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mercredi 28 septembre 2022

BILLET DU 27 SEPTEMBRE 2022. FOURNIR LES IMBECILES EN MECANIQUES POUR TUER.

 Dans Les grands cimetières sous la lune, BERNANOS décrit, magnifiquement, le scandale du  franquisme et de la collusion de l'Eglise espagnole (du moins de certains évêques) avec les pratiques les plus abjectes, les plus offensantes pour la liberté et la conscience humaine utilisées par les partisans du Caudillo. L'incipit de cet ouvrage capital et que vous devez lire, tant il est actuel, le voici :

"Ca vous embête de m'écouter parler si longtemps des imbéciles ? Eh bien, il m'en coûte à moi, d'en parler ! Mais il faut que je vous persuade d'une chose : c'est que vous n'aurez pas raison des imbéciles par le fer ou par le feu. Car je vous répète qu'ils n'ont inventé ni le fer, ni le feu, ni les gaz, mais ils utilisent parfaitement tout ce qui les dispense du seul effort dont ils sont réellement incapables, celui de penser par mêmes. Ils aimeront mieux tuer que penser, voilà le malheur ! Et justement vous les fournissez de mécaniques ! La mécanique est faite pour eux. En attendant la machine à penser qu'ils attendent, qu'ils exigent, qui va venir, ils se contenteront très bien de la machine à tuer, elle leur va même comme un gant. Nous avons industrialisé la guerre pour la mettre à leur portée. Elle est à leur portée en effet."

Ecrit à la fin des années 30, ce livre absolument extraordinaire, prophétique, et intemporel s'applique, comme un gant en effet, à la situation qui prévaut, notamment en Ukraine-Russie. Nous fournissons des canons, des missiles des bombes à l'Ukraine ; ils fabriquent des canons, des drones, des bombes des missiles en Russie. Tout cela pour aboutir à la destruction totale de dizaines de villes et villages dont la possession donne au propriétaire la sombre satisfaction de régner sur des ruines et de veiller sur des cadavres. Nous avons des dirigeants qui se comportent comme des imbéciles, de quelques côtés qu'ils soient. Et je n'entends pas beaucoup de voix crier avec désespoir que cette guerre fratricide n'aura ni vainqueurs ni vaincus, mais des cohortes entières de femmes habillées de deuil, pleurant qui un fils, qui un fiancé, qui un mari, sans compter les mères qui auront vu leurs bébés et leurs petits écrasés sous les bombes, chercheront un doudou, un habit, une traces de la chair de leur chair dans les décombres fumants de ce qui fut leur maison.

Nous ne pouvons que prier le Seigneur de faire descendre sont Esprit Saint sur quelques sages pour qu'ils mettent fin à ce carnage déshonorant pour l'humanité.


mardi 16 août 2022

BILLET DU 16 AOÛT 2022. NE PAS SE RESIGNER.

 Il y a peu je vous citais de mémoire une phrase de BERNANOS extraite des Grands cimetières sous la lune. En voici plusieurs autres tirées de cette oeuvre majeure, qui ne sont pas de mémoire :

"L’homme est naturellement résigné. L’homme moderne plus que les autres en raison de l’extrême solitude où le laisse une société qui ne connaît plus guère entre les êtres que les rapports d’argent. Mais nous aurions tort de croire que cette résignation en fait un animal inoffensif. Elle concentre en lui des poisons qui le rendent disponible le moment venu pour toute espèce de violence. Le peuple des démocraties n’est qu’une foule, une foule perpétuellement tenue en haleine par l’Orateur invisible, les voix venues de tous les coins de la terre, les voix qui la prennent aux entrailles, d’autant plus puissante sur ses nerfs qu’elles s’appliquent à parler le langage même de ses désirs, de ses haines, de ses terreurs. Il est vrai que les démocraties parlementaires, plus excitées, manquent de tempérament. Les dictatoriales ont le feu au ventre. Les démocraties impériales sont des démocraties en rut." 

