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lundi 8 mai 2017

08 mai 2017. Une mise au point : réponse à un (gentil) contradicteur

Je voudrais une bonne fois pour toute tordre le coup à une accusation faite contre le  titre que je donne systématiquement à mes billets et qui commence toujours par Nouvelles de la Résistance, une accusation qui reviendrait à assimiler la Résistance que j’invoque à une opposition de nature purement politique. Il est vrai que dans la section des Informations diverses, je m’efforce d’illustrer les citations par des faits politiques ou culturels, pour en monter la nocivité et conforter la justesse des opinions exposées dans la Citation du jour.
Si je fais maintenant cette mise au point, c’est que sur ma page Facebook, un commentateur et ami se moque aujourd’hui de ce titre en invoquant les résultats obtenus par monsieur Macron aux élections, tant à Maisons-Laffitte où il habite et où j’ai habité, qu’à Paris, lesquels résultats semblent indiquer que la Résistance a du plomb dans l’aile. Hélas, la critique ne fait pas mouche. Ou bien c’est le cri d’une déception, ou bien c’est un soupir de soulagement. En quelque sorte, l’ironie tombe à plat. Et je ne céderai pas à ce qui est une provocation puisque elle est réduite à des pourcentages qui n’ont rien à voir avec une pensée argumentée.
Dans les deux cas évoqués, il s’agit d’agglomérations qui concentrent des diplômés, des cadres, ou des bénéficiaires d’un système parfaitement injuste, matérialiste, hédoniste et consommateur. Il s’agit d’un vote de classes, d’une classe prédatrice, immorale, et j’ose dire mortifère. C’est l’affaire des électeurs de cette classe qui a oublié qu’il n’y a d’autorité que de service. Ce n’est pas la mienne. Qu’ils continuent ces électeurs choyés des banques, des promoteurs immobiliers et des agences de voyage, à prendre du bicarbonate pour s’assurer de bonnes digestions ; il se pourrait qu’un jour ils eussent à rendre des comptes ici-bas et en tout cas, avec certitude, dans l’au-delà.
Je me réclame essentiellement de penseurs comme Simone WEIL, Georges BERNANOS, Gilbert Keith CHESTERTON, Alexandre SOLJENITSYNE, Léon BLOY ou La BOETIE, notamment. Tous ont pensé librement, souvent à leur détriment. J’ai une excellente raison d’affirmer qu’à un moment de ma vie, j’ai eu à subir les terribles effets de cette liberté de penser. Je trouve ces auteurs puissants, parfois d’une ironie cinglante ou d’une drôlerie désopilante, et ils visent juste. Je n’arrive point à leur cheville. Du moins, ils m’aident à exprimer ma pensée et à supporter, j’ose le dire, une indicible souffrance qui ne regarde que moi.
Résister ? Résister contre quoi ? Il s’agit de résister contre la pourriture en train de gagner notre société, notre civilisation, et de plonger dans un désespoir sans fond une frange importante de nos concitoyens.

J’espère que cette mise au point suffira à éteindre ce petit incendie.

jeudi 17 janvier 2013

Réponse à Aerelon, deuxième billet de ce jour

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Cher Aerelon,

J'ai lu avec intérêt votre commentaire dont les lecteurs de ce Blog pourront prendre connaissance. Si j'ai bonne mémoire vous l'avez fait à propos du billet "Sonotone, paire de lunette et cours du soir".

Vous habitez, je crois, aux Etats-Unis. A moins que vous n'ayez pris l'avion pour venir constater de visu comment se déroulait la manifestation, ce dont je doute, je conclus que vous vous êtes documenté à partir de ce que disaient les médias. Vous êtes en communication directe avec Jésus, dites-vous, et, enseigné par lui, vous voyez, dans les manifestants des haineux, des diseurs de chapelets, des ringards, brefs des "sépulcres blanchis" que Jésus aurait vertement rappelé à l'ordre, celui de la charité. Alors nous allons voir.

