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vendredi 20 décembre 2019

Vendredi 20 décembre 2019. Orgueil et irrationalité

Très chers lecteurs, 


Vous constatez que depuis quelques semaines je suis silencieux. Tout de même il est difficile de le rester quand on regarde l'état avancé de décomposition sociale de notre pays. Alors je vais y aller de mon petit commentaire de citoyen. Je vous invite d'abord à regarder cette vidéo, très instructive :


Il me semble  que l’irrationalité et l'orgueil sont pour l'instant les principaux moteurs du mouvement social. 
C'est que je couperais volontiers les moustaches de monsieur MARTINEZ, histoire de lui faire savoir qu'il défend les privilèges de ses mandants, essentiellement les cheminots, mais nullement ceux des futurs retraités. Il convient tout de même de rappeler que chaque Français donne (en moyenne, car il y en a qui ne payent pas d'impôts) plus de 350 euros pour la SNCF, notamment au titre des retraites des cheminots. Mais il faut aussi accepter l'idée que certains agents de la SNCF, dont les conducteurs, ont un métier pénible qui justifie un départ plus précoce, ou justifie, alternativement, une retraite plus élevée. Monsieur MARTINEZ a son heure de gloire. Il bloque, ou plutôt fait bloquer le pays par une minorité de ses affidés dont certains sont des violents. Qu'il prenne garde. La roche tarpéienne n'est pas loin du Capitole.
Mais une fois que l'on a dit ça, et qu'on se réfère aux propos de monsieur MACRON, (on peut les entendre dans la vidéo dont j'ai donné le lien), on  voit bien que l'orgueil et l'irrationalité sont des moteurs puissants de décisions contestables pris par le gouvernement.
Monsieur Laurent BERGER a raison. Le Président a menti, ou disons plutôt qu'il a cédé aux instances de monsieur PHILIPPE, et ceci, semble-t-il, au dernier moment. L'âge pivot est une idiotie. Nombre de Français (en majorité) travaillent déjà jusqu'à 63 ans et plus. Et puis surtout, on apprend que la CADES, ou caisse d'amortissement de la dette sociale, engrangera très bientôt 24 milliards d'euros tous les ans, payés avec la CRDS, et autres contributions des Français ; cette somme pourrait très bien servir à abonder ou régler les questions épineuses financières et sociales soulevées par la réforme de la retraite.
Retraite à points oui ! Obliger les Français à travailler jusqu'à 64 ans pour avoir, sur ces bases, une retraite à taux plein est une erreur politique de première grandeur. L'âge légal est 62 ans. On peut le contester et affirmer qu'il est précoce. Mais c'est bien cela qui légalement prévaut. Il ne fallait pas changer cette disposition, qui relève du contrat social passé entre les Français et leurs institutions politiques.


samedi 7 décembre 2019

Samedi 07 décembre 2019. Mes chroniques: les gaffes de Marlène et de Jean-Paul... Les craintes du Préfet


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CHRONIQUE DE LA CENSURE.
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CRS et pompiers face à face à LILLE, le 5 décembre.

Ce qui est très intéressant dans cette affaire, c’est qu’un tweet posté par Citoyen et Français et qui devrait normalement donner accès à ce reportage est référé comme « désolé, cette page n’existe pas ». La vidéo a donc été censurée par Twitter. Il suffit d’aller sur le site de sputnik news pour la retrouver.

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CHRONIQUE DES GAFFEURS.
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Marlène était contre il y a 9 ans ; elle est pour aujourd’hui.


Il paraît que l’immigration étrangère comblera les trous démographiques (favorisés chez nous par les lois sur l’avortement et sur l’euthanasie) et permettra de régler la question des retraites..

Que monsieur DELEVOYE ose dire des choses pareils est insensé. Rappelons qu’il a brigué, contre madame ALLIOT-MARIE qui l'a emporté, le poste de Président du RPR, qu’il a refusé de prendre en compte, en tant que Président du CESE, la pétition citoyenne de plus de 700 000 Français demandant à cet organisme hyppolito-théodulesque d’étudier la loi sur le mariage pour tous (on susurre dans les chaumières qu’il aurait téléphoné à monsieur HOLLANDE ou à ses proches pour savoir ce qu’il devait faire de cette pétition). Ce refus est tout simplement une forfaiture, sinon juridique, du moins certainement morale. Or donc, après avoir été chiraquien, puis hollandiste, le voilà macroniste et empêtré dans la réforme des retraites (je la crois nécessaire ; mais de grâce que les choses soient clairement dites). Il y a des girouettes qui sont fragiles. Monsieur DELEVOYE en est une… C’est cependant une girouette roseau. Elle plie, mais ne rompt pas (je veux dire que ses changements de direction ne l’empêche pas de continuer à naviguer dans les marigots du pouvoir).
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CHRONIQUE DES APPRENTIS SORCIERS.

Voilà ce qu’un fou a osé faire.


Mais voilà ce que des fous pourraient faire chez nous grâce aux lois sociétales. (Merci à mon ami Dominique qui m’a transmis cet apologue savoureux !)

"Je m'appelle Charlotte, enfant ... d'un couple d'hommes qui m'a adoptée après une GPA, sans que ni l’un ni l’autre n’ait fourni ses gamètes.
J'ai maintenant 18 ans, un père adoptif 'Jean' et une mère adoptive 'Pierre', car c'est lui la "femme" du couple et ils sont mariés bien sûr...J'ai vite senti une certaine attirance physique aussi bien avec Jean qu'avec Pierre !
Ce qui devait arriver avec 'Pierre'...arriva… et j'ai eu un enfant avec mon père adoptif 'Jean' (sans qu'il y ait d'inceste), puis un autre enfant avec ma mère adoptive. Ce qui n'est pas encore défini, c'est la position de ma mère vis-à-vis de l'enfant que j'ai eu avec mon père, son mari, et vice-versa.
Par contre, ce qui est bien, c'est que la loi permettra à mes enfants, (deux filles ou deux garçons), peu importe, de se marier ensemble. J’ai eu deux filles en effet. C'est là, l'avantage d'avoir changé de Président : L'ancien n'aurait pas réussi une pareille "avancée sociale".
Si vous n'avez pas bien compris, merci de relire encore une fois, ou de téléphoner au Président qui est à l'origine de cette connerie !"

