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mercredi 12 décembre 2012

Les sénateurs ont un train de retard

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On connaît l'expression : "aller d'un train de sénateur". Elle n'a jamais été plus actuelle, et c'est la raison pour laquelle un quidam qui se drape dans la toge mitée de cette magistrature (elle avait meilleure allure quand elle n'était point aux mains de la gauche) a fait voter une proposition de loi "tendant à autoriser sous certaines conditions la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires". Ainsi, non content de bouleverser l'ordre naturel en voulant instaurer le "mariage pour tous", le bouleversement proposé n'ayant point d'autre but que de subvertir ou changer la morale (ou art de la vie bonne, je le rappelle), ce pouvoir veut autoriser la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires. Il se trouve que par profession, c'est un sujet auquel je m'intéresse particulièrement. J'ai du reste fait dans un très ancien billet un petit compte-rendu de ma propre expérience.
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Il n'est nul besoin de travailler sur des cellules souches embryonnaires humaines si l'on désire les faire se différencier dans tel ou tel type de tissu à des fins thérapeutiques. Comme ces miteux (je parle des sénateurs en toge mitée) semblent ignorer les travaux qui cette année ont valu à YAMANAKA le prix Nobel de médecine, peut-être faut-il leur rappeler qu'il est parfaitement possible de transformer une cellule adulte (par exemple une cellule de la peau appelée fibroblaste - mais il y a des fibroblastes dans tous les tissus conjonctifs) en cellules ayant pratiquement toutes les propriétés des cellules souches embryonnaires ; elles sont pluripotentes et peuvent donner naissance à tous les types cellulaires qui composent un organisme entier. Ces cellules ont reçu  le nom de cellules souches pluripotentes induites (iPS pour induced pluripotent stem cell). Comment s'y prendre ? En forçant la cellule adulte à exprimer de manière dite ectopique des facteurs de transcription qui ne sont produits normalement que dans les cellules embryonnaires. Ces facteurs de transcription (Klf4, Sox2, c-Myc et Oct4) agissent sur des séquences génomiques, actives seulement pendant les premiers stades de la vie embryonnaire. Une telle méthode offre l'avantage de faire du receveur potentiel de cellules différenciées son propre donneur, ce qui n'est pas rien en matière de greffe. Exit la justification thérapeutique !
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Pour ce qui est de l'étude de l'embryogenèse, là encore, nul besoin de ces cellules. Il existe, chez l'homme ou l'animal, des tumeurs très particulières que l'on appelle tératocarcinomes. Il s'agit de tumeurs qui frappent des cellules embryonnaires lesquelles peuvent se différencier dans l'organisme comme en culture en toutes sortes de types cellulaires ou garder leur pluripotentialité en formant justement ce que l'on appelle des corps embryoïdes. Il est possible d'étudier les phénomènes génomiques et biochimiques qui accompagnent la différenciation. Il me souvient que François JACOB avait fait de très beaux travaux sur le tératocarcinome de la Souris.
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Bien mieux, une équipe chinoise vient de publier dans le périodique PlusOne une étude dans laquelle elle montre qu'il existe dans l'urine des cellules susceptibles d'engendrer des cellules du lignage nerveux après conditionnement approprié. Il faut encore citer les cellules souches mésenchymateuses du tissu adipeux, du sang de cordon ombilical, de la gelée de WHARTON du cordon ombilical, et de bien d'autres sources encore. Ces cellules sont à la limite de pluripotentialité et de la multipotentialité ; elles n'engendrent pas toujours tous les types cellulaires d'un organisme entier, mais un grand nombre d'entre eux.
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Bref, messieurs les sénateurs ont cru faire moderne en ignorant les plus récents développements de la recherche sur les cellules souches. Ils ont raté le coche. Pour des partisans du progrès, il y avait mieux à faire ! Non seulement cette loi, si elle passait, serait immorale, mais en outre elle serait parfaitement inutile, complètement rétrograde, et elle fait déjà rire tous ceux qui connaissent un peu la question. Je mets de côté - j'en connais hélas- les chercheurs qui se sont faits un nom en utilisant des cellules nerveuses prélevés sur des embryons obtenus par des méthodes non délabrantes, et qu'on a disséqués pour prélever certaines cellules cérébrales. Les résultats obtenus dans certaines maladies neurodégénératives par greffe de ces cellules ont été spectaculaires - il faut en convenir - mais parfaitement transitoires. Et après une amélioration immédiate de leur état, les patients sont retournés à leur état initial en quelques mois.
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Pour moi, c'est clair ; il s'agit bien d'une tentative de changer ce que ces imbéciles (au sens de BERNANOS, mais avec des bémols très minoratifs) appellent "l'ordre moral", celui qu'ils accusent l'Eglise catholique ou le "judéo-christianisme" d'avoir imposé pendant des siècles aux hommes. Quand on voit le résultat de ces bouleversements sur l'état de la société, on peut se demander avec raison, si ces changements représentent un progrès. De vous à moi, j'ai des doutes !
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lundi 24 octobre 2011

