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dimanche 12 août 2018

Dimanche 12 août 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Quand les crétins font la leçon aux chrétiens !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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NOTRE CHER PHILIPPE PARLE DU GRAND BENOIT XVI.
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"La plupart de ceux qui font l’opinion ne sont pas contents de l’élection du nouveau pape. Pas contents du tout. Une telle « figure emblématique du conservatisme doctrinal », un « tel prince de l’Église intransigeant et réactionnaire », on s’en serait bien passé. On aurait souhaité un pape moins « rétrograde ». Plus « proche des gens ». Plus « en phase avec la société ». Avec les mille et une merveilles de la société. Avec les sortilèges du monde contemporain et les incontestables prestiges des mœurs du siècle. Comme l’écrit ces jours-ci, sous le coup d’une forte indignation, une élue apparentée PCF de la mairie de Paris, ce nouveau pape « ne passe pas ». Ce nouveau pape est un scandale, un affront, une effronterie. Quelques-uns, également sous le choc et à peine moins hostiles, voudraient tout de même croire que la fonction créera l’organe et que l’Esprit Saint frappera de son aile gauche ce pontife de droite. J’ai même entendu un catholique de progrès assurer que Dieu, à ce RATZINGER si suspect devenu Benoît XVI, saura montrer la juste voie et le convertira à la vraie religion révélée : celle du Moderne en majesté."
In
Philippe MURAY.
Moderne contre moderne. Exorcismes spirituels IV. Essais. Quatrième tirage.
Chapitre Le pape (Page 436).
Les Belles Lettres, Paris, 2010 (pour la présente édition).

Et Philippe de rappeler en note le titre du journal Libération, — qui devrait plutôt s’appeler Aliénation — au lendemain de l’élection du cardinal Joseph RATZINGER : La presse européenne n’aime pas le « berger allemand ».
Ah ! Quel humour dans ce titre, quelle profondeur ! Et puis les journalistes de ce torchon ont bien entendu épluché TOUTE LA PRESSE EUROPÉENNE, du Portugal à la Scandinavie, de l’Irlande à la Pologne ! Ils se croient donc autorisés à écrire LA PRESSE, au lieu de, NOMBRE DE JOURNAUX MAINSTREAM EUROPEENS etc.
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LE GRAND THOMAS D’AQUIN REPOND AUX CRETINS !
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(C’est du moins une parole qu’on lui attribue).

"Ce n’est pas vrai parce que c’est dans le Livre. C’est dans le Livre parce que c’est vrai."

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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Allez faire comprendre cela à Laurent JOFFRIN, sans parler de Marlène SCHIAPPA, ou de tous les incultes qui décident du haut de leur chaire de décider ce qui est Bien (c’est-à-dire TOUT) et ignore que le mal (en tant que privation d’un bien) existe.
Si être réactionnaire, c’est incorporer les leçons du réel à sa propre vie, préférer l’être aux idées, alors j’ai la fierté de vous dire que je suis un fieffé réactionnaire, et qu’en tant que chrétien, je n’ai pas de leçons à recevoir des crétins (au sens biblique du terme : Dicit insipiens in corde suo : non est Deus ! L’insensé dit dans son cœur : il n’y a pas de Dieu !)
Qu'on se le dise, et même que l'on le partage ! Sursum corda ! N'ayons pas peur de dire tout haut ce que pressent le bon sens populaire, si méprisé par les journalistes d'Aliénation, ou du Monde, et qualifié par eux de populisme.
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LIENS UTILES.
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L’abbé Pages répond (indirectement) à mon ami Francis.


Soyons clairs : on s’en fiche  d’être fichés par des c…!



Et on se contente de rappeler des faits !


LGBT contre christianisme : A LIRE ABSOLUMENT.


Chronique (ministérielle) des cinglés (suite et hélas pas fin).


Chronique des cinglés (suite et hélas pas fin !)




Et c’est ce grand machin qui veut nous dicter ce qu’il convient de faire ?


Tout le monde s’en fout, média en tête : ils sont chrétiens, et même (horresco referens) CATHOLIQUES !



dimanche 2 décembre 2012

Quand les bouches d'égoût se mettent à parler

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Il y a des hasards qui confinent au miracle. Je continue de ranger mes livres et notamment ceux que j'ai reliés avec patience et amour. Il me faut trouver le juste équilibre dans le rangement ; associer des reliures modernes et colorées à des reliures anciennes, dorées comme on le faisait au XVIIe et au XVIIIe siècle, sans que le regard se trouve heurté par des rapprochements obscènes ! Et je tombe sur mon cher Léon BLOY : joli cuir fauve, beau papier à la cuve, travail honnête pour un amateur. (Je vois d'ici la tête des "journalistes" dont je vais faire mention tout à l'heure : c'est un bourge qui parle, un mec des beaux quartiers. Rassurez-vous chers censeurs. Mon cuir était d'occasion, et mon papier à la cuve venait de chutes ! Bien des livres anciens me sont venus par héritage. J'avoue que j'en ai achetés aussi ; mais je préfère ça à des vacances au Club Med et c'est mon droit le plus strict.) Léon BLOY est un auteur que je vénère. J'aime voir le feu brûlant sortir de sa plume, la lave jaillir abondamment de son coeur. Et puis il a des trouvailles. Tenez, voici ce qu'il dit d'un journaliste qui a écrit dans le journal Le Pays une lettre ouverte à Benoît XV, ce pape qui régna pendant les années de la Grande Guerre et qui tenta d'y mettre fin.
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"Vu un numéro du Pays, journal de CAILLAUX. Cette feuille est une étonnante ordure. Datée de vendredi elle contient un article de Laurent TAILHADE qui est certainement parmi les choses les plus bêtes, les plus basses, les plus immondes. Sous forme de lettre à Benoît XV, le drôle expectore contre le christianisme, contre la face même du Christ, toutes les sanies de son âme ignoble. C'est à la fois si stupide et si crapuleux qu'il est impossible de citer. Il faudrait l'abattre à coup de trique et je m'y emploierai d'autant plus volontiers que le salaud qui m'utilise tant qu'il peut s'est servi de ma conclusion d'Au seuil de l'Apocalypse pour faire la leçon au pape.
C'est étonnant ce que devient une parole d'indignation en passant par une bouche d'égout."
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Remplacez Le Pays par Charlie hebdo ou par Le Canard enchaîné et vous pouvez retrouver, en changeant ce qui doit être changé, la même situation. Les "journalistes" qui sévissent dans ces officines, chaussés de bottes d'égouttiers et pataugeant entre les rats qui les font vivre, n'ont guère l'âme placée plus haut que celle de Laurent TAILHADE. Ils ont  remplacé Benoît XV par Benoît XVI. Mais on brocarde ce pape avec des caricatures ignobles (Charlie hebdo), et pour ce qui est du visage du Christ qui se lit par exemple sur celui des Petites Soeurs des Pauvres, on prétend qu'elles ne sont pas si pauvres que ça (Le Canard enchaîné) en prétextant qu'elles possèdent Rue de Varize une immense demeure, présentement inoccupée, et en appelant les sans-abris à venir la squatter. Figurez-vous que je connais très bien la Rue de Varize et les bâtiments qui appartiennent aux Petites Soeurs. Les locaux de l'aumônerie où je suis animateur sont construits sur ce terrain. Il leur est échu par donation. Elles n'ont pas trafiqué de reliques, n'ont pas fait de contrebande d'eau de LOURDES. On leur a donné le terrain ! Les bâtiments qui y ont été construits ont servi très longtemps de sorte d'hospice ; tout récemment, ils accueillaient des sans-abris, dont certains que je connaissais personnellement et, - après avoir eu l'idée de vendre à un promoteur, ce qui était contraire aux dispositions du testateur - elles se sont judicieusement ravisées ; il semble bien que les travaux considérables entrepris à l'heure actuelle aient pour but de transformer cette maison soit en un établissement pour personnes dépendantes, soit en une maison d'accueil pour les démunis. Je me renseignerai vendredi prochain sur ce point et je vous dirai ce qu'il en est.
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La menace de squatt était si grande que pour éviter le saccage de l'aumônerie, on nous avait proposé d'en murer, je dis bien murer, l'entrée ; on espérait ainsi empêcher l'invasion de nos locaux par des sans-abris surexcités sous l'effet des manipulations du DAL ou de divers mouvements d'extrême-gauche. Je trouve que la situation des sans-abris est scandaleuse, et je ne vois guère d'autre solution pour la faire disparaître, que celle de construire ou de réhabiliter, dans un tissu urbain sociologiquement mixte, des locaux appropriés. Pour une fois nos impôts seraient bien utilisés ! Mais de là à remonter le monde contre les soeurs en particulier, et les chrétiens (catholiques essentiellement) et l'Eglise en général, il y a un pas qu'on ne peut franchir sans patauger dans la fange. Les bouches d'égout ont parlé. Pinçons-nous le nez ! Evitons leur contact ! Et signalons à nos proches, à nos voisins, au quartier, à la ville et au pays ce qu'il en est.
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jeudi 13 mai 2010

