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dimanche 23 août 2009

Précision

L'un de mes lecteurs, se méprenant sur le sens de mes remarques, prétend que je pourrais être un très bon porte-parole de la démagogie socialiste quand je dis "Monsieur ou madame Untels, etc...monsieur ou madame DUPONT, moins bien lotis" dans le billet intitulé "Vulnérablité (bis)". En vérité j'ai dû mal m'exprimer. En utilisant deux mots qui ne sont pas de moi, mais de Paul RICOEUR, "mêmeté" et "ipséité", j'aurais noyé le poisson de l'indigne convoitise dans l'eau touble des marais de la gôôôôche, et passé sous silence l'impératif du dixième commandement "Tu ne convoiteras pas le bien d'autrui". L'accusation, même courtoise, est grave.
Je voulais dire, et je le maintiens, que toute décision politique s'inspire des exigences de mêmeté (traité tous les citoyens sur un pied identique, en raison même de leur commune participation à la vie du pays), et d'ipséité (tenir compte des particularités de son métier, de sa situation de famille, de son statut social, de sa santé, etc.). La mêmeté justifie le terme moyen de notre devise nationale : égalité ; et l'ipséité, le premier : liberté.
Je dirai même que tout le débat politique se résume à prendre des décisions qui concilie les deux qualités de tout être humain. Veut-on interdire le foulard à l'école ? Ce n'est pas la laïcité - quoiqu'on prétende - qui promeut cette interdiction, c'est le principe de la mêmeté qui doit être vécue dans l'espace public (l'espace hors de la maison). On prend des mesures spécifiques pour les handicapés ? C'est le principe d'ipséité qui est à l'oeuvre dans ce même espace. La Révolution ne voyait que le premier principe ; le monde contemporain, que le second.
Je dis et redis que le disciple a transcendé cette division. Jésus a montré par ses actes et ses paroles que tout être humain est un fils de son Père, et en même temps, il a regardé d'un infini regard d'amour et de compassion aussi bien le centurion romain, que la cananéenne, que les lépreux, considérés dans leur situation particulière.
Comment aurais-je pu vouloir dire autre chose ? Moi qui, depuis l'ouverture de ce Blog, et à intervalles réguliers et rapprochés, ne cesse de me réclamer de René GIRARD, lequel justement a montré comment le désir mimétique est cause de toute violence. Mais René GIRARD n'a pas dit qu'il fallait mépriser les pauvres et les laisser crever de maladie, de faim, ou de guerres injustes.