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samedi 8 mai 2010

Réponse à un lecteur

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Dans un commentaire de mon précédent billet, un lecteur donne à entendre que je favorise l'analyse de l'UMP quant aux problèmes soulevés par une immigration incontrôlée, et surtout le développement d'un communautarisme ethno-religieux, essentiellement musulman. Je n'ai rien dit de semblable. Mais simplement affirmé qu'une position partisane ou idéologique est et sera incapable de régler ces difficultés.
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Il m'apparaît qu'une observation objective des faits, de leurs causes et de leurs effets, est parfaitement possible, et qu'en conséquence il devrait être possible de trouver des solutions aux difficultés nées de la présence sur notre sol de communautés étrangères, clandestines ou non, ou de groupements de français d'origine étrangère sur des fondements ethno-religieux. Cela ne dépend ni de MARX, ni de LE PEN, ni de Martine AUBRY, ni de Nicolas SARKOZY, mais de notre volonté collective de faire vivre un patrimoine historique, culturel, religieux, linguistique qui a fait de la France ce qu'elle est aujourd'hui. Cela n'empêche pas l'évolution, mais l'oriente. Et c'est bien là toute la question.
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dimanche 2 septembre 2007

On croit rêver

Monsieur HOLLANDE a fait à l'Université d'été du PS, tenue à La Rochelle, un discours enfin marqué d'un peu de réalisme. Aux orties, l'illusion du grand soir (il a utilisé cette expression), un peu de réalisme quant aux propositions économiques, aux 35 heures, etc. Ces propos étaient ceux d'un responsable politique qui a enfin compris l'intérêt de la sociale-démocratie dans le paysage politique français. Comme on pouvait s'y attendre, les militants ont applaudi à tout rompre, se sont levés pour applaudir le premier secrétaire, et... ont entonné "L'Internationale". Voilà qui montre combien l'assistance avait compris le message... On croit rêver devant une telle attitude ; elle relève du grand écart et prouve que les militants socialistes, en France, n'ont strictement rien compris aux évolutions du monde, évolutions dont leur système de pensée est largement responsable. J'ai déjà eu l'occasion de dire combien les Lumières, mère du totalitarisme et de l'idéologie, ont influencé la pensée politique française vers l'illusion qu'il était possible de projeter dans la réalité les schémas mentaux "rationnels", pourvu qu'ils soient logiques, cohérents et clairs. Une telle vision aboutit nécessairement à la lutte des systèmes de pensée les uns contre les autres, et exclut qu'il soit possible, comme dans d'autres pays moins marqués par le rationalisme, de trouver un accord entre partis pour résoudre les problèmes cruciaux de notre patrie. C'est de cela qu'il faudrait convaincre les responsables politiques, en leur reconnaissant bien évidemment le droit d'avoir des opinions divergentes sur toutes sortes de questions. Mais ils peuvent tomber d'accord sur des évidences, par exemple qu'il est impossible de distribuer des richesses qui n'ont pas été produites ou qu'il est normal que chaque citoyen contribue, à la hauteur de ses moyens financiers et de ses ressources humaines, à la bonne marche du pays. Il me semble que ces évidences mettent d'accord et la droite et la gauche.

dimanche 20 mai 2007

Psychologie des hommes politiques

Les démocraties modernes en général, et la démocratie française en particulier, souffrent d'un vice congénital. L'obligation qui est faite à ceux qui briguent nos suffrages de mentir. En première approximation, faisons pourtant le crédit de la bonne foi à tous les hommes politiques. Nous constatons qu'ils se combattent furieusement pour faire triompher leur cause. Nous sommes amenés à penser par conséquent que les uns et les autres croient qu'ils sont dans la vérité politique, à la différence de leurs adversaires. Et nous sommes alors conduits à examiner leurs propositions. Hélas, force est bien de constater que ces propositions, surtout à gauche, découlent de l'application d'un système de pensée à la réalité. Au lieu de poser les bonnes questions au réel, ils veulent que le réel se plie à leurs idées. Or la politique est l'art du possible.
Un exemple très clair est celui de la mondialisation. En votant le traité de Maastricht, et en acceptant (sous la cohabitation du Président Mitterand et de monsieur Balladur) les accords de l'Uruguay Round (accords qu'aucun homme politique n'a remis en cause), le peuple français a accepté le principe du libre-échange des biens et des capitaux, et dans une certaine mesure, la libre circulation des personnes. Dans ces conditions, on peut toujours crier à l'immoralité des délocalisations, mais on a fort peu de moyens de lutter contre. Le consommateur ne se prive pas de profiter des bas prix de denrées et de matériels produits dans les pays pauvres, mais le citoyen s'étonne de devoir subir le joug de la concurrence étrangère. Alors les altermondialistes s'époumonent dans les congrès, pétitionnent, manifestent, crient, en vain. Il faut oser le dire : la solution passe par un accord mondial, et une nécessaire diminution de nos propres revenus et de notre niveau de vie. Car jusqu'ici, pour nous l'assurer, nous avons externalisé la pauvreté.
Ces hommes politiques sont-ils idiots ou aveugles ? Certes non. Ils savent bien qu'ils leur faut composer avec la réalité. Ils sont donc obligés de mentir. A dire vrai, ils ne croient pas à leur système, mais ils en servent pour capter le vote des électeurs. Ce qui les intéressent, c'est donc le pouvoir, et ce n'est pas la vérité, à laquelle beaucoup ne croient pas. La haine furieuse qui anime certains d'entre eux après les élections présidentielles, et qui, je le crains, n'est pas feinte, n'est que l'expression de leur impuissance, de leur dépit, et de leur ressentiment. Ils se persuadent qu'ils ont raison - ils se veulent sincères, et c'est ce qui leur donne l'énergie de faire des campagnes épuisantes, au résultat aléatoire. Mais au fond d'eux-mêmes, sont-ils bien certains d'être dans le vrai ?
Je tiens pour assuré que des hommes sages, dépourvus de tout préjugé, même s'ils ont des références spirituelles ou philosophiques diverses peuvent tomber d'accord sur des solutions politiques raisonnables, acceptables par tous les citoyens, et susceptibles d'amener cette paix civile dont nous avons tant besoins pour faire vivre notre patrie. Il n'y a pas d'autres voies pour notre pays.
Voilà pourquoi accuser Bernard KOUCHNER de traîtrise comme je l'ai entendu dans la bouche d'un homme politique de première grandeur, monsieur Kléber MESQUIDA - si, si ; il s'agit d'un député socialiste du midi, à la réputation subcantonale, qu'une radio, sans doute éblouie par la notoriété de cet élu, a interviewé après la nomination des membres du gouvernement ; je ne vous ferai pas l'injure de croire que vous ignorez l'existence de ce stratège au coeur grand comme une coucourde - est une ignominie : je ne mets pas en cause la sincérité de monsieur MESQUIDA (orthographe non garantie), mais son bon sens. Plus prudent que monsieur HOLLANDE, et c'est à son honneur, monsieur STRAUSS-KAHN a différé toute déclaration sur ce sujet.
Quand pourrons-nous nous parler sans nous injurier, sans accabler ceux qui ne pensent pas comme nous de nos sarcasmes ? N'était-il pas possible de dire : "Bernard, nous ne comprenons pas ton choix, nous ne l'approuvons pas, mais bonne chance dans tes nouvelles fonctions ?"