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jeudi 8 mai 2014

Déjà Juvénal...

Pas de billet classique aujourd'hui, mais cette traduction en vers d'un passage de la troisième satire de JUVENAL :

L’engeance que nos grands aiment par-dessus tout, 
Je le déclare, moi, je l’évite partout, 
Je l’évite! Romains, je ne puis voir sans haine 
Rome pleine de Grecs... Cette lie achéenne 
Dans ces flots d’étrangers est pourtant comme rien. 
Depuis longtemps déjà l’Oronte syrien 
Coule au Tibre, et transmet à Rome ses coutumes, 
Sa langue, ses chanteurs aux bizarres costumes, 
Sa lyre à corde oblique, et ses rauques tambours, 
Et la prostituée en vente aux carrefours. 
Accourez vers le cirque, ô vous qu’enflamme et tente 
Une louve barbare et sa mitre éclatante!

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Chacun de mes lecteurs reste libre d'interpréter ce passage comme il l'entend. Simplement dans ce passage, traduit et versifié par Jules LACROIX, Firmin Didot, Paris, 1846, il apparaît que JUVENAL entend bien défendre ROME contre la dénaturation de son histoire et de son génie par un afflux trop important d'éléments extérieurs. Il vise ici les Grecs surtout, mais il parle bien de flots d'étrangers... Il y a matière à réflexion, non ?



mercredi 25 septembre 2013

Nouvelles de la Résistance : Renan à notre secours, premier billet du 25 septembre 2013

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Mes lecteurs réguliers auront compris que sous le titre de Nouvelles de la Résistance, je m'efforce de donner des opinions et des éclairages personnels (je reconnais bien entendu qu'ils sont limités, discutables, critiquables, mais pas plus que ceux dont nous abreuvent les médias officiels, et je dirai même, mieux argumentés) qui ne vont pas dans le sens du politiquement correct. Je m'efforce aussi de puiser des jugements dans les bons auteurs, et je pense qu'on ne disputera pas à Ernest RENAN ce qualificatif. Je vais aujourd'hui citer quelques extraits de sa leçon inaugurale au Collège de France (vénérable institution qu'il dût quitter deux ans après son élection parce qu'il avait osé écrire une Vie de Jésus  et qu'il fut en butte pour cette raison à l'ostracisme des bien-pensants laïcards et maçonniques !). Je dédie ce passage aux Princes qui nous gouvernent (à monsieur HOLLANDE en particulier) et veulent nous déposséder de notre identité. Ils vont avoir du fil à retordre si j'en juge par les réflexions que je glane par-ci par-là, dans le métro, les supermarchés ou la rue. Je vous supplie d'être patient et de lire jusqu'au bout ce très beau texte !
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"Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une constituent cette âme. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissant (sic) d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime : les ancêtres nous ont fait ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j'entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on édifie une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent : avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà la condition essentielle pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a bâtie et qu'on transmet. Le chant spartiate : "nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes" est dans sa simplicité l'hymne abrégé de toute patrie.
[...].
Je me mesure messieurs. L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tandis que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister. Si des doutes s'élèvent sur ses frontières, consultez les populations disputées. Elles ont bien le droit d'avoir un avis dans (sic) la question. Voilà qui fera sourire les transcendants de la politique, ces infaillibles qui passent leur vie à se tromper et qui, du haut de leurs principes supérieurs, prennent en pitié notre terre-à-terre : 'Consulter les populations, fin donc ! quelle naïveté. Voilà bien ces chétives idées françaises qui prétendent remplacer la diplomatie et la guerre par des moyen d'une simplicité enfantine.' Attendons, messieurs ; laissons passer le règne des transcendants ; sachons subir le dédain des forts. Peut-être, après bien des tâtonnements infructueux, reviendra-t-on à nos modestes solutions empiriques. Le moyen d'avoir raison dans l'avenir, est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé."
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Il n'y a pas une virgule ou un mot à changer à ce texte. Il suffit de transposer à la situation actuelle, en changeant ce qui doit être changé. Souvenons-nous simplement que nous avons reçu et devons transmettre, que nous ne pouvons en aucune manière nous laisser déposséder de notre légitime héritage, que ce n'est pas une affaire de race, de langue ou de religion, ni de fleuves ou de montagnes. Je me souviendrai toujours de Jean RENO et de Charles AZNAVOUR, tous deux d'origine étrangère, parler à la télévision avec amour de la patrie française ; ils l'ont adoptée et elle le leur rend bien. Qui de nous songerait à leur disputer le beau titre de Français ?