Silence médiatique pour le moins curieux

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Les médias ont fait grand bruit autour des affaires de moeurs et des crimes contre l'innocence des enfants dont se sont rendus coupables des membres du clergé. Curieusement, ils ne sont pas nombreux, ces juges impitoyables, à avoir fait état, en les commentant, des propos tenus par Benoît XVI, le 11 mai, à LISBONNE, lors de son voyage au Portugal. Il me paraît nécessaire de vous les faire (ou refaire) connaître, de les commenter et de les comparer avec la très élastique morale politique dont la démocratie française est une éminente représentante.
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"La plus grande souffrance de l'Église est son propre péché. [...] L'Église doit apprendre le pardon, même si le pardon ne remplace pas la justice. Les attaques contre l'Église ne viennent pas seulement de l'extérieur. Les souffrances viennent de l'intérieur de l'Église, du péché qui existe dans l'Église. L'Église a un profond besoin d'apprendre le pardon et aussi la nécessité de la justice."
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Je fais appel à la probité intellectuelle de tous mes lecteurs éventuels et leur demande de répondre à cette question : Connaissez-vous beaucoup d'institutions humaines qui reconnaissent aussi clairement leurs propres erreurs, demandent pardon et acceptent que justice soit rendue pour les crimes dont quelques un de leurs membres se sont rendus coupables ? A ma connaissance, je ne vois que l'Allemagne pour avoir osé regarder en face les crimes passés d'un régime épouvantable, demander pardon aux victimes, et leur accorder réparation. Sans doute faut-il aussi évoquer la commission de réconciliation nationale de l'Afrique du Sud, où des victimes et des bourreaux ont pu se parler face à face et trouver les conditions du pardon.
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Ouîtes-vous, lors du bicentenaire de la Révolution française, le Président MITTERRAND faire la moindre allusions aux crimes abominables des colonnes infernales, lors des guerres de Vendée ? Alla-t-il au Luc-sur-Boulogne se recueillir devant le mémorial des quelques cent enfants massacrés par les armées révolutionnaires (je rappelle que le plus jeune avait quinze jours) ? Y a-t-il eu le moindre regret à l'égard de l'Église de France, dont des dizaines de prêtres et d'évêques avaient été emprisonnés puis guillotinés, au motif qu'ils préféraient obéir à leur conscience qu'à César ? A-t-on regretté le pillage, la mutilation, voire la destruction, de près de 90 % des édifices religieux, églises, monastères, couvents divers ? Nous continuons de vivre sur le mensonge, le déni et l'oubli. Faut-il rappeler que les sans-culottes étaient tout simplement la lie du peuple, qu'ils inspiraient à leurs concitoyens le dégoût et l'effroi ? Qu'ils se sont rendus coupables de tortures et d'actes barbares analogues à ceux des nazis dans les camps de concentration ? Que nenni. On a fait défiler sur les Champs Élysées, le 14 juillet 1989, des dizaines de figurants débonnaires pour accréditer dans l'esprit du peuple français contemporain l'idée que les sans-culottes avaient par leur vertu sauvé la Patrie ! Mensonge, mensonge et mensonge ! Je ne marche pas dans cette combine-là.
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Pour dire le vrai, il me faut admettre que la Révolution française a laissé en héritage quelques trésors estimables. Ils ne figurent pas forcément dans la corbeille politique, ni même sociale, mais surtout dans la corbeille des institutions culturelles, encore que nombre d'entre elles (Muséum, Bibliothèque Nationale, Cabinet des médailles, etc.) eussent été créées sous l'Ancien régime.
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En somme, nous continuons à nager dans l'idéologie la plus obscure, la plus obscène, la plus insupportable à qui cherche d'abord la vérité. Bien entendu, je suis un adepte fervent de la liberté, bien entendu, l'égalité devant la loi me semble être un apport fondamental de la Révolution. Mais j'attends encore, qu'à l'image de l'Église catholique, notre République reconnaisse publiquement les erreurs originelles qui font aujourd'hui une grande tache sur la majestueuse tunique dont elle pare ses statues dans nos jardins publics.

jeudi 28 janvier 2010

Justice pour Pie XII

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J'ai à plusieurs reprises critiqué certaines opinions de Bernard-Henry LEVY. Je n'en suis donc que plus à l'aise pour manifester mon étonnement, et un étonnement admiratif, devant la prise de position qu'a prise l'écrivain sur Pie XII.
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Dans un article paru le 20 janvier 2010 dans le Corriere della sera, et repris le lendemain par l'Osservatore romano, BHL a dénoncé la mauvaise foi et la désinformation que de nombreux médias français ont entretenues sur Benoît XVI et Pie XII. BHL désire mettre les points sur les i et il le fait avec une rare vigueur : Il faudrait, dit-il, en finir avec la mauvaise foi, le parti pris et, pour tout dire, la désinformation, dès qu'il s'agit de Benoît XVI.[...] A l'occasion de la visite du pontife à la synagogue de Rome, les médias n'ont pas attendu que le pape passe le Tibre pour annoncer urbi et orbi, qu'il n'avait pas su trouver les mots qu'il fallait dire, ni accomplir les gestes gestes qu'il fallait faire, et qu'il avait donc manqué son objectif....
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BHL rappelle aussi, ce que les médias français n'ont jamais dit, que Rolf HOCHHUTH, qui a écrit la pièce de théâtre intitulée le Vicaire dans laquelle est condamné le prétendu silence de Pie XII sur la shoah, est un négationiste patenté et qui, ultime provocation d'une carrière honteuse mais économiquement juteuse (c'est moi qui met ces qualificatifs), a pris la défense de David IRVING, un homme qui niait que les chambres à gaz eussent jamais existé, dans le journal d'extrême droite Junge Freiheit.
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Enfin, avec beaucoup d'émotion et de probité, BHL, rappelle les paroles de Golda MEIR : pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux.
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Et BHL de conclure en s'étonnant que dans le silence assourdissant du monde entier, qui savait, on fasse porter tout le poids ou presque à celui qui, parmi les dirigeants d'alors (a) n'avait ni canons ni avions à sa disposition ; (b) ne ménagea pas ses efforts pour partager avec ceux qui avaient des canons et des avions des informations dont il avait connaissance ; (c) sauva en personne, à Rome et ailleurs, un très grand nombre de ceux dont il avait la responsabilité morale. [...] Benoît et Pie, ou peut-être des papes boucs émissaires.
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Merci à BHL. Si je ne suis pas toujours d'accord avec lui, je dois dire que cet hommage rendu à la vérité des faits et des personnes me remplit de gratitude et d'admiration. Pour cette fidélité à la vérité, BHL mérite décidément le nom de philosophe. Merci.
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Quant à nos journaleux qui se font les propagateurs de ces mensonges, on ne peut que leur souhaiter de connaître un jour la lumière et de faire amende honorable

samedi 19 décembre 2009

Une Fourmi antipapiste ?

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Fourmi est-elle antipapiste ? Certes non ! Mais il fallait bien que je trouve un titre percutant pour répondre aux objections qu'elle a émises dans le commentaire très pointu de mon dernier billet.
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Le reproche massif que fait Fourmi aux propos de Benoît XVI sur amour et vérité, est qu'il ne s'adresse qu'à des croyants, ou en tout cas - puisqu'il s'adresse aussi aux hommes de bonne volonté - à des esprits disposés à écouter ce qu'il a à dire.
Il m'apparaît qu'il est très difficile de demander au pontife une parole humaine qui puisse avoir valeur pour la totalité de l'humanité. Cela reviendrait à prendre une posture de tyran de la pensée. Benoît XVI parle au nom de Celui en qui il croit, et il indique qu'il n'est pas déraisonnable de suivre l'exemple de son Maître. Le propos est donc nuancé, même s'il est prononcé de manière un peu sèche et très "intellectuelle", ou plutôt abstraite.
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Si le recours à la raison n'est pas de nature à entraîner un début d'adhésion à cette parole, à quoi faut-il s'adresser ? Il me semble que c'est la position de Fourmi qui présuppose la foi en Jésus. Le seul recours à la raison est insuffisant, nous avons certes une intelligence qui en est le siège, mais nous avons aussi une sensibilité et une volonté. De plus, je l'ai dit souvent, la vérité n'est jamais au bout d'un raisonnement. C'est un chemin et une rencontre.
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S'il n'y a pas d'ordre dans la nature, à quoi sert le travail des chercheurs ? J'accepte tout à fait l'idée que c'est l'intelligence de l'homme qui l'y met ; mais je crois plus juste, et en tout cas plus conforme à mon expérience de chercheur, de dire que l'homme par son intelligence le découvre, et s'en émerveille : il faut avoir vu, comme je l'ai vu, des fibres musculaires en culture dans une boîte de Petri, innervées par de moelle épinière, se contracter rythmiquement pendant des mois, pour être en admiration devant l'ingéniosité que déploie la vie.
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Si la nature n'a rien à nous dire, à quoi sert la revendication écologique ? Bien entendu, la nature ne "pense" pas, mais elle est dans un équilibre fragile qui peut vaciller au moindre choc. Et le déséquilibre produit des effets nocifs. Nous le voyons bien avec la question de la déforestation, de la perte de la biodiversité, de la pollution de l'eau, de l'air et de la terre, dont nous sommes, nous les hommes, responsables et comptables. La question de la nature s'étend aussi à celle de la nature humaine. Qu'est-ce qu'un homme ? Une machine à produire ? Une machine à consommer ? Un être de parole ? Quelqu'un qui cherche du sens ? Un être de relation ? Peut-on penser qu'il existe de multiples réponses à ces questions ?
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Ainsi, il est juste de faire appel à l'ordre naturel comme fondement d'une politique juste et vraie. (C'est toute la raison du sommet de COPENHAGUE.) Il en découle que nos comportements doivent s'y adapter. Il ne s'agit pas seulement de nos comportements "animaux", mais aussi de nos comportements "moraux", notamment dans le domaine de la sexualité et du respect de la vie. Ainsi, les Chinois paieront très cher la politique l'enfant unique, et le déséquilibre du "sex ratio" qui fait naître dans certaines provinces 130 garçons pour 100 filles (en raison des avortements qui sont pratiqués quand la première grossesse d'une jeune femme prévoit la naissance d'une fille).
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Ainsi, il n'est pas d'ordre politique juste et moralement fondé qui viole les lois de la nature. C'est tout ce que Benoît XVI veut dire. J'ajoute qu'il est absolument indispensable de pouvoir justifier devant autrui les prémisses rationnelles de la foi, laquelle bien évidemment suppose autre chose. Je reviendrai un jour sur cette question si importante. Mais j'ai de nombreuses raisons de croire que Jésus est bien celui qu'il a dit être.
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jeudi 17 décembre 2009