Ah chers amis, que cela est vrai. Regardez les publicité, écoutez les publicités, parcourez les supermarchés et leur promotion. Tout est présenté en termes d'argent. Economisez ceci, économisez cela, préparez votre retraite ! A croire qu'on mange des sandwichs  et que l'on boive du vin à l'euros. Cette civilisation me dégoûte. Ce régime me dégoûte. Ces politiciens me dégoûtent. Et par moment, il me vient de furieuses envies de me transformer en ermite dans une grotte qu'il me faut dénicher. J'espère qu'un petit chien viendra, comme il le fit jadis pour saint Roch, m'apporter ma nourriture quotidienne.

Mais c'est une tentation diabolique. Il ne faut pas se résigner. Il faut utiliser les armes de la liberté, de la raison et de la foi pour combattre ce dragon dont la queue flamboyante balaye le tiers du ciel et précipite les étoiles sur la terre. Il peut bien avoir dix têtes couronnées. Il a déjà perdu. Oui, il faut garder nos raisons d'espérer.

lundi 30 septembre 2019

Lundi 30 septembre 2019. Conspiration contre toute vie intérieure.


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VOIR ENFIN CE MONDE EN FACE.
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"On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration contre toute forme de vie intérieure." Disait Georges BERNANOS dans son livre prophétique, La France contre les robots.
Je me permets de vous donner aujourd’hui un autre extrait de ce livre absolument fondamental. N’y en aurait-il qu’un à emporter sur une île déserte (en plus de la Bible, bien sûr), ce serait celui-là qu’il conviendrait de mettre dans sa besace.

"[…]. Si vous êtes trop lâches pour regarder ce monde en face afin de le voir tel qu’il est, détournez les yeux, tendez les mains à ses chaînes. Ne vous rendez pas ridicules en prétendant y voir ce qui n’existe que dans votre imagination ou dans le bavardage des avocats. Ne commettez pas surtout l’infamie de lui prostituer le mot de révolution, ce mot religieux, ce mot sacré, tout ruisselant à travers les siècles du sang des hommes. Ne lui substituez pas non plus le mot de progrès. Jamais un système n’a été plus fermé que celui-ci, n’a offert moins de perspectives de transformations, de changements, et les catastrophes qui s’y succèdent, avec une régularité monotone, n’ont précisément ce caractère de gravité que parce qu’elles se passent en vase clos. Qu’il s’intitule capitaliste ou socialiste, ce monde s’est fondé sur une certaine conception de l’homme, commune aux économistes anglais du XVIIIe siècle, comme à MARX et à LÉNINE. On a dit parfois de l’homme qu’il était un animal religieux. Le système l’a défini une fois pour toute un animal économique, non seulement l’esclave mais l’objet, la matière première inerte, irresponsable, du déterminisme économique, et sans espoir de s’en affranchir, puisqu’il ne connaît d’autre mobile certain que l’intérêt, le profit. Rivé à lui-même par l’égoïsme, l’individu n’apparaît plus que comme une quantité négligeable soumis à la loi des grands nombres : on ne saurait prétendre l’employer que par masses, grâce à la connaissance des lois qui le régissent. Ainsi, le progrès n’est plus dans l’homme, il est dans la technique, dans le perfectionnement des méthodes capables de permettre une utilisation chaque jour plus efficace du matériel humain."
In
Georges BERNANOS.
La France contre les robots. (40e édition, qui est celle que je possède.)
Robert Laffont, Paris, 1948. (Pages 26 à 28.)
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COMMENTAIRES.
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C’est ainsi, que grâce à l’efficacité de la technique, on peut vendre des ovocytes congelés, ou du sperme anonyme, à des prix défiant le bon sens, pour permettre à des lesbiennes ou à des homosexuels masculins de « faire » des enfants, comme on fabrique une voiture ou un canon. Mais vous ne voyez donc pas dans quelle impasse humaine ce régime nous précipite ? Êtes-vous donc aveugles ? Faut-il donc réduire l’homme à une sorte de bidoche qui peut se vendre aux plus offrant ? (En Espagne, c’est très tendance.) Vous ne voyez donc pas qu’après l’iniquité du mariage pour tous (lequel n’a été institué par loi que pour permettre à des couples homosexuels de s’offrir un ou des enfants, alors que les jeunes se marient de moins en moins), on instaure une iniquité encore plus épouvantable en acceptant de priver un enfant du droit de connaître son père.
Cette loi n’a pour but que de satisfaire l’égoïsme nombriliste d’un petit nombre de citoyens. Elle ouvre une brèche anthropologique que rien, sauf une authentique vie intérieure, ne pourra combler. C’est une boîte de Pandore qui est ouverte. Je parie que la suite législative sera la légalisation de la GPA, puis, comme certains pervers le réclament, celle des relations sexuelles entre adultes et enfants (revendication déjà posée en 1972 par un collectif d’imbéciles au nombre desquels on remarque Roland BARTHES, Philippe SOLERS, Gabriel MATZNEFF et d’autres pointures). Et viendra le jour où l’on pourra se marier avec un animal (comme certains fous le réclament ici ou là).
Bien entendu, et fort heureusement, il est un petit nombre de familles, de jeunes gens et jeunes filles, d'enfants, authentiquement chrétiens et disciples. C’est eux qui sauveront l’humanité, car ils auront fait, au moment de l’invasion barbare de la post-modernité dans la vie humaine, le choix du pari bénédictin.
Chers amis, chers lecteurs, venez en masse manifester le 6 octobre pour signifier votre opposition à cette intrusion diabolique de la loi dans la vie humaine.