Ce que vous dites avoir constaté ou vu, et ceci, j'insiste, indirectement, ou, pire, imaginé, c'est une petite partie de la manifestation, celle qui était organisé par l'Institut Civitas, dont le Président, Alain ESCADA, a pris à partie les organisateurs de la 'Manif pour tous', et notamment Frigide BARJOT. Cet Institut revendique 50 000 participants, massés place PINEL dans le XIVe. Je ne puis ni confirmer ni infirmer ce chiffre.

Pour les centaines de milliers d'autres, et je demande expressément à ceux de mes lecteurs qui auraient participé à la "Manif pour tous" de le confirmer par un commentaire, il n'y a jamais eu de "je vous salue Marie", de chapelets, de slogans dont vous soulignez l'inadaptation ou l'offense à la charité, de propos homophobes, ou de lazzi déplacés. La manifestation a été d'une grande dignité. Vous portez des lunettes à champ visuel réduit. Ne tombez pas dans le travers du Préfet de Paris. Vous avez parfaitement le droit de dire de ces manifestants "normaux" que vous ne partagez pas leurs analyses et les raisons de leur opposition, mais vous n'avez pas le droit - par simple probité intellectuelle - de dire que ce quasi million de manifestants n'est qu'un ramassis de cathos réacs. Il y avait des laïcs, des musulmans (j'ai vu arriver plusieurs dignitaires musulmans), des juifs, des professionnels (avocats en robe, magistrats), des élus, de droite comme de gauche. Certes, il y avait des catholiques, mais "pas que", comme le dit Francis Blanche à Lino Ventura dans les "Tontons flingueurs" (à propos d'un calva qui semble frelaté et dont le contenu en alcool de pomme est questionnable ; "y a d'la pomme mais pas que").

Je voudrais pour terminer, cet puisque vous êtes en lien direct avec Jésus, ce dont je vous félicite, lui demander de confirmer qu'il a bien dit à ses disciples, le soir du Jeudi Saint, tandis que Judas s'enfonçait dans la nuit (Jean 15, 18-19) :

"Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous.
Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ;
mais parce que vous n'êtes pas du monde,
puisque mon choix vous a tiré du monde,
le monde vous hait."

Telle est, in fine, la raison profonde, cachée, et maligne du projet de loi, et des mensonges de la presse, de la télévision, de nombre d'hommes politiques se réclamant de la gauche : rendre à leur insu un culte au Père du mensonge, à l'Homicide dès l'origine, à l'Accusateur des frères, en croyant qu'il est vraiment Porteur de Lumière (Lucifer). Mais le Prince de ce monde sait qu'il a perdu la partie, définitivement et c'est bien ce qui lui fait déchaîner une véritable haine contre ceux qui ne se prosternent pas devant lui. 

Et puisque je soupçonne que vous avez été l'un de mes étudiants (je n'aime pas ce possessif, mais ici il s'impose si je veux faire une phrase courte), vous pouvez témoigner que je n'ai jamais, pendant mes cours, donné des avis et opinions qui auraient pu choquer vos convictions.

Allez ! Bien amicalement.