Tout ce qui expliqué ici est strictement autorisé par la loi, puisque le Conseil d’Etat a ordonné l’inscription des enfants nés par GPA à l’étranger sur les registre de l’Etat civile.
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CHRONIQUE DE LA REVOLUTION QUI N’EN FINIT PAS.
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Ils n’ont pas voulu abroger cette loi de 1793 !!!

C’est que voyez-vous elle peut toujours servir, si nécessaire, cette loi éhontée de 1793 ! Mais ces gens-ont-ils perdu la raison ?
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CHRONIQUE DES CARRIERES COMPROMISES.
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Elle craint pour sa carrière, le Préfet du Puy-de-Dôme (je refuse de féminiser les noms de fonction) car son mari a osé poster des choses abominables sur twitter, des choses de droite d’où l’abominabilité, le sceau criminel de ces opinions, comme vous pourrez le constater en lisant cet article.

Je trouve, que cette femme ne mérite pas son mari.
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CHRONIQUE DE LA GREVE.
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Ceci expliquerait-il cela ?

Je voudrais préciser ceci : la réforme des régimes des retraites est indispensable. Des privilèges dont certains remontent à 1909 (pour les cheminots) ne se justifient plus. Mais cette réforme, concoctée par des hauts fonctionnaires qui ont une calculette à la place du cœur, et un manche à air (pour savoir d’où vient le vent) à la place du cerveau) ont réussi à torpiller ce qui au départ semblait être une bonne mesure. La communication a été désastreuse, l’impréparation totale, de sorte que personne ne sait plus ce qu’il en est.





mercredi 11 juin 2014

11 juin 2014. Nouvelles de la Résistance : à propos du modèle français

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Je vais vous dire un secret : ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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Je ferai le récit de la veillée tenue hier soir devant Saint-Germain-des-Près, à PARIS à mon retour de voyage (si je trouve un train pour partir et pour rentrer : pour l'instant, ça s'annonce mal !).
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1. La citation du jour.
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"Les Français ne sont pas hostiles au changement, mais ils craignent le désordre, les conflits, tout ce qui peut créer des situations ambiguës ou incontrôlables ou des relations explosives. Comme des joueurs bloqués dans une situation d'échec ou comme des adversaires dans une guerre de position, ils attendent et redoutent à la fois une ouverture et quand cette ouverture survient, le plus souvent provoqué de l'extérieur, ils changent tous ensemble et à la fois, reconstruisant ainsi une nouvelle situation d'échec ou un nouveau front stable sur d'autres bases. Ce qu'ils craignent donc ce n'est pas le changement en soi, mais le risque qu'ils courraient si le blocage qui les protège et les limite à la fois disparaissait." (In Michel CROZIER. Le Phénomène bureaucratique. [Collection "Points", N°28]. Editions du Seuil, Paris, 1971.)
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2. Commentaires.
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Est-il besoin de commenter ce passage qui illustre à merveille la manière dont la démocratie à la Française a conduit notre patrie depuis plus d'un siècle ? Rejetant toutes les traditions sur quoi nos compatriotes auraient pu légitimement s'appuyer pour trouver un minimum de repères, elle a érigé la nouveauté permanente en système de gouvernement. Il n'y a qu'à essayer, si cela est possible, de dénombrer les réformes dont l'éducation prétendue et soi-disant nationale a fait l'objet depuis 50 ans, ou encore les réformes de Constitution (pas moins de 21 depuis 1958 !).
Avec la grève incompréhensible des agents de la SNCF, nous avons une illustration actuelle et contemporaine des réactions typiquement françaises à tous changements. Après avoir fait la grève quand la SNCF a été dissociée de Réseau ferré de France il y a une dizaine d'années, voici qu'ils font la grève parce que ces deux entités, ruineuses et ruinées pour des raisons structurelles, sont de nouveau réunies sous un chapeau unique. Ruineux en effet, car RFF n'avait pas la maîtrise des travaux à opérer sur le réseau dont il avait la charge ; il devait sous-traiter ces travaux à la SNCF dont les syndicats imposaient 30 ouvriers là où 10 auraient suffi, et un mois de travail, là où une semaine aurait également suffi. Bilan : des déficits considérables, un réseau mal entretenu, et des contribuables sommés d'abonder par leurs impôts un régime spécial de retraite qui n'a aucun équivalent dans le monde et qui est léonin.
Du reste, la représentation dite nationale où prédominent nombre d'imbéciles, n'a pas jugé utile de modifier ce régime, au motif qu'il était de nature historique et qu'il n'était pas question de toucher à des avantages historiques. Quelquefois, voyez-vous, la tradition a du bon pour ceux qui en profitent !
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3. Infos diverses.
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Accueil de François Hollande à l'aéroport Nespoul en Corrèze lundi 9 juin (via le Salon beige).
La voiture présidentielle roule encore à fond à gauche (pour s'écarter des dangereux manifestants !). Les 3 cars de journalistes qui suivaient ont bien vus les manifestants, car ils ont marqué le Stop.

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Quand les Français acclament la monarchie : vidéo (via le Salon beige).

