Affichage des articles dont le libellé est Retraites. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Retraites. Afficher tous les articles

vendredi 20 décembre 2019

Vendredi 20 décembre 2019. Orgueil et irrationalité

Très chers lecteurs, 


Vous constatez que depuis quelques semaines je suis silencieux. Tout de même il est difficile de le rester quand on regarde l'état avancé de décomposition sociale de notre pays. Alors je vais y aller de mon petit commentaire de citoyen. Je vous invite d'abord à regarder cette vidéo, très instructive :


Il me semble  que l’irrationalité et l'orgueil sont pour l'instant les principaux moteurs du mouvement social. 
C'est que je couperais volontiers les moustaches de monsieur MARTINEZ, histoire de lui faire savoir qu'il défend les privilèges de ses mandants, essentiellement les cheminots, mais nullement ceux des futurs retraités. Il convient tout de même de rappeler que chaque Français donne (en moyenne, car il y en a qui ne payent pas d'impôts) plus de 350 euros pour la SNCF, notamment au titre des retraites des cheminots. Mais il faut aussi accepter l'idée que certains agents de la SNCF, dont les conducteurs, ont un métier pénible qui justifie un départ plus précoce, ou justifie, alternativement, une retraite plus élevée. Monsieur MARTINEZ a son heure de gloire. Il bloque, ou plutôt fait bloquer le pays par une minorité de ses affidés dont certains sont des violents. Qu'il prenne garde. La roche tarpéienne n'est pas loin du Capitole.
Mais une fois que l'on a dit ça, et qu'on se réfère aux propos de monsieur MACRON, (on peut les entendre dans la vidéo dont j'ai donné le lien), on  voit bien que l'orgueil et l'irrationalité sont des moteurs puissants de décisions contestables pris par le gouvernement.
Monsieur Laurent BERGER a raison. Le Président a menti, ou disons plutôt qu'il a cédé aux instances de monsieur PHILIPPE, et ceci, semble-t-il, au dernier moment. L'âge pivot est une idiotie. Nombre de Français (en majorité) travaillent déjà jusqu'à 63 ans et plus. Et puis surtout, on apprend que la CADES, ou caisse d'amortissement de la dette sociale, engrangera très bientôt 24 milliards d'euros tous les ans, payés avec la CRDS, et autres contributions des Français ; cette somme pourrait très bien servir à abonder ou régler les questions épineuses financières et sociales soulevées par la réforme de la retraite.
Retraite à points oui ! Obliger les Français à travailler jusqu'à 64 ans pour avoir, sur ces bases, une retraite à taux plein est une erreur politique de première grandeur. L'âge légal est 62 ans. On peut le contester et affirmer qu'il est précoce. Mais c'est bien cela qui légalement prévaut. Il ne fallait pas changer cette disposition, qui relève du contrat social passé entre les Français et leurs institutions politiques.


samedi 7 décembre 2019

Samedi 07 décembre 2019. Mes chroniques: les gaffes de Marlène et de Jean-Paul... Les craintes du Préfet


-->
-
CHRONIQUE DE LA CENSURE.
-
CRS et pompiers face à face à LILLE, le 5 décembre.

Ce qui est très intéressant dans cette affaire, c’est qu’un tweet posté par Citoyen et Français et qui devrait normalement donner accès à ce reportage est référé comme « désolé, cette page n’existe pas ». La vidéo a donc été censurée par Twitter. Il suffit d’aller sur le site de sputnik news pour la retrouver.

-
CHRONIQUE DES GAFFEURS.
-
Marlène était contre il y a 9 ans ; elle est pour aujourd’hui.


Il paraît que l’immigration étrangère comblera les trous démographiques (favorisés chez nous par les lois sur l’avortement et sur l’euthanasie) et permettra de régler la question des retraites..

Que monsieur DELEVOYE ose dire des choses pareils est insensé. Rappelons qu’il a brigué, contre madame ALLIOT-MARIE qui l'a emporté, le poste de Président du RPR, qu’il a refusé de prendre en compte, en tant que Président du CESE, la pétition citoyenne de plus de 700 000 Français demandant à cet organisme hyppolito-théodulesque d’étudier la loi sur le mariage pour tous (on susurre dans les chaumières qu’il aurait téléphoné à monsieur HOLLANDE ou à ses proches pour savoir ce qu’il devait faire de cette pétition). Ce refus est tout simplement une forfaiture, sinon juridique, du moins certainement morale. Or donc, après avoir été chiraquien, puis hollandiste, le voilà macroniste et empêtré dans la réforme des retraites (je la crois nécessaire ; mais de grâce que les choses soient clairement dites). Il y a des girouettes qui sont fragiles. Monsieur DELEVOYE en est une… C’est cependant une girouette roseau. Elle plie, mais ne rompt pas (je veux dire que ses changements de direction ne l’empêche pas de continuer à naviguer dans les marigots du pouvoir).
-
CHRONIQUE DES APPRENTIS SORCIERS.

Voilà ce qu’un fou a osé faire.


Mais voilà ce que des fous pourraient faire chez nous grâce aux lois sociétales. (Merci à mon ami Dominique qui m’a transmis cet apologue savoureux !)

"Je m'appelle Charlotte, enfant ... d'un couple d'hommes qui m'a adoptée après une GPA, sans que ni l’un ni l’autre n’ait fourni ses gamètes.
J'ai maintenant 18 ans, un père adoptif 'Jean' et une mère adoptive 'Pierre', car c'est lui la "femme" du couple et ils sont mariés bien sûr...J'ai vite senti une certaine attirance physique aussi bien avec Jean qu'avec Pierre !
Ce qui devait arriver avec 'Pierre'...arriva… et j'ai eu un enfant avec mon père adoptif 'Jean' (sans qu'il y ait d'inceste), puis un autre enfant avec ma mère adoptive. Ce qui n'est pas encore défini, c'est la position de ma mère vis-à-vis de l'enfant que j'ai eu avec mon père, son mari, et vice-versa.
Par contre, ce qui est bien, c'est que la loi permettra à mes enfants, (deux filles ou deux garçons), peu importe, de se marier ensemble. J’ai eu deux filles en effet. C'est là, l'avantage d'avoir changé de Président : L'ancien n'aurait pas réussi une pareille "avancée sociale".
Si vous n'avez pas bien compris, merci de relire encore une fois, ou de téléphoner au Président qui est à l'origine de cette connerie !"

