Affichage des articles dont le libellé est Djalâl Al-dîn Rûmî. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Djalâl Al-dîn Rûmî. Afficher tous les articles

samedi 9 juillet 2011

Rûmî a dit : Tout est le reflet de Dieu

-
Je n'ai pas été gentil hier, me direz-vous, avec notre sénateur d'origine algérienne, madame Bariza KHIARI. C'est que ses vues me semblent fausses, courtes, déconnectées du réel. Et, comme mes lecteurs habituels (il y en a) le savent, je m'intéresse beaucoup aux sagesses orientales ! Voici un texte que madame KHIARI devrait méditer On le doit à RÛMÎ, le fondateur des derviches tourneurs, et mystique soufi. Il a vécu à KONYA, aujourd'hui en TURQUIE, au XIIIe S. Il semble qu'alors que cette ville ait été un centre intellectuel très actif, et un lieu d'échange très actif entre différentes confessions religieuses.
-
"[...] Les artistes et les savants recherchent tous la 'Manifestation' : 'J'étais un trésor caché et je désirai être connu'. 'Il a créé Adam à son image'. C'est-à-dire selon l'image de ses Commandements ; et ses Commandements se manifestent dans toute la Création, car tout est le reflet de Dieu et l'ombre est prisonnière de la personne." (in Livre du dedans, chapitre 67).
-
N'est-ce pas là une invitation à regarder "hors de notre cerveau", à contempler ce qui nous entoure, à reconnaître qu'au-delà des Lois promulguées au gré des intérêts des puissants et des princes, il y a des réalités qui échappent aux consignes des partis ? Et une des réalités importantes est l'inscription de toute vie humaine dans une histoire, dans le temps, et dans l'espace. D'où la légitimité à revendiquer une patrie, une identité collective, un destin collectif. Chaque peuple, l'algérien en premier, a le droit de vivre et de faire vivre les siens dans ces réalités. Une seule chose, dit Rûmî, est demandée à ceux qui nous gouvernent : connaître les Commandements de Dieu, afin de conduire les hommes dont ils sont responsables, vers la fin qui leur est due. Et vivre dans le milieu existentiel transcendantal, si bien défini par FENG YOULAN (voir mon billet sur ce sujet), est la seule fin qui nous permettrait d'étancher notre soif de perfection, d'infini, et d'éternité.
-
C'est tout pour aujourd'hui et pour une semaine. Je m'absente en effet pendant 8 jours et reprendrai mes billets le 17 juillet.
Bonne semaine.

lundi 8 mars 2010

L'espérance

-
En sa page 40, le journal gratuit Vingt minutes consacre, aujourd'hui, une demi page fort bien faite à cinq poètes français, et il cite un admirable poème d'Andrée CHEDID, la mère de Louis et la grand-mère de Matthieu. D'abord, je rends hommage à un journal qui ne craint pas de parler de poésie à des lecteurs pressés, et ensuite je n'hésite pas à vous livrer deux quatrains de ce poème intitulé "Espérance" :
-
[...]
Face aux ténèbres
J'ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits
[...]
J'enracine l'espérance
Dans le terreau du coeur
J'adopte toute l'espérance
En son esprit frondeur
-
In Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique. Gallimard, Paris, 2004.
-
Hasard ou providence, voilà que je retombe sur ce délicieux recueil de contes soufis, Le Mesnevi de DJALÂL AL-DÎN RÛMÎ. un poète mort en Iran en 1273 ap. J.-C. Un petit conte, intitulé La mèche vient compléter et éclairer le poème d'André CHEDID. J'expliquerai pourquoi, une fois que je l'aurais transcrit :
-
"Une nuit, un homme entendit que quelqu'un marchait dans sa maison. Il se leva, et pour faire de la lumière, il battit son briquet. mais le voleur qui était cause du bruit vint se placer devant lui, et chaque fois qu'une étincelle touchait la mèche, il l'éteignait discrètement du doigt. Et l'homme, croyant que sa mèche était mouillé, ne vit pas le voleur.
Dans ton coeur également, il y a quelqu'un qui éteint le feu mais tu ne le vois pas."
-
Eh bien, le voleur qui éteint le feu, c'est le désespoir qui s'abat sur nous, quand, devant une difficulté ou une douleur, alors que nous essayons de trouver une issue, il vient éteindre toute énergie et toute résolution. Certes, je n'aurai pas la naïveté de croire qu'il suffit de vouloir pour pouvoir. C'est une de ces lieux communs qui conduisent au volontarisme, antichambre de l'entêtement, dont nous voyons les effets délétères dans nos vie, comme dans l'histoire. Mais j'affirme que le désespoir est le plus épouvantable éteignoir de vie qui se puisse imaginer.
-
Alors je terminerai par cette belle sentence de TAGORE : "A l'homme qui espère, toute chose se révèle, pourvu qu'il ne renie pas dans les ténèbres ce qu'il a vu dans la lumière".
Et je réalise qu'Eugénie a eu raison de trouver un jour que mes propos, souvent, étaient d'un trop noir pessimisme.
-
C'est donc en invitant à l'espérance que je conclurai le deuxième billet de ce jour.
-