A son arrivée sur la plage de Ouistreham vendredi 6 juin, la reine Elisabeth II a été littéralement ovationnée par la foule des chefs d’Etat, ministres, élus locaux, vétérans, figurants normands qui ont se sont levés et ont applaudi à tout rompre. La France a coupé la tête de son roi il y a plus de deux siècles. Elle n’en reste pas moins admirative de cette reine de 88 ans. Le modèle républicain serait-il usé ?
http://www.youtube.com/watch?v=-ApwhXx_fJs

La veille, François Hollande, à l’issue de la cérémonie à l’Arc de Triomphe, en compagnie de la reine, aurait confié : «Je n'ai jamais vu tant de monde sur les Champs-Elysées, même le 14-Juillet, ou aux balcons du Faubourg Saint-Honoré !» Et, selon le Figaro, le soir, à la table d’honneur au Palais de l’Elysée, l’ancien ministre Bernard Kouchner aurait lâché, pour répondre au marasme républicain des Français : « Il nous faudrait un roi ».

lundi 19 décembre 2011

La France est un paradoxe

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Curieux pays que ma patrie ! Dans un même journal télévisé, il y avait l'illustration la plus éclatante du paradoxe permanent, irritant et admirable qu'est la France, et je dirai la France depuis toujours.
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Première séquence : Aéroport de LYON Saint-Exupéry. Des centaines de passagers attendent un très hypothétique avion. Certains ont des correspondances à prendre à ROISSYpour des longs courriers qui devraient les amener aux Etats-Unis ou en Asie pour les fêtes. Leurs proches les y espèrent. Ils ne sont pas assurés d'y arriver. Des dizaines d'agents de sécurité en grève brandissent des drapeaux syndicaux, de la CFDT, de la CFTC ou de la CGT, tandis que des policiers (gendarmes ? CRS ?) en tenue les contiennent et les empêchent d'envahir le hall de départ. Ils réclament des augmentations de salaire. Les responsables syndicaux ont délibérément choisi un jour de grand départ pour faire pression sur ... sur je ne sais qui ou je ne sais quoi. Ils ont sur leur table de nuit le catéchisme de papa MARX, les responsables ; ils vérifient à longueur de journée que leurs idées sont bien conforme à celles du barbu et que le moment propice est venu de créer ce qu'ils appellent "un rapport de force favorable" lequel n'est que l'occasion d'emmerder leurs concitoyens et de créer le chaos et le désordre. Pendant ce temps, des gens âges, des familles, des femmes enceintes, des enfants piétinent dans la cohue. Je refuse de leur donner le nom d'otages ; ils n'appartiennent pas à la compagnie qui emploie les agents de sécurité. Ils ne sont que des clients, et des clients qui justifient l'existence de ceux qui les sanctionnent. Non, ils ne sont pas otages, ils sont victimes. Souvenez-vous de ce que j'ai répété ici maintes fois : le propre de l'idéologie c'est d'ignorer l'homme concret.
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Deuxième séquence : On voie des agents d'ERDF travailler dans la neige et le froid, très tôt le matin et tard jusqu'au soir, pour permettre à des milliers de foyers de retrouver l'usage de l'électricité dont ils ont été privés à cause de la tempête. Ils ne mesurent ni leur temps ni leur peine. Ils se soucient du sort de leurs concitoyens, de ces familles très concrètes qui ne savent pas comment s'éclairer ou se chauffer ou faire la cuisine "quand il n'y a plus de courant". Ils n'écoutent que leur coeur, ces employés. Vous me direz qu'ils sont payés pour ça, et je vous répondrai que c'est une remarque indigne. Rien ne les oblige à forcer le rythme et pourtant ils le forcent ; rien ne les oblige à faire plus que les heures statutaires, et pourtant ils travaillent tant que dure le jour. Ce faisant, ils se hissent très au-dessus des conditions d'exploités auxquelles des syndicats exploiteurs voudraient les résumer. Ils font preuve d'une humanité qui honore l'homme. Il convient de les remercier, de le leur dire, et de ne pas les confondre avec les gérants irresponsables de leur Comité d'entreprise.
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La France est un paradoxe : les Français ont du coeur (ils sont champions du monde des dons aux charities, entendez les associations caritatives) ; les responsables de leurs communautés professionnelles, territoriales ou politiques ont du pouvoir. Ça fait la différence.

samedi 13 novembre 2010

J'ai appris des choses étranges pendant ce week-end

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J'ai appris des choses étranges pendant ce week-end, des choses que l'on nous cache, des choses anciennes ou récentes, et qui me semblent avoir une grande importance. En voici quatre :
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Un ami très proche vient de perdre sa mère. Il trie, dans la belle demeure familiale, les papiers, les lettres, les documents divers qui se sont accumulés pendant trois générations, tous souvenirs qu'il désire brûler. Soudain, il tombe en arrêt devant une carte d'identité, celle de sa grand-mère. Elle a été établie en octobre 1939, pendant la drôle de guerre. (Monsieur DALADIER est Président du Conseil et Ministre de la Guerre, il est important de souligner ce point.) Quelle n'est pas la stupeur de mon ami quand il voit, mentionné en toutes lettres, en complément à la rubrique nationalité : "née de parents français, non juifs". Ainsi, au début de la guerre, sous un gouvernement de gauche, on établissait dans notre pays une différence entre les Français, selon qu'ils étaient juifs ou non. Je mets au défit qui que ce soit de me dire le contraire. On peut donc avancer qu'un Maréchal de France s'est abaissé à compléter, de sa main, ce que l'administration dépendante d'un gouvernement de la défunte troisième République avait commencé d'orchestrer.
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J'apprends que du temps où il était Ministre de l'Intérieur, puis de la Justice, monsieur MITTERRAND a signé quarante-cinq condamnations de fellaghas à la guillotine (Carnet de Christine CLERC, Valeurs actuelles, N° 2810). La journaliste ne dit pas si ces arrêts de mort ont été suivis d'effet. Quelle évolution, quelle heureuse évolution de cet homme, sous le premier septennat duquel on a aboli la peine de mort. Comme quoi, il est toujours possible d'évoluer. Il n'est de vrai progrès que moral, disait je ne sais qui. Voilà qui paraît juste.
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Stupéfaction encore, lorsque mon frère, en compagnie duquel j'ai passé le 11 novembre, m'apprend que les ROCKEFELLER ont vendu à HITLER, en pleine deuxième guerre mondiale, des brevets essentiels pour la fabrication d'essence synthétique. L'argent n'a pas d'odeur paraît-il. Je crois, moi, qu'il a souvent l'odeur douceâtre du sang.
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Enfin, un autre ami me fait savoir, mais je ne sais pas si je dois le croire, que les salariés de TOTAL auraient droit de faire 17 jours de grève par an, 17 jours qui seraient rémunérés. Cela explique pourquoi la grève dans les raffineries et entrepôt dépendant du groupe a duré 18 jours très exactement. Les 17 premiers jours comptaient pour du beurre, et le 18ème a été honoré par la caisse de solidarité syndicale. Voilà à quoi, peut-être, aurait pu servir pendant des années les énormes sommes d'argent liquide retirées par un membre du MEDEF il y a trois ou quatre ans, sommes dont on a perdu toutes traces. Et si cela avait été pour acheter la paix sociale ? Qui nous prouve qu'il n'en va pas encore de même aujourd'hui ?
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Ce sont toutes ces petites informations qui font réfléchir sur la différence qu'il y a entre les apparences et la réalité. On peut se demander s'il n'y a pas une entente implicite entre tous les responsables d'où qu'ils viennent, pour garder le pouvoir, s'en repaître, et combler le vide profond de leur vie et de leur pensée.
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C'est tout pour aujourd'hui.