Tout ce qui expliqué ici est strictement autorisé par la loi, puisque le Conseil d’Etat a ordonné l’inscription des enfants nés par GPA à l’étranger sur les registre de l’Etat civile.
-
CHRONIQUE DE LA REVOLUTION QUI N’EN FINIT PAS.
-
Ils n’ont pas voulu abroger cette loi de 1793 !!!

C’est que voyez-vous elle peut toujours servir, si nécessaire, cette loi éhontée de 1793 ! Mais ces gens-ont-ils perdu la raison ?
-
CHRONIQUE DES CARRIERES COMPROMISES.
-
Elle craint pour sa carrière, le Préfet du Puy-de-Dôme (je refuse de féminiser les noms de fonction) car son mari a osé poster des choses abominables sur twitter, des choses de droite d’où l’abominabilité, le sceau criminel de ces opinions, comme vous pourrez le constater en lisant cet article.

Je trouve, que cette femme ne mérite pas son mari.
-
CHRONIQUE DE LA GREVE.
-
Ceci expliquerait-il cela ?

Je voudrais préciser ceci : la réforme des régimes des retraites est indispensable. Des privilèges dont certains remontent à 1909 (pour les cheminots) ne se justifient plus. Mais cette réforme, concoctée par des hauts fonctionnaires qui ont une calculette à la place du cœur, et un manche à air (pour savoir d’où vient le vent) à la place du cerveau) ont réussi à torpiller ce qui au départ semblait être une bonne mesure. La communication a été désastreuse, l’impréparation totale, de sorte que personne ne sait plus ce qu’il en est.





dimanche 31 octobre 2010

Bernard Friot et les retraites

-
Ainsi que je l'ai déjà dit, je n'ai pas pu me procurer le livre de Bernard FRIOT sur les retraites. Néanmoins, j'ai reçu avant hier le message d'un ami de POITIERS qui me demandait ce que je pensais des propositions de cet économiste qui lui avaient été transmises par un tiers. C'est donc sur ce message et non sur ce livre que je réagis, en faisant l'hypothèse de départ que ce sont bien les positions de l'éminent collègue qui a publié cette étude. J'espère répondre ainsi, au moins provisoirement, à POTOMAC.
-
Bernard FRIOT est économiste ET sociologue. Il enseigne à l'Université de PARIS X (Nanterre ?). Il a donc une double formation. Avant de dire pourquoi cette analyse me paraît irrecevable, je vais m'efforcer de vous la transmettre, à partir de ce message, j'insiste bien sur ce point, et non à partir du livre. Ceci signifie que le message anonyme a très bien pu déformer les propos de l'auteur.
-
Le message porte donc sur l'article qu'a publié Bernard FRIOT : "Financement des retraites : l'enjeu des cotisations patronales." Il commence par en citer quelques extraits : "On oublie toujours, quand on raisonne sur l'avenir des retraites, que le PIB progresse d'environ 1,6 % par an, en volume, et qu'il double, à monnaie constante, en 40 ans. C'est pourquoi nous avons pu multiplier par 4,5 les dépenses de pension depuis 1960."
-
L'auteur du message s'indigne qu'une telle information ait été passée sous silence et s'en sert pour fustiger la reforme des retraites. Par un calcul (exact), il indique que dix actifs produisent aujourd'hui un gâteau de 100 et qu'ils ont à charge 4 retraités. Quatorze personnes se partagent donc un gâteau de 100, soit 7,14 par personne. Si dans quarante ans, 10 actifs produisent un gâteau de 200 et qu'ils ont à charge 8 retraités, ce sont 18 personnes, dit-il, qui se partageront un gâteau de 400, soit 11,1 par personne. Et l'auteur du message de poursuivre en prétendant que ce sont les patrons qui veulent faire des plus-values boursières sur les 40 % de part salariale qui représentent les "fameuses cotisations patronales" (dixit l'anonyme du message). Et de rager, en prétendant que les patrons veulent faire main-basse sur ce qu'il appelle des "salaires différés".
-
Je ne vais pas faire l'injure à Bernard FRIOT d'avoir produit une telle analyse. Si c'était le cas, je douterais de ses compétences, ceci pour plusieurs raisons.
-
(a) Les chiffres de références qu'il donne prennent pour point de départ l'année 1960, en pleine période des Trente Glorieuses, avec des investissements énormes liés à la reconstruction de la France (après la guerre), et la nécessaire industrialisation. L'auteur du message semble méconnaître ce point, et il fait l'hypothèse très hasardeuse que le PIB continuera de croître sur le même rythme. On peut penser que cette hypothèse est fausse ; (1) en raison de la concurrence internationale, de la mondialisation, du développement des pays émergents (Chine, Inde Brésil), les parts du marché mondial dont nous disposons ont toutes les chances de diminuer et ne pourront être compensées entièrement par l'accroissement de la population française ; (2) nous ne pouvons continuer de vivre sur un mode de développement qui épuise les richesses naturelles, les pille, et les gaspille, et on peut imaginer que les théoriciens de la décroissance vont sans doute faire valoir leur point de vue, un point de vue plus respectueux des générations futures et de l'avenir de la planète.
-
(b) Le concept de 'salaire différé' en matière de retraite est une imposture. Si cela était vraiment le cas, cela voudrait dire que la retraite par répartition est en réalité une retraite par capitalisation, et que nous serions assurés de voir intégralement réparties, au moment de la retraite entre tous les cotisants, les sommes mises de côté pendant la durée de cotisation, et seulement aux cotisants concernés par cette période. Or justement, la retraite par répartition consiste à faire payer par les actifs les pensions des inactifs, en mutualisant totalement les cotisations (ou presque, car les régimes spéciaux échappent à ce système), et en faisant le pari que le renouvellement des personnes rentrées en "inactivité" sera assuré par celles qui rentrent dans "l'activité". C'est précisément parce que c'est un pari dont les termes initiaux ont grandement changé que le problème se pose. Il y a une solution alternative à cette solution. Elle consiste à ne plus payer de cotisations sociales, ni patronales, ni ouvrières, à verser la totalité du fruit du travail aux salariés, et à laisser à l'épargne le soin de régler la question ou à la solidarité celui de prendre en charge ceux qui, faute de ressources, n'auraient pu suffisamment épargner pour assurer leurs vieux jours. Est-ce cela que veut l'auteur du message qui joue entre les deux solutions, celle du salaire différé, et celle de la solidarité, pour étayer une démonstration boiteuse ?
-
(c) Je ne sais pas où l'auteur de ce message a puisé ses renseignements sur la démographie prévisible des inactifs. Je sais simplement que j'ai vu récemment dans divers journaux, que la France comptera très vraisemblablement près de 200.000 centenaires au milieu du siècle. Je ne vois pas comment cet allongement de la durée de vie peut aboutir aux chiffres donnés par cet auteur.
-
(d) Enfin et surtout, je constate que l'analyse est fortement idéologique. Cela n'est pas grave en soi. Tout le monde a le droit de penser que MARX a raison EN TOUT. Mais il serait plus honnête que l'auteur dise d'où il parle, et ne tente pas de faire passer pour information objective ce qui est une analyse fortement contestable sur le plan économique, fausse (pour ne pas dire plus) sur le plan intellectuel, et teintée très fortement de haine de classe.
-
Je ne peux pas imaginer que le livre de Bernard FRIOT reprenne ces arguments sans les nuancer, sans marquer les hypothèses et leur niveau de vraisemblance, et sans comparer ses solutions avec des solutions alternatives. Voilà ce qui, intellectuellement, me paraît honnête.
-

