Résistance : comment peut-on ne pas être persan ? Premier billet de ce jour

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Eh ! Eh ! Il y a donc dix jours que, sans vous avertir, ô lecteur fidèle, j'ai cessé de produire mes billets. Raison de plus pour vous rafraîchir la mémoire avec cette devise :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. La citation du jour.
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Un accord a donc été signé le 14  juillet entre l'Iran et les soi-disants grands pays du monde : États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne. L'Iran renonce à produire l'arme nucléaire contre la levée des sanctions qui lui sont imposées depuis 2006.

A plusieurs reprises dans ce Blog, j'ai parlé de ce grand pays qu'est l'Iran, héritier d'une histoire plurimillénaire, de ce peuple raffiné et civilisé, et qui existait déjà splendide, alors que l'Europe, couverte d'épaisses forêts et peuplées de tribus incultes sortait à peine de la barbarie. J'ai la chance de posséder cette petite plaquette, intitulée L'Iran de Gobineau, publié en 1939, à Alger (Éditions CAFRE), qui rassemble trois contributions de Jean HYTIER sur la Perse, un pays qu'il connaissait bien.

Voici la citation avant un commentaire qui sera VIRULENT.

"L'aimable peuple [dit-il du peuple iranien] ! amoureux de tout ce qui luit, du soleil retentissant, de la lune au croissant mollement couché, des feux d'artifices jamais mouillés, des astres plus proches que partout ailleurs et dont la pulsation est traversée d'étoiles filantes, d'illuminations hétéroclites, et des lampes à double mèche sans abat-jour !

Dans notre France pluvieuse, qu'ils aiment pourtant, combien, parmi ces six cents boursiers qu'entretient dans nos universités la munificence de l'empire, ont frissonné de nostalgie, avant d'en emporter le regret et l'espoir de revenir un jour.

Hospitaliers et affables, faisant de la politesse la vertu suprême, d'une douceur de moeurs telle que la statistique des crimes n'en peut inscrire plus d'une par an au compte d'une capitale de 300 000 âmes, lyriques au point que si l'on avance qu'à CHIRAZ, il y a autant de poètes que de rue, l'interlocuteur rectifie : que de maisons, les Persans sont doués d'une imagination pleine de feu qui les pousse à  se voir comme la fleur des races, aussi capables de se passer de tout l'Occident que de le distancer, demain, quand ils voudront [...]."
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2. Commentaires.
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J'entends déjà le choeur des vierges effarouchées, se boucher les oreilles au seul nom de GOBINEAU. Elles vont vous parler de L'essai sur l'inégalité des races mais elles ne parleront ni des Pléiades, ni des admirables Nouvelles asiatiques ni, non plus, des quelques ouvrages dont voici une courte liste et que j'ai tous lus :

GOBINEAU (Comte [Arthur] de). 
Les religions et les philosophies dans l’Asie centrale.
Les éditions G. Crès et Cie, Paris, 1928. 
[La première édition a paru chez Perrin en 1865 ; une seconde chez le même en 1866 ; une troisième chez Leroux en 1900 sous la direction du professeur L. Scheman, édition dont la préface est reproduite en entier dans l’avant-propos de l’éditeur].

GOBINEAU (Comte [Arthur] de).
Nouvelles asiatiques, suivi de Gobineau et l’Orient par R. GÉRARD-DOSCOT. (Collection "10/18", no 99/100.)
Union Générale d’Éditions, Paris, 1963.

GOBINEAU (Comte [Arthur] de).
Souvenirs de voyages. Le mouchoir rouge. Akrivie Phrangopoulo. La chasse au caribou.
Bernard Grasset, Éditeur, Paris, 1922. [La parution de l’ouvrage "Trois ans en Asie" est annoncé "en préparation" sur la page située en regard de la page de titre ; il a paru aussi en 1922.]

GOBINEAU (Comte [Arthur] de). 
Trois ans en Asie. Tome I.
Bernard Grasset, Éditeur, Paris, 1922.

GOBINEAU (Comte [Arthur] de).
Trois ans en Asie. Tome II.

Bernard Grasset, Éditeur, Paris, 1922.

GOBINEAU a représenté la France en Perse. Il en a une connaissance approfondie. Il en connaît la langue. Il a oeuvré au bien de sa patrie. Tout le monde ne peut pas en dire autant !

