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vendredi 13 juin 2008

Le bon sens de soeur Emmanuelle

Soeur Emmanuelle (il est inutile de la présenter) va avoir bientôt cent ans (le 16 novembre). Elle a la tête sur les épaules, et elle dit tout crûment un certain nombre de vérités au journaliste de Métro qui l'interroge aujourd'hui. Excellent article au demeurant. J'en critiquerai simplement le chapeau ; on y déclare que soeur Emmanuelle a consacré sa vie à aider les plus démunis. Non, soeur Emmanuelle a consacré sa vie à aider les pauvres.
A la question que je résume et qui porte sur l'immigration, soeur Emmanuelle répond ceci (et, sans me vanter, je ne cesse de dire la même chose dans les billets que je consacre à cette question) :
Tant que l'on aura pas compris qu'il faut aider les populations à s'en sortir, on n'évitera jamais qu'une horde d'homme affamés cherchent à survivre dans les pays riches. Au lieu de mettre un barrage pour qu'ils n'entrent pas, de repousser les immigrés qui ont fait le voyage, il faut les aider chez eux à se développer par tous les moyens. C'est absurde, en France on donne de l'argent aux paysans pour qu'ils vendent moins cher, mais cela ruine l'agriculture du tiers-monde. Il faut arrêter de se mettre un bandeau sur les yeux.
C'est l'évidence même. Je n'ai jamais cessé de dire que pour lutter contre la pauvreté des pays du tiers monde, il faut payer leurs produits au prix où nous exigerions, nous, qu'ils le fussent si nous en étions les producteurs. Ceci revient à dire que nous devons accepter de payer le café, le cacao, ou les matières première à un prix raisonnable, en jugulant la spéculation des intermédiaires ; ils se payent grassement en ne faisant que téléphoner leurs ordres d'achat, et sans jamais voir la marchandise qu'ils achètent et revendent. Est-ce vraiment cela, travailler ? La vie augmenterait ? Peut-être, mais pas sûr, et l'on épuiserait moins vite les ressources de la planète, on limiterait l'afflux de miséreux qui cherchent à survivre (et c'est leur devoir) et le développement de la violence et du crime dans les pays qui les voient affluer car ceux-ci ne font rien pour enrichir les pays d'où ils viennent.
A la question : "Vous dites souvent que le développement, ce n'est pas l'assistanat..", soeur Emmanuelle répond
L'assistanat, c'est horrible. Je suis tombée dans le panneau la première fois que j'ai travaillé avec les chiffoniers du CAIRE. J'allais tous les sortir de là ! Quelle erreur... Il fallait d'abord écouter leurs souffrances et leurs désirs. Maintenant, mon association les aide sur un pied d'égalité. Nous, Européens, nous ne sommes pas supérieurs aux autres. Dans chaque pays pauvre, il y a des trésors, des forces, des envies. Dès qu'on leur tend la main, qu'on marche ensemble, en cordée, en respectant les identités, on obtient des résultats extraordinaires.
Ce qui me paraît tout à fait intéressant dans ces propos, c'est que soeur Emmanuelle parle d'identité, et en reconnaît l'importance. Ce qui est vrai pour les chiffonniers du CAIRE me semble être vrai aussi pour les Français : nous avons aussi une identité, et nous ne pouvons ni la renier, ni la tordre. C'est pourquoi soeur Emmanuelle ne renierait sans doute pas ce que Henri HUDE appelle le droit naturel à la nation. Elle insiste aussi sur la coresponsabilité, sans laquelle il n'y a aucun respect de la nature humaine. Transposons chez nous ! Et voyons comment la multiplication des prestations sociales de tous ordres, des administrations chargées de les dispenser, des paperasseries qui les accompagnent, réduisent nombre de nos concitoyens à n'être que des spectateurs de leurs vie, alors que nous devrions en faire des acteurs
Dans les petits commentaires qu'elle fait de l'actualité, tous plus savoureux et humains les uns que les autres, s'appuyant sur cette notion d'identité et de tradition, elle dit à propos du mariage annulé pour cause de mensonge sur la virginité de la mariée :
Cette affaire de mariage annulé a fait grand bruit parce qu'on ne connaît pas l'Islam. Dans les pays musulmans, c'est impossible d'imaginer épouser une fille qui n'est pas vierge. [...] Ce que le tribunal français a entériné, c'est simplement qu'un mariage est valide si l'on ne cache rien à l'autre. Sur le fond, cette histoire ne me choque pas, parce que j'ai vécu longtemps en pays d'Islam. Bien sûr, cela révèle une inégalité de traitement entre les hommes et les femmes. (Et soeur Emmanuelle commente je ne dis pas que je l'approuve)
On ne peut pas refuser un tel témoignage. Et il m'apparaît évident que le marié n'aurait pas contracté mariage s'il avait su que sa future avait eu des relations sexuelles avec un ou des autres hommes. Là est le point. Et les juges ont eu raison de prendre en compte cet aspect des choses. La critique qui leur est faite est assez cocasse quand on connaît de quels cercles de pensée elle émane, cercles qui font de la liberté individuelle la clé de voûte de tout comportement humain. Pourquoi faudrait-il enchaîner celle-ci, au motif qu'on juge qualité inessentielle, secondaire, ringarde, antique, la virginité pré-conjugale. Ce que l'on pourrait exiger de l'homme, c'est qu'il en aille de même, et qu'un mensonge à sa future sur ce point, s'il était prouvé, pût entraîner l'annulation pour les mêmes motifs.