Amour et vérité se rencontrent

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Un ami lecteur qui m'est très cher, me fait parvenir par courriel un texte qui reprend une catéchèse de BENOÎT XVI, donnée hier à Rome. Je pensais vous parler aujourd'hui des critiques idiotes qui portent sur les propos tout à fait justifiés de madame MORANO. Je le ferais plus tard. Mais je le ferai, tout en produisant un petit commentaire sur le ministre si bêtement attaqué.
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Que dit donc BENOÎT XVI ? Ceci : « L'action sociale et politique ne doit jamais être détachée de la vérité sur l'homme et sur sa dignité ». Il a délivré cette catéchèse lors de l'audience consacrée au théologien médiéval de l'école de Chartres, Jean de SALISBURY, en présence de quelque 9000 personnes rassemblées dans la salle Paul VI du Vatican.
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A la fin de sa catéchèse, Benoît XVI a rappelé que dans son encyclique Caritas in veritate, il s'est adressé « aux hommes de bonne volonté, qui s'engagent afin que l'action sociale et politique ne soit jamais détachée de la vérité objective sur l'homme et sur sa dignité ». Vérité et amour sont indissociables. Et de citer ce passage : «La vérité et l'amour que celle-ci fait entrevoir ne peuvent être fabriqués. Ils peuvent seulement être accueillis. Leur source ultime n'est pas, ni ne peut l'être, l'homme, mais Dieu, c'est-à-dire Celui qui est Vérité et Amour. Ce principe est très important pour la société et pour le développement, dans la mesure où ni l'une ni l'autre ne peuvent être produits seulement par l'homme. La vocation elle-même des personnes et des peuples au développement ne se fonde pas sur une simple décision humaine, mais elle est inscrite dans un dessein qui nous précède et qui constitue pour chacun de nous un devoir à accueillir librement» (Caritas in Veritate, n. 52).
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BENOÎT XVI souligne les présupposés spirituels et les conséquences sociales de cette conception de l'homme : « Nous devons rechercher et accueillir ce dessein qui nous précède, cette vérité de l'être, afin que naisse la justice, mais nous pouvons les trouver et les accueillir qu'avec un coeur, une volonté, une raison purifiés dans la lumière de Dieu ».
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De son côté, Radio Vatican titre sur le risque d'une « dictature du relativisme » qui est un effet de la déconnection « préoccupante dans certains pays », « entre la raison et la liberté. La raison, a souligné BENOÎT XVI, a pour rôle de « découvrir les valeurs éthiques liées à la dignité de la personne humaine ». Et la liberté, « a le devoir de les promouvoir ». Le pape a souligné que le développement d'une société n'est pas un « produit », mais qu'elle plonge ses racines dans le dessein d'amour de Dieu pour ses créatures. Et le pontife a enfin souligné les implications très concrètes et l'actualité du « rapport entre loi naturelle et organisation juridique », dont parle jean de Salisbury en son temps. : « Peut-être Jean de Salisbury nous rappellerait-il aujourd'hui que ne sont conformes à l'équité que les lois qui protègent le caractère sacré de la vie humaine et qui repoussent la légalisation de l'avortement, de l'euthanasie et des expériences génétiques irresponsables, des lois qui respectent la dignité du mariage entre l'homme et la femme, qui s'inspirent d'une laïcité de l'Etat correcte - une laïcité qui comporte cependant toujours la protection de la liberté religieuse -, et qui recherchent la subsidiarité et la solidarité au niveau national et international ».
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« S'il en était autrement, poursuit le pape, ce que Jean de Salisbury définit comme la «tyrannie du prince» ou, dirions-nous, «la dictature du relativisme» finirait par s'instaurer : un relativisme qui, comme je le rappelais il y a quelques années, « ne reconnaît rien de définitif et ne laisse comme mesure ultime que le moi et ses envies».
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Je ne pensais pas que cette catéchèse illustrerait si pertinemment mon billet d'hier. Je citais quelques extraits du "Désenchantement du monde", et je rappelais que les droits de Dieu s'imposent à ceux de César. Cela revient à dire que l'événement réellement fondateur de la société est l'acte créateur de Dieu, et non pas la Révolution française ou un quelconque événement antérieur. Il se trouve en outre que madame MORANO, dont je parlerai demain, a pris en matière de bioéthique des positions très contestables, notamment dans son approbation des mères porteuses pour le compte d'autrui. Comme quoi l'on peut dire à la fois des choses justes quand il s'agit d'analyser des faits, et émettre des jugements de valeur tout à fait contestables quand il s'agit de morale, d'éthique et de comportement. Que voulez-vous, nul n'est parfait, ni votre serviteur, ni madame MORANO.

vendredi 29 mai 2009

Des chiffres et des lettres

Voici l'avis de monsieur Edward C. GREEN, Directeur du Projet de Recherche sur la prévention du SIDA à l'Université de HARVARD :
"Le pape a raison. Ou pour répondre plus précisément : les meilleures données dont nous disposons confirment les propos du pape. Il existe une relation systématique, mise en évidence par nos meilleures enquêtes, y compris celles menées par les Demographic Health Surveys, financées par les Etats-Unis, entre l'accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et les taux d'infection par le virus du SIDA plus élevés, et non plus faibles. Cela pourrait être dû en partie au phénomène bien connu sous le nom de "compensation du risque", ce qui veut dire que lorsque l'on a recours à une "technologie" de réduction du risque comme le préservatif, l'on perd souvent le bénéfice lié à la réduction du risque par une "compensation" qui consiste à prendre davantage de risques qu'on ne le ferait en absence de technologie de réduction du risque." (National Review Online)
HARVARD est une des meilleures, sinon la meilleure Université(s) du monde. Le Professeur GREEN ne parle pas à la légère ; il risquerait d'y perdre et sa réputation et ses fonctions universitaires. Il ne m'apparaît pas qu'il soit un papiste convaincu ; il serait plutôt un wasp (white anglo-saxo protestant).
Je vous rappelle que dans plusieurs billets, j'ai dit et redit, moins bien sans aucun doute, mais j'ai dit exactement la même chose.
Il ne s'agit pas là d'opinions, mais de faits scientifiquement avérés.
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Du Cardinal SARR, Président de la Conférence Episcopale Régionale de l'Afrique de l'Ouest, à propos de la réaction des médias français aux propos de Benoît XVI sur le préservatif :
Nous déplorons et dénonçons le crime, venant du fond des âges, où l'on traitait nos frères et soeurs en marchandises et en biens meubles (Le Code Noir, art. 44), et qui aujourd'hui consiste à s'acharner à penser pour nous, à parler pour nous, à faire à notre place sans doute parce qu'on ne nous croit pas en mesure de le faire par nous-mêmes.
Je vous rappelle que, dans un billet, je vous avais fait part de la réaction d'indignation d'une journaliste camerounaise laïque aux critiques de la presse française sur les propos de Benoît XVI.
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Prévalence du virus du SIDA (chiffre de l'ONUSIDA).
En Afrique australe (année 2001) :
Zambie : 21,5 %.
Swaziland : 33,4 %
Lesotho : 31 %
Zimbabwe : 33,7 %
Bostwana : 38,8 %
En Afrique où les chrétiens sont nombreux et leurs propos pris en compte par les pouvoirs publics, qui les relaient dans leurs décisions politiques, chiffres comparatifs 2003 - 2008 :
Burkina-Faso : diminution de 6,5 % à 1,8 %
Bénin : de 3,6 % à 1,8 %
Burundi : de 8,3 % à 3,3 % (pays où les politiques se sont impliqués très considérablement)
Cameroun : de 11,8 % à 5,4 %
Guinée : de 2,8 % à 1,5 %
En Afrique Occidentale Française à majorité musulmane, où la fidélité de la femme est une valeur de grande portée sociale, maintien à des taux très bas :
Mali : 1,7 %
Niger 1,1
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En 2006, il y avait dans les CECOS (Centres d'Etudes et de Conservation du Sperme) :
157.523 embryons congelés, concernant 49.618 couples.
93.116 faisaient l'objet d'un "projet parental" ; il y avait eu 7.350 accouchements et près de 86.000 embryons détruits avant ou après implantation.
83.407 embryons étaient abandonnés :
37.435 l'avaient été délibérément par les parents dont
9.317 proposés à la recherche ;
10.239 donnés à d'autres couples stériles ;
17.877 détruits.
et
45.972 conservés dans les CECOS pour une période indéterminée.
Je vous rappelle que des embryons conservés à -196°C dans l'azote liquide peuvent être gardés viables pendant des siècles. Il faut 4.000 ans de conservation pour qu'un tiers environ des cellules ainsi conservées aient vu leur génôme irréversiblement lésé par les rayons cosmiques, les seuls qui à cette température peuvent avoir un effet délétère sur l'ADN. Sur ce point, l'ayant enseigné pendant des années à mes étudiants, je suis absolument formel. Il est donc possible que des êtres humains puissent voir le jour des siècles après avoir été conçus par leurs parents.

mercredi 13 mai 2009

Lynchage médiatique (bis)

Dans un billet intitulé "lynchage médiatique", je faisais il y a quelques jours une allusion sibylline aux réactions de Benoît XVI après qu'il eut été abreuvé de railleries, d'injures et de critiques par les médias pour la levée d'excommunication des prélats intégristes, dont un négationiste. Je ne veux pas vous laisser plus longtemps dans l'ignorance de ses réactions. Elles éclairent parfaitement ce que dit Jean-Claude GUILLEBAUD de ce phénomène vieux comme le monde, né avec les sociétés humaines, et qui a pris aujourd'hui le masque joli et la plume vengeresse de "journalistes" en folie, mais qui n'est jamais qu'un crime rituel destiné à ramener l'unanimité dans des sociétés traversés par les violences mimétiques. Vous noterez que le texte de GUILLEBAUD cite le pape comme l'un des Boucs Émissaires possibles, bien qu'il ait été écrit il y a plusieurs années.
Je dois à un ami de Strasbourg copie de l'article publié dans le Magazine "Présent" du 18 mars 2009, intitulé "Retour sur la lettre de Benoît XVI aux Évêques" et signé par Jacques TREMOLET de VILLERS ; il contient justement les propos du Pape, dont personne ou presque n'a parlé :
On a l'impression que notre société a besoin au moins d'un groupe auquel on ne peut réserver aucune tolérance, contre lequel on peut tranquillement se jeter avec haine. Et si quelqu'un ose s'approcher de lui - en l'occurrence le Pape - il perd lui-même le droit à la tolérance et peut aussi être traité avec haine, sans crainte ni retenue !
On aura reconnu une analyse analogue à celle que fait René GIRARD dans toute son oeuvre, et qui met en évidence le rôle qu'a joué le Bouc Émissaire dans l'édification des sociétés humaines.
Mes amis juifs, eux, m'ont consolé ajoute le pape. Ce qui est la stricte vérité.
Comble du paradoxe, avec force et douceur, Benoît XVI a donné à René GIRARD, mon cher René GIRARD, une leçon ; oui, le père génial de la théorie du Bouc Émissaire s'est laissé aller à signer un texte scandaleux rédigé contre le Pontife ; j'en suis très chagriné, car je ne fais pas mystère de mon admiration pour ce philosophe et anthropologue. Je lui dois d'avoir été acheminé vers la Lumière, car il en est ainsi : la vérité est contraignante pour l'esprit. Et René GIRARD m'a fait découvrir le dévoilement que Jésus a opéré de toute l'histoire du monde, des sociétés et des civilisations.
Ah, cher René, on ne peut que vous pardonner... Mais ne recommencez pas !