mardi 26 octobre 2010

Quand un prix Nobel se pique de non-morale

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En 1970, Jacques MONOD déclarait : "La connaissance vraie ignore les valeurs". Il rejetait hors du domaine de la science tout ce qui relevait de "l'éthique individuelle ou collective "par essence non-objective" ajoutait-il.
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Voilà qui est terrifiant. Car si la science vraie ignore les valeurs, j'aurais aimé savoir sur quoi se serait appuyé MONOD pour condamner les "expériences" conduites par les médecins nazis dans les camps d'extermination, expériences qui cherchaient à déterminer, par exemple, les limites de la résistance humaine à la souffrance, au manque de sommeil, ou aux toxiques.
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En fait, notre prix Nobel défendait là une position intenable. Mais bien avant lui, toute une pléiade de savants, au nom du transformisme, de l'objectivité de la science, de "l'observation" (disaient-ils), justifiaient l'esclavage, et notamment l'esclavage des sujets africains : on n'en finirait pas de citer les noms de ces "savants" et des horreurs qu'ils ont écrites en vertu de la science. Ainsi, au milieu du XIXe siècle, VOGT osait dire "La crainte des conséquences pratiques ne doit jamais avoir aucune influence sur les conclusions scientifiques. La nature n'est pas faite pour être l'esclave théorique de l'homme". Et c'est au nom d'une nature annexée par leur suffisance, que se fondant sur des "observations" prétendues scientifiques, il osait dire que les noirs étaient plus près des singes que de l'homme blanc. Et il ajoutait, tenez-vous bien : "Il nous sera fort égal que le démocrate des Etats du Sud trouve, dans les résultats de nos recherches, la confirmation ou la condamnation de sa prétention que l'esclavage est ordonné par Dieu [...], ou que le Yankee, dans son orgueil de race, qui lui permet de manger ce qu'un nègre a préparé pour sa table, mais qui lui défend de s'asseoir à côté d'un nègre dans la même chambre ou dans le même wagon, cherche un appui dans nos allégations." VOGT enseignait à GENEVE.
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Mais pas le Docteur Julien-Joseph VIREY qui disait : "le nègre est et sera toujours un esclave ; l'intérêt l'exige, la politique le demande, et sa propre constitution s'y soumet presque sans peine". Ce "savant" était français. Mais d'autres savants, français ou étrangers lui emboîtaient le pas, sur le même ton, avec la même virulence ignoble : Georges CUVIER, Samuel-Thomas SÖMMERING, Charles WHITE, William LAWRENCE, et notamment TIEDEMANN qui jugeait, avec une hypocrisie abominable, l'esclavage naturel dans son existence, mais politiquement détestable. Il faudrait encore mentionner GOBINEAU et son Essai sur l'inégalité des races. GRATIOLET, BROCA, élaboraient des théories racistes tout aussi scientifiques. Il faudrait que je cite encore Abel HOVELACQUE, linguiste et anthropologue. Tous ces hommes avaient en commun une haine viscérale du christianisme, et étaient profondément anti-religieux, tout comme MONOD, du reste, qui l'a dit haut et fort. Je vous renvoie aussi au billet que j'ai consacré au discours honteux de Jules FERRY prononcé en juillet 1898, par lequel il défendait le droit des "races supérieures "à imposer la civilisation aux "races inférieures".
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Pour l'honneur de la science et de la politique, il s'est trouvé quelques savants comme Frédéric LACROIX, ou hommes politiques, comme Victor SCHOELCHER, pour condamner, le premier la "colossale bouffonnerie" des travaux de CUVIER ou de VIREY, le second pour lutter contre une atteinte si grave à la dignité humaine.
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Mais pour ces savants-là, il s'agissait de lutter contre "le mythe d'Adam" et le monophylétisme, ou théorie qui fait descendre d'un ancêtre unique l'humanité entière, affirmation proclamée par l'Eglise dès son origine.
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Ne croyez pas que le XIXe siècle a le triste privilège de défendre ces théories. Encore en 1907, un certain THULIE osait dire : "Il y a des races qui sont restées dans une immobilité presque totale et ont été incapables de s'organiser en société".
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Pour terminer, je voudrais citer un passage de l'article de Claude BLANCKAERT, publié dans le Volume I de la livraison Des Sciences contre l'homme, Éditions Autrement, série Science et société, N°8, Paris, 1993 (j'y ai puisé les citations et les noms des chercheurs que j'ai évoqués plus haut) :
"Aussi bien est-il permis à l'historien, au philosophe ou à l'honnête lecteur des ouvrages scientifiques de s'étonner. Les biologistes affirment souvent que la loi inflexible de la 'nature humaine' est génétiquement programmée, et qu'elle est sinon immuable, du moins fort contrainte dans ses accomplissements. Pourtant les biologistes ne cessent depuis un siècle de faire évoluer la notion commune que se font les hommes vulgaires : tour à tour définis par leur race, leur sang, leurs pulsions, leurs neurones, leurs gènes, ceux-ci se retrouvent assignés à une biologie en perpétuelle mutation. Qui plus est, on requiert d'eux qu'ils révisent régulièrement leur 'conception' de la nature humaine en fonction des 'progrès' d'une discipline dont les représentants sont loin d'être unanimes." [...]
"Le gouvernement des experts fait encore violence aux aspirations morales - risquons le mot- de tous ceux qui n'ont pas rejeté la problématique religieuse traditionnelle. Selon le récit biblique, Adam et Eve perdirent leur prétention au Paradis pour avoir mangé des fruits de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, 'un arbre inconnu de la science. C'est cette connaissance qui fait notre transcendance, notre danger, notre humanité' (citation de l'historien John GREENE entre ' ')".
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Je sais ! Vous allez me dire que vous ne voyez pas ce que ce long billet a à voir avec l'actualité. Et pourtant ! Si les idéologies (dont tous les concepteurs affirment le caractère scientifique, de MARX à Adam SMITH et sa "main invisible du marché") consistent à ne pas se soucier de l'homme concret, le seul qui selon moi vaille que l'on s'intéresse à lui, elles ne peuvent être que fondamentalement insensibles aux valeurs, c'est à dire qu'elles sont immorales. Voilà pourquoi certaines formes de grèves sont fondamentalement empreintes d'immoralité. Mais voilà pourquoi aussi la cupidité et la volonté d'accaparement des plus riches sont tout aussi immorales et sans doute plus, car ceux-ci n'ont pas l'excuse de l'ignorance.
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J'espère ne pas vous avoir enquiquiné avec ce prix Nobel qui se pique de non-morale. Mais quelqu'un n'avait-il pas dit, il y a assez longtemps : Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". J'ajoute que ce billet est tout particulièrement destiné à un lecteur ami qui comprendra pourquoi c'est maintenant que je produit ce poulet.
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lundi 25 octobre 2010

