Affichage des articles dont le libellé est Vote des étrangers (une solution pour le). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vote des étrangers (une solution pour le). Afficher tous les articles

samedi 17 décembre 2011

Sur le vote des étrangers aux élections locales

-
Je vais sans doute en surprendre plus d'un si je dis que l'adoption de cette proposition n'est pas forcément une erreur. Ce qui l'est, c'est la manière tordue, et les fausses justifications apportées à leur initiative par les inconditionnels de cette mesure.
-
Premier principe : il est anormal de traiter sur le même pied les ressortissants des pays de l'Union Européenne, et les ressortissants des autres régions, quelles qu'elles soient. Il faut donc trouver un moyen juridique pour faire la distinction entre ces deux catégories d'électeurs potentiels. Et dans tous les cas réclamer la réciprocité avec les pays dont ils sont originaires

Second principe : il est anormal de faire dépendre une majorité, fut-elle locale (essentiellement municipale) d'une petite frange d'électeurs étrangers. Or c'est très exactement ce qui risque d'arriver si les étrangers extra-communautaires forment un collège unique avec les citoyens français et les citoyens de l'Union Européenne. Il est donc nécessaire d'établir un collège particulier d'électeurs pour ces ressortissants extra-européens, et de leur attribuer un quota de sièges proportionnel à leur nombre, ce nombre ne pouvant être inférieur à 1. Si une ville compte X habitants et Y élus municipaux, le quota requis pour un siège étrangers est de X sur Y électeurs. Vous me suivez ? Et qu'on ne dise pas que ces élections n'ont pas de répercussion nationale. C'est un mensonge de plus. En cas de Collège unique, la répercussion est immédiate et elle concerne la composition du sénat.
-
Troisième principe : il n'est pas anormal de faire participer à la vie locale ces citoyens étrangers. Il est nécessaire qu'ils soient en situation régulière. C'est le moins qu'on puisse exiger. Mais la justification actuelle avancée par les promoteurs de cette proposition est extrêmement dangereuse ; elle consiste à dire : puisqu'ils payent des impôts (sous-entendus directs), il est logique qu'ils votent. Mais voilà un drôle d'argument qui revient à glorifier le suffrage censitaire. Ne votent que ceux qui payent ! Ceci étant, il y a toujours un semblant d'injustice à conférer à des citoyens exemptés d'impôts directs le droit d'élire des représentants à qui ils confient le soin d'en établir le montant pour ceux qui y sont assujettis. C'était la justification du cens. Mais il est inexact de dire que personne ne payent d'impôts. La TVA s'applique à tout le monde, y compris à tous les citoyens étrangers. La nature et la justification de cet impôt sont d'un tout autre ordre puisqu'il concerne la consommation (que l'on peut moduler à titre personnel ; nul n'est obligé d'acheter des produits à 33 % de TVA) et qu'il est (Ô sorcellerie des fiscalistes !) indolore.
-
Un des bienfaits de la mesure pourrait être (a) de faire la différence entre les clandestins et les étrangers résidant régulièrement sur notre sol ; (b) de les intéresser à la vie de la cité et de commencer ainsi à les intégrer à notre patrie. Il est clair que les promoteurs du vote des étrangers agrégés à un collège unique a pour but de donner des gages à la communauté musulmane, de se l'attacher, et de maintenir au pouvoir avec son appui. Un correspondant alsacien m'a fait parvenir la liste de hauts responsables du PS qui, de nationalité française, ont des origines étrangères ou maghrébines. Je ne donnerai pas cette liste. Car ces personnalités sont des compatriotes, et je ne mets pas en doute leur bonne foi ; je contesterais peut-être leur impartialité, mais certainement pas leur désir de faire du bien à la France. On pourrait simplement leur demander qu'ils associent à leur prénom étranger un prénom français.
-
On aura rarement vu un peuple scier la branche sur laquelle il est assis avec autant d'aveuglement que le peuple français. Mais toutes les erreurs se payent, et en particulier celle qui offense le sentiment d'identité, (j'ai connu un prêtre qui avait été déporté à MAUTHAUSEN et qui m'avait fait un tragique aveu : au milieu de son calvaire, il avait oublié jusqu'à son nom ! Le but des nazis étaient bien de priver les déportés de toute identité humaine), qu'elle soit personnelle ou collective. Les étrangers revendiquent la leur, sans rien abdiquer de ce qui fait leur spécificité. Très bien. Qu'ils ne nous demandent pas d'abandonner les nôtres dans l'espace public, l'espace politique par excellence.
-
J'ose espérer que des responsables socialistes liront ce billet, mesuré dans son ton, et positif dans ses propositions. Mais j'en doute.
-

