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samedi 15 décembre 2012

Client, clientèle, clientélisme

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Il y a bien longtemps que je n'ai fait référence dans mes billets à ce cher LANZA del VASTO. Je repensais ce matin à cet ouvrage fondamental qu'il écrivit et auquel il donna un nom apocalyptique : Les quatre fléaux et en considérant la masse informe des courtisans de tous poils qui jouent les petits satellites autour d'un pauvre soleil.
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A la page 255 de la réédition de cet ouvrage aux Éditions du Rocher, on trouve ceci à propos des clients:

"VICO fait venir le mot Client du grec Cluô, parce que le lustre de la noble Maison  rejaillit sur ses satellites et leur nombre fait sa gloire.
Le Client était le pique-assiette héréditaire et légitime [remarque personnelle : bonjour certains syndicats], le lécheur de bottes en titre [bonjour les journalistes], le flagorneur accrédité [bonjour les conseillers personnels]. Je sais des maisons qui ont gardé jusqu'à ce jour [bonjour le PS] ce genre d'accessoire. Mais la Cité Antique leur avait accordé un statut légal [ce qui n'est pas le cas aujourd'hui et autorise toutes les dérives, toutes les prébendes, tous les passe-droits].
Leur avilissement n'était pas l'effet de la nécessité ni leur malheur d'un accident, mais bien l'effet de la vanité et de la chance [coucou, monsieur HOLLANDE]. C'était un avilissement fat et un malheur plein d'agrément.
Sous le régime des Princes, la même espèce s'appelle courtisans et Balthazar CASTIGLIONE a mis en un traité les règles de leur art. Ils portaient des noms héroïques [coucou monsieur FABIUS ou monsieur MOSCOVICI, et d'autres] et leurs armoiries montraient des fauves et des aigles, car ils descendaient de hauts seigneurs belliqueux que les Rois avaient su domestiquer [coucou les grands barons régionaux du PS : la liste est si longue qu'à l'énumérer je finirais par vous lasser].
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J'ajoute que le même constat se fût appliqué du temps du Président SARKOZY. Car c'est le propre du pouvoir que d'avilir ceux qui y prétendent. Mes commentaires entre crochets doivent suffire à éclairer votre lanterne, très chers lecteurs !
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jeudi 29 novembre 2012

Un petit passage du Zhuang Zi, à méditer

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Je suis tombé sur ce petit passage du ZHUANG ZI (TCHOUANG-TSEU) traduit par Jean-François BILLETER, un sinologue averti. Quand je vois les nominations, les promotions, les bonnes places que l'on se distribue dans le monde politique (actuel ou passé du reste), dans le monde financier ou dans celui de la haute fonction publique, je ne peux m'empêcher de penser que ZHUANG-ZI était un très bon observateur ; il a vécu sans doute du temps des Royaumes Combattants, mais je n'ai pas encore trouvé de détails précis sur les dates de sa naissance et de sa mort, car je n'ai pas eu le temps de les chercher ; certes, dans le présent passage, il est un peu cru. Mais enfin la description est si juste qu'on passe sur la verdeur du propos :
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"Un homme de SONG, un certain TS'AO CHANG, avait été envoyé en mission à TS'IN. Au moment de son départ, il avait reçu un train de quelques chars. Le roi de TS'IN, à qui il eut l'heur de plaire, lui offrit cent autres chars. Lors de son retour à SONG, rencontrant TCHOUANG-TSEU, il lui dit : 'Très peu pour moi de passer ainsi mes jours au fond d'une ruelle étroite, dans un quartier misérable, à tresser des sandales pour vivre, le visage hâlé et la nuque brûlée par le soleil. Moi, je sais faire reconnaître instantanément mon mérite par un souverain de dix mille chars et je reviens de chez lui avec cent chars en plus dans mon équipage'. A quoi TCHOUANG-TSEU répondit : 'Quand le roi de TS'IN a des ennuis de santé, il convoque ses médecins. Celui qui lui crève un abcès ou lui vide un furoncle reçoit un char, celui qui lui suce les hémorroïdes en reçoit cinq. Plus ils descendent, plus ils en reçoivent ! D'après ton train, tu as dû le lécher le cul ! Va, circule !".
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Il est absolument stupéfiant de voir que les élites ou ceux qui se prétendent telles continuent à faire comme si elles étaient vraiment les meilleures personnalités de la patrie. Aveugles et sourds, ils ne voient pas la colère qui monte et s'accumule et les cris des mécontents. J'ai discuté aujourd'hui avec une élue locale. Elle m'a confirmé que ces soi-disant élites étaient corrompues, oh ! souvent d'une manière discrète et délicate ; on s'entend surtout pour se distribuer les postes : à toi, la présidence de tel organisme et les émoluments afférents, mais tu me laisses ce secrétariat général de tel autre organisme. Ils s'entendent nos hommes politiques, ils s'acoquinent entre eux et le cul des plus élevés en grade est plus lisse qu'il nous est possible de l'imaginer à force d'avoir été léché par les courtisans...