Effaré, je suis effaré

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C'est une chose entendue : le droit de grève est un droit constitutionnel. Il donne aux grévistes un droit unique : celui de cesser de travailler ; mais il ne leur donne pas le droit d'empêcher les autres de le faire. Or c'est très exactement ce que les ouvriers et employés des dépôts de carburants sont en train de nous imposer.
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J'ai entendu le responsable syndical de l'un de ces dépôts dire que ce qu'il cherchait était de provoquer un maximum de dégâts économiques. Il ne précisait pas dans quel secteur, et sans doute peut lui importait. Cette position implique deux dispositions d'esprit particulières et peut- être même plus. (a) Ce responsable défend les intérêts d'un groupe au détriment d'autres groupes sociaux ; il ne cherche pas le bien de tous, mais un bien particulier ; son raisonnement a sans doute une valeur idéologique et politique, mais il n'a aucune valeur morale. Il ne doit donc pas s'étonner, dès lors, de trouver devant lui des groupes ou des personnes tout aussi dépourvues de moralité. Je le redis pour la cinquième fois dans ces billets : le propre de l'idéologie est d'être insensible au sort de l'homme concret. Foin des artisans, des professions libérales, des agriculteurs, des commerçants qui, simplement pour vivre, ont besoin de se déplacer. Qu'ils crèvent, pouvu que nous leur survivions ! (b) Ce responsable, en deuxième lieu, raisonne comme Louis XV : "Après lui, le déluge". Il y a des entreprises au chômage technique dont les employés sont privés de salaire ; le pays est obligé d'importer à grands frais des produits pétroliers de Belgique, de Hollande, d'Italie, et aggrave ainsi le déficit du commerce extérieur, qu'il faudra financer par un emprunt que tous les Français, les employés des dépôts y compris, devront rembourser. (c) L'image de notre pays est durablement affectée : la France est synonyme de chaos, de désordre en tous genres, de pays dont les citoyens sont en grèves incessantes. Mais de cela, les responsables syndicaux (je ne parle pas des grands responsables, type Jean-Claude MAILLY, Bernard THIBAULT ou CHEREQUE) n'en ont cure. Ils donnent l'impression de vivre au jour le jour : "Puisque ces événements nous échappent, feignons de les organiser" semblent-ils nous dire. Ils ont ouvert la boîte de PANDORE et regardent, ébahis, les démons qui s'en sont échappés.
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Il n'y aura ni vainqueurs, ni vaincus dans cette lutte suicidaire. Il n'y aura que des victimes. Et une aggravation prévisible de l'état de notre économie, d'insolubles difficultés quand il s'agira de parler plus tard des nouveaux et indispensables ajustements du régime des retraites et une pauvreté croissante. C'est ce que l'on appelle la solidarité dans le dénuement.
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Je souhaite simplement qu'aucun des proches des irréductibles grévistes n'ait à être transporté d'urgence à l'hôpital et ne puisse le faire faute de véhicules approvisionnés en carburant. Ces aveugles n'auraient que leurs yeux pour pleurer, et ne pourraient s'en prendre qu'à eux-mêmes. Je souhaite que jamais ils ne voient leur réfrigérateur vide et qu'ils ne puissent le remplir en raison des ruptures de stock des magasins qui ne seraient plus livrés. Je souhaite que jamais ils ne soient obligé de laisser seuls leurs enfants à la maison, sans surveillance, au motif que les établissements scolaires sont fermés, les transports scolaires supprimés, et les personnes susceptibles de les dépanner incapables de se déplacer. Politique de l'autruche, l'un des animaux les plus bêtes de la création.
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Effaré, je suis effaré devant tant d'inadaptation à la réalité, d'égoïsme, d'idiotie. Je redis ici qu'étant un privilégié, je comprendrais très bien que l'on diminuât le montant de ma pension pour permettre à d'autres d'en avoir une plus élevée. C'est même une proposition formelle. Je ne suis pas immortel, et je n'emporterai pas avec moi mes billets de banque. On me demandera, Il me demandera, simplement : "As-tu aimé ? " Comme je voudrais pouvoir répondre : "Oui, Seigneur, j'ai aimé". Mais sachant que ce serait un mensonge, je dirais :" j'ai essayé mais je m'en remets à ta miséricorde".
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jeudi 21 octobre 2010