samedi 31 mai 2008

Toujours à Nassim

[Pour que mes éventuels lecteurs comprennent de quoi il s'agit, je les renvoie au billet récent que j'ai intitulé "Non au droit de vote des étrangers non-communautaires", et au commentaire de Nassim.]
Cher Nassim,
Il m'est venu cette nuit à l'esprit quelques remarques complémentaires dont je désire vous faire part. Je ne sais pas si vous êtes né en France. Si c'est la cas, vous êtes Français, et vous pouvez, je suppose, comprendre que ce n'est pas la même chose que de ne pas l'être. Si, comme Français, vous revendiquez les mêmes droits, vous pouvez comprendre que vous avez les mêmes devoirs que vos compatriotes
La première remarque concerne le vocabulaire. Vous attribuez à l'usage que je fais des mots "Maghrébin" et "Africain" une connotation raciste. Mais vous, quand vous utilisez les mots "Européen" ou "Français", le faites-vous d'une manière raciste ou non ? Le simple fait de poser cette question montre que votre critique est complètement infondée, et que c'est dans votre tête que les choses se passent. La gôôôôche a en effet réussi à convaincre les ressortissants Africains, Algériens, Tunisiens ou Marocains (ces derniers désignés collectivement Maghrébins pour indiquer leur commune origine géographique), que le simple fait de les évoquer par celle-ci revenait à les stigmatiser. Comment faut-il les appeler ? Est-il honteux de venir du Maghreb ou d'Afrique dite Noire ? Au demeurant, vous me faites le procès de ne pas inclure les Asiatiques dans les étrangers qu'il convient de ne pas admettre au vote lors des élections locales. Ils sont simplement moins nombreux. Mais je ne vois aucune raison de les autoriser à voter aux élections locales.
Vous faites une allusion malveillante à ma supposée mentalité coloniale. (a) Je vous invite à lire la lettre ouverte qu'un de mes Collègues, le Pr SAVELLI, a écrit au Président BOUTEFLIKA, et qui figure dans ce Blog (billet du 13 décembre 2007). Vous verrez qu'il n'y a pas eu que du mauvais dans ladite colonisation ; il eût mieux valu ne pas coloniser l'ALGERIE, là-dessus, je suis entièrement d'accord. Il y a eu des abus, des injustices, des exploitations. Il faut en convenir. Mais pas au point où l'on veut bien le dire d'une manière hâtive et sans discrimination entre les exploiteurs et les paisibles habitants. (b) Mais en vertu de ce constat, je réclame en retour le droit de ne pas être colonisé par les compatriotes de vos ancêtres. Nombre d'étrangers travaillent, payent des impôts, cotisent à la Sécurité Sociale, certes. Mais ils ont accès à l'enseignement public et aux soins gratuits et bénéficient des mêmes facilités publiques que les Français, à l'exception de la capacité citoyenne. Ils ne sont donc pas lésés dans l'exercice de leurs droits fondamentaux. C'est bien le moins que l'on puisse faire à leur égard. Combien d'autres étrangers, cependant, s'adonnent-ils au trafic de drogue, à la violence, à l'oisiveté, et sont pourtant pris en charge par la collectivité nationale ? Et pourquoi une telle indignation quand, appliquant le droit français, on en vient à les juger pour leurs incivilités, leurs contraventions, leurs délits, voire leurs crimes, exactement comme on le ferait d'un Français ? Comment ne voyez-vous pas que cette réaction est fondée sur le sentiment erroné, mais enraciné dans l'inconscient, d'une infériorité raciale de la part des étrangers ? C'est cette mentalité qu'il faut combattre.