lundi 25 octobre 2010

Effaré, je suis effaré

-
C'est une chose entendue : le droit de grève est un droit constitutionnel. Il donne aux grévistes un droit unique : celui de cesser de travailler ; mais il ne leur donne pas le droit d'empêcher les autres de le faire. Or c'est très exactement ce que les ouvriers et employés des dépôts de carburants sont en train de nous imposer.
-
J'ai entendu le responsable syndical de l'un de ces dépôts dire que ce qu'il cherchait était de provoquer un maximum de dégâts économiques. Il ne précisait pas dans quel secteur, et sans doute peut lui importait. Cette position implique deux dispositions d'esprit particulières et peut- être même plus. (a) Ce responsable défend les intérêts d'un groupe au détriment d'autres groupes sociaux ; il ne cherche pas le bien de tous, mais un bien particulier ; son raisonnement a sans doute une valeur idéologique et politique, mais il n'a aucune valeur morale. Il ne doit donc pas s'étonner, dès lors, de trouver devant lui des groupes ou des personnes tout aussi dépourvues de moralité. Je le redis pour la cinquième fois dans ces billets : le propre de l'idéologie est d'être insensible au sort de l'homme concret. Foin des artisans, des professions libérales, des agriculteurs, des commerçants qui, simplement pour vivre, ont besoin de se déplacer. Qu'ils crèvent, pouvu que nous leur survivions ! (b) Ce responsable, en deuxième lieu, raisonne comme Louis XV : "Après lui, le déluge". Il y a des entreprises au chômage technique dont les employés sont privés de salaire ; le pays est obligé d'importer à grands frais des produits pétroliers de Belgique, de Hollande, d'Italie, et aggrave ainsi le déficit du commerce extérieur, qu'il faudra financer par un emprunt que tous les Français, les employés des dépôts y compris, devront rembourser. (c) L'image de notre pays est durablement affectée : la France est synonyme de chaos, de désordre en tous genres, de pays dont les citoyens sont en grèves incessantes. Mais de cela, les responsables syndicaux (je ne parle pas des grands responsables, type Jean-Claude MAILLY, Bernard THIBAULT ou CHEREQUE) n'en ont cure. Ils donnent l'impression de vivre au jour le jour : "Puisque ces événements nous échappent, feignons de les organiser" semblent-ils nous dire. Ils ont ouvert la boîte de PANDORE et regardent, ébahis, les démons qui s'en sont échappés.
-
Il n'y aura ni vainqueurs, ni vaincus dans cette lutte suicidaire. Il n'y aura que des victimes. Et une aggravation prévisible de l'état de notre économie, d'insolubles difficultés quand il s'agira de parler plus tard des nouveaux et indispensables ajustements du régime des retraites et une pauvreté croissante. C'est ce que l'on appelle la solidarité dans le dénuement.
-
Je souhaite simplement qu'aucun des proches des irréductibles grévistes n'ait à être transporté d'urgence à l'hôpital et ne puisse le faire faute de véhicules approvisionnés en carburant. Ces aveugles n'auraient que leurs yeux pour pleurer, et ne pourraient s'en prendre qu'à eux-mêmes. Je souhaite que jamais ils ne voient leur réfrigérateur vide et qu'ils ne puissent le remplir en raison des ruptures de stock des magasins qui ne seraient plus livrés. Je souhaite que jamais ils ne soient obligé de laisser seuls leurs enfants à la maison, sans surveillance, au motif que les établissements scolaires sont fermés, les transports scolaires supprimés, et les personnes susceptibles de les dépanner incapables de se déplacer. Politique de l'autruche, l'un des animaux les plus bêtes de la création.
-
Effaré, je suis effaré devant tant d'inadaptation à la réalité, d'égoïsme, d'idiotie. Je redis ici qu'étant un privilégié, je comprendrais très bien que l'on diminuât le montant de ma pension pour permettre à d'autres d'en avoir une plus élevée. C'est même une proposition formelle. Je ne suis pas immortel, et je n'emporterai pas avec moi mes billets de banque. On me demandera, Il me demandera, simplement : "As-tu aimé ? " Comme je voudrais pouvoir répondre : "Oui, Seigneur, j'ai aimé". Mais sachant que ce serait un mensonge, je dirais :" j'ai essayé mais je m'en remets à ta miséricorde".
-
-

samedi 23 octobre 2010

Silence étourdissant

-

Il est au Parti Socialiste des hommes qui pensent. Mais on ne les écoute pas. Il y a deux jours, Manuel VALLS a affirmé que "l'allongement de la durée des cotisations étaient inévitable". J'ai vu cette information en bandeau défilant, sur une chaîne d'information continue. Curieusement, les médias nationa(lisés)ux n'ont pas repris cette information. Je crains fort que Manuel VALLS, dont j'ai toujours pensé beaucoup de bien pour sa probité intellectuelle, n'ait définitivement ruiné ses chances lors des primaires organisées pour la désignation du candidat du PS aux futures élections présidentielles. Et j'imagine qu'il a dû se faire copieusement enguirlander par les éléphants de son parti, notamment par madame AUBRY laquelle aurait besoin de consulter un ophtamologiste afin de corriger sa myopie partisane .