mercredi 6 mai 2009

L'essence criminelle du lynchage médiatique

En continuant de ranger mes livres dans le box où je stocke provisoirement une partie d'entre eux, je retrouve avec joie un livre de Jean-Claude GUILLEBAUD, intitulé La force de conviction. Il y au chapitre 7 de ce livre ("La grand-messe médiatique") une analyse du phénomène contemporain des médias qui est époustouflante. J'aurai l'occasion de revenir dessus. Elle rejoint en de très nombreux points les réflexions de Simone WEIL, de Gustave THIBON, de René GIRARD, de Marcel DE CORTE.
Pour aujourd'hui, je me bornerai à vous donner le texte d'un encart que Jean-Claude GUILLEBAUD intitule Lynchage et foule psychologique. J'irai de mon commentaire après vous avoir livré ce passage crucial.
Indiscutablement, la fréquence des lynchages médiatiques s'amplifie. A croire que le désarroi de l'époque et notre quête d'unanimité pacificatrice exigent une consommation sans cesse accrue de victimes propitiatoires. Chaque année, donc, quantité de personnages (coupables ou non) sont symboliquement déchiquetés par l'appareil médiatique : un criminel supposé, un élu, l'auteur d'une gaffe, un homme d'Église, le pape, etc. Dans chaque cas, le même mécanisme, la même structure et le même discours sont à l'oeuvre. Trop souvent, on assimile le lynchage tantôt à je ne sais quelle cruauté intempestive, tantôt à l'impérialisme d'une idéologie ou d'une pensée unique ; tantôt à un ostracisme dont on se sent victime. Or qu'il soit médiatique ou pas, le lynchage, ce n'est pas du tout cela. C'est un mécanisme sacrificiel autrement sérieux.
Et l'auteur compare ce lynchage médiatique à des lynchages réels comme la lapidation. Il conclut :
Seule différence, ce ne sont pas des pierres qui sont lancées mais des mots. Les mécanismes n'en sont pas moins identiques. Il y a bien dans ces ruées confuses et ces meurtres abstraits, un quelque chose qui nous épouvante parce que tressaille en nous une mémoire obscure. Nous y reconnaissons la trace d'une fureur fusionnelle échappant à l'emprise de la raison, une abdication du libre arbitre, une couardise reconnaissable entre toutes parce qu'elle pue le crime.
Cette analyse rejoint tout à fait les trouvailles de René GIRARD sur le phénomène du Bouc Émissaire. On voit bien l'emballement de l'opinion, qui fait que chacun imite son voisin, et le faisant "en foule" s'exonère de toute responsabilité personnelle. Voilà comment une foule violente peut innocenter ses membres des crimes dont elle est l'auteur. Voilà comment on a pu lors du massacre des gardes suisses clouer des enfants de 7 ans sur le cadavre de leur père, ou, pendant les guerres de Vendée, brûler vifs des femmes et des enfants dans des fours à pain, exterminer des familles entières, sans que quiconque ne se sente responsable de ces atrocités, pas même nos livres d'histoire.
Dans le cas des propos de Benoît XVI, dont j'ai abondamment parlé, c'est l'emballement mimétique qui a poussé l'opinion, entraînée par des médias aveugles et irresponsables (cf. ma lettre ouverte à madame Dorothée WERNER) à jeter les pierres des mots à le tête de cet homme qui a très justement réagi en pointant, avec humour et douceur, le phénomène de cristallisation de la hargne collective contre sa personne. J'ai essayé de montrer, scientifiquement, que les propos du pontife étaient parfaitement justifiés. Peine perdue, provisoirement.
Car les faits sont têtus et le réel nous résiste ; l'humanité paiera ses égarements, sans aucun doute. Et ce qui est vrai des désastres écologiques, de l'épuisement des ressources naturelles, de la pollution chimique de l'environnement, est vrai aussi la transmission du virus du SIDA. Ce n'est pas être pessimiste (je pense à Eugénie, une de mes fidèles lectrices), mais lucide que de prévenir avant d'avoir à guérir le très probable inguérissable. Il nous faut donc lutter contre le lynchage médiatique de toute la force de notre raison.

mercredi 22 avril 2009

Un commentaire de Steve

Steve doit avoir dans les 25 ans. Il est bien de son temps. Comme il n'est ni bossu ni bancal (comme disait ma belle-mère à propos des jeunes gens bien tournés), il pourrait avoir beaucoup de succès féminins. Guitariste et chanteur de talent, Steve fait partie d'un groupe de rock, mais attention de rock chrétien. C'est pourquoi il attend avec sagesse de rencontrer celle avec qui il entend faire vie commune. Il est intéressant de prendre ici connaissance du petit commentaire humoristique qu'il nous a envoyé :
"A son retour à Rome, par une belle après-midi ensoleillée, le Pape aurait confié à une journaliste :

"Il fait beau aujourd'hui !" Ces propos ont aussitôt soulevé dans le monde entier une immense émotion et alimentent une polémique qui ne cesse de grandir.
Quelques réactions :
Le maire de Bordeaux : "Alors même que le pape prononçait ces paroles, il pleuvait à verse sur Bordeaux ! Cette contre-vérité, proche du négationnisme, montre que le pape vit dans un état d'autisme total. Cela ruine définitivement, s'il en était encore besoin, le dogme de l'infaillibilité pontificale !"
Le Grand Rabbin de France : "Comment peut-on encore prétendre qu'il fait beau après la Shoah ?"
Le titulaire de la chaire d'astronomie au Collège de France : "En affirmant sans nuances et sans preuves objectives indiscutables qu'il "fait beau aujourd'hui", le pape témoigne du mépris bien connu de l'Église pour la Science qui combat ses dogmes depuis toujours. Quoi de plus subjectif et de plus relatif que cette notion de "beau" ? Sur quelles expérimentations indiscutables s'appuie-t-elle ? Les météorologues et les spécialistes de la question n'ont pas réussi à se mettre d'accord à ce sujet lors du dernier Colloque International de Caracas. Et Benoît XVI, ex cathedra, voudrait trancher, avec quelle arrogance ! Verra-t-on bientôt s'allumer des bûchers pour tous ceux qui n'admettent pas sans réserve ce nouveau décret ?
"L'Association des Victimes du Réchauffement Planétaire : "Comment ne pas voir dans cette déclaration provocatrice une insulte pour toutes les victimes passées, présentes et à venir, des caprices du climat, inondations, tsunamis, sécheresse ? Cet acquiescement au "temps qu'il fait" montre clairement la complicité de l'Église avec ces phénomènes destructeurs de l'humanité, il ne peut qu'encourager ceux qui participent au réchauffement de la planète, puisqu'ils pourront désormais se prévaloir de la caution du Vatican."
Le Conseil Représentatif des Associations Noires : "Le pape semble oublier que pendant qu'il fait soleil à Rome, toute une partie de la planète est plongée dans l'obscurité. C'est là un signe intolérable de mépris pour la moitié noire de l'humanité!"
L'Association féministe Les Louves : "Pourquoi "il" fait beau et pas "elle" ? Le pape, une fois de plus s'en prend à la légitime cause des femmes et montre son attachement aux principes les plus rétrogrades. En 2009, il en est encore là, c'est affligeant !"
La Ligue des Droits de l'Homme : "Ce type de déclaration ne peut que blesser profondément toutes les personnes qui portent sur la réalité un regard différent de celui du pape. Nous pensons en particuliers aux personnes hospitalisées, emprisonnées, dont l'horizon se limite à quatre murs ; et aussi à toutes les victimes de maladies rares qui ne peuvent percevoir par leurs sens l'état de la situation atmosphérique. Il y a là, sans conteste, une volonté de discrimination entre le "beau", tel qu'il devrait être perçu par tous, et ceux qui ressentent les choses autrement. Nous allons sans plus tarder attaquer le pape en justice."
A Rome, certains membres de la Curie ont bien tenté d'atténuer les propos du pape, prétextant son grand âge et le fait qu'il ait pu être mal compris, mais sans succès jusqu'à présent.
Merci à Steve pour son humour. Merci à Steve pour son témoignage personnel.

vendredi 10 avril 2009

Lettre ouverte à Dorothée Werner

Madame,


Dans sa livraison du 4 avril 2009, le journal Elle publie votre éditorial intitulé "Un pape en arrière". Je dois dire que cet exercice de rhétorique m'insupporte. J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer sur le forum de votre journal, ce que j'ai déjà fait du reste sur ce Blog, les raisons objectives qui permettent de dire que le préservatif n'est pas la protection absolue contre la transmission du virus de l'immunodéficience acquise. Et je n'ai pas l'intention de revenir sur ce sujet. Ce qui m'insupporte c'est votre ton péremptoire, c'est l'accumulation d'approximations qui finissent par faire de vos propos un tissu de contre-vérités. Et c'est ce ton de condamnation des propos de Benoît XVI, au nom de ce que le monde appelle "le Progrès", sacro-sainte divinité au service de la domination, de l'argent, du sexe et de l'ego.