Je vous accuse d'avoir mal lu mon texte. Je dis clairement "oui à l'accueil généreux des immigrants", "non aux pique-assiette". Je m'explique. Si, par exemple, la vie en Algérie, pays par ailleurs riche de son agriculture et de son pétrole, était si belle et bonne pour ses habitants, je ne vois pas pourquoi tant de jeunes femmes algériennes viendraient accoucher en France pour que leur enfant soit Français, pourquoi tant d'Algériens quitteraient un tel Eldorado pour se réfugier dans le pays si raciste et si peu accueillant qu'est la France. Il y faut des raisons, non ? Preuve que tout n'est pas si mauvais chez nous. C'est au nom de la dignité égale des hommes que je revendique le droit de ne pas traiter identiquement mes compatriotes et les étrangers vivant sur notre sol. Car c'est cela, la justice. Bien entendu, il reste la voie de la naturalisation. Pourquoi ne la tentent-ils pas, les étrangers ?
J'ai dit aussi qu'il était légitime que les ressortissants étrangers légalement installés en France puissent avoir leur mot à dire dans la gestion de la cité. La chose est très simple à réaliser. Il suffit de créer un collège électoral des étrangers non-communautaires, et de leur attribuer un nombre de sièges proportionnels à celui qui est attribué au collège électoral actuel (nationaux, et étrangers communautaires). Sinon, en vertu de la loi électorale, cinquante étrangers suffiraient à faire basculer la majorité politique d'une ville ou d'une région de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, DANS UN SENS OU DANS UN AUTRE, ce qui n'est tout simplement pas admissible. Ma patrie n'a pas de pétrole, mais elle a des idées, et un sens de l'humanisme dont les assassins des moines de TIBEHIRINE ou ceux de monseigneur CLAVERIE semblent avoir été singulièrement dépourvus. Tant que vous ne comprendrez pas cela, vous ne serez pas dans la vérité. Je le redis : oui à l'accueil fraternel et généreux des immigrants ! Non au racisme, le nôtre comme celui des étrangers ! Oui au respect des Lois que nous avons démocratiquement élaborées ! Non à l'application d'un droit et de coutumes qui n'ont aucun rapport avec notre histoire nationale.
Je termine sur la Chine que vous m'accusez de ne pas mettre en cause. Oh que si ! Je viens d'acheter, hier, un petit ouvrage d'un opposant chinois, installé en France depuis les événements de TIEN AN MEN. Il a pour titre Chine : l'envers de la puissance. Son auteur a pour nom CAI CHONGGUO. Il est publié aux éditions En Clair, Paris, 2005. J'en ferai un compte-rendu très instructif. Et je ne serai pas tendre.
J'espère que vous me répondrez. Car vous avez eu le courage de donner votre opinion, et je trouve cela très bien. Et je vois dans vos yeux moins de paille que je ne vois dans les miens de poutres. Comme vous en effet, je le répète, je suis profondément croyant. Et je cherche la Paix plutôt que l'Affrontement, mais pas à n'importe quel prix. Car il y a des "Paix" grosses de violences.
Oui, j'espère que vous me répondrez.