Pointes sèches

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Elle se croit courageuse ; elle n'est qu'insolente. Elle pense qu'elle est intelligente ; elle parle comme un perroquet. La xyloglossie est une maladie contagieuse. Mais madame Audrey PULVAR est jolie. C'est sans doute pourquoi monsieur ESTROSI, en galant homme, n'a pas envoyé promener la péronnelle qui l'interrogeait sur je ne sais quelle chaîne de télévision numérique. Elle ne cherchait pas la vérité ; elle ne cessait de l'interrompre ; elle voulait l'entraîner à la faute, le déstabiliser. Il lui a quand même fait remarquer qu'elle ne le laissait pas parler. Personnellement, j'aurais quitté le plateau en expliquant publiquement que je refuserais désormais d'y mettre les pieds tant qu'elle officierait dans cette émission. C'est ce qu'on appelle l'objectivité dans l'optique pulvarienne.
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Vue dans le métropolitain, ce matin, une petite affichette de la CGT. "Ma retraite (ou la retraite, je n'ai pas gardé en mémoire ce point), je veux décider", comme s'il s'agissait d'une question individuelle. Curieux pour un syndicat qui se réclame du marxisme, du collectivisme et nie la personne. Mais il n'en est pas à une contradiction près. La dialectique a toujours raison de la vérité, jusqu'au jour où le réel explose à la figure. C'est ce qu'on appelle la vérité dans l'optique marxiste.
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Des manifestants bloquent ce matin les voies du RER A à ACHERES. La tradition prétendue contestataire ne s'est pas perdue à ACHERES, où vivent de nombreux agents de la SNCF. Je connais bien, très bien, cette ville pour y avoir été chef scout pendant 5 ans. A l'époque, le maire, une femme, était communiste. Il me souvient lui avoir demander un rendez-vous pour qu'elle me signe un papier qui m'eût permis, grâce au Conseil Général de Seine-et-Oise, d'obtenir du matériel (des tentes en l'occurrence) pour camper. Nous n'étions pas riches, et les familles des jeunes qui fréquentaient la troupe étaient de condition modeste. Savez-vous ce qu'elle m'a répondu ? "Mais je ne sais pas, moi, si votre dernier camp s'est bien passé. Je ne peux pas signer un papier qui atteste ce point-là". J'ai eu beau lui dire que s'il en avait été autrement, elle aurait eu vent de plaintes, de récriminations. Rien n'y a fait. Et elle a rajouté : "Si je vous aide, je retarde la paupérisation de la classe ouvrière, et la venue de la révolution". Et je n'ai pu obtenir ce matériel. Je précise que cette troupe scoute était chrétienne. C'est ce que l'on appelle la justice dans l'optique communiste.
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La police, fort justement, lève le blocage des dépôts pétroliers. Qu'à cela ne tienne ! Les grévistes vont dégonfler les pneus des camions citernes dont les chauffeurs, non grévistes, attendent aux portes pour charger. C'est ce que l'on appelle le respect de l'autre dans l'optique syndicale.
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Si vous estimez qu'il est temps de dire tout haut que la liberté ne consiste pas à faire tout ce que l'on veut, et que ces grèves sont non seulement injustifiées, mais désastreuses pour l'image de notre pays, pour notre économie, pour notre avenir, dites-le, et dites-le ici.