Il est intéressant, au point où nous en sommes, de constater que les mêmes qui condamnent le racisme, le colonialisme et la volonté de domination de l'Occident, et avec ça, le pauvre GOBINEAU, n'hésitent pas à faire usage de la force et de la pression des sanctions économiques  pour faire plier la volonté, légitime selon moi, des gouvernants d'un grand peuple de maîtriser l'énergie atomique. Allemagne mise à part, dans le concert de pays contractants, tous possèdent l'arme atomique et entendent bien en conserver le monopole. A eux la vertu dans l'usage possible de la bombe (et les Etats-Unis l'ont déjà utilisée par deux fois lors de la dernière guerre) ; aux iraniens (enfin à leurs chefs) la présomption d'un possible usage frauduleux dans de possibles conflits régionaux. Voilà qui s'appelle un procès d'intention. Mais si nous le faisons aux Iraniens, pourquoi leur dénierait-on le droit de nous le faire aussi à nous ?

C'est bien le comble de la stupidité que ce point de vue ! Les sunnites et leurs alliés (saoudiens, qatariotes), Israël, sans compter l'Etat islamique, doivent se frotter les mains. En bouleversant un fragile équilibre des forces, nos imbéciles se privent de la possibilité d'une alliance durable entre un pays qui fut très longtemps l'ami de la France et le demeure sans doute dans le secret de ses rues ombragées, un pays qui par sa langue et sa civilisation est plus proche de nous que ne le sont les pays arabophones. Tout de même, faut-il rappeler que c'est bien l'Occident qui a attaqué l'IRAK, l'AFGHANISTAN (après la RUSSIE soviétique, il est vrai), bombardé la SERBIE pour créer un KOSOVO musulman, détruit la LIBYE, et que c'est bien l'IRAK qui a attaqué l'IRAN, il y a plusieurs décennies.

Jean HYTIER, prophétiquement, nous rappelle que les Iraniens peuvent nous rattraper et même nous dépasser quand ils le veulent.

Et on peut critiquer leur théocratie, certes, mais on ne peut passer sous silence que monsieur GISCARD dit d'ESTAING, en expédiant l'imam KHOMEINY (orthographe non garantie) dans son pays d'origine, a plongé le peuple iranien dans une terrible situation dont il a du mal à sortir.

Je dis ici très haut à cet ami iranien qui enseigne dans son pays (un ami que j'avais connu au Collège de France, au cours du Pr KELLENS) que j'aime son pays, sa culture, son histoire, ses poètes et son art.
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3. Infos diverses.
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En humilité, monsieur HOLLANDE ne craint personne, lui qui se proclame "audacieux" !





mercredi 18 mars 2015

18 mars 2015. Un moment de poésie avant la vraie reprise.

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Il y a une dizaine d'années, un groupe d'amis strasbourgeois et lorrains m'offraient un livre merveilleux, intitulé La conférence des oiseaux, traduit du persan par Manijeh NOURI-ORTEGA et adapté par Henri GOURGAUD (Éditions du Seuil, Paris, 2002). Il s'agit d'un long poème écrit par le poète persan ATTAR. Né en 1130, ATTAR mourut en 1230. C'est un des plus grands poètes mystiques de la Perse. Il appartenait à la tradition soufie et il parle de Dieu en des termes que ne renieraient point des mystiques chrétiens. Certes, il était musulman, mais avant tout, c'était un chercheur de Dieu. Voici comment il parle de la Création :

"Dieu a rougi la cime ensoleillée des monts du sang de la tulipe. Il a fait dans le ciel de fumées envolées des champs de nénuphars. De vulgaires cailloux, il a fait des agates et de terre pétrie des rubis rubiconds. Il a fait clair le jour, ténébreuse la nuit. Au seuil du crépuscule, à l'entrée du matin, la lune et le soleil posent pour l'honorer le front dans la poussière. Pourraient-ils sans cela cheminer ? Il a fait de l'azur un oiseau impatient de cogner tous les soirs à sa porte fermée. A Lui la huppe doit l'art de guider les êtres. A lui le perroquet doit sa gorge dorée. Qu'il souffle sur l'argile et voilà que naît l'homme. De quelques grains d'écume Il crée des univers. [...]."

En vérité il me paraît très difficile de dépasser en souffle et en beauté ce poème qui exalte le créateur à travers sa création. Sans doute, seul le récit de la Genèse peut l'équivaloir, mais, paradoxalement, en raison de sa concision et de son laconisme qui laisse à la Parole toute la puissance de l'appel à l'être. Ah ! Nous pouvons nous glorifier de nos écrivains. Dans notre ignorance des autres, nous passons à côté de trésors littéraires qui appartiennent à l'humanité tout entière.

On ne peut rien comprendre à la politique actuelle conduite par l'IRAN, si l'on ignore que ce pays est multi-millénaire, que c'est une grande nation, un grand peuple et qu'il a nourri en son sein des esprits supérieurs qui valaient bien les nôtres. Notre rationalisme desséchant, l'empressement de nos gouvernants à éteindre tout sens du transcendant dans l'âme de notre patrie trouve dans ce poème l'antidote le plus parfait à notre prétention de tous savoir, de tout pouvoir et de tout vouloir.

Demain, reprise des billets classiques.