lundi 7 janvier 2013

Apologie 2 et vigoureuse protestation

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J'invite mes lecteurs à prendre connaissance du commentaire qu'a fait Elisa de mon billet du 2 janvier, intitulé "Apologie". Je n'en ai constaté l'existence que ce matin, j'y ai répondu, mais je crois nécessaire de faire ici une mise au point énergique, et définitive. Car ce commentaire ne me plaît pas, il me paraît injuste, partiel et partial. Et je vais sinon le démontrer, du moins le dire.
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Elisa dit plusieurs chose. Elle feint d'abord de croire que cette apologie est pure vantardise ("puisque vous êtes si brillant etc." dit-elle). Elle devrait changer de lunettes ou se faire faire un champ visuel, car j'ai très exactement dit que je reprenais à mon compte ce que saint Paul avait fait lui-même pour se défendre et j'ai bien indiqué qu'il concluait : "c'est de ma faiblesse que je me fortifie". Il ne s'agit pas de se vanter donc, mais de montrer que je ne suis ni un illuminé, ni un imbécile, même pas au sens de BERNANOS, et qu'il m'est possible d'élaborer des arguments rationnels en raison de mon métier et de ma formation. J'ajoute que je travaille énormément cette question, que je me documente et que jusqu'à un passé récent, j'ai été bénévole dans une association qui accueille des personnes séropositives et pour la plupart homosexuelles. Je lui ai fait remarquer que lors des nombreuses confidences que j'ai pu recueillir, j'avais noté la souffrance, l'immense culpabilité, le sentiment que quelque chose ne tournait pas rond dans la sexualité des homosexuels, et qu'un moyen de s'en débarrasser serait justement de gommer cette différence d'orientation sexuelle, en la mettant sur le même plan que l'hétérosexualité J'ai démissionné de cette fonction, parce que je ne puis tenir en conscience un autre discours que celui que je tiens depuis toujours, et que j'ai dû entendre de la part d'une personne que je considère comme un ami une remarque injuste.
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Elisa dit ensuite qu'il n'y a pas de rapport entre la microbiologie et la psychologie. Puis-je interpréter cette remarque comme indiquant qu'elle considère que "le mariage pour tous" relève de la psychologie et non d'un autre domaine, et qu'il fait donc être un psychologue pour en juger sainement, ou qu'il faut être dans la situation de désir pour comprendre cette revendication ? Mais les citoyens à qui l'on demande de donner leur avis lors des élections sont-ils des diplomates chevronnés pour porter un jugement sur la politique étrangère, des économistes pour discerner ce qui est pertinent et ce qui ne l'est pas en matière de fiscalité ou de réglementation du travail, des médecins ou des pharmaciens compétents pour juger de la pilule de 3eme génération ou du Médiator ? Avec ce genre de raisonnement, on donne aux experts auto-proclamés un pouvoir exorbitant, et on décrédibilise la démocratie. Je considère donc que je puis avoir un avis, limité bien entendu, comme tous les avis humains, mais relativement pensé et qui vaut bien celui des membres de LGBT ou du PS.
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Elle poursuit en disant que mes arguments sont d'une rare légèreté... Je dois dire que je ne l'autorise pas à proférer un tel jugement qui est un jugement de valeur. J'ai toujours débattu avec elle avec courtoisie, et franchement je ne vois pas ce qui la qualifierait plus que moi pour porter sur le projet de loi TAUBIRA un avis mieux fondé. Je n'ai aucun envie de la convaincre. J'expose un point de vue. A moins qu'elle n'ait étudié depuis longtemps cette question, et alors, pour respecter l'éthique de la communication, elle devrait le dire et elle devrait dire d'où elle parle, je considère qu'elle n'a pas vocation à me faire la leçon. J'ai toujours dit, et en toute clarté, d'où je parlais : un scientifique chrétien et fier de l'être. 
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Je vais simplifier. Dans un pays démocratique la loi est fondée sur la constitution. Et la constitution elle-même s'inspire de principes. Il y a donc trois étages dans toutes déterminations juridiques. Celui des principes généraux, explicites ou implicites, sur quoi s'appuie la constitution, la constitution elle-même qui détermine les modes de fonctionnement de l'état et de la société politique, et les lois qui disent à qui doit être attribué tel ou tel bien. Je ne vois pas la psychologie dans les principes qui inspirent la constitution. A peine y verrai-je la liberté, l'égalité et la fraternité.
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Il est parfaitement possible que deux êtres de même sexe éprouvent l'un pour l'autre de l'amour. Il n'en résulte pas que cela entraîne pour eux un droit au mariage lequel, dans la réclamation de la PMA ou de l'adoption, revient bien à revendiquer la non différence des sexes, et l'équivalence de l'homme et de la femme.  Que l'on aménage des avantages réciproques, pourquoi pas ? Que l'on définisse une union civile qui organise ces droits, bon, d'accord. Mais c'est tout.