-

Parlons-en de ces éléphants. Ils sont démagogues, inconséquents, incompétents, et menteurs. Démagogues, car ils entretiennent dans leur clientèle ordinaire (fonctionnaires essentiellement, et nombreux salariés du privé) l'illusion que le système actuel des retraites peut être maintenu en l'état. Inconséquents, lorsqu'ils prétendent qu'il serait possible de régler le problème en augmentant les impôts (proposition vague) tout en réclamant une augmentation du pouvoir d'achat. Incompétents car ils sont incapables de proposer une réforme qui tienne compte de tous les éléments du problème (ils sont nombreux, complexes et sans aucun doute ; mais la défense des égoïsmes individuels et des avantages indus, le tout sur le ton déclamatoire du principe d'égalité, ne saurait tenir compte d'une analyse sérieuse). Et menteurs, menteurs par-dessus tout. Car s'ils veulent que notre pays maintienne son niveau de vie, produise des richesses et puisse les distribuer, il seront obligés de modifier le système actuel des retraites et la modification sera nécessairement douloureuse ; ils le savent et ne le disent pas, mais je peux vous garantir qu'ils le feront parce qu'il n'y a pas d'autre choix.
-
Ceci explique pourquoi les propos de Manuel VALLS n'ont été repris ni par les médias, imbibés de haine ou de dérision, ou de mépris contre le Président, ni par les membres éminents du PS, plus préoccupés des élections et de leur sort que du bien de notre patrie. Décidément, Manuel VALLS, s'il est isolé parmi les siens, mérite notre respect et notre estime pour son courage. Lui seul ose dire, comme le petit enfant du conte : "Le Roi est nu".
-

mercredi 20 octobre 2010

Les collectivités ne pensent pas

-
En cette période trouble où les foules, la passion et la déraison semblent submerger les médias, les citoyens, les syndicats et les hommes politiques, il est bon de se rafraîchir aux sources les plus pures de la réflexion. Je n'ai jamais caché l'admiration que je porte à Simone WEIL, trop tôt disparue. Souvent je l'ai citée. Et je vais aujourd'hui continuer à le faire car elle exprime des choses que tout être raisonnable, amoureux de la liberté, devrait sans cesse avoir en tête. Voici ce qu'elle dit dans cet essai admirable et d'une rare densité, Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale.
-
"Pas plus que l'homme n'est fait pour être le jouet d'une nature aveugle, il n'est fait pour être le jouet des collectivités aveugles qu'il forme avec ses semblables ; mais pour cesser d'être livré à la société aussi passivement qu'une goutte d'eau à la mer, il faudrait qu'il puisse et la connaître et agir sur elle. Dans tous les domaines, il est vrai, les forces collectives dépassent infiniment les forces individuelles ; ainsi l'on ne peut pas plus facilement concevoir un individu disposant même d'une portion de la vie collective qu'une ligne s'allongeant par l'addition d'un point. C'est là du moins l'apparence ; mais en réalité il y a une exception et une seule, à savoir le domaine de la pensée. En ce qui concerne la pensée, le rapport est retourné ; là l'individu dépasse la collectivité autant que quelque chose dépasse rien, car la pensée ne se forme que dans un esprit se trouvant seul en face de lui-même ; les collectivités ne pensent point."
-
Tout est dit. Dans ce livre, Simone WEIL développe plus longuement cette idée que ne le laisse percevoir cette citation. Mais déjà ce bref fragment ouvre à notre esprit une perspective de vérité.
-
Prétendre connaître la vérité de ce que pensent le peuple français à coup de sondage est au mieux une erreur intellectuelle, au pire une imposture et une manipulation. Les sondeurs peuvent nous dire que 59 % (ou 69 %, peu importe) de nos concitoyens demandent que les manifestations contre la réforme des retraites se poursuivent, même si la loi est votée, je dis que de ce sondage ne sort aucune vérité. La vérité, que chacun peut vérifier de ses yeux, c'est que si les Français étaient pour la grève, ils ne se précipiteraient pas aux pompes des stations-services pour faire leur plein de précaution, par exemple. Ils auraient la pudeur de soutenir les grévistes en minimisant les effets de leur mouvement sur la vie sociale ; ils argumenteraient avec des statistiques économiques, démographiques, sociales, pour montrer que cette réforme est inutile, injuste, inefficace. Ils donneraient de leur argent pour soutenir les caisses syndicales de solidarité en faveur des grévistes. Ils proposeraient des mesures, y compris douloureuses, pour remédier à la situation catastrophique des comptes sociaux. Bref, ils se comporteraient en citoyens solidaires (puisqu'ils n'ont que ce mot à la bouche) et responsables. Le comportement de nombre d'entre eux - ne généralisons pas - me semble bien éloigné des valeurs affichées par les responsables syndicaux. Il me semble refléter plus vraisemblablement le chacun pour soi.
-
Allons, encore une petite citation, cette fois-ci de Thomas MERTON. Ce moine trappiste, auteur entre autre de ce 'best seller' intitulé La nuit privée d'étoile, a écrit dans un autre ouvrage, remarquable à tous égards, Nul n'est une île :
-
"Une société dont le seul but est d'éliminer la souffrance et de donner à ses membres les plus grands conforts et les plaisirs les plus recherchés est condamner à périr." Bien entendu, il ne s'agit pas de justifier la pauvreté, et ce n'est pas ce que dit MERTON dans son livre, bien au contraire. Ce qu'il fustige, ce sont les courtes vues de l'hédonisme et du plaisir à tout prix, y compris à celui du sang des plus pauvres et des plus faibles. Je dois dire que je ne mets pas les conducteurs de TGV ou de trains dans cette population.
-

