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mercredi 13 mai 2009

Lynchage médiatique (bis)

Dans un billet intitulé "lynchage médiatique", je faisais il y a quelques jours une allusion sibylline aux réactions de Benoît XVI après qu'il eut été abreuvé de railleries, d'injures et de critiques par les médias pour la levée d'excommunication des prélats intégristes, dont un négationiste. Je ne veux pas vous laisser plus longtemps dans l'ignorance de ses réactions. Elles éclairent parfaitement ce que dit Jean-Claude GUILLEBAUD de ce phénomène vieux comme le monde, né avec les sociétés humaines, et qui a pris aujourd'hui le masque joli et la plume vengeresse de "journalistes" en folie, mais qui n'est jamais qu'un crime rituel destiné à ramener l'unanimité dans des sociétés traversés par les violences mimétiques. Vous noterez que le texte de GUILLEBAUD cite le pape comme l'un des Boucs Émissaires possibles, bien qu'il ait été écrit il y a plusieurs années.
Je dois à un ami de Strasbourg copie de l'article publié dans le Magazine "Présent" du 18 mars 2009, intitulé "Retour sur la lettre de Benoît XVI aux Évêques" et signé par Jacques TREMOLET de VILLERS ; il contient justement les propos du Pape, dont personne ou presque n'a parlé :
On a l'impression que notre société a besoin au moins d'un groupe auquel on ne peut réserver aucune tolérance, contre lequel on peut tranquillement se jeter avec haine. Et si quelqu'un ose s'approcher de lui - en l'occurrence le Pape - il perd lui-même le droit à la tolérance et peut aussi être traité avec haine, sans crainte ni retenue !
On aura reconnu une analyse analogue à celle que fait René GIRARD dans toute son oeuvre, et qui met en évidence le rôle qu'a joué le Bouc Émissaire dans l'édification des sociétés humaines.
Mes amis juifs, eux, m'ont consolé ajoute le pape. Ce qui est la stricte vérité.
Comble du paradoxe, avec force et douceur, Benoît XVI a donné à René GIRARD, mon cher René GIRARD, une leçon ; oui, le père génial de la théorie du Bouc Émissaire s'est laissé aller à signer un texte scandaleux rédigé contre le Pontife ; j'en suis très chagriné, car je ne fais pas mystère de mon admiration pour ce philosophe et anthropologue. Je lui dois d'avoir été acheminé vers la Lumière, car il en est ainsi : la vérité est contraignante pour l'esprit. Et René GIRARD m'a fait découvrir le dévoilement que Jésus a opéré de toute l'histoire du monde, des sociétés et des civilisations.
Ah, cher René, on ne peut que vous pardonner... Mais ne recommencez pas !

jeudi 5 février 2009

Une mise au point

Vous trouverez ci-après le texte publié par le Vatican sur l'affaire de Mgr WILLIAMSON. Voilà qui met les choses au point.
« A la suite des réactions sus­citées par le récent décret de la Congrégation pour les évêques levant l’excommunica­tion des quatre prélats de la Fra­ternité Saint-Pie-X, et en lien avec les déclarations négationnistes ou réductionnistes de la Shoah faites par Mgr Williamson, évêque de cette même Fraternité, il apparaît opportun d’éclaircir quelques as­pects de cette affaire.

1. Levée de l’excommunication Comme cela a déjà été expliqué précédemment, le décret de la Con­grégation pour les évêques, daté du 21 janvier 2009, est un acte de bien­veillance du Saint-Père en réponse aux demandes répétées du supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X. Sa Sainteté a voulu ôter un obsta­cle qui empêchait d’ouvrir une porte au dialogue. Désormais, il s’attend à ce que les quatre évêques fassent preuve d’une égale disponibilité en totale adhésion à la doctrine et à la discipline de l’Église. La peine très grave de l’excom­munication latae sententiae , sous le coup de laquelle les quatre évêques étaient tombés le 30 juin 1988, et qui avait été déclarée officiellement le 1er juillet de la même année, était une conséquence de leur ordination illégitime de la part de Mgr Marcel Lefebvre. La levée de l’excommunication a li­béré les quatre évêques d’une peine canonique très grave, mais elle n’a pas changé la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie-X, qui, à l’heure actuelle, ne jouit d’aucune reconnaissance canonique dans l’Église catholique. Les quatre évêques eux-mêmes, malgré la levée de l’excommunication, n’ont pas de fonction canonique dans l’Église et n’exercent licitement aucun ministère en son sein.

2. Tradition, doctrine et concile Vatican II La pleine reconnaissance du concile Vatican II et du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean Paul Ier , Jean­ Paul II et Benoît XVI est la condition indispensable à la reconnaissance future de la Fraternité Saint-Pie­X. Comme cela a déjà été indiqué dans le décret du 21 janvier 2009, le Saint-Siège ne manquera pas, selon les modalités jugées opportunes, d’approfondir avec les personnes concernées les questions encore ouvertes, afin de pouvoir parvenir à une solution pleine et satisfaisante des problèmes qui sont à l’origine de cette fracture douloureuse.

3. Déclarations sur la Shoah Les positions de Mgr Williamson sur la Shoah sont absolument inac­ceptables et fermement refusées par le Saint-Père, comme celui-ci l’a déjà remarqué le 28 janvier dernier quand, en se référant à cet atroce génocide, il a réitéré sa pleine et indiscutable soli­darité avec nos frères destinataires de la Première Alliance, et affirmé que la mémoire de ce terrible génocide doit induire “l’humanité à réfléchir sur la puissance imprévisible du mal quand il s’empare du cœur de l’homme” , ajou­tant que la Shoah reste “pour tous un avertissement contre l’oubli, contre la négation ou le réductionnisme, parce que la violence exercée contre un seul être humain est une violence exercée contre tous” . Pour être admis aux fonctions épis­copales dans l’Église, Mgr William­son devra prendre ses distances d’une manière absolument sans équivoque et publique par rapport à ses positions concernant la Shoah, positions que le Saint-Père ignorait au moment de la levée de l’excom­munication. Le Saint-Père demande à tous les fidèles de l’accompagner de leur prière, afin que le Seigneur éclaire le chemin de l’Église. Que grandisse l’engagement des pasteurs et de tous les fidèles à soutenir la lourde et délicate mission du successeur de l’apôtre Pierre, “gardien de l’unité” de l’Église.
Du Vatican, le 4 février 2009 »