Je considère par conséquent qu'Elisa a utilisé un procédé bien connu, mais peu loyal, qui consiste à critiquer le messager, faute de pouvoir critiquer le message. Ma question est simple : quels sont les principes sur lesquels se fondent les promoteurs de cette loi inepte ? Et qu'elle m'explique en quoi la subjectivité pure des individus peut fonder un droit qui intéresse la société tout entière.
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samedi 31 mai 2008

Toujours à Nassim

[Pour que mes éventuels lecteurs comprennent de quoi il s'agit, je les renvoie au billet récent que j'ai intitulé "Non au droit de vote des étrangers non-communautaires", et au commentaire de Nassim.]
Cher Nassim,
Il m'est venu cette nuit à l'esprit quelques remarques complémentaires dont je désire vous faire part. Je ne sais pas si vous êtes né en France. Si c'est la cas, vous êtes Français, et vous pouvez, je suppose, comprendre que ce n'est pas la même chose que de ne pas l'être. Si, comme Français, vous revendiquez les mêmes droits, vous pouvez comprendre que vous avez les mêmes devoirs que vos compatriotes
La première remarque concerne le vocabulaire. Vous attribuez à l'usage que je fais des mots "Maghrébin" et "Africain" une connotation raciste. Mais vous, quand vous utilisez les mots "Européen" ou "Français", le faites-vous d'une manière raciste ou non ? Le simple fait de poser cette question montre que votre critique est complètement infondée, et que c'est dans votre tête que les choses se passent. La gôôôôche a en effet réussi à convaincre les ressortissants Africains, Algériens, Tunisiens ou Marocains (ces derniers désignés collectivement Maghrébins pour indiquer leur commune origine géographique), que le simple fait de les évoquer par celle-ci revenait à les stigmatiser. Comment faut-il les appeler ? Est-il honteux de venir du Maghreb ou d'Afrique dite Noire ? Au demeurant, vous me faites le procès de ne pas inclure les Asiatiques dans les étrangers qu'il convient de ne pas admettre au vote lors des élections locales. Ils sont simplement moins nombreux. Mais je ne vois aucune raison de les autoriser à voter aux élections locales.
Vous faites une allusion malveillante à ma supposée mentalité coloniale. (a) Je vous invite à lire la lettre ouverte qu'un de mes Collègues, le Pr SAVELLI, a écrit au Président BOUTEFLIKA, et qui figure dans ce Blog (billet du 13 décembre 2007). Vous verrez qu'il n'y a pas eu que du mauvais dans ladite colonisation ; il eût mieux valu ne pas coloniser l'ALGERIE, là-dessus, je suis entièrement d'accord. Il y a eu des abus, des injustices, des exploitations. Il faut en convenir. Mais pas au point où l'on veut bien le dire d'une manière hâtive et sans discrimination entre les exploiteurs et les paisibles habitants. (b) Mais en vertu de ce constat, je réclame en retour le droit de ne pas être colonisé par les compatriotes de vos ancêtres. Nombre d'étrangers travaillent, payent des impôts, cotisent à la Sécurité Sociale, certes. Mais ils ont accès à l'enseignement public et aux soins gratuits et bénéficient des mêmes facilités publiques que les Français, à l'exception de la capacité citoyenne. Ils ne sont donc pas lésés dans l'exercice de leurs droits fondamentaux. C'est bien le moins que l'on puisse faire à leur égard. Combien d'autres étrangers, cependant, s'adonnent-ils au trafic de drogue, à la violence, à l'oisiveté, et sont pourtant pris en charge par la collectivité nationale ? Et pourquoi une telle indignation quand, appliquant le droit français, on en vient à les juger pour leurs incivilités, leurs contraventions, leurs délits, voire leurs crimes, exactement comme on le ferait d'un Français ? Comment ne voyez-vous pas que cette réaction est fondée sur le sentiment erroné, mais enraciné dans l'inconscient, d'une infériorité raciale de la part des étrangers ? C'est cette mentalité qu'il faut combattre.
