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lundi 19 décembre 2011

La France est un paradoxe

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Curieux pays que ma patrie ! Dans un même journal télévisé, il y avait l'illustration la plus éclatante du paradoxe permanent, irritant et admirable qu'est la France, et je dirai la France depuis toujours.
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Première séquence : Aéroport de LYON Saint-Exupéry. Des centaines de passagers attendent un très hypothétique avion. Certains ont des correspondances à prendre à ROISSYpour des longs courriers qui devraient les amener aux Etats-Unis ou en Asie pour les fêtes. Leurs proches les y espèrent. Ils ne sont pas assurés d'y arriver. Des dizaines d'agents de sécurité en grève brandissent des drapeaux syndicaux, de la CFDT, de la CFTC ou de la CGT, tandis que des policiers (gendarmes ? CRS ?) en tenue les contiennent et les empêchent d'envahir le hall de départ. Ils réclament des augmentations de salaire. Les responsables syndicaux ont délibérément choisi un jour de grand départ pour faire pression sur ... sur je ne sais qui ou je ne sais quoi. Ils ont sur leur table de nuit le catéchisme de papa MARX, les responsables ; ils vérifient à longueur de journée que leurs idées sont bien conforme à celles du barbu et que le moment propice est venu de créer ce qu'ils appellent "un rapport de force favorable" lequel n'est que l'occasion d'emmerder leurs concitoyens et de créer le chaos et le désordre. Pendant ce temps, des gens âges, des familles, des femmes enceintes, des enfants piétinent dans la cohue. Je refuse de leur donner le nom d'otages ; ils n'appartiennent pas à la compagnie qui emploie les agents de sécurité. Ils ne sont que des clients, et des clients qui justifient l'existence de ceux qui les sanctionnent. Non, ils ne sont pas otages, ils sont victimes. Souvenez-vous de ce que j'ai répété ici maintes fois : le propre de l'idéologie c'est d'ignorer l'homme concret.
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Deuxième séquence : On voie des agents d'ERDF travailler dans la neige et le froid, très tôt le matin et tard jusqu'au soir, pour permettre à des milliers de foyers de retrouver l'usage de l'électricité dont ils ont été privés à cause de la tempête. Ils ne mesurent ni leur temps ni leur peine. Ils se soucient du sort de leurs concitoyens, de ces familles très concrètes qui ne savent pas comment s'éclairer ou se chauffer ou faire la cuisine "quand il n'y a plus de courant". Ils n'écoutent que leur coeur, ces employés. Vous me direz qu'ils sont payés pour ça, et je vous répondrai que c'est une remarque indigne. Rien ne les oblige à forcer le rythme et pourtant ils le forcent ; rien ne les oblige à faire plus que les heures statutaires, et pourtant ils travaillent tant que dure le jour. Ce faisant, ils se hissent très au-dessus des conditions d'exploités auxquelles des syndicats exploiteurs voudraient les résumer. Ils font preuve d'une humanité qui honore l'homme. Il convient de les remercier, de le leur dire, et de ne pas les confondre avec les gérants irresponsables de leur Comité d'entreprise.
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La France est un paradoxe : les Français ont du coeur (ils sont champions du monde des dons aux charities, entendez les associations caritatives) ; les responsables de leurs communautés professionnelles, territoriales ou politiques ont du pouvoir. Ça fait la différence.