lundi 18 octobre 2010

Les hommes de ce temps ont des bleus à l'âme

-
Je ne mets pas en doute un seul instant la bonne foi des leaders syndicaux dans la contestation qu'ils mènent contre la réforme des retraites. Je mets en cause la justesse de leurs analyses, et par conséquent la justice de leurs actions. Tout ça mérite une explication.
-
Que les leaders syndicaux défendent les intérêts de leurs adhérents, c'est tout à fait légitime. Mais qu'ils le fassent en considérant que ceux-ci forment des groupes complètement indépendants de la société dans laquelle ils vivent, est une erreur de perspective fondamentale qui ne peut conduire qu'à des impasses. Penser que l'on agit justement parce que l'on est le plus fort (j'ai déjà évoqué dans un billet l'opinion de notre grande Simone WEIL sur cette position, hélas très répandue) est tout simplement le comble de l'injustice. Car si nous avons besoin d'agents de la SNCF ou de la RATP ou de dockers, ou d'ouvriers des raffineries, eux ont besoin de plombiers, d'électriciens, de médecins, de boulangers, de bouchers, que sais-je encore. Et la qualité de salarié ne donne aucun avantage particulier dans le champ social sur celle d'indépendant. Qu'arriverait-il si les médecins cessaient tous de travailler ? Et pourquoi faudrait-il qu'interrompre les transports fût de moindre gravité que de cesser de soigner les malades ?
-
Alors, il faut revenir à la réalité : les Français sont attachés, justement, au système de retraite par répartition. Dans ce système, les actifs cotisent pour les inactifs et l'on répartit ce qu'il y a dans le pot. Il se trouve que pour diverses raisons, le pot est devenu sinon minuscule, du moins petit et que son contenu doit être distribué à un nombre croissant d'ayant-droit. Il est donc nécessaire de l'abonder. Quand madame AUBRY proclame qu'il faut tout remettre à plat, elle admet sans le dire que le système est à bout de souffle. Si la seule solution consiste à augmenter l'impôt, déjà fort lourd en France, ce sont les classes moyennes qui vont encore payer. Je reviens à mon idée de prélever sur les dividendes versés aux actionnaires, et de verser ce prélèvement à une ou des caisses de compensation (une par entreprise ? une caisse générale ?) pour augmenter le montant des pensions.
-
En vérité, il me semble que ces protestations traduisent un malaise plus profond, une sorte de mal-être propre à nombre d'hommes et de femme de la post-modernité. Ils ont des bleus à l'âme, et protester sans raisons valables, quoi qu'ils disent, n'est que l'expression de cette blessure intérieure : la vie est devenue matériellement meilleure, mais elle a perdu son sens.

samedi 16 octobre 2010

A Sylvain

-
Cher Sylvain,

Je ne suis pas RILKE, et je suis bien incapable d'écrire une oeuvre du genre Lettres à un jeune poète inconnu. Qu'importe. Je vais m'efforcer de répondre, comme je l'avais promis, à votre commentaire désenchanté du billet du 13 octobre. Je ne vous connais pas, mais vous devine.
-
Oui, cela est vrai. Ceux qui font grève aujourd'hui sont ceux que la réforme des retraites ne concernent pas. J'ai pris soin de vérifier, sur le site officiel de l'organisme qui gère les retraites des agents de la SNCF, certains points mentionnés par TIPPEL dans un commentaire. Les agents de la SNCF partent à 55 ans. Ceci figure, pour autant que je m'en souvienne, dans l'article 1 du règlement des retraites. Il est parfaitement inacceptable de voir ces agents faire grève pour protester contre une réforme qui ne les concernent pas, ou pas encore. Il ne s'agit pas d'un privilège (mot que l'on confond souvent avec "avantage" ; un privilège [private lex] est un règlement particulier qui s'applique à un groupe humain particulier, qui est élaboré par les membres de ce groupe en contrepartie des efforts qu'il consent à titre de groupe). Il s'agit tout bonnement d'un avantage indu. Le temps des locomotives à vapeur est révolu. Il n'y a plus de mécaniciens et de chauffeurs noircis par la fumée du charbon et fouettés par le vent âpre dans leur habitacle inconfortable. Les amplitudes de voyage se sont considérablement raccourcies en raison de l'avènement des TGV. Les conducteurs et les contrôleurs ont encore à souffrir de ces soirées qu'ils passent dans les locaux destinés à les accueillir pour une nuit, le temps pour eux de faire le retour. Mais cela est de plus en plus rare. Et c'est bien. Un raisonnement analogue s'applique aux agents de le RATP à PARIS. Je ne sais pas si la convention collective qui règle les droits et devoirs des agents employés dans les lignes de bus et de métros régionaux comportent les mêmes avantages.
-
Ce qui me paraît le plus touchant dans votre commentaire c'est l'expression d'une blessure, de cette blessure intime qui vous fait regarder avec tristesse et désenchantement le monde contemporain tel qu'il va. Non ! Ne vous laissez pas aller au désespoir. Le monde sera ce que vous en ferez. Et il suffit de quelques jeunes à l'âme bien trempée, pour le changer ce monde. C'est ma conviction profonde. Et vos réactions, leur profondeur, la sensibilité très fine qui est la vôtre l'indiquent à l'évidence : vous êtes de ceux qui peuvent, par la conscience vive des dysfonctionnements sociaux, des atteintes à la relation entre les hommes, du délitements du lien social, contribuer au nécessaire redressement. Le gémissement, disait un jour le Cardinal Alexandre RENARD, n'est pas un don du Saint Esprit. J'ai entendu de mes oreilles cette homélie mémorable qui invitait les disciples à l'action nourrie par la prière.
-
Voilà cher Sylvain ce que voulais vous dire pour aujourd'hui. J'aurai encore des commentaires à faire qui nécessitent de ma part plus de réflexion ; les remarques que je vous livre aujourd'hui sont celle d'un homme dans la dernière partie de sa vie certes, mais un homme plein d'espérance, sans laquelle il n'est pas d'amour possible. J'attends votre réaction avec impatience
-