A une lectrice russe

Chère lectrice, vous me demandiez d'expliquer les expériences que nous avions conduites il y a des années (vers 1990) sur des embryons humains. Ces embryons provenaient d'un CHU parisien. Le praticien qui pratiquait ces avortements utilisait une méthode qui permettait de "prélever" l'embryon (en passe de devenir foetus) sans avoir à le disséquer in utero. Le foetus ainsi prélevé était maintenu en survie et parvenait entier au laboratoire. J'ajoute que la maman était prévenue que l'embryon ainsi obtenu était susceptible d'être utilisé à des fins de recherche médicale et que son accord était sollicité. L'incertitude sur la possible "utilisation" (rien que ce mot me fait déjà frémir) de cet embryon était totale. C'était une simple possibilité. Les embryons étaient âgés de 12 semaines. Il faut donc bien comprendre qu'ils arrivaient en survie, bien qu'ils eûssent perdu toute possibilité de continuer leur évolution et qu'ils eûssent été voués à la mort en cas de "non utilisation".
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C'est donc aux chercheurs du laboratoire qu'il revenait de disséquer le foetus, et de prélever sa moelle épinière (incision dorsale longitudinale, ouverture du canal rachidien, extraction de la moelle) avant d'en faire de petites tranches ultérieurement déposées sur des cellules musculaires (des myofibres très exactement) afin d'obtenir le cas échéant une innervation, détectable par divers moyens (contractions rythmiques des cellules musculaires, détection des "plaques motrices" en microscopie optique à l'aide de "colorants" spéciaux, etc.). Il faut bien comprendre ici que nous achevions un travail de mort, et que la vue de ce petit être qui allait être découpé nous émouvait profondément. Au terme de deux ou trois essais, nous avons décidé d'interrompre ces expériences qui, du reste et compte tenu des renseignements que j'ai pu obtenir depuis, en pratiquant d'autres expériences avec des embryons de souris, étaient vouées à l'échec.
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Voici  l'échographie d'un foetus de 14 semaines. Cette image se passe de commentaire.



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Voici, plus précisément, la description des activités physiologiques d'un foetus de 12 semaines.

"Les muscles répondent au cerveau. Ce ne sont encore que des mouvements réflexes, le cerveau n'étant pas encore suffisamment mature pour les contrôler. La maturation simultanée des muscles et du cerveau lui permettent de plier les bras, de tourner les poignets et les coudes, de serrer et desserrer les poings. Son visage devient mobile, lui permettant de froncer les sourcils ou de serrer les lèvres. La placenta commence à fonctionner pleinement cette semaine.Un autre petit détail d'importance : de petits poils font leur apparition sur tout le corps, cette petite couverture ultra-fine s'appelle le lanugo. Il aide le bébé à se protéger dans son environnement amniotique. Son corps grandit maintenant plus vite que sa tête, il s'est redressé, et à cette faveur, on peut voir son cou. Ses bras prennent également l'exacte proportion par rapport à son corps... ses jambes mettront un peu plus de temps." (D'après un site internet. Excellente présentation. Il n'y a rien à rajouter.)
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Pour une vaine gloire (nous avions déjà obtenus des résultats très intéressants, innovants, impliquant une nouvelle théorie de l'origine de l'amyotrophie spinale progressive ou infantile, en utilisant de la moelle épinière embryonnaire de rat ; ils nous avaient valu une certaine renommée ; et ils ont ouvert la voie à de nouvelles recherches théoriques et appliquées), enfreignant des lois qui aujourd'hui me paraissent infrangibles et sacrées, nous avons contribué à une oeuvre de mort. J'étais le responsable du laboratoire ; c'est à mon initiative que ces recherches avaient été lancées ; je porte la responsabilité de ces errements.
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Est venu ce jour d'août 1997 où j'ai été subjugué, ébloui, saisi par la Parole de Dieu, et le visage de Jésus. Je n'en dirai pas plus, car cela ne regarde que moi. Ce jour là, tout est devenu lumineux. Rien n'était plus comme avant. Restant libre, je marche dans la lumière, ni meilleur ni pire qu'un autre homme. Simplement, je savais que j'étais sauvé et aimé.
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Comprenez-vous, TIPPEL ou d'autres lecteurs, pourquoi il m'est impossible de détester globalement, de vitupérer, d'ostraciser. Je reste libre de mes jugements sur les actes. Je me sens incapable de juger les personnes. Voilà qui peut paraître étrange. Mais c'est ainsi. Et s'il m'arrive d'avoir la dent dure contre tel ou tel homme politique, c'est parce que je cède (parfois) aux charmes de la polémique et (souvent) à ceux de la raison.
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Philippe ISNARD a eu le courage de montrer la vérité. Si une maman désirant interrompre sa grossesse savait vraiment de quoi il s'agit, jamais, je dis bien jamais, elle  ne donnerait son accord définitif ; il importait que les jeunes, informés par les anges de la mort, le soient aussi par ceux de la vie.
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