mercredi 20 octobre 2010

Les collectivités ne pensent pas

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En cette période trouble où les foules, la passion et la déraison semblent submerger les médias, les citoyens, les syndicats et les hommes politiques, il est bon de se rafraîchir aux sources les plus pures de la réflexion. Je n'ai jamais caché l'admiration que je porte à Simone WEIL, trop tôt disparue. Souvent je l'ai citée. Et je vais aujourd'hui continuer à le faire car elle exprime des choses que tout être raisonnable, amoureux de la liberté, devrait sans cesse avoir en tête. Voici ce qu'elle dit dans cet essai admirable et d'une rare densité, Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale.
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"Pas plus que l'homme n'est fait pour être le jouet d'une nature aveugle, il n'est fait pour être le jouet des collectivités aveugles qu'il forme avec ses semblables ; mais pour cesser d'être livré à la société aussi passivement qu'une goutte d'eau à la mer, il faudrait qu'il puisse et la connaître et agir sur elle. Dans tous les domaines, il est vrai, les forces collectives dépassent infiniment les forces individuelles ; ainsi l'on ne peut pas plus facilement concevoir un individu disposant même d'une portion de la vie collective qu'une ligne s'allongeant par l'addition d'un point. C'est là du moins l'apparence ; mais en réalité il y a une exception et une seule, à savoir le domaine de la pensée. En ce qui concerne la pensée, le rapport est retourné ; là l'individu dépasse la collectivité autant que quelque chose dépasse rien, car la pensée ne se forme que dans un esprit se trouvant seul en face de lui-même ; les collectivités ne pensent point."
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Tout est dit. Dans ce livre, Simone WEIL développe plus longuement cette idée que ne le laisse percevoir cette citation. Mais déjà ce bref fragment ouvre à notre esprit une perspective de vérité.
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Prétendre connaître la vérité de ce que pensent le peuple français à coup de sondage est au mieux une erreur intellectuelle, au pire une imposture et une manipulation. Les sondeurs peuvent nous dire que 59 % (ou 69 %, peu importe) de nos concitoyens demandent que les manifestations contre la réforme des retraites se poursuivent, même si la loi est votée, je dis que de ce sondage ne sort aucune vérité. La vérité, que chacun peut vérifier de ses yeux, c'est que si les Français étaient pour la grève, ils ne se précipiteraient pas aux pompes des stations-services pour faire leur plein de précaution, par exemple. Ils auraient la pudeur de soutenir les grévistes en minimisant les effets de leur mouvement sur la vie sociale ; ils argumenteraient avec des statistiques économiques, démographiques, sociales, pour montrer que cette réforme est inutile, injuste, inefficace. Ils donneraient de leur argent pour soutenir les caisses syndicales de solidarité en faveur des grévistes. Ils proposeraient des mesures, y compris douloureuses, pour remédier à la situation catastrophique des comptes sociaux. Bref, ils se comporteraient en citoyens solidaires (puisqu'ils n'ont que ce mot à la bouche) et responsables. Le comportement de nombre d'entre eux - ne généralisons pas - me semble bien éloigné des valeurs affichées par les responsables syndicaux. Il me semble refléter plus vraisemblablement le chacun pour soi.
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Allons, encore une petite citation, cette fois-ci de Thomas MERTON. Ce moine trappiste, auteur entre autre de ce 'best seller' intitulé La nuit privée d'étoile, a écrit dans un autre ouvrage, remarquable à tous égards, Nul n'est une île :
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"Une société dont le seul but est d'éliminer la souffrance et de donner à ses membres les plus grands conforts et les plaisirs les plus recherchés est condamner à périr." Bien entendu, il ne s'agit pas de justifier la pauvreté, et ce n'est pas ce que dit MERTON dans son livre, bien au contraire. Ce qu'il fustige, ce sont les courtes vues de l'hédonisme et du plaisir à tout prix, y compris à celui du sang des plus pauvres et des plus faibles. Je dois dire que je ne mets pas les conducteurs de TGV ou de trains dans cette population.
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lundi 18 octobre 2010

Les hommes de ce temps ont des bleus à l'âme

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Je ne mets pas en doute un seul instant la bonne foi des leaders syndicaux dans la contestation qu'ils mènent contre la réforme des retraites. Je mets en cause la justesse de leurs analyses, et par conséquent la justice de leurs actions. Tout ça mérite une explication.
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Que les leaders syndicaux défendent les intérêts de leurs adhérents, c'est tout à fait légitime. Mais qu'ils le fassent en considérant que ceux-ci forment des groupes complètement indépendants de la société dans laquelle ils vivent, est une erreur de perspective fondamentale qui ne peut conduire qu'à des impasses. Penser que l'on agit justement parce que l'on est le plus fort (j'ai déjà évoqué dans un billet l'opinion de notre grande Simone WEIL sur cette position, hélas très répandue) est tout simplement le comble de l'injustice. Car si nous avons besoin d'agents de la SNCF ou de la RATP ou de dockers, ou d'ouvriers des raffineries, eux ont besoin de plombiers, d'électriciens, de médecins, de boulangers, de bouchers, que sais-je encore. Et la qualité de salarié ne donne aucun avantage particulier dans le champ social sur celle d'indépendant. Qu'arriverait-il si les médecins cessaient tous de travailler ? Et pourquoi faudrait-il qu'interrompre les transports fût de moindre gravité que de cesser de soigner les malades ?
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Alors, il faut revenir à la réalité : les Français sont attachés, justement, au système de retraite par répartition. Dans ce système, les actifs cotisent pour les inactifs et l'on répartit ce qu'il y a dans le pot. Il se trouve que pour diverses raisons, le pot est devenu sinon minuscule, du moins petit et que son contenu doit être distribué à un nombre croissant d'ayant-droit. Il est donc nécessaire de l'abonder. Quand madame AUBRY proclame qu'il faut tout remettre à plat, elle admet sans le dire que le système est à bout de souffle. Si la seule solution consiste à augmenter l'impôt, déjà fort lourd en France, ce sont les classes moyennes qui vont encore payer. Je reviens à mon idée de prélever sur les dividendes versés aux actionnaires, et de verser ce prélèvement à une ou des caisses de compensation (une par entreprise ? une caisse générale ?) pour augmenter le montant des pensions.
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En vérité, il me semble que ces protestations traduisent un malaise plus profond, une sorte de mal-être propre à nombre d'hommes et de femme de la post-modernité. Ils ont des bleus à l'âme, et protester sans raisons valables, quoi qu'ils disent, n'est que l'expression de cette blessure intérieure : la vie est devenue matériellement meilleure, mais elle a perdu son sens.