vendredi 30 mai 2008

Réponse à Nassim

Cher Nassim,

Dans le commentaire que vous faites sur mon billet relatif au vote des étrangers non communautaires, auquel je demeure résolument opposé, vous me faites un mauvais procès. En premier lieu, je n'exclus pas les asiatiques de mon refus. En second lieu, je trouve étrange que vous demandiez le respect de la Loi algérienne relative aux religions (Loi qui fait de l'Islam une religion d'état), en la désapprouvant, dites-vous, tout en me refusant le droit de reconnaître qu'il existe une différence POLITIQUE entre des nationaux (quelle que soit leur couleur de peau, leur origine, leur religion) et des non nationaux. Vous me suspectez de racisme, et c'est intolérable pour moi. J'ai formé dans mon laboratoire de très nombreux étudiants maghrébins et africains que d'autres collègues de mon université n'avaient même pas reçus, ou qu'ils n'ont pas eu la générosité d'accueillir. J'ai dit et je redis ici qu'ils étaient remarquables, et qu'ils s'étonnaient de notre irreligion. J'ai l'honneur de compter parmi eux deux professeurs, l'un, Mimoun AZZOUZ, enseigne à Londres, l'autre, Khaled BOURY aux USA. Je pourrais encore citer Mohamed CHOKRY, senior scientist dans une grande entreprise de biotechnologie, ou Nada CHOUCAIR, post-doctorante dans un excellent laboratoire de neurobiologie. Et je pourrais allonger la liste : Constant VODOUHE, Aloyse MABONDZO et d'autres encore. Et, cerise sur le gâteau, ma grand-mère, veuve de guerre, avait épousé en seconde noce un médecin antillais, descendant d'esclaves noirs. Je l'ai considéré comme mon grand-père. C'était un homme adorable et d'une rare culture. Il était chevalier de la Légion d'honneur ; il a servi sa Patrie avec un rare dévouement, et un incroyable désintéressement, puisqu'il a soigné gratuitement pendant des mois, au cours de la seconde guerre mondiale, les malades de MONTMORILLON, ville où les vicissitudes de l'Exode m'ont fait naître. Vous n'aviez pas le droit de me faire ce ridicule procès. Je me place sur un plan politique et non pas ethnique, et je constate que l'annexion de l'ethnicité est le fait voulu, entretenu, suscité par les courants de pensée dont vous vous réclamez. Je N'ACCEPTE PAS VOS REMARQUES en leur forme actuelle, mais je suis tout disposé à discuter avec vous, et à vous rencontrer. Harlem DESIR, à cet égard, a fait beaucoup de tort en passionnant une question qui aurait dû rester strictement politique. Il aurait mieux fait de payer ses contraventions.
Je ne vois pas en quoi le fait d'être algérien vous donnerait le droit d'influencer la politique de mon pays, si votre patrie ne m'accorde pas en retour un droit identique. Il ne me semble pas qu'il prenne ce chemin.
Pour ce qui concerne la Chine, vous vous trompez aussi d'adresse. Je vous invite à lire les nombreux billets que j'ai consacrés à cette tyrannie. Ils sont d'une rare sévérité. Et il se trouve que c'est un pays qui m'intéresse énormément, que je possède sur lui des centaines de livres, que je vois un énorme fossé entre le peuple chinois et ses dirigeants, et que je travaille présentement sur ce sujet.
En quoi pourriez-vous penser que j'approuve le geste du gendarme qui a tiré sur un prisonnier menotté alors qu'il tentait de s'évader ? Procès d'intention très familier aux gens de gôôôche, qui estiment que toute implication d'un étranger, fût-il en situation irrégulière, est une insulte aux droits de l'homme. Je n'approuve pas, certes non, le geste de ce gendarme. Mais je me demande pourquoi cet homme était menotté et pourquoi il a cherché à fuir. Ce ne sont pas là des insinuations, ce sont des questions. Et puisque vous faites référence à la Loi, sachez qu'en droit français, un gendarme (et lui seul) a le droit de faire usage de son arme dans cette circonstance.
On vous pardonne, cher Nassim, des accusations qui relèvent d'une idéologie fantasmatique, déconnectée du réel, pleine de contradictions. On vous pardonne surtout parce que vous avez 20 ans. Enfin, vous dites que vous êtes croyant. Moi aussi. La poutre que j'ai dans mon oeil, je la vois. Je n'accable aucune personne étrangère en particulier, et je vois en elle un frère, je l'ai prouvé pendant ma vie professionnelle et encore aujourd'hui par mes engagements associatifs ; mais je ne sens pas obligé d'en faire un concitoyen. Je conteste les initiatives de mes compatriotes, et non votre désir légitime de participer d'une quelconque façon à la vie de la cité; je les conteste, car je les crois susceptibles d'ouvrir une boîte de Pandore explosive, dans un contexte très tendu. Peut-être aurez-vous la gentillesse de me répondre ?
Bien amicalement.

mercredi 28 mai 2008

Non au droit de vote des étrangers non communautaires !