Voir à cet égard cet article.

mardi 3 septembre 2019

Lundi 02 septembre 2019. La PMA est attentatoire à la liberté !


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DE QUOI EST-IL QUESTION AVEC LA PMA ?
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Notre très cher Georges explique que l'indifférence au vrai nous rend disponibles pour la servitude

"[…]. L'homme moderne ne s'engage plus, parce qu'il n'a plus rien à engager. Appelé à prendre parti pour le vrai ou le faux, le mal ou le bien, l'homme chrétien engageait du même coup son âme, c'est à dire en risquait le salut. La croyance métaphysique était en lui une source inépuisable d'énergie. L'homme moderne est toujours capable de juger, puisqu'il est toujours capable de raisonner. Mais sa faculté de juger ne fonctionne pas plus qu'un moteur non alimenté. Aucune pièce du moteur ne manque. Mais il n'y a pas d'essence dans le réservoir.
À beaucoup de gens, cette indifférence à la vérité et au mensonge paraît plus comique que tragique. Moi, je la trouve tragique. Elle implique une affreuse disponibilité non pas seulement de l’esprit, mais de la personne tout entière, et même de la personne physique. Qui s'ouvre indifféremment au vrai comme au faux est mûr pour n'importe quelle tyrannie. La passion de la vérité va de pair avec la passion de la liberté."
In
Georges BERNANOS.
La liberté pour quoi faire ?
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COMMENTAIRES
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Ce dont il est question avec les lois dites sociétales, a bien affaire avec la vérité et donc avec la liberté.
C’est bien au nom de la liberté que nous devons devons nous opposer à des lois qui nous interdisent de nous exprimer dans l’espace public, l’espace politique par excellence. Nous ne pouvons pas proposer à des femmes en détresse des solutions alternatives à l’avortement. Streng verboten ! Ach ! Et ceci est un exemple des contraintes, des interdictions, des censures que nous imposent des gouvernements composés d’hommes et de femmes soucieux d’abord de leur élection et non du bien commun. Non, il n’est pas vrai d’avancer, sans la moindre justification rationnelle, que priver un enfant de son père n’a aucune incidence sur le développement de l’enfant sur son avenir, sur son psychisme. Je suis bien placé pour savoir combien un orphelin de père souffre de perte irrémédiable. Le meilleur des beaux-pères n’y peut rien. J'en suis un. Alors que dire de ceux des enfants dotés d’une mère 1 et d’une mère 2 (je n’ose prononcer à haute voix le deuxième terme de cette proposition ridicule) ? C’est au nom de la liberté de l’enfant que nous devons à tout prix défendre son droit inaliénable d’avoir un père physiquement présent, tout attentif à son développement, et capable de le détacher petit à petit du lien maternel qui pourrait entraver son autonomie et son développement.
La SCHIAPPA peut abonder les insultes qui ont plu sur Albéric DUMONT après son intervention télévisuelle ; les grands médias, le grand TOURAINE, les grandes et petites Loges peuvent organiser un grand concert d’approbation. Cela n’a aucune incidence sur la question de fond : est-il vrai et juste de priver un enfant de son père ?