jeudi 14 octobre 2010

Un nouveau concept politique : la rétropédalitude

-
Madame ROYAL vient d'inventer un nouveau concept politique : celui de rétropédalitude. Elle nie avoir appelé les lycéens à manifester pour protester contre la réforme des retraites, lors de son interview par Laurence FERRARI. Apparemment, elle a oublié la teneur exacte de ses propos. Elle a même eu ce lapsus très révélateur lorsqu'elle a indiqué, dans sa tentative de rectification, conduite sur les ondes de France Info qu'elle a prétendu vouloir dire que "s'ils devaient le faire, ils devaient le faire POLITIQUEMENT", avant de corriger son lapsus (je voir les os de papa FREUD frétiller de joie) en "PACIFIQUEMENT". Madame ROYAL aurait dû les dissuader de manifester. En essayant de corriger son tir, elle fait machine arrière : c'est bien ce que je disais, c'est de la rétropédalitude.
-
Monsieur de VILLEPIN lui, en bon avocat et bon manieur de notre langue prétend (et vous allez apprécier la nuance) qu' "on ne fait pas une réforme crédible sur un sentiment d'injustice". Il ne dit pas "sur l'injustice", non, il dit "sur un sentiment". La véritable question est donc bien de savoir si cette réforme est injuste ou non. Si elle comporte des aspects manifestement injustes, il faut les supprimer. Il semble bien que de très réelles modifications aient été apportées par les sénateurs. Là où les socialistes avaient maintenu le départ à 60 ans pour tous, il devient possible de partir plus tôt et avec un taux plein, si l'on a cotisé un nombre suffisant d'année, par exemple.
-
Parlons des jeunes qui manifestent. Ils sont manipulés, et ils défendent l'indéfendable. J'ai entendu l'argumentation de responsables de l'UNEF et de syndicats de lycéens. C'est hallucinant d'égoïsme et de bêtise : il faut maintenir la retraite à 60 ans, disent-ils, parce que ça libèrera des places pour nous les jeunes ! "Ôte-toi de là que j'm'y mette" en quelque sorte. Ce qui m'épouvante, en fait, c'est que ces jeunes n'aient d'autre aspiration que celle de devenir salarié, et de préférence fonctionnaire. Ils n'imaginent pas qu'ils puissent faire autre chose, créer leur propre entreprise par exemple.
-
Vous me direz : il cause, il cause celui-là. Mais ne fut-il pas fonctionnaire ? Je vais leur répondre. Certes, je le fus. Mais, avec quelques amis et collègues, nous avons créé une entreprise de Recherche sur Contrat, en 1996, avec 14 emplois à la clé. Cette entreprise a été rachetée et elle continue de fort bien fonctionner. Et il a bien fallu que nous investissions de nos économies pour constituer l'assez modeste capital de cette entreprise. Par conséquent, j'estime ne pas avoir de leçon à recevoir. J'ai mis mes compétences, des économies personnelles, au service de jeunes dont nombre étaient du reste mes élèves. Que tous les enseignants syndiqués du SNESUP et autres appellations en fassent autant. Après, on parlera.
-
Revenons aux jeunes, si gracieusement invités à manifester par madame ROYAL. Ils n'ont strictement rien compris, comme tant de Français, hélas, à l'économie en général et à celle des retraites en particulier. Ils n'ont pas compris que c'est eux qui, en rentrant dans la vie professionnelle, vont payer par leurs cotisations sociales les pensions des inactifs. Comme ils seront insuffisamment nombreux à travailler (démographie oblige), il sera nécessaire d'emprunter des capitaux sur les marchés internationaux pour payer les pensions, et il faudra rembourser ces emprunts et les intérêts par l'impôt. Quant à les voir crier qu'ils défendent leur retraite à eux, il y a de quoi se tordre de rire. Ils y pensent déjà avant même d'avoir travaillé ? S'ils y pensent, ils sont déjà vieux dans leur tête. S'ils n'y pensent pas mais manifestent, c'est une manifestation politique, sans rapport avec l'objet officiel des protestations. Qu'ils le disent clairement. Mais qu'ils ne roulent pas le bon peuple dans la farine.
-
En vérité, je le redis, il y a trois moyens pour trouver l'équilibre du financement des retraites : l'allongement de la durée du travail et du nombre d'annuités, l'augmentation de la contribution des uns et des autres, patrons et salariés, et la diminution du niveau de pension. Sans doute faudra-t-il avoir recours au trois moyens un jour, notamment au dernier, si cette réforme de la dernière chance ne passe pas.
-

vendredi 8 octobre 2010

Et ils n'ont pas honte

-
Je ne sais pas qui est à l'origine de l'appel lancé aux lycéens et collégiens, un appel qui les invite à manifester contre le projet de réforme des retraites. Si les leaders syndicaux ou leurs relais sont responsables de ce mauvais coup, je partage l'avis de monsieur Raymond SOUBIE, conseiller du Président de la République qui souligne l'irresponsabilité de tels agitateurs.
-
Nos jeunes sont manipulés. On ne cesse de leur délivrer un message univoque, emprunté à papa MARX, pimenté d'un hédonisme égoïste. L'éducation nationale, les médias audiovisuels, les sites internets, les réseaux sociaux et une grande partie de la presse écrite se font les haut-parleurs de cette vision de la vie. Tout dans l'immédiateté, après nous le déluge.
-
Demander [officiellement] à des jeunes de 15-17 ans de penser à une retraite qu'ils prendront au mieux dans 50 à 55 ans est tout simplement irrationnel. Nul ne peut prévoir ce que sera à ce moment-là notre situation économique et démographique ni même ce que seront les métiers d'alors dont certains ne sont pas encore nés. En réalité, cette initiative consiste à demander à nos jeunes de soutenir l'opposition de certains salariés, essentiellement des fonctionnaires, à des mesures qui les touchent dans un proche avenir, mais dont nul ne peut dire si elles seront encore en vigueur, adoucies, ou, plus vraisemblablement aggravées en l'an 2060.
-
De plus, ces jeunes que l'on sollicite, ce sont eux qui, dans 5 à 10 ans, vont devoir cotiser pour payer les pensions de futurs retraités aujourd'hui inflexibles dans leur égoïsme. Qu'ils ne s'y trompent pas, ces jeunes, ils seraient les premières victimes d'un statu quo explosif. Si des jeunes, à qui s'ouvre grand la vie, et qui normalement aiment le risque, adhèrent du fond d'eux mêmes aux revendications des grévistes, ils sont déjà vieux, et ils participent à la décadence de notre patrie.
-
Mon père, qui était pharmacien, a cessé de travailler à 72 ans révolus. Il ouvrait son officine à 8 h 30, et fermait à 20 h. Il fallait y ajouter les gardes de nuit. Il restait debout toute la journée. Celui qui n'a jamais fait ce métier ne peut savoir combien il est harassant : piétinement, contrôle de la délivrance des médicaments, enregistrement des adresses dans l'ordonnancier. Mon voisin, en Alsace, était cardiologue. Moi-même très matinal, je partais souvent à la faculté vers les 6 heures-6 heures 30 du matin, en même temps que lui. Il n'était jamais rentré avant 22 heures. Et n'hésitait pas à se déranger la nuit pour ses malades ou pour les gardes. Il a cessé de travailler à 70 ans. Un ami très intime a exercé le métier de kinésithérapeute - métier où l'on travaille debout et où l'on utilise beaucoup d'énergie musculaire - jusqu'à ses 70 ans, malgré des douleurs dorsales obsédantes. Un autre ami qui exerce le même métier ne cessera pas ses activités avant 70 ans. Un ami, éleveur de mouton dans les montagnes de SISTERON, a travaillé jusqu'à 75 ans, âge de sa mort. Je n'en finirai pas de donner une liste de personnes de mes connaissances qui sans jamais se plaindre d'un métier pénible, ont très largement travaillé au-delà des 60 ans fétiches. Allez, messieurs les leaders syndicaux, direz-vous que ces métiers ne sont pas pénibles ?
-
J'ai moi-même travaillé jusqu'à 65 ans. J'aurais pu aller jusqu'à 68 ans. Si j'ai cessé mes activités universitaires, c'est (a) pour ne pas bloquer la carrière d'un de mes collaborateurs qui venaient d'être nommé professeur ; (b) pour ne pas perdre le poste budgétaire de professeur et ainsi permettre à un jeune d'être recruté sur un poste vacant ; (c) et je n'ai pas désiré être professeur émérite, ce qu'il m'eût été facile d'être. J'aurais fait piaffer d'impatience et d'irritation les enseignants-chercheurs en quête d'un bureau tranquille. Ah ! Je précise : j'avais 40 annuités, c'est-à-dire plus qu'il n'était nécessaire, et je suis parti pile le jour de mes 65 ans.
-
Les manipulateurs de jeunes n'ont pas honte ? Ils ont tort. Et leur initiative tordu leur reviendra dans la figure comme un boomerang. Honte à eux, en effet, et une honte durable qui m'ôterait toute l'estime que je porte à certains d'entre eux s'il s'avérait qu'ils ont trempé dans la combine.
-

