C'est proprement effarant ! Nos banquiers et nos financiers ne semblent pas avoir compris que les temps ont changé. Comme si de rien n'était, ils continuent de provisionner des sommes considérables pour les redistribuer sous forme de bonus à leurs traders, alors même que des milliers de nos concitoyens sont plongés dans le désespoir et la pauvreté par les licenciements ne sont souvent (pas toujours, certes) justifiables que par le goût du lucre des actionnaires.
J'ai toujours dit, et je redis encore, que l'économie administrée a fait les preuves de son incapacité à créer autant de richesses qu'une économie de libre entreprise. Encore faut-il qu'il y ait entreprise. Que font donc ces gens qui, l'oreillette à l'oreille et les yeux fixés sur un chronomètre, lancent, hagards, des ordres de ventes et d'achat dans le but unique de faire de l'argent pour le compte de leur employeur (prétexte) mais surtout pour le leur (bonus !) ? Quels services rendent-ils à la société ? Que produisent-ils ? Quelle richesse, autre que de l'argent qui est nécessairement volé ?
Ces banquiers-là doivent prendre conscience que leurs pratiques est moralement inacceptable. Il est tout de même curieux qu'un économiste (monsieur de SCITIVAUX), un philosophe (Simone WEIL) et deux penseurs (Gustave THIBON, Marcel LEGAUT) disent tous, à des années d'intervalle, que le seul principe de changement social est le changement des comportements individuels. Puisque messieurs les banquiers disposent de la puissance énorme que représente l'argent, qu'ils l'utilisent au mieux de l'intérêt général, et non de leurs intérêts particuliers. Je crains fort, sinon, que l'on en vienne à la solution préconisée par monsieur Michel SAPIN (homme qui manifestement est honnête et pense, et pense surtout à autre chose que sa propre carrière), et que la loi vienne mettre fin à des abus qu'un peu de sagesse, d'intelligence et de largeurs de vue suffiraient à éviter. Pour la rentrée, un seul mot d'ordre : non au dieu Mammon. Non cette puante idole, que l'on repaît du sang des pauvres.