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dimanche 11 août 2019

Dimanche 11 août. De quoi l'on prive l'enfant sans père.


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Une minorité de lesbiennes fait pression sur le gouvernement, aidée en cela par les loges maçonniques, pour avoir le droit d’enfanter légalement après insémination artificielle avec le sperme d’un donneur d’abord anonyme, mais qui pourrait perdre un jour son anonymat. La minorité a gagné. L’opinion a été tellement manipulée, qu’il paraît, selon quelques sondages bidonnés qu’elle serait majoritairement d’accord avec cette mesure. Je voudrais pour éclairer le débat vous citer quelques courts extraits de deux auteurs dont je vous ai récemment parlé : BA Jin et FIRDOUSI. Ainsi, pourrez-vous vous faire une idée de ce que les enfants ainsi conçus vont perdre. Je ne ferai aucun commentaire.
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BA Jin, un soir, veille avec son père autour d’un feu. Des bouleaux bruissent dans la nuit noire, et l’on entend dans les grands lointains la sirène d’un train.(In L’arbre qui savait parler, pp84 ss)

" « Père, j’ai peur ! », criai-je, n’y tenant plus.
Il me regarda, comme s’il sortait d’un rêve, il me demanda avec étonnement : « Enfant, de quoi as-tu peur ? », et laissa échapper lentement la fumée [de cigarette] de sa bouche.
La voix douce et le regard attentif de mon père me tranquillisèrent à nouveau. Je me plaignis : « Toi, tu ne dis rien !... Tu écoutes les feuilles… » Je pointais mon doigt vers trois bouleaux qui se trouvaient devant moi à ma gauche. À ce moment, ils se transformèrent en trois ombres, comme si trois géants se cachaient là-bas pour attendre leurs proies. Une rafale de vent venait de passer, et leurs feuilles bruissaient encore plus violemment.
Mon père eut un petit sourire moqueur. Trouvant cela sans importance, il dit : « Quand le vent souffle, les feuilles bruissent, cela est tout à fait normal. Tu n’as pas besoin d’avoir peur. » En me voyant silencieux, il ajouta : « Quand je suis là, tu ne dois pas avoir peur. »
Je lui répondis vaguement, mes yeux fixaient toujours les bouleaux. Ces ombres bougeaient légèrement. Mon regard devint flou. Ces ombres menaçantes se jetèrent sur moi. J’éloignais mes mains du feu, me déplaçai immédiatement à côté de mon père, je me serrai contre lui.
« Enfant, tu es fatigué. Dors sur ma poitrine un petit moment, ça te réchauffera un peu » dit mon père avec affection.
Contre la poitrine de mon père, je me sentis un peu tranquillisé. […].
Quand le vent soufflait, il frôlait mon épaule, avec une caresse comme pour endormir les petits bébés, il dit : « Ce n’est rien, les feuilles se remettent à bruisser, dors bien. »"
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Et de FIRDOUSI, dans le Livre des Rois :
« Tu sais que même la colère d’un père contre son fils est plus tendre que le plus tendre amour du fils envers son père. »

jeudi 8 août 2019

Lundi 05 août 2019. Firdousi, un immense poète !

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FIRDOUSI (FERDOWSI) fait partie de ces poètes qui sont l’honneur de l’humanité. Sa puissance, son lyrisme, la beauté de ses images en font l’égal des plus grands : HOMÈRE, DANTE ou GOETHE, ou encore l’anonyme auteur de la chanson de Roland. Appelé le rénovateur de la langue persane (il s’efforça de bannir de ses vers tous mots d’origine arabe et il y réussit fort bien), il est né entre 932 et 934 (il y a une petite incertitude), dans le petit village de Bâj, près de Tùs. Sa famille occupait une place assez haute dans la société des propriétaires terriens.

Le Livre des Rois ou Châh-Namé compte plus de 60.000 (soixante-mille !) distiques. Il raconte l’histoire légendaires des premiers rois mythiques de l’Iran, dans une première partie, et dans une deuxième, il raconte celle (souvent enjolivée, notamment pour ce qui concerne Alexandre le Grand annexé à l’Iran pour les besoins de la cause…) de rois historiques, arsacides (il en parle très peu) et sassanides, jusqu’à l’arrivée des Arabes. Ce qui est très intéressant et ce à quoi nous allons nous attacher aujourd’hui, c’est la manière dont FIRDOUSI passe d’un roi à l’autre. Il n’y a pas vraiment de transition, mais souvent des passages qui font césure et qui commence par « Écoute ce que dit le poète » ou « Prête l’oreille au poète », où FIRDOUSI parle un peu de lui..

Voici un de ces passages césures du Livre des Rois, dans la traduction remarquable du Pr Frouzandeh BRÉLIAN-DJAHANSHAHI, qui privée de sa chaire d’immuno-hématologie à la Faculté de médecine de Téhéran, pour des raisons que je vous laisse deviner, a entrepris la traduction en rançai de ce monument de la littérature nationale persane. Sa traduction a été revue par Odile BENOIT. La troisième édition revue et corrigée a été publiée chez Auzas Éditeurs/Imago, Paris, 2013. C’est d’elle que je m’inspire :

"Prête l’oreille au poète : « Les bons comme les mauvais quittent ce monde, il reste d’eux la mémoire de ce qu’ils ont accompli, de leurs paroles et de la manière dont ils ont vécu. Dans ce passage dans le monde, ne faites jamais le mal. Au lieu de laisser de grands palais et de grandes richesses derrière vous, laissez un souvenir de justice, de pensée juste, et de bonne conduite qui jamais ne tombera en poussière »" (Page 41.)

Dans ces dernières paroles, on reconnaît la trace de la religion zoroastrienne (le bien dire, le bien agir, le bien penser).


J’aurai l’occasion de vous faire connaître quelques passages de ce chef-d’œuvre. Si je le fais maintenant, c’est que je trouve insultant et immérité le sort que l’Occident (ou ce qui se pare de ce nom usurpé) réserve au peuple iranien ; celui-ci n’est pas responsable des errements de certains de ses hommes politiques, et il pourrait en remontrer à nombre d’Européens en matière de courtoisie, d’érudition et de finesse.

Portrait de FIRDOUSI.


Hakim Abu ʾl-Qasim Ferdowsi Tusi