Le Conseil Municipal de Paris s'est prononcé pour le droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales. Enfin, le Conseil, non, la majorité PS, PRG, PCF, Verts, et MRC. On voit bien où veulent en venir par pure démagogie ces apprentis sorciers : se concilier pour les élections municipales, voire régionales, une frange très particulière des étrangers ; il faut avoir le courage de dire qu'il s'agit surtout de capter les suffrages des communautés africaines, (maghrébines ou noires), puisque le vote est déjà autorisé pour les étrangers communautaires et que les résidents non communautaires viennent essentiellement de ce continent. Il y a une autre idée derrière tout ça, celle de ressusciter une extrême droite en perdition pour battre ce que ces imbéciles appellent la droite et se maintenir ainsi au pouvoir, au mépris des sentiments profonds de leurs compatriotes. Il y a eu 32.205 votants, ce qui est un pourcentage ridiculement faible de citoyens. Cela n'empêche pas le gratuit Métro de titrer "le droit de vote des étrangers plébiscité par LES parisiens", au motif que 94,95 % des votants ont donné leur approbation. C'est tout bonnement un titre mensonger ; il aurait été plus honnête de titrer "Une très large majorité des parisiens (peu nombreux à aller aux urnes) approuvent le vote des étrangers". Quand on sait, en outre, que c'est un COLLECTIF qui regroupent près de 80 membres (associations, syndicats, partis politiques) qui a organisé le vote, on voit la portée réelle de cette initiative : c'est une manipulation dont les socialistes (en particulier) sont tout à fait coutumiers et qui consiste à créer de faux problèmes dans le but unique de s'accrocher au pouvoir par tous les moyens. Je n'aurais pas la cruauté, aujourd'hui, de vous décrire la manière dont un actuel responsable socialiste (j'en ai beaucoup parlé) a mis la main sur l'Association Frères des Hommes, avec la complicité des amis de son courant de pensée, en 1991. Je réserve cela pour plus tard. Je vous jure que c'est édifiant.
Le jour où le Conseil Municipal de Paris émettra une protestation contre les violations des droits de l'homme dont se rendent coupables les juges algériens vis-à-vis de leurs concitoyens qui se convertissent au christianisme (exemple récent d'une jeune fille qui attend toujours son jugement, et cinq autres jeunes gens poursuivis pour exercice d'une religion non autorisée !), je croirai à leur volonté de justice et d'équité. Tant qu'ils s'amuseront à faire des bulles, je les prendrai pour ce qu'ils sont : des pantins sans jugeote, sans jugement, sans pensée, sans idées claires, sans culture (il y a des gens très cultivés au PS ; je parle là du parti dans ce qu'il a de sectaire et d'idéologique), des sous bling-bling qui se donnent des airs de généreux en brassant des slogans vides de sens, bref des songe-creux. Et je continuerai à dénoncer leurs misérables pantalonnades. Permettez-moi de vous rappeler ces quelques mots d'Henri HUDE, un philosophe que j'aime bien : Le peuple, déculturé par le progressisme, et faute de retrouver son identité perdue, se rabattra forcément sur une réidentification à base de simple opposition aux autres. Il n'y a pas d'autre manière d'éviter la haine raciale que de rendre au peuple sa culture profonde, qui est si belle, et si universelle, à la place de cette anti-culture dérisoire et misérable dont il est ridiculement affublé. Mais entre-temps, pour éviter le pire, on sera bien obligé de tarir le flot d'immigrants, puisque sa continuation nous ferait glisser du progressisme déjà cynique à un réaction fasciste. (Ethique et politique, chapitre VI. Immigration et identité, pages 89-102. Les Éditions Universitaires, Paris, 1992.)
Et encore ceci : Ceux qui se réclament volontiers des droits de l'homme, ne devraient pas oublier qu'il existe aussi un droit de chaque homme à sa propre nation et que l'immigration fait problème quand elle implique un viol de ce droit. L'immigration juste est celle qui respecte le droit des citoyens à leur nation. (Ibidem.)
Et bien, messieurs, je pense que quand la politique d'une ville ou d'une région est déterminée par la petite frange de votants qui ne sont pas des nationaux, elles ne respectent pas le droit à la nation. Et une telle disposition, si elle était approuvée par nos gouvernants, ce qu'à Dieu ne plaise, nous conduirait à une triple guerre, ethnique, civile et extérieure. (Ibidem.) On peut du reste se demander si elle n'est pas commencé. Non, non et non aux votes des étrangers. Oui à un accueil juste et généreux des immigrants. Non aux pique-assiettes. Oui à une aide substantielle aux pays pauvres.