samedi 16 octobre 2010

A Sylvain

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Cher Sylvain,

Je ne suis pas RILKE, et je suis bien incapable d'écrire une oeuvre du genre Lettres à un jeune poète inconnu. Qu'importe. Je vais m'efforcer de répondre, comme je l'avais promis, à votre commentaire désenchanté du billet du 13 octobre. Je ne vous connais pas, mais vous devine.
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Oui, cela est vrai. Ceux qui font grève aujourd'hui sont ceux que la réforme des retraites ne concernent pas. J'ai pris soin de vérifier, sur le site officiel de l'organisme qui gère les retraites des agents de la SNCF, certains points mentionnés par TIPPEL dans un commentaire. Les agents de la SNCF partent à 55 ans. Ceci figure, pour autant que je m'en souvienne, dans l'article 1 du règlement des retraites. Il est parfaitement inacceptable de voir ces agents faire grève pour protester contre une réforme qui ne les concernent pas, ou pas encore. Il ne s'agit pas d'un privilège (mot que l'on confond souvent avec "avantage" ; un privilège [private lex] est un règlement particulier qui s'applique à un groupe humain particulier, qui est élaboré par les membres de ce groupe en contrepartie des efforts qu'il consent à titre de groupe). Il s'agit tout bonnement d'un avantage indu. Le temps des locomotives à vapeur est révolu. Il n'y a plus de mécaniciens et de chauffeurs noircis par la fumée du charbon et fouettés par le vent âpre dans leur habitacle inconfortable. Les amplitudes de voyage se sont considérablement raccourcies en raison de l'avènement des TGV. Les conducteurs et les contrôleurs ont encore à souffrir de ces soirées qu'ils passent dans les locaux destinés à les accueillir pour une nuit, le temps pour eux de faire le retour. Mais cela est de plus en plus rare. Et c'est bien. Un raisonnement analogue s'applique aux agents de le RATP à PARIS. Je ne sais pas si la convention collective qui règle les droits et devoirs des agents employés dans les lignes de bus et de métros régionaux comportent les mêmes avantages.
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Ce qui me paraît le plus touchant dans votre commentaire c'est l'expression d'une blessure, de cette blessure intime qui vous fait regarder avec tristesse et désenchantement le monde contemporain tel qu'il va. Non ! Ne vous laissez pas aller au désespoir. Le monde sera ce que vous en ferez. Et il suffit de quelques jeunes à l'âme bien trempée, pour le changer ce monde. C'est ma conviction profonde. Et vos réactions, leur profondeur, la sensibilité très fine qui est la vôtre l'indiquent à l'évidence : vous êtes de ceux qui peuvent, par la conscience vive des dysfonctionnements sociaux, des atteintes à la relation entre les hommes, du délitements du lien social, contribuer au nécessaire redressement. Le gémissement, disait un jour le Cardinal Alexandre RENARD, n'est pas un don du Saint Esprit. J'ai entendu de mes oreilles cette homélie mémorable qui invitait les disciples à l'action nourrie par la prière.
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Voilà cher Sylvain ce que voulais vous dire pour aujourd'hui. J'aurai encore des commentaires à faire qui nécessitent de ma part plus de réflexion ; les remarques que je vous livre aujourd'hui sont celle d'un homme dans la dernière partie de sa vie certes, mais un homme plein d'espérance, sans laquelle il n'est pas d'amour possible. J'attends votre réaction avec impatience
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mardi 12 octobre 2010

Deux points de vue sur les lois

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Il est de bon ton, en notre pays, de critiquer les lois, de les contourner, ou de les ignorer. Aujourd'hui, nombre d'insatisfaits s'apprêtent à battre le pavé de nos bonnes villes, au motif qu'une loi, votée par des représentants librement et démocratiquement élus, ne leur convient pas. J'ai trouvé par hasard, en lisant le très beau livre de Jacques SANCERY sur CONFUCIUS, deux citations qui disent fortement des choses intéressantes à propos des lois. Cris dans le désert que ce billet ? Certes ! Agacement de Potomac qui va me reprocher mes chinoiseries ? Sans doute. Pour apaiser son très prévisible courroux, je commencerai par citer SENEQUE et son traité De la colère (II, 27) : "La vertu, dit-il, est bien imparfaite lorsqu'on ne fait d'autre bien que celui qui est commandé par les lois. La règle de NOS DEVOIRS est beaucoup plus étendue que celle de la justice rigoureuse. Combien de choses qu'exigent la piété, l'humanité, la libéralité, l'équité, LA BONNE FOI, dont les lois ne font aucune mention ?"
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Je me lance dans ma seconde citation ? Oui, je me lance en tirant des Mémoires historiques (Shiji) du grand historien chinois SIMA QIAN (que vous connaissez peut-être sous le nom de SSEU MA TSIEN) ceci, qui paraît tellement juste et vient souligner que la loi est le moins mauvais moyen de faire vivre ensemble les hommes, peu vertueux par nature : "Les rites [entendez ici la courtoisie, la politesse, les usages sociaux du bien vivre ensemble], c'est ce qui empêche que le mal se produise, tandis que les lois, c'est ce qu'on applique une fois que le mal est commis. L'utilité des lois est facile à percevoir ; mais les hommes saisissent difficilement l'utilité préventive des rites" (Shiji, CXXX ; traduction de Jacques PIMPANEAU).
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SENEQUE et SIMA QIAN disent la même chose, chacun selon le génie propre de sa langue et de sa culture. Les lois sont là pour régler la vie ensemble. Elles n'épuisent aucunement les obligations et devoirs moraux de tout homme qui préfère habiter sa vie plutôt que la subir. Et plutôt que de défiler en aboyant des slogans (quand ce ne sont pas des injures), les manifestants, s'ils avaient de vrais chefs qui pensent, devraient s'interroger sur les raisons qui ont poussé les pouvoirs publics à prendre des mesures impopulaires, amendables sans doute, prises sans trop de concertations, mais cependant indispensables : fardeau de la dette sociale, trop lourdes charges qui bientôt peseraient sur les épaules des jeunes générations, abus d'avantages injustifiés de la part de certains secteurs, consommation immédiate au détriment de l'épargne qui aurait pu venir abonder chaque pension individuelle, aveuglement sur les devoirs qui incombent à chaque citoyen de contribuer à la vie commune. J'ai déjà dit, et je le maintiens, que si cela était nécessaire - me considérant comme un très grand privilégié - j'accepterais de voir diminuer ma pension pour ne pas affaiblir ma patrie et permettre à de moins bien lotis d'avoir meilleure enseigne pour se loger. Que puis-je dire de plus ?
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Allons, encore SENEQUE : La colère est une courte folie.