A plusieurs reprises, votre journal a plaidé pour les respect de toutes les minorités : les immigrés, les roms, les homosexuels, les lesbiennes, etc. Il faut reconnaître que les disciples de Jésus sont aujourd'hui peu nombreux, et qu'ils forment aussi une minorité. Ce à quoi vous croyez madame, aurait dû vous pousser à manifester un plus grand respect à leur égard, et un peu moins d'offenses pour leur chef, qualifié par vous de "chef de clan qui flatte ses chapelles les plus sectaires". Je ne vous crois pas capable d'entendre la totalité des propos de Benoît XVI, aussi bien sur le préservatif, que sur les évêques intégristes, que sur le statut ontologique de l'embryon. Vous êtes encore sous le coup de l'émotion, d'une émotion qui rejoint la clameur du plus grand nombre. On sait ce que signifie l'unanimité violente ; René GIRARD l'a très bien dit. Je ne doute pas de votre bonne foi. Je doute de la qualité de votre réflexion, et de la fiabilité de vos informations.

En lisant vos propos, je ne puis m'empêcher de penser au Psaume 2 attribué au roi David :
"Les rois de la terre se dressent,
Les grands se liguent entre eux
Contre le Seigneur et son Messie [entendez ici, madame, Jésus et non le pape !]
'Faisons sauter nos chaînes,
Rejetons ces entraves !'
Celui qui règne dans les Cieux s'en amuse,
Le Seigneur les tourne en dérision.
[...]
Maintenant, rois, comprenez,
Reprenez-vous, JUGES DE LA TERRE !"
Il n'est pas indifférent que ce Psaume soit chanté à l'Office des Ténèbres du Vendredi Saint.
Puissiez-vous, madame, être assurée que je ne désire point vous humilier ni me moquer de vous. Vous avez tout à fait le droit de ne pas "comprendre" (c'est-à-dire "accepter") ce que dit Benoît XVI, et de ne pas le mettre en pratique et vous ne vous dites point chrétienne. Mais ne pointez pas du doigt ceux qui s'efforcent de le faire et de l'être. Ils sont plus nombreux que vous ne le pensez même s'ils ne forment plus qu'un "petit reste". Mais ils ne font pas de bruit, et ne disposent ni d'un journal, ni de la télévision, ni de la radio pour se faire entendre. Ils n'ont que l'humble silence, et la force de l'exemple.
Je vous prie d'agréer, madame, l'expression de mes hommages.
Philippe POINDRON,
Professeur honoraire de Virologie à l'Université Louis Pasteur de Strasbourg,
Bénévole pour l'accueil des séropositifs à l'Association Tibériade.

jeudi 2 avril 2009

Un message évangélique

Dom Marc AILLET, évêque de BAYONNE a publié une réflexion sur le lynchage médiatique dont Benoît XVI a fait l'objet. Cette réflexion, j'en conviens, s'adresse aux chrétiens. Mais elle me paraît intéressante car elle permet de situer la manière dont un disciple de Jésus, s'il est vraiment disciple, peut vivre les enseignements de son maître. J'ajoute que je n'entends pas faire de prosélytisme, mais donner un éclairage sur les réactions des chrétiens. Nous en avons eues beaucoup de la part des non chrétiens ou des agnostiques, ou des athées. Il est donc intellectuellement recevable de donner la parole à des croyants.
"Un message de Mgr Aillet à la lumière des écritures ; une manière de relire le "lynchage médiatique dont l’Eglise et le Saint-Père ont fait l’objet ces dernières semaines".

« Le jugement le voici : la lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jn 3, 19). Écoute, Israël, combien la Parole de Dieu est actuelle : « Vivante en effet est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants … elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12).La lumière est venue dans le monde, « et le monde ne l’a pas reconnu » (Jn 1, 10), et il l’a prise en haine (cf Jn 15, 18) ; « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1, 11), et même, « ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline … pour l’en précipiter. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin » (Lc 4, 29-30).
Le lynchage médiatique dont l’Église et le Saint-Père ont fait l’objet ces dernières semaines sont comme une illustration de ces paroles toujours actuelles : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront » (Jn 15, 20). Les juges ont besoin aujourd’hui comme hier de « faux témoins », comme ceux qui se levèrent devant le Sanhédrin pour condamner Jésus, en déformant ses propos (cf Mc 14, 57-58). Si Jésus, le communiquant par excellence, n’a pas échappé à la mauvaise foi des hommes, pourquoi nous étonner que l’Église soit traitée ainsi ? Loin de se soumettre aux lois de la communication humaine que l’on prétend lui imposer, l’Église ne peut se soustraire à sa mission prophétique. N’appelons pas « bourde » ou « gaffe », ce qui n’est rien d’autre qu’un témoignage rendu à la Vérité.
Ainsi en est-il des propos, remplis de vérité et de compassion, du Saint-Père sur les moyens de combattre le Sida. Les journalistes, dont certains appartiennent à la presse dite catholique, se sont emparés une fois de plus d’une petite phrase ; des politiques, souvent esclaves de l’opinion, ont renchéri, sans aucun discernement, et dénoncé les « propos irrecevables » du Saint-Père et le « discours irresponsable de l’Église ».
Fils et filles de l’Église, nous pouvons garder la tête haute, car les propos du Pape ont été confirmés par les évêques d’Afrique et par les chefs d’État de ces pays où le Sida fait des ravages, dénonçant le « racisme latent » de ces occidentaux qui voudraient leur imposer leurs schémas mortifères, au nom de la sacro-sainte licence sexuelle ou bien du matérialisme mercantile dont on voit bien à qui il profite. Un discours qui ne résiste pas à l’évidence des faits : selon les statistiques de l’OMS, les pays d’Afrique où le taux de distribution des préservatifs est le plus fort, la progression du SIDA est la plus élevée ; là où les catholiques sont plus nombreux et où l’on prône en priorité l’abstinence et la fidélité - y compris dans les programmes gouvernementaux- , et le préservatif en dernier recours, le SIDA est en très nette baisse, comme au Burundi ou en Angola. Devant la partialité, voire la falsification de certains médias, les catholiques doivent aller à la source de l’information et communiquer autour d’eux par tous les moyens, à commencer par l’Internet.
Mais, en dernière analyse, il faut accepter de souffrir pour le nom du Christ et ne pas s’étonner de ces campagnes de dénigrement : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait » (Jn 15, 19). « Mais gardez courage, nous dit Jésus, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).
+ Marc Aillet,évêque de Bayonne, Lescar et Oloron."
Voyez-vous, cette réflexion me paraît très profonde et très juste. Et la question n'est pas de savoir si les chrétiens jouent aux martyrs. La question est de savoir s'ils ont des martyrs ou non. La réponse est oui, et il y en a tous les jours.