mercredi 15 septembre 2010

Et s'ils donnaient l'exemple ?

-
Les députés de l'opposition sont ridicules. Pendant le débat sur les retraites, ils brandissent des pancartes sur lesquelles on peut lire : "Taxer (sic) le capital" ou "Retraite : départ à 60 ans". J'attends encore qu'ils fassent des propositions. Il en est une qui serait très symbolique et de grande valeur s'ils l'explicitaient. Elle consisterait à renoncer aux avantages que les députés de la précédente législature, en fin de mandat et à l'instigation du Président de l'Assemblée d'alors, se sont accordés en matière de retraite, à l'unanimité. Quand on prétend défendre la vertu, on la met en pratique.
-
Qu'ils continuent ainsi, et ils vont achever de ruiner notre pays. Car ils le savent aussi bien que les actuels gouvernants. Il est impossible de financer les retraites sans avoir recours à l'emprunt sur les marchés internationaux, à un taux très élevé. Ils devraient tout de même rappeler à leurs électeurs :
(a) que ce sont les actifs qui financent les pensions des retraités.
(b) que le système des retraites est fondé sur la répartition ; alors répartissons ce qu'il y a dans les caisses. S'il n'y en a pas assez, il n'y a que trois solutions, augmenter les cotisations sociales tant patronales qu'ouvrières, diminuer le montant des pensions, diminuer le nombre des pensionnés en retardant l'âge légal de la retraite. Taxer le capital est une aimable plaisanterie. Il l'est déjà, par le biais de l'impôt de solidarité sur la fortune, et l'imposition (à 21 %, me semble-t-il) des plus-values boursières, pour ceux qui ne sont pas assujettis à l'ISF. Et si l'on tient à faire fuir à l'étranger ce qui reste de fortunes en France, il n'y a qu'à prendre cette mesure.
-
Pour vous donner une idée de la morosité des entrepreneurs, je pourrais vous confier que Laurent, le jeune restaurateur dont je parlais il y a un peu plus d'une semaine, m'a dit hier : "j'envisage de partir à l'étranger ; ici, ce n'est plus possible. J'enseignais la (haute) cuisine, j'irai apprendre à des anglais ou des américains ou des japonais", et il révélera les secrets que nos traditions avaient pieusement conservés, tout ce qui fait notre patrimoine.
-
Ainsi sera respecté le principe d'égalité. On sera tous pareils, on aura tous les mêmes revenus, la même manière de vivre, la même culture, les mêmes envies, les mêmes désirs, la même bouffe, la même bagnole. Mais gare à celui qui aurait un peu plus que les autres ; je ne donnerais pas cher de sa peau. Nous irons ainsi - comme l'a montré si bien René GIRARD - vers la plus grande violence, et peut-être même la guerre civile.
-
Ces gens-là sont aveugles, injustes, et d'une rare inconséquence.

dimanche 30 mai 2010

Ils auraient bien besoin de Simone Weil

-
J'ai mes dada, que voulez-vous ! Il en est un que je nourris plus que les autres, c'est l'oeuvre de Simone WEIL. Il faudrait tout lire, toute retenir, l'apprendre par coeur, tapisser les murs de son salon, de sa chambre de sa cuisine, avec des panneaux en grosses lettres portant des citations entières tirées des livres de cette immense philosophe, trop tôt disparue, et qui sans doute aurait pu, par sa pensée, bouleverser le cours de actuel de notre histoire nationale. Tenez, voici encore un échantillon de ce travail admirable de pensée, que les responsables politiques devraient porter toujours par vers eux, sous une forme qui leur conviendrait mais si possible répétitive et sonore :
-
"L'imagination est toujours le moteur de la vie sociale et le moteur de l'histoire. Les vraies nécessités, les vrais besoins, les vraies ressources, les vrais intérêts n'agissent que de manière indirecte parce qu'ils ne parvienne pas à la conscience des foules. Il faut de l'attention pour prendre conscience des réalités même les plus simples, et les foules humaines ne font pas attention. La culture, l'éducation, la place dans la hiérarchie sociale ne font à et égard qu'une faible différence. Cent ou deux cents chefs d'industrie assemblés dans une salle font un troupeau à peu près aussi inconscient qu'un meeting d'ouvriers ou de petits commerçants. Celui qui inventerait une méthode permettant aux hommes de s'assembler sans que la pensée s'éteigne en chacun d'eux produirait dans l'histoire humaine une révolution comparable à celle apportée par la découverte du feu, de la roue, des premiers outils. [...] L'état des imaginations à tel moment donne les limites à l'intérieur desquelles l'action du pouvoir peut s'exercer efficacement et mordre sur la réalité. Au moment suivant, les limites sont déjà dépassées. Il peut arriver que l'état des esprits permette à un gouvernement de prendre une certaine mesure trois mois avant qu'elle ne devienne nécessaire, alors qu'au moment où elle s'impose, l'état des esprits ne lui laisse plus passage. Il fallait la prendre trois mois plus tôt. Sentir, percevoir perpétuellement ces choses, c'est savoir gouverner."
-
Je crois, personnellement, qu'il est presque trop tard pour régler convenablement et de manière réaliste la question des retraites. Mais il est encore possible d'entreprendre quelques modifications. Le jeu des partis, la survenue des élections, les passions politiques qui s'agitent en ces moments là, rendent aléatoire le succès de l'entreprise.
-
Voilà pourquoi il faut saluer avec étonnement mais admiration, la position de monsieur MELANCHON. Je ne m'y attendais pas. Mais il dit clairement - ce qui est le bon sens même - que si l'on veut maintenir l'âge de la retraite à 60 ans, il faut augmenter les cotisations sociales, de 2 % au minimum. Et pour une fois, il ne dit pas que c'est aux patrons de payer. Je soupçonne monsieur MELANCHON d'avoir lu Simone WEIL pendant ses nuits d'insomnies. Les autres responsables politiques auraient bien besoin des lumières de ma très chère Simone pour sortir des marais de la démagogie, du bourbier de l'idéologie, et du mensonge sur l'état réel de la richesse nationale.
-
A bientôt.