Il est donc nécessaire de participer massivement à la manifestation du 6 octobre, et de signifier à la cohorte des imbéciles si bien décrit par BERNANOS, notre opposition définitive, au nom de la liberté de l'AUTRE à une loi inique, faite pour satisfaire un lobby de lesbiennes et quelques courants de pensée que nous connaissons bien.

vendredi 3 mai 2019

Vendredi 03 mai 2019. Note brève : Bernanos et la démission des chrétiens


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BERNANOS FUT VRAIMENT UN PROPHÈTE.
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"L’état présent du monde est une honte pour les chrétiens. C’est à nous, chrétiens, que la chrétienté a été confiée. Qu’en avons-nous fait ? Les châtiments qui nous menacent et ceux qui nous ont déjà frappés sont plus que légitimes. Vu que nous n’avons pas su faire reconnaître en nous la véritable physionomie de la charité du Christ, devant laquelle tout homme de bonne volonté ploierait les genoux, nous ne devons pas être surpris qu’on brûle les églises et qu’on massacre les fidèles. Le sacrement du baptême n’est pas une police d’assurance contre l’incendie ni contre le martyre."
In
Georges BERNANOS.
La révolte de l’esprit. Écrits de combats (1938-1945). ("Le goût des idées". Collection dirigée par Jean-Claude ZYLBERSTEIN.) Présentation de Gilles BERNANOS.
Les Belles Lettres, Paris, 2017. (Page 18.)
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COMMENTAIRES.
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Quand on pense que ce texte a été écrit en 1938, on reste confondu par sa valeur de prophétie. Incendies de l’église saint Sulpice, incendie de Notre-Dame, massacres des chrétiens au Sri Lanka, événements récents qui nous glacent de tristesse et d’horreur, viennent illustrer ce qui dit BERNANOS. Et nous restons, nous chrétiens, l’arme aux pieds, désarmés, non priants, non exemplaires ; nous passons notre temps à nous regarder le nombril, et nous oublions ce que dit Jésus dans l’’Evangile de Matthieu (26, 18-20) : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. »
Il est donc urgent d’évangéliser, d’exiger que nous ayons cette liberté de le faire, par tous les moyens que nous accordent les lois, quitte à les transgresser si elles offensent notre conscience. La vraie liberté, c’est bien la parole de Jésus : « Ma Parole vous rendra libre, dit-il ».
Je n’aurai pas la naïveté de croire à l’instauration de la Cité de Dieu sur Terre. Les hommes sont pécheurs, moi le premier. Mais pour marcher dans la lumière, c’est bien de cet état de pécheur que nous devons prendre conscience.
Il se peut que les propos qui vont suivre blessent certains de mes lecteurs. Et pourtant voici très exactement ce que je pense : je connais des musulmans admirables ; ils sont des chrétiens qui s’ignorent. Peu importe qu’ils ne le sachent pas : ils sont bons et ouverts, ont conscience de leur petitesse, et ils ont de la transcendance divine une idée qui, trop souvent, manque à bien des chrétiens. Je reviendrai demain sur un passage de NEWMAN qui éclaire ce que je viens de vous dire. Mais ATTAR, l’auteur de la Conférence des oiseaux (j’en ai déjà parlé) a, par exemple, une approche du mystère de Dieu que ne renieraient pas les plus grands mystiques chrétiens. C’est ainsi, et nous devons reconnaître la liberté du Créateur de parler au cœur de tous les hommes qui le cherchent.
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INFORMATIONS UTILES.
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Copinage. 

En somme, il y a des limogeages dorés ! Tout cela est minable.









jeudi 11 avril 2019

Jeudi 11 avril 2019. Note brève. Diamètre : 7,9 mm !