Je vous accuse d'avoir mal lu mon texte. Je dis clairement "oui à l'accueil généreux des immigrants", "non aux pique-assiette". Je m'explique. Si, par exemple, la vie en Algérie, pays par ailleurs riche de son agriculture et de son pétrole, était si belle et bonne pour ses habitants, je ne vois pas pourquoi tant de jeunes femmes algériennes viendraient accoucher en France pour que leur enfant soit Français, pourquoi tant d'Algériens quitteraient un tel Eldorado pour se réfugier dans le pays si raciste et si peu accueillant qu'est la France. Il y faut des raisons, non ? Preuve que tout n'est pas si mauvais chez nous. C'est au nom de la dignité égale des hommes que je revendique le droit de ne pas traiter identiquement mes compatriotes et les étrangers vivant sur notre sol. Car c'est cela, la justice. Bien entendu, il reste la voie de la naturalisation. Pourquoi ne la tentent-ils pas, les étrangers ?
J'ai dit aussi qu'il était légitime que les ressortissants étrangers légalement installés en France puissent avoir leur mot à dire dans la gestion de la cité. La chose est très simple à réaliser. Il suffit de créer un collège électoral des étrangers non-communautaires, et de leur attribuer un nombre de sièges proportionnels à celui qui est attribué au collège électoral actuel (nationaux, et étrangers communautaires). Sinon, en vertu de la loi électorale, cinquante étrangers suffiraient à faire basculer la majorité politique d'une ville ou d'une région de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, DANS UN SENS OU DANS UN AUTRE, ce qui n'est tout simplement pas admissible. Ma patrie n'a pas de pétrole, mais elle a des idées, et un sens de l'humanisme dont les assassins des moines de TIBEHIRINE ou ceux de monseigneur CLAVERIE semblent avoir été singulièrement dépourvus. Tant que vous ne comprendrez pas cela, vous ne serez pas dans la vérité. Je le redis : oui à l'accueil fraternel et généreux des immigrants ! Non au racisme, le nôtre comme celui des étrangers ! Oui au respect des Lois que nous avons démocratiquement élaborées ! Non à l'application d'un droit et de coutumes qui n'ont aucun rapport avec notre histoire nationale.
Je termine sur la Chine que vous m'accusez de ne pas mettre en cause. Oh que si ! Je viens d'acheter, hier, un petit ouvrage d'un opposant chinois, installé en France depuis les événements de TIEN AN MEN. Il a pour titre Chine : l'envers de la puissance. Son auteur a pour nom CAI CHONGGUO. Il est publié aux éditions En Clair, Paris, 2005. J'en ferai un compte-rendu très instructif. Et je ne serai pas tendre.
J'espère que vous me répondrez. Car vous avez eu le courage de donner votre opinion, et je trouve cela très bien. Et je vois dans vos yeux moins de paille que je ne vois dans les miens de poutres. Comme vous en effet, je le répète, je suis profondément croyant. Et je cherche la Paix plutôt que l'Affrontement, mais pas à n'importe quel prix. Car il y a des "Paix" grosses de violences.
Oui, j'espère que vous me répondrez.