mercredi 26 mai 2010

France Info manipule

-
Je consulte assez régulièrement le site de France Info. Ce matin, un gros titre, en tête de la page : "Les Français massivement contre un recul de l'âge de la retraite." Diable ! Un rejet massif ? J'imagine des 75, 80, voire 90 % des sondés contre une telle mesure. Pour en avoir le coeur net, je consulte l'article dans sa totalité. Et je lis, avec stupeur, que la massivité du rejet n'est pas si massive, et qu'il eût été plus honnête de titre : "une assez forte proportion de Français contre le recul de l'âge de la retraite". Figurez-vous en effet, que nous ne sommes que 57 % à rentrer dans ce refus. J'en conclus que 43 % de nos compatriotes sont susceptibles de comprendre, d'acquiescer, ou n'ont pas encore d'opinion très tranchée. Ce "massivement" est un mensonge. Il précipite dans le refus des lecteurs pressés qui n'ont pas eu le temps de consulter les chiffres et d'y réfléchir.
-
Continuons : il apparaît que 53 % des Français considère que le régime actuel des retraites peut très bien perdurer (sans aucune difficulté de financement semble sous-entendu dans la réponse). Mais 41 % des sondés pensent le contraire. Il y a donc un équilibre relatif, avec un avantage assez net en faveur du statu quo. Tout cela se commente, me semble-t-il, et n'assène pas comme une vérité révélée ce prétendu rejet massif. France Info manipule.
-
Continuons encore : une très large majorité de Français, 73,6 % (Journal 20 minutes du mardi 25 mai, page 6) est persuadée que les impôts vont augmenter. Mais 82,1 % préfèrent que les mesures fiscales frappent les plus riches et 73,7 %, les revenus des Banques. Les Français doivent savoir que les grandes fortunes ont déserté le territoire national depuis longtemps, et qu'il leur est possible de se loger dans un territoire français d'outremer où l'on ne paye pas d'impôts, l'Île de Saint-Barthélémy ; nombre des détenteurs de grosses fortunes le font. La vie, là-bas, est plus chère qu'en Métropole, car tout doit y être importé (un jus d'orange se paye 10 euros), et des "droits de quai" ou "droits de port" taxent les marchandises importées. Mais, cette question mise à part, il n'y a pas d'impôts sur le revenu, pas d'ISF, rien de ce qui existe en Métropole. On peut donc considérer que la taxation des plus grosses fortunes, pour celles qui sont encore en France métropolitaine, ne rapportera certainement pas les sommes nécessaires pour apurer les déficits et la dette. La suppression du bouclier fiscal (environ 350 millions d'euros pour quelques 850 foyers fiscaux remboursés cette année) n'y parviendra pas non plus. En somme, les Français sont d'accord pour payer plus d'impôts à condition que ce soit les autres. Mais les autres tels qu'ils l'imaginent sont partis ou peu nombreux.
-
Allons plus loin : à partir de quand est-on riche ? C'est une question fondamentale. Nombre de foyers fiscaux seraient étonnés de voir que si l'on augmentait les impôts, en modifiant les tranches par exemple, ou en relevant les taux marginaux, ils tomberaient dans la catégorie des "riches". Il semble bien que la barre soit de 4.000 euros par mois et par foyer fiscal.
-
Conclusions : (a) Dans leur frénésie contre le Président de la République, les journalistes de France Info manipulent sciemment l'opinion publique, et d'autres journalistes avec eux. (b) L'ignorance des Français en matière d'économie est abyssale ; et, à supposer que l'on augmente leur pouvoir d'achat, cela ne servirait à rien d'autre que de satisfaire leur désir de jouissance en ruinant leur pays, car nous ne produisons pas assez de richesses, et, dans l'hypothèse d'une augmentation du pouvoir d'achat, on verrait les importations exploser, et le déficit avec. (c) La démagogie, hélas, est à l'oeuvre, et dans tous les camps. L'amour du pouvoir à tout pris devrait passer largement après l'amour de son pays. Tel n'est pas le cas. A dire vrai, si je dois me serrer un peu la ceinture pour que vive mon pays, je ne suis pas contre. Et je précise que j'ai travaillé 40 ans et que j'ai cessé mes activités professionnelles le jour de mes 65 ans... Il me semble que je n'ai rien à me reprocher, car j'ai anticipé très largement les sages décisions prises par nos gouvernants. Et pourtant, s'il le faut pour le bien de tous, j'accepte bien volontiers.
-
Ah, tout de même un détail : les économistes ont calculé que le report de l'âge légal de la retraite à 63 ans diminuerait de 50 % (cinquante pourcent) la charge des pensions de retraite en 2020 ! Quand on voit, comme je l'ai vu si souvent, des "retraités" se morfondre d'inaction et d'ennui, après avoir bénéficié du système des 60 ans, je me dis que si jeunesse savait, vieillesse pourrait.
-