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DIAMETRE : 7,9 mm
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"Je n’ai absolument pas besoin de lire le traité de Maastricht, sécrétion mégalomane, pataquès comploté par douze potentats en phase maniaque, pour savoir ce que c’est que l’Europe. Seules les conséquences de ce micmac lugubre dans la vie quotidienne m’intéressent ; pas les déclarations d’intention. Une « psychopathologie de la vie quotidienne » est d’ailleurs à réinventer : transmettre, à partir des moindres détails, à partir des plus futiles événements le dégoût de tout ce qui est en trains de se mettre en place sous le nom d’Europe en serait l’un des axes principaux. Cette Europe, donc, j’en ai approché la réalité il y a quelques jours, quand je me suis fais refiler pour la première fois, au tabac du coin, mon premier paquet de Gitanes en chocolat formatées « aux nouvelles normes européennes ». La Gitane de l’an 2000 était arrivée ! « Son diamètre a légèrement diminué, passant à 7,9 mm », disait le petit mot d’excuse qui l’accompagnait. Légèrement, tu parles ! Elles n’ont plus que le papier sur les os ! Rabougries, ratatinées, rétrécies, abrégées, réduites, contractées, amaigries, nanifiées, ce ne sont plus des Gitanes, ce sont des résumés de cigarettes, des condensés, des digests, des saloperies dévaluées, amoindries, exténuées, des difformités.
"On y a touché. On les a fait maigrir, on les a effilées, on les a émaciées, décharnées, efflanquées. On les a lignées sur les blondes en espérant que je ne m’en apercevrais pas, ou pas vraiment ; ou encore, devant cet ersatz misérable, je sauterais de joie en me répétant qu’il faut être absolument moderne et que les Gitanes à l’heure européenne, c’est vachement moderne, youpi, puisque c’est vachement européen." [Texte intégral.]
In
Philippe MURAY.
Rejet de greffe. Exorcismes spirituels I. Essais. Quatrième tirage.
Les Belles Lettres, Paris, 2010 (pour la présente édition). (Page 331.)
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CONTREPOINT DE BERNANOS.
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"La civilisation européenne, nous le savons, a un caractère universel. Il serait donc faux de dire qu’elle est l’Europe et rien qu’elle. Il ne s’agit pas non plus de prétendre que l’homme d’Europe est l’Homme. Mais nous croyons que la civilisation européenne est inséparable d’une certaine conception de l’homme. Est-ce l’Europe qui a fait l’homme européen ? Est-ce l’homme européen qui a fait l’Europe ? La question ne saurait être maintenant résolue, et d’ailleurs il n’importe pas de la résoudre. Le problème se pose autrement. L’homme européen doit-il abdiquer devant de nouvelles formes de civilisations, prétendues sans analogue dans l’histoire ? Si ces formes existent, doit-il, et peut-il s’y conformer ? En s’y conformant, lui est-il permis d’espérer
In
Georges BERNANOS.
La liberté, pour quoi faire ? (Collection Folio, série Essais N°274). Édition établie et préfacée par Pierre GILLE.
Gallimard, Paris, 2017 (date du dépôt légal de cette édition.) (Page 179.)
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COMMENTAIRES.
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Au moment où l’on essaye de nous bourrer le crâne avec une Europe parfaitement imaginaire, il est bon de comparer les deux citations. En vérité, avec son diamètre de 7,9 mm attribué aux Gitanes, l’Europe avait abdiqué toute prétention à un certain universalisme, lequel puise sa source dans la conception chrétienne de l’homme. Les élections approchent. Nous ne saurions donner notre voix à des partis qui ne tiennent pas compte du caractère unique de l’être humain, tel que l’avait conçu la vieille Europe, vendue aujourd’hui aux marchands du temple. Non au 7,9 mm, non à cette course effrénée vers le tout économique, les normes contraignantes, le tout fric, non, en un mot, à tout ce que nous présentent, le bec enfariné, les supporters de monsieur MACRON. Non à cette civilisation matérialiste imitée de la culture américaine. J’attends de monsieur BELLAMY, pour qui j’ai beaucoup de sympathie, des éclaircissements sur ce qu’il entend promouvoir en matière de conception de l’homme. Et du courage, aussi, pour dénoncer le travail de sape des lobbies en tous genres : les Monsanto, les LGBT, les Loges, les Georges Soros, et j’en passe. Affaire à suivre donc !