vendredi 30 mai 2008

Réponse à Nassim

Cher Nassim,

Dans le commentaire que vous faites sur mon billet relatif au vote des étrangers non communautaires, auquel je demeure résolument opposé, vous me faites un mauvais procès. En premier lieu, je n'exclus pas les asiatiques de mon refus. En second lieu, je trouve étrange que vous demandiez le respect de la Loi algérienne relative aux religions (Loi qui fait de l'Islam une religion d'état), en la désapprouvant, dites-vous, tout en me refusant le droit de reconnaître qu'il existe une différence POLITIQUE entre des nationaux (quelle que soit leur couleur de peau, leur origine, leur religion) et des non nationaux. Vous me suspectez de racisme, et c'est intolérable pour moi. J'ai formé dans mon laboratoire de très nombreux étudiants maghrébins et africains que d'autres collègues de mon université n'avaient même pas reçus, ou qu'ils n'ont pas eu la générosité d'accueillir. J'ai dit et je redis ici qu'ils étaient remarquables, et qu'ils s'étonnaient de notre irreligion. J'ai l'honneur de compter parmi eux deux professeurs, l'un, Mimoun AZZOUZ, enseigne à Londres, l'autre, Khaled BOURY aux USA. Je pourrais encore citer Mohamed CHOKRY, senior scientist dans une grande entreprise de biotechnologie, ou Nada CHOUCAIR, post-doctorante dans un excellent laboratoire de neurobiologie. Et je pourrais allonger la liste : Constant VODOUHE, Aloyse MABONDZO et d'autres encore. Et, cerise sur le gâteau, ma grand-mère, veuve de guerre, avait épousé en seconde noce un médecin antillais, descendant d'esclaves noirs. Je l'ai considéré comme mon grand-père. C'était un homme adorable et d'une rare culture. Il était chevalier de la Légion d'honneur ; il a servi sa Patrie avec un rare dévouement, et un incroyable désintéressement, puisqu'il a soigné gratuitement pendant des mois, au cours de la seconde guerre mondiale, les malades de MONTMORILLON, ville où les vicissitudes de l'Exode m'ont fait naître. Vous n'aviez pas le droit de me faire ce ridicule procès. Je me place sur un plan politique et non pas ethnique, et je constate que l'annexion de l'ethnicité est le fait voulu, entretenu, suscité par les courants de pensée dont vous vous réclamez. Je N'ACCEPTE PAS VOS REMARQUES en leur forme actuelle, mais je suis tout disposé à discuter avec vous, et à vous rencontrer. Harlem DESIR, à cet égard, a fait beaucoup de tort en passionnant une question qui aurait dû rester strictement politique. Il aurait mieux fait de payer ses contraventions.
Je ne vois pas en quoi le fait d'être algérien vous donnerait le droit d'influencer la politique de mon pays, si votre patrie ne m'accorde pas en retour un droit identique. Il ne me semble pas qu'il prenne ce chemin.
Pour ce qui concerne la Chine, vous vous trompez aussi d'adresse. Je vous invite à lire les nombreux billets que j'ai consacrés à cette tyrannie. Ils sont d'une rare sévérité. Et il se trouve que c'est un pays qui m'intéresse énormément, que je possède sur lui des centaines de livres, que je vois un énorme fossé entre le peuple chinois et ses dirigeants, et que je travaille présentement sur ce sujet.
En quoi pourriez-vous penser que j'approuve le geste du gendarme qui a tiré sur un prisonnier menotté alors qu'il tentait de s'évader ? Procès d'intention très familier aux gens de gôôôche, qui estiment que toute implication d'un étranger, fût-il en situation irrégulière, est une insulte aux droits de l'homme. Je n'approuve pas, certes non, le geste de ce gendarme. Mais je me demande pourquoi cet homme était menotté et pourquoi il a cherché à fuir. Ce ne sont pas là des insinuations, ce sont des questions. Et puisque vous faites référence à la Loi, sachez qu'en droit français, un gendarme (et lui seul) a le droit de faire usage de son arme dans cette circonstance.
On vous pardonne, cher Nassim, des accusations qui relèvent d'une idéologie fantasmatique, déconnectée du réel, pleine de contradictions. On vous pardonne surtout parce que vous avez 20 ans. Enfin, vous dites que vous êtes croyant. Moi aussi. La poutre que j'ai dans mon oeil, je la vois. Je n'accable aucune personne étrangère en particulier, et je vois en elle un frère, je l'ai prouvé pendant ma vie professionnelle et encore aujourd'hui par mes engagements associatifs ; mais je ne sens pas obligé d'en faire un concitoyen. Je conteste les initiatives de mes compatriotes, et non votre désir légitime de participer d'une quelconque façon à la vie de la cité; je les conteste, car je les crois susceptibles d'ouvrir une boîte de Pandore explosive, dans un contexte très tendu. Peut-être aurez-vous la gentillesse de me répondre ?
Bien amicalement.