dimanche 29 mars 2009

Une nouvelle maladie

Jacques-Alain MILLER, qui se présente comme écrivain et psychanalyste, est, autant que je puisse m'en souvenir, le gendre de Jacques LACAN, le neveu par alliance du Père LACAN, frère du précédent et qui est moine (j'ignore s'il vit toujours) ; monsieur MILLER est aussi l'éditeur des oeuvres du Maître, et, incidemment, il a participé à l'émission dominicale de Michel DRUCKER, Vivement dimanche, comme co-animateur. Il n'apparaît plus dans cette émission, et je ne sais pas pourquoi.
Jacques-Alain MILLER vient de découvrir une nouvelle maladie, que je propose d'appeler le syndrome de MILLER ; cette maladie, c'est la maladie de la vérité. Si, si ! Dans un article récemment publié (Le Point, n°1906, 26 mars 2009), intitulé "Le pape est malade de la vérité", Jacques-Alain MILLER s'efforce de décrypter les raisons des propos de Benoît XVI, et de décrire les principaux traits de sa personnalité. Il faut y prendre garde. L'article est intéressant. Il est celui d'un érudit, et d'un homme qui croit qu'il pense et qui pense parfois. Mais il est faux, illogique et contradictoire.
Je vais donc essayer de faire une analyse de texte, vous montrer comment il est possible de connoter un discours pour orienter l'opinion des lecteurs dans le sens que l'on désire.
Premier paragraphe : Le cardinal RATZINGER ne passait pas pour un progressiste ; il fut le lointain successeur de TORQUEMADA le Grand Inquisiteur (je frissonne !) ; c'est le Panzerkardinal (on voit les colonnes de chars allemands manoeuvrés par des évêques belliqueux qui entendent conquérir le monde). Il faut que les services du Vatican émondent les propos pontificaux, et ils le font en ajoutant gaffes sur gaffes. Benoît n'a pas pris la mesure de sa fonction (monsieur MILLER, lui, la voit bien ; que n'est-il pape !). Devenu pape, il n'a pas dépouillé le vieil homme (belle figure de style qui renvoie à un propos évangélique sur la nécessité de se dépouiller du vieil homme, et du péché, pour renaître dans le Royaume). Le décor est donc planté : nous avons devant nous un vieillard remarquablement intelligent certes (monsieur MILLER y consent), mais entêté, potentiellement violent, et irréductible.
Deuxième paragraphe : Monsieur MILLER compare Jean-Paul II et Benoît XVI. Ah ! Jean-Paul II, personnalité rayonnante, expérience du monde, et (c'est du moins ce qu'on a dit en confidence à monsieur MILLER) expérience des femmes. Grand rusé (Oh ! oh ! Le tableau s'assombrit), une bête de scène (il devient franchement show-bizzique), un homme du Verbe, sachant parler à la multitude et la SÉDUIRE (comme le Prince de ce monde, monsieur MILLER ? Légère erreur d'analyse). Benoît XVI ? Un homme des livres, un érudit, qui aime jouer du piano DANS LA SOLITUDE (voilà bien qui est impardonnable ; il devrait jouer au milieu de la Place Saint-Pierre, faire la quête, et l'envoyer aux pauvres Églises d'Afrique), HABILE (encore une propriété du diable) à faire parler les textes. Il est franc comme l'or, il dit tout haut ce qu'il pense. Là est son tort. (Monsieur MILLER devrait envoyer en Colissimo un exemplaire du Prince. MACCHIAVEL aurait des choses à apprendre au Pontife ! A moins, plus probablement que monsieur MILLER ne se moque ; j'aurais tendance à pencher pour cette deuxième hypothèse). Tel l'Alceste de MOLIÈRE, Benoit XVI est malade de la Vérité. Sous prétexte (je ne vois pas bien ou est le prétexte, défini comme fausse raison avancée pour justifier une opinion ou une décision ; le "croyant que" serait sans doute une expression intellectuellement plus honnête), sous prétexte, donc, que la Vérité serait une et éternelle (le conditionnel indique quel crédit monsieur MILLER donne au concept de vérité; on y reviendra), il la prend au pied de la lettre (j'avoue que prendre les propos de monsieur LACAN au pied de la lettre me pose gros soucis et problèmes énormes, j'ai besoin qu'on m'interprète ; monsieur MILLER est là, Deo gratias, pour le faire. Il semble que seul papa FREUD ait donné une parole à prendre ainsi). Benoît XVI méconnaît LOYOLA qui dit que toute vérité, y compris la Vérité (je n'arrive pas à comprendre si, à ce point, monsieur MILLER prend le Vérité avec un V majuscule comme elle doit être entendue ; le propos est ambigu). Il ne faut pas la claironner, mais l'insinuer, la rendre aimable (voyez-vous ça !). Il ne faut pas l'énoncer en tout lieu (mais saint Thomas d'AQUIN dit qu'il faut en tout lieu et en tout temps proclamer la Vérité Etiam in perilium, même dans le danger). Figurez-vous, qu'en définitive "c'est l'auditeur qui décide du sens du discours qu'on lui adresse". Voilà qui s'appelle expliquer ce qu'est le dialogue. Au secours HABERMAS !
Troisième paragraphe : C'est l'estocade. Prédication au Kärcher, vacarme, (à quoi s'ajoute le propre vacarme de monsieur MILLER, qui ressemble étrangement au bruit des cymbales - cf. Première Épître de Paul aux Corinthiens), débandade. Il inquiète, il indigne, le pape, il fait rire les siens, les autres, et particulièrement monsieur MILLER auquel l'éminente fonction de psychanalyste confère un discernement extra-lucide, et un sens médical aigu, puisque nous voilà devant la maladie de la vérité. Comme je souhaiterais que ce fût une maladie contagieuse et qu'elle vienne toucher monsieur MILLER.
Monsieur MILLER n'a pas lu Ignace de LOYOLA. Il nous dit (et je crois que c'est dans ses Exercices) que le diable nous attaque toujours au point faible de notre forteresse. Je me demande si le point faible de la forteresse millérienne n'est pas la certitude qu'il n'y a qu'un point de vue qui vaille : le sien. Pourtant, il y a des choses très justes dans cet article, notamment sur la manière, les circonstances et les lieux où l'on annonce la Parole. C'est l'absence totale de bienveillance qui en invalide la pertinence. En fait, il ne faut pas donner des perles aux cochons. Les médias africains (cf. l'article du Cameroon Tribune dans un de mes récents billets) ont reçu les perles. Les médias français ne méritaient pas qu'on les leur donne, pour la raison que je viens de dire.
C'est cela qu'il fallait argumenter, au lieu d'utiliser de vieilles ficelles rhétoriques.
Il ne m'en voudra pas, s'il lit ces propos (j'en doute). Mais trop, c'est trop !

Qu'est-ce que la liberté ?

Je vous affirme que j'ignorais que les circonstances me fourniraient l'occasion de parler aussi souvent du livre de Simone WEIL : Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale. J'ai transmis avant-hier à une amie le petit texte que je vous livre aujourd'hui. (Il me semblait en effet qu'elle était une personne libre au sens où l'entend Simone WEIL.) Je n'hésite pas à le faire pour mes rares lecteurs, car il est d'une force incroyable et peut en toucher plus d'un.
"On peut entendre par liberté autre chose que la possibilité d'obtenir sans efforts ce qui plaît. Il existe une conception bien différente de la liberté, une conception héroïque qui est celle de la sagesse commune. La liberté véritable ne se définit pas par un rapport entre le désir et la satisfaction, mais par UN RAPPORT ENTRE LA PENSÉE ET L'ACTION (les majuscules sont de votre serviteur) ; serait tout à fait libre l'homme dont toutes les actions procéderaient d'un jugement préalable concernant la fin qu'il se propose et l'enchaînement des moyens propres à amener à cette fin. Peu importe que les actions en elles-mêmes soient aisées ou douloureuses, et peu importe même qu'elles soient couronnées de succès ; la douleur et l'échec peuvent rendre l'homme malheureux, mais il ne peuvent pas l'humilier aussi longtemps que c'est lui-même qui dispose de sa propre faculté d'agir. Et disposer de ses propres actions ne signifient nullement agir arbitrairement ; les actions arbitraires ne procèdent d'aucun jugement, et ne peuvent à proprement parler être appelées libres. TOUT JUGEMENT PORTE SUR UNE SITUATION OBJECTIVE, ET PAR SUITE SUR UN TISSU DE NÉCESSITÉ. L'homme vivant ne peut en aucun cas cesser d'être enserré de toutes parts par une nécessité absolument inflexible ; mais comme il pense, il a le choix entre céder aveuglement à l'aiguillon par lequel elle (la nécessité) le pousse à l'extérieur, ou bien se conformer à la représentation intérieure qu'il s'en forge ; et c'est en quoi consiste l'opposition entre servitude et liberté."
Si messieurs BOUTON, OUDEA, et autres responsables de la Société Générale, de Natixis, de Total, et autres grandes compagnies du CAC 40 avaient appliqué ce qu'explique si lumineusement ma chère Simone, ils n'auraient point agi aussi automatiquement, pour satisfaire leur désir d'avoir toujours plus, bonus, stock-options, parachutes dorés. Ils auraient examiné la situation objective et les nécessités qu'elle impose : la difficulté qu'ont nombre de leurs salariés à joindre les deux bouts, l'exemplarité de leur comportement, l'engagement (pour certains) de l'Etat dans leurs établissement, les plans sociaux, et ils auraient tout naturellement renoncé à ces avantages indus, car ils auraient été confrontés dans leur conscience à ces insupportables différences de traitement en temps de crise. Ce ne sont pas forcément ces avantages qui sont honteux, encore que..., c'est simplement l'idée qu'ils peuvent être distribués dans la situation actuelle. Ces messieurs n'étaient pas libres. Ils étaient les esclaves de leurs désirs d'argent. La moindre des objectivités consisteraient à reconnaître que le Président SARKOZY, en faisant pression sur ces grands dirigeants, a eu MORALEMENT RAISON.
La condamnation des propos de Benoît XVI sur le préservatif par la presse (française essentiellement ; cf. l'un de mes précédents billets qui reproduit un article du Cameroon Tribune sur le voyage du pape) va exactement dans le même sens que les propos de Simone WEIL. Certes, il est désirable de satisfaire sa libido. Mais est-il convenable de le faire dans n'importe quelle condition et dans l'ignorance des risques - fûssent-ils minimisés par le port du préservatif - que cette satisfaction peut entraîner pour autrui ? La véritable liberté n'est-elle pas ici dans l'application exacte de réciprocité, fondement de la vie morale, "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse". Feriez-vous l'amour avec un homme séropositif, mesdames, même s'il porte un préservatif ? Feriez-vous l'amour avec une femme séropositive, messieurs, même si vous portez un préservatif ? Il se peut que oui, si le motif de cette union est autre que la simple satisfaction d'une pulsion sexuelle, et témoignage d'un authentique amour. Là est toute la différence entre servitude et liberté.

vendredi 27 mars 2009

Un témoignage

Le matraquage médiatique continue. Point de gloses, donc, ni de commentaires ici. Mais des faits. Voici le témoignage de Dominique MORIN, porteur du VIH.

"Avez-vous jugé scandaleux les propos récents de Benoît XVI ?

Ce que je trouve scandaleux, ce sont ces choeurs de vierges effarouchées. Qu’a dit Benoît XVI ? L’homme ne peut se résigner à vivre des comportements sexuels à risque (vagabondage sexuel ou homosexualité), ni la société fonder une prévention du sida sur l’échec. Il a rappelé que l’homme est doté d’une raison, d’une liberté, et qu’il est capable de poser des actes. La réponse à donner au sida est dans ses moyens de propagation. Le seul moyen sûr d’endiguer le risque est d’éviter les comportements à risque. C’est du simple bon sens, mais ce n’est pas le mieux partagé à l’heure actuelle ! Alors je dis merci au Pape d’avoir brisé un tabou.
Benoît VXI ne nous transmet pas une théorie qu’il vient d’inventer. Il ne fait que rappeler ce que prône l’Eglise, basée sur la Révélation. Dans l’Ancien Testament déjà est écrit "je te montrerai le chemin de la vie et de la mort. Tu choisiras la vie". Comme Dieu, l’Eglise croit en nous. Elle croit l’homme capable de poser des choix. Ces choix font sortir d’une logique fataliste qui fait de l’homme l’esclave de ses pulsions.

N’est-ce pas rendre service aux jeunes que de leur recommander le port d’un préservatif ?

Je témoigne dans les écoles depuis quinze ans. Aujourd’hui, les jeunes pensent qu’une sexualité pulsionnelle, instinctive, est leur seul horizon. Or, derrière leur demande "Dis-moi comment avoir une partie de jambes en l’air tranquille" se cache une aspiration profonde, le désir d’aimer sans savoir comment s’y prendre. Dire qu’un jeune est obligé d’avoir des relations sexuelles pour se découvrir et apprendre à aimer correspond à la logique freudienne, qui est fausse. Pour des catholiques, faire de Freud un docteur de l’Eglise en dit long sur leur vision de l’homme !
Il existe une autre voie que celle de la pornographie, la masturbation, les relations instables. Oublier de leur dire cette vérité revient à leur mentir. Celui qui leur dit d’utiliser un préservatif se lave les mains et s’offre une bonne conscience à peu de frais. Le jeune se retrouve face aux limites du moyen et de relations sans confiance. Le préservatif est un leurre et une escroquerie !