samedi 31 mai 2008

Toujours à Nassim

[Pour que mes éventuels lecteurs comprennent de quoi il s'agit, je les renvoie au billet récent que j'ai intitulé "Non au droit de vote des étrangers non-communautaires", et au commentaire de Nassim.]
Cher Nassim,
Il m'est venu cette nuit à l'esprit quelques remarques complémentaires dont je désire vous faire part. Je ne sais pas si vous êtes né en France. Si c'est la cas, vous êtes Français, et vous pouvez, je suppose, comprendre que ce n'est pas la même chose que de ne pas l'être. Si, comme Français, vous revendiquez les mêmes droits, vous pouvez comprendre que vous avez les mêmes devoirs que vos compatriotes
La première remarque concerne le vocabulaire. Vous attribuez à l'usage que je fais des mots "Maghrébin" et "Africain" une connotation raciste. Mais vous, quand vous utilisez les mots "Européen" ou "Français", le faites-vous d'une manière raciste ou non ? Le simple fait de poser cette question montre que votre critique est complètement infondée, et que c'est dans votre tête que les choses se passent. La gôôôôche a en effet réussi à convaincre les ressortissants Africains, Algériens, Tunisiens ou Marocains (ces derniers désignés collectivement Maghrébins pour indiquer leur commune origine géographique), que le simple fait de les évoquer par celle-ci revenait à les stigmatiser. Comment faut-il les appeler ? Est-il honteux de venir du Maghreb ou d'Afrique dite Noire ? Au demeurant, vous me faites le procès de ne pas inclure les Asiatiques dans les étrangers qu'il convient de ne pas admettre au vote lors des élections locales. Ils sont simplement moins nombreux. Mais je ne vois aucune raison de les autoriser à voter aux élections locales.
Vous faites une allusion malveillante à ma supposée mentalité coloniale. (a) Je vous invite à lire la lettre ouverte qu'un de mes Collègues, le Pr SAVELLI, a écrit au Président BOUTEFLIKA, et qui figure dans ce Blog (billet du 13 décembre 2007). Vous verrez qu'il n'y a pas eu que du mauvais dans ladite colonisation ; il eût mieux valu ne pas coloniser l'ALGERIE, là-dessus, je suis entièrement d'accord. Il y a eu des abus, des injustices, des exploitations. Il faut en convenir. Mais pas au point où l'on veut bien le dire d'une manière hâtive et sans discrimination entre les exploiteurs et les paisibles habitants. (b) Mais en vertu de ce constat, je réclame en retour le droit de ne pas être colonisé par les compatriotes de vos ancêtres. Nombre d'étrangers travaillent, payent des impôts, cotisent à la Sécurité Sociale, certes. Mais ils ont accès à l'enseignement public et aux soins gratuits et bénéficient des mêmes facilités publiques que les Français, à l'exception de la capacité citoyenne. Ils ne sont donc pas lésés dans l'exercice de leurs droits fondamentaux. C'est bien le moins que l'on puisse faire à leur égard. Combien d'autres étrangers, cependant, s'adonnent-ils au trafic de drogue, à la violence, à l'oisiveté, et sont pourtant pris en charge par la collectivité nationale ? Et pourquoi une telle indignation quand, appliquant le droit français, on en vient à les juger pour leurs incivilités, leurs contraventions, leurs délits, voire leurs crimes, exactement comme on le ferait d'un Français ? Comment ne voyez-vous pas que cette réaction est fondée sur le sentiment erroné, mais enraciné dans l'inconscient, d'une infériorité raciale de la part des étrangers ? C'est cette mentalité qu'il faut combattre.
Je vous accuse d'avoir mal lu mon texte. Je dis clairement "oui à l'accueil généreux des immigrants", "non aux pique-assiette". Je m'explique. Si, par exemple, la vie en Algérie, pays par ailleurs riche de son agriculture et de son pétrole, était si belle et bonne pour ses habitants, je ne vois pas pourquoi tant de jeunes femmes algériennes viendraient accoucher en France pour que leur enfant soit Français, pourquoi tant d'Algériens quitteraient un tel Eldorado pour se réfugier dans le pays si raciste et si peu accueillant qu'est la France. Il y faut des raisons, non ? Preuve que tout n'est pas si mauvais chez nous. C'est au nom de la dignité égale des hommes que je revendique le droit de ne pas traiter identiquement mes compatriotes et les étrangers vivant sur notre sol. Car c'est cela, la justice. Bien entendu, il reste la voie de la naturalisation. Pourquoi ne la tentent-ils pas, les étrangers ?
J'ai dit aussi qu'il était légitime que les ressortissants étrangers légalement installés en France puissent avoir leur mot à dire dans la gestion de la cité. La chose est très simple à réaliser. Il suffit de créer un collège électoral des étrangers non-communautaires, et de leur attribuer un nombre de sièges proportionnels à celui qui est attribué au collège électoral actuel (nationaux, et étrangers communautaires). Sinon, en vertu de la loi électorale, cinquante étrangers suffiraient à faire basculer la majorité politique d'une ville ou d'une région de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, DANS UN SENS OU DANS UN AUTRE, ce qui n'est tout simplement pas admissible. Ma patrie n'a pas de pétrole, mais elle a des idées, et un sens de l'humanisme dont les assassins des moines de TIBEHIRINE ou ceux de monseigneur CLAVERIE semblent avoir été singulièrement dépourvus. Tant que vous ne comprendrez pas cela, vous ne serez pas dans la vérité. Je le redis : oui à l'accueil fraternel et généreux des immigrants ! Non au racisme, le nôtre comme celui des étrangers ! Oui au respect des Lois que nous avons démocratiquement élaborées ! Non à l'application d'un droit et de coutumes qui n'ont aucun rapport avec notre histoire nationale.
Je termine sur la Chine que vous m'accusez de ne pas mettre en cause. Oh que si ! Je viens d'acheter, hier, un petit ouvrage d'un opposant chinois, installé en France depuis les événements de TIEN AN MEN. Il a pour titre Chine : l'envers de la puissance. Son auteur a pour nom CAI CHONGGUO. Il est publié aux éditions En Clair, Paris, 2005. J'en ferai un compte-rendu très instructif. Et je ne serai pas tendre.
J'espère que vous me répondrez. Car vous avez eu le courage de donner votre opinion, et je trouve cela très bien. Et je vois dans vos yeux moins de paille que je ne vois dans les miens de poutres. Comme vous en effet, je le répète, je suis profondément croyant. Et je cherche la Paix plutôt que l'Affrontement, mais pas à n'importe quel prix. Car il y a des "Paix" grosses de violences.
Oui, j'espère que vous me répondrez.