-
Chers lecteurs, vous l'avez constaté, je n'ai pas produit de billet hier. Je vais m'en expliquer le plus précisément possible. D'abord, je ne partage pas l'irritation que les commentaires divers expriment vis-à-vis de tel ou tel lecteur. Et il me semble parfois que ces commentaires ne sont pas exprimé en vérité mais plutôt en référence à un système de pensée préformé que j'appelle système idéologique. Bien entendu, j'aurai pu moi-même, chaque fois qu'une telle situation se présente, exprimer mon désaccord. Je ne l'ai pas fait, je le regrette.
-
La lumière sur ce point m'est venue dimanche soir, à l'Eglise Saint-Ignace, desservie par les jésuites du Centre Sèvres. Un membre de notre petite fraternité de prière nous avait invité à venir à "La Messe qui prend son Temps", qui y est offerte tous les dimanches soirs aux étudiants et aux jeunes professionnels, mais aussi à tous ceux qui veulent bien passer près de deux heures à écouter un enseignement solide, à prier en silence, à partager le fruit de leur méditation avec leurs voisins de rangée.
-
C'était la fête du Christ Roi. L'Évangile du jour relatait la fameuse scène où Pilate demande à Jésus : "Qu'est-ce que la vérité ?" et se voit répondre : "Quiconque procède de la Vérité écoute ma voix", par un Roi issu non de la Terre mais du sein du Père, un Roi dont le Royaume n'est pas de ce monde. L'enseignement fut d'une densité remarquable, accueilli dans un silence plein, attentif, réceptif. Impossible de dire plus sur ce silence habité, sur l'attention, la concentration des fidèles. On y insistait sur l'exactitude, qui a pour contraire l'erreur, et qui est l'adéquation de la parole avec les faits, sur la sincérité qui est l'adéquation de la parole avec les sentiments éprouvés par le locuteur et dont le contraire est le mensonge lequel a pour prince et père Satan. La père jésuite qui enseignait insista sur un point essentiel : la vérité n'est pas au terme d'un raisonnement ; la vérité est une personne, celle de Jésus ; être dans la Vérité c'est rencontrer Jésus, qui ne fait rien de lui-même mais fait ce que son Père lui indique. Et d'ajouter : l'exactitude et la sincérité sont les conditions essentielles de la rencontre, et Jésus est le seul chez qui la parole et l'être se confondent, sans erreur ni mensonge.
-
En tant que scientifique, bien entendu, j'ai chassé l'erreur. Ce fut même mon métier. Et c'est la raison pour laquelle le relation minutieuse et aussi exhaustive que possible des faits me paraît essentielle à tout dialogue, aussi bien dans la sphère privée que dans l'espace public. Autant que faire se peut, j'ai cherché la sincérité, mais je réalise que par souci de plaire, ou de produire un effet, je n'ai pas toujours été sincère. Oui, c'est là que le bât blesse. Car nous avons beaucoup de mal à être sincère. Je vous renvoie à ce billet où je citais Arthur KATZ et Paul VOLK : "Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrais, c'est la lâcheté".
-
Je remercie fraternellement Olibrius qui, maladroitement parfois, a pointé l'approximation, disons-le mot, l'insincérité de certains de mes propos, et leur absolutisme. Il m'a rendu un grand service. Je partage certaines indignations de Tippel, mais comment ne lui dirais-je pas que ces remarques procèdent d'un système de pensée préétabli, dans le cadre duquel il tente de faire rentrer les faits, racontés toujours avec exactitude, il faut le souligner, et avec courage, ce que nous ne savons pas toujours faire ? Bien entendu, les commentaires de Fourmi, d'Adèle, de Ropartz, de Norman, de Meise, et d'autres lecteurs m'ont toujours paru utiles.
-
Ces réflexions ne sonnent pas le glas du Blog, mais une certaine inflexion. Je dirai pourquoi les remarques de madame AUBRY, les initiatives du Président SARKOZY me paraissent, les unes issues du père du mensonge, les autres, de la pauvre chair (au sens de Paul de Tarse) de l'homme, et parfois aussi du père du mensonge. Et je m'efforcerai de justifier ces analyses en étant le plus exact possible dans la relation des faits, aussi sincère que possible dans l'expression de mes sentiments et de mes opinions, et dans l'espérance que mes paroles soient vraiment celles d'un disciple.
-
Bonne journée.
-