Vous êtes vous même porteur du HIV. Quel a été votre parcours ?

Dans les années 80, je vivais dans la délinquance, la drogue, le sexe, et la violence politique. En 1986, j’ai commencé à me convertir. Je n’en pouvais plus de toute cette violence. Par la pratique religieuse, j’ai découvert une joie que je ne connaissais pas. J’ai décidé de me confesser, persuadé de me faire jeter ! Or j’ai rencontré la miséricorde de Dieu, à travers le sourire bienveillant du prêtre et son absolution. Puis j’ai découvert en 1993 que j’étais infecté du sida, en phase 4. J’étais fichu.

Vous parlez de politique de prévention, comme le Saint-Père. Ce discours peut-il tenir face à un séropositif ?

Il existe bien sûr des cas d’exception, mais une morale ne se détermine pas en fonction d’un échec ni d’un mal. Jamais l’Eglise n’a dit d’aller s’infecter sans préservatif. Certaines pulsions sont parfois si fortes, notamment chez les homosexuels, que la personne n’est pas toujours capable, malgré ses efforts, d’y résister. Dans ce cas-là, bien sûr, le prêtre invite à ne pas en plus propager la mort.

Comment avez-vous tenu ce pari de la chasteté ?

Je n’ai pas eu de relations sexuelles depuis 29 ans et c’est pour moi le seul moyen complètement sûr de ne pas transmettre le virus. Je ne suis pas meilleur que les autres malades. Ma conversion m’a fait changer de perspective sur moi, mon corps, ma relation aux autres. La prière et les sacrements m’ont donné les grâces nécessaires pour déraciner en moi des habitudes et combattre ma faiblesse. J’ai appris à me "domestiquer". J’ai aussi découvert des relations chastes avec des filles. L’abstinence sexuelle est parfois difficile, mais le plaisir dont cela me prive ne me manque pas tellement, au regard de la vie apaisée que je connais aujourd’hui.

Vous êtes-vous senti condamné par l’Eglise ?

Jamais je ne me suis senti rejeté par l’Eglise, au contraire. Elle m’a ouvert ses portes, elle m’a accueilli comme j’étais, là où j’en étais. Je me suis senti aimé. Car l’Eglise distingue la personne de ses actes. Avant ma conversion, je me sentais condamné par les propos de l’Eglise, parce que je croyais faire corps avec mes actes. Je croyais que lorsque l’Eglise condamnait tel acte, elle condamnait l’homme. Or, "la vengeance de Dieu, c’est de pardonner", comme disait Pagnol. Dieu ne sait qu’aimer. Il couvre d’un amour de prédilection les malades du sida.

Beaucoup accusent l’Eglise aujourd’hui...

C’est oublier que l’Eglise fut la première à se soucier des sidéens. Dès les années 80, aux Etats-Unis, le Cardinal O’Connor a ouvert un service spécial pour les accueillir, alors qu’on ignorait encore les risques de contamination. Mère Teresa est venue créer le premier centre "The gift of love" à New-York, dédié aux malades du sida. Il en existe plusieurs aujourd’hui, à travers le monde.
L’Eglise veut le bonheur de l’homme. Le Pape tient son rôle de père, de pédagogue, lorsqu’il rappelle que l’homme est destiné à aimer en vérité, et non dans le mensonge, dans la peur et le risque de la mort. Il nous montre un chemin exigeant, sans chercher à plaire ni à séduire. Le sida se propage par le multi partenariat. Le seul moyen de l’endiguer est de revenir à la racine de l’amour. Chacun aspire à l’amour vrai, fondé sur la confiance. Voilà le véritable enfer : non pas être puni des conséquences de son péché, mais avoir peur d’aimer."
Quel beau témoignage. Merci à toi Dominique. Tu confirmes ce que me disent mes très chers accueillis séropositifs de l'Association Tibériade.

jeudi 26 mars 2009

Exercice d'observation

Un ami m'envoie copie de l'article paru lors de la visite de Benoît XVI au CAMEROUN. Il se passe de commentaires et il montre combien nous sommes loin du sentiment des Africains qui ont gardé cette bienveillance dont nous manquons tellement. Il me semble important de vous le livrer tel quel, cet article. Libre à chacun d'en penser ce qu'il veut. Mais je peux demander à mes lecteurs de lire avec attention cette opinion, et d'observer attentivement l'âme africaine qui transparaît dans cet article.

"Les médias africains déplorent l’attitude des médias occidentaux pendant la visite du pape en Afrique.

ROME, Mardi 24 mars 2009 (ZENIT.org) - « Le Cameroun vient de boucler avec une réussite insolente la troisième visite papale de son histoire », lit-on dans le Cameroon Tribune, après les quatre jours de visite de Benoît XVI sur le sol camerounais, qui déplore en même temps la polémique engagée par les médias occidentaux contre le pape durant cette visite.
« Le Cameroun et l'Afrique ont vécu quatre jours si intenses et si magiques, qu'ils peinent encore à en jauger l'insondable portée », souligne Marie-Claire Nnana dans son article, convaincue que cette visite du pape en Afrique est « une visite à succès, et un événement majeur qui marquera l'Eglise et tout le continent ».
« En posant l'acte d'amour que constitue sa visite, en nous assurant de l'amour de Dieu, nous les damnés de la terre, le pape nous comble d'espérance », souligne la journaliste.
Mais « on ne décrira jamais assez le rapt inélégant et la parfaite imposture des médias européens et en particulier français sur cette visite », souligne-t-elle. « C'était le temps de l'Afrique. L'Afrique n'aspirait qu'à la communion spirituelle et à la fête. Nos confrères se sont évertués à ne mettre en lumière que les aspects les plus anecdotiques de cette visite, les chiens écrasés, l'écume des jours », ajoute-t-elle.
« Pas un mot sur le synode des évêques africains à venir, ni sur le document préparé à cet égard par le pape », commente-t-elle. « Ils ont parasité les ondes avec une polémique qu'ils ont créée de toute pièce. Car en sortant de son contexte la déclaration du pape sur le préservatif, ils en ont dénaturé la substance ».
Autre exemple de sabotage stratégique reproché aux médias occidentaux : avoir cherché, en Angola, à « éclipser le message apostolique en montant en épingle une déclaration sur l'avortement thérapeutique ».
« En résumant huit jours de visite en deux petites phrases, de préférence celles susceptibles de remuer une opinion publique formatée, il y a un risque de caricaturer et de fausser le message », souligne-t-elle. Et le comble pour la journaliste c'est lorsque « ces médias déclarent parler au nom des Africains ».
« Non, merci, chers confrères, vous parlez pour vous-mêmes, et pour votre public. Les Africains sont assez grands pour déchiffrer et critiquer, au besoin, les messages du pape, afin d'en tirer la substantifique moelle. ».
De plus, estime-t-elle, « les débats autour du SIDA et de l'avortement sont trop importants pour les biaiser de cette manière, en les réduisant à une polémique médiatique ».
« Si nous décrions cet opportunisme chez nos confrères, ce n'est pas que ces questions indiffèrent les Africains que nous sommes, précise la journaliste du Cameroon Tribune, simplement, il nous semble peu fécond de vouloir infléchir les prises de positions papales, parce qu'elles découlent des principes moraux et de valeurs dictés par les évangiles dont il est le gardien ».
« Le pape, que les médias décrivent comme austère et peu charismatique, nous a paru au contraire sensible à nos démonstrations bruyantes et sincères », poursuit-elle. « Il les a reçues dans le tempérament qui est le sien : tout en retenue, le geste peu emphatique, le regard ardent ».
En conclusion la journaliste pense que « Benoît XVI en aura bien besoin » de l'affection des fidèles Africains pour continuer sereinement sa mission, dans une Europe, dit-elle, « dont il est le fils biologique, mais non pas spirituel puisque cette Europe nie désormais la dimension spirituelle du monde ».
Isabelle Cousturié

mercredi 25 mars 2009

Une bonne fois pour toute

Un de mes très proche se dit irrité par mes propos qui tendraient à défendre Benoît XVI. Après mûre réflexion, je publie ici la réponse que le lui ai faite ce matin.
Cher X...
Je ne défends personne. Je défends simplement la vérité, en apportant (a) des faits ; (b) un raisonnement. La seule chose qui scientifiquement peut être dite est la suivante : à nombre d'actes sexuels IDENTIQUES, les rapports avec préservatifs offrent moins de risques de transmission du VIH que les rapports sans préservatifs. Ce taux de protection ne peut être évalué avec précision ; on peut donner une approximation qui est (probablement) de l'ordre de 70 %-90 % de réduction des risques. Voilà ce qu'il était juste de dire, et non pas d'agonir d'injures un homme qui est intellectuellement très au-dessus de la moyenne. En donnant l'illusion que le préservatif est l'arme absolue, on incite les mâles à se lâcher ; il est probable, par conséquent, qu'ils se livrent à un plus grand nombre de rapports sexuels, avec un plus grand nombre de partenaires, et que par conséquent, le risque de transmission du VIH s'en trouve accru. Je sais bien que ce n'est pas politiquement correct, que monsieur FREUD est passé par là, et que chacun revendique d'avoir une sexualité libérée. L'humanité a acquis cette liberté. On voit le résultat.
On ne peut réduire l'homme à ses pulsions comme l'esprit du monde tend à le faire.
Il y a un deuxième aspect, qui est celui de la "communication", terme dont se gargarisent les médias. Communiquer pour caresser le monde dans le sens du poil, c'est tout simplement accepter de mentir et DE MANIPULER l'opinion. Critiquer un mode de communication, c'est critiquer l'écume de la réalité, c'est se couper de toute relation avec l'autre, car communiquer ce n'est pas être relié, c'est délivrer un message sans se soucier de sa réception. Benoît XVI ne PEUT PAS avoir ignoré que ses exhortations seraient mal reçues, bien qu'elles aient été délivrées dans un contexte que j'ai essayé de situer. Elles ont été ridiculisées, critiquées, déformées, par des hommes et des femmes qui se moquent comme d'une guigne de l'Église, et qui n'ont qu'une idée en tête, celle de VOLTAIRE : écraser l'infâme. Aucun intérêt. Chacun est libre de ses choix. Mais que chacun ne tende pas à faire retomber sur les autres les conséquences de ses comportements. Voilà ce qu'est la vraie liberté : assumer les conséquences de ses choix. Quant à ces journalistes qui vilipendent, jugent, ricanent, je les invite à passer - comme je le fais - une journée entière de la semaine avec des séropositifs, et de discuter - comme je le fais - avec eux. Je ne tire aucune gloire de ce service. Mais un certain nombre d'enseignements. Ils pourraient leur être profitables.
Voyez-vous, ô très improbables lecteurs, j'ai décidé, dans cette dernière partie de ma vie, de ne plus composer avec le mensonge et l'approximation. Je ne dis pas que je détiens la vérité (ça se saurait !). J'expose des faits avérés, et un raisonnement ; il me semble que c'est le propre de l'activité du penser que de procéder ainsi. Et je suis tout à fait ouvert à la discussion ; je suis même disposé à changer d'avis si l'on me prouve que je suis dans l'erreur.
Tout à l'heure, je vous reparlerai du livre de Simone WEIL. Et, à votre grand étonnement, vous verrez qu'à la suite de l'analyse qu'elle fait du marxisme, et dont elle approuve les conclusions, je vous dirai que je partage ce point de vue. Et avec elle, on verra que le grand tort de MARX, c'est de n'avoir pas été au bout de son raisonnement ; il aurait vu que si son analyse économique était juste, ses conclusions politiques étaient erronées. Affaire à suivre.

dimanche 22 mars 2009

Rapport de l'OMS sur l'efficacité du préservatif dans la prévention du SIDA


Il est impossible tant du point de vue logistique qu'éthique de mener des essais comparatifs randomisés pour déterminer l'efficacité de l'utilisation du préservatif en termes de réduction du risque de transmission du VIH. Nous devons donc nous baser sur des études observationnelles qui, par nature, présentent un risque de biais. Des études de ce type ont montré que l'utilisation systématique de préservatifs permettait une réduction de 80 % de l'incidence du VIH.



Commentaire de la BSG par Wilkinson D
1. RÉSUMÉ DES PREUVES
Documents en rapport:: Analyse documentaire Cochrane :: Aspects pratiques de la BSG
À propos de l'auteur:: Wilkinson D
Cette analyse Cochrane est une excellente tentative pour estimer l'efficacité des préservatifs dans la réduction de la transmission hétérosexuelle du VIH. Alors que de nombreuses études se sont penchées sur cette question, bon nombre d’entre elles étaient de petite taille et les analyses documentaires réalisées à ce jour étaient associées à un certain nombre de problèmes d’ordre méthodologique.
Les auteurs de l'analyse Cochrane ont identifié et sélectionné 14 études portant sur des couples sérodiscordants (à savoir des couples au sein desquels l'un des partenaires est séropositif au VIH et l'autre non). Au total, 587 personnes ayant indiqué « toujours » utiliser des préservatifs lors des rapports sexuels et 276 personnes ayant indiqué ne « jamais » utiliser de préservatif ont été incluses dans ces études.
L'incidence de l'infection au VIH chez celles ayant indiqué toujours utiliser des préservatifs était de 1,14 pour 100 années-personnes [intervalle de confiance 95 : 0,56-2,04] alors qu'elle s'élevait à 5,75 pour 100 années-personnes [IC95 : 3,16-9,66] chez celles qui n'en utilisaient jamais. Cela correspondait à une réduction de l’ordre de 80 % de l’incidence de l’infection en cas d’utilisation du préservatif.
Il convient toutefois de souligner deux limitations importantes : (a) la méta-analyse a été réalisée en utilisant des données tirées d’études observationnelles ; et (b) les auteurs n’ont pas indiqué d’intervalle de confiance pour leur effet bénéfique estimé à 80 %.
Cette analyse a été bien menée. Comme les auteurs le soulignent à juste titre, il est impossible tant du point de vue logistique qu’éthique de mener des essais comparatifs randomisés pour déterminer l’efficacité de l’utilisation du préservatif en termes de réduction du risque de transmission du VIH. C’est pourquoi nous devons nous fier aux études observationnelles. Les études incluses dans cette analyse comparent habituellement les taux d’infection par le VIH dans les groupes de personnes indiquant toujours ou ne jamais utiliser de préservatifs. Les études observationnelles comportent par essence un risque de biais dans la mesure où les personnes font des choix pour une certaine raison, et si le choix porte sur l’utilisation de préservatifs et n’est pas lié à d’autres facteurs de risque pour le VIH, alors l’estimation de l’effet que nous obtenons sera inexacte.
Ainsi, dans cette étude, malgré les efforts soutenus des auteurs, nous ne pouvons pas être certains que les préservatifs réduisent réellement l'incidence du VIH de 80 %.
Par exemple, il se pourrait que les personnes utilisant toujours des préservatifs aient également des rapports sexuels sans risque et un nombre plus faible de partenaires, ce qui réduit leur risque d’infection par le VIH indépendamment de l’utilisation de préservatifs. Il se pourrait également que certaines personnes indiquant toujours utiliser des préservatifs ne le fassent en fait pas mais affirment aux chercheurs qu’ils le font pour « donner une bonne image ». Des remarques similaires pourraient être soulevées pour les personnes indiquant ne jamais utiliser de préservatif. Les données indiquées par les personnes étudiées elles-mêmes présentent toujours le risque de ne pas être fiables et, dans ce cas, il n’y a aucun autre moyen de confirmer les résultats.
Si l'on considère les valeurs extrêmes des intervalles de confiance à 95 % signalés dans deux cohortes en matière de taux d'incidence du VIH, on trouve que l'utilisation du préservatif pourrait être associée à une réduction de l'incidence du VIH comprise entre 94 % et 35 %. Cette grande variation en termes de valeurs s’explique par le faible nombre de personnes (863) et d’infections par le VIH (51) compris dans ces études. L’utilisation simultanée d’autres mesures pourrait également contribuer à cette variation. En conséquence, l’estimation de l’incidence du VIH dans les deux groupes est plutôt imprécise (entre 0,56 et 2,04 pour 100 années-personnes chez les utilisateurs et entre 3,16 et 9,66 pour 100 années-personnes chez les non utilisateurs).
Ce manque de précision n'est pas dû aux auteurs ni à leur analyse. Il s’agit d’une caractéristique inhérente aux études disponibles. En conséquence, il n’est pas vraiment approprié d’estimer l’efficacité du préservatif à 80 %. Même si 80 % est la meilleure estimation simple d'efficacité, il convient cependant de dire que la mesure réelle de l'effet pourrait aussi bien n'être que de 35 % ou s'élever à 94 %, comme l'indiquent les auteurs dans l'analyse.
2. PERTINENCE DANS LES MILIEUX DÉFAVORISÉS
2.1. Étendue du problème
Cette analyse est très pertinente pour les milieux défavorisés. Les taux très élevés d’infections à VIH et d’infections sexuellement transmissibles (IST) qui contribuent à la transmission du VIH ont été bien documentés dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne (où les taux de VIH avoisinent les 30 % dans certaines régions), d’Asie et des autres pays en voie de développement. L’utilisation faible et inconstante des préservatifs dans la majorité des zones touchées constitue un autre problème en relation avec cette situation.
2.2. Faisabilité de l'intervention
L'utilisation correcte, constante et à grande échelle de préservatifs masculins constitue probablement la stratégie de prévention du VIH la plus réalisable disponible à l'heure actuelle. Par rapport à d’autres stratégies en matière de santé, qui nécessitent médecins, infirmiers, professionnels de santé, cliniques, réfrigérateurs, aiguilles, etc., l'utilisation des préservatifs peut être encouragée et ceux-ci distribués et utilisés de façon efficace et sans danger. Il reste pourtant des barrières –y compris culturelles et sociales –mais on ne peut nier la disponibilité immédiate d'une intervention fournissant une protection appréciable.
2.3. Applicabilité des résultats de la Cochrane Review
Le coût des préservatifs est faible et différents projets et programmes sociaux de commercialisation ont montré que la distribution à grande échelle était réalisable. Il ne fait aucun doute que cette intervention sera confrontée à diverses difficultés dans des lieux différents, mais l’expérience et l’intérêt au niveau local parviendront à les surmonter.
2.4. Mise en œuvre de l'intervention
La distribution de préservatifs a déjà lieu de différentes manières dans la plupart des pays en voie de développement au moyen d'un grand éventail de réseaux allant des secteurs de santé officiels aux efforts de commercialisation sociale, en passant par le secteur privé. Il convient à présent de redoubler d’efforts.
2.5. RECHERCHE
Les futures recherches devraient peut-être être axées sur la meilleure façon d'améliorer la distribution et l'acceptation des préservatifs dans autant de lieux différents que possible, plutôt que sur les connaissances supplémentaires concernant l'efficacité réelle des préservatifs.


Mes commentaires :

L'enquête de l'OMS commentée par WILKINSON fait état des biais importants que comportent une méta-analyse observationnelle portant sur l'efficacité du préservatif dans la protection du SIDA, et indique qu'il est impossible de tirer des conclusions absolument fondées scientifiquement sur ce point. La seule chose dont on semble pouvoir être assuré est qu'il réduit les risques, le taux de protection allant de 35 à 90 % selon les analyses. Il est donc certes recommandable, pour les personnes qui n'ont pas les capacités personnelles de gérer leur sexualité dans des conditions jadis considérées comme socialement normales, d'utiliser ce dispositif, en les prévenant cependant du risque encouru en cas de rapports sexuels démultipliés avec des partenaires multiples. Voilà ce qu'il me semble intellectuellement honnête de conclure au vu de ces travaux. Et si la parole de Benoît XVI n'a pas été replacée dans ce contexte par les médias, il faut incriminer soit leur ignorance, soit leur volonté de nuire, soit encore leur incapacité à approfondir le sujet en raison du peu de temps et de place dont disposent les journalistes pour leur papier.