mercredi 27 juillet 2011

La France

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Comme souvent je le fais, je suis aller rendre visite très tôt ce matin au box dans lequel je range les milliers de livres qui ne peuvent prendre place dans ma bibliothèque, un box où j'ai aussi entreposé une magnifique cisaille qui me sert à couper les cartons destinés à la reliure. J'avais emporté avec moi le Tome 4 de l'ouvrage (fort rare), publié en 1858  par le père HUC et intitulé Le christianisme en Chine, en Tartarie et au Thibet qui me servirait de gabarit pour couper deux cartons aux bonnes dimensions et que je destinais à la reliure du Tome 1, encore broché. Je le feuilletais machinalement tout en attendant le métro qui m'emporterait jusqu'au Pont de Sèvres. Et puis mon attention a été attirée par quelques passages de la conclusion que le très connu missionnaire apostolique (comme il se somme lui-même) donne à son ouvrage  monumental.
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Commentant, au chapitre IX, les guerres que les Européens mènent contre la Chine et son peuple, le père HUC dit ceci qui témoigne d'un solide bon sens :
"Nous ne saurions prévoir à l'heure qu'il est quelles seront les conséquences de l'expédition des Européens en Chine ; mais il nous est permit de penser qu'il eût mieux valu pour la France agir seule, pour son propre compte, et sans épouser la querelle un peu compromettante des Anglais. L'année dernière, longtemps avant la prise de CANTON, nous faisions imprimer les paroles suivantes : 'On comprend que la politique de la France et celle de l'Angleterre ne peuvent pas être indissolublement liées dans la question chinoise... Nous avons à demander au gouvernement de Péking des comptes qui ne sont pas de même nature que ceux de la Grande-Bretagne. Nous n'avons pas à sauvegarder dans ces mers lointaines de puissants intérêts mercantiles ; nous n'avons pas non plus à lutter contre le mauvais vouloir et la haine des populations. Pendant que les marchands anglais épuisaient le sol de ces riches contrées et abrutissaient les habitants par le trafic immoral de l'opium, nos missionnaire travaillaient sans relâche à faire germer parmi eux les lois civilisatrices du saint Évangile. Nous pouvons donc nous présenter seuls à ces populations qui nous sont si sympathiques et auxquelles nous n'avons fait que du bien. [...] 
[...]
Au lieu de traiter de ses propres affaires, La France, trop généreuse peut-être, et craignant sans doute de paraître profiter des embarras de l'Angleterre dans les Indes, a jugé opportun de laisser les deux drapeaux également unis dans le Céleste Empire comme ils l'avaient été en Crimée. Nous craignons que cette union n'ait eu pour résultat de nous attirer une partie des rancunes et des haines de la Chine contre les Anglais, et, s'il faut tout dire, ce serait à nos yeux une faible compensation que d'avoir été de moitié avec eux dans la gloire de la prise de CANTON. Dieu veuille que nous n'ayons pas compromis pour longtemps vis-à-vis de la Chine nos meilleurs intérêts, et qu'un jour l'Angleterre ne nous fasse pas regretter notre chevaleresque dévouement à l'alliance."
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Et à la section IV de sa conclusion, HUC ajoutera ceci  qu'il emprunte au journaliste Louis VEUILLOT (L'Univers, 28 avril 1858) : " L'Angleterre est un trafiquant ; la Russie est un despote. Comme celle-là veut de l'or, celle-ci veut veut des âmes ; le Christ qu'elle adore [Note du transcripteur : il s'agit ici de la Russie] n'est pas le Christ qui s'est donné à tous les peuples ; c'est le sien, le Christ dont elle est le pontife, dont son empereur se proclame l'unique vicaire ; et la croix, devant laquelle elle veut incliner le genre humain n'est que la poignée de son épée. si la Russie arrache l'univers au pape trafiquant, qui vend du poison enveloppé dans les feuillets d'une bible empoisonnée [Note du transcripteur : comprenez les Anglais, la guerre de l'opium, et leurs missionaires protestants, comme LEGGE, par exemple], elle voudra imposer son pape à cheval, entouré d'armées plus que barbares, entouré d'espions, de savants et de bourreaux, et sur la couronne duquel, au lieu de la colombe, planera l'aigle à deux têtes pour dévorer tout, comme la croix a deux bras pour tout embrasser. L'Anglais dit au reste du monde : Vis pour m'enrichir ; le Russe lui dira : Vis pour m'adorer [...].
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En un moment où madame Eva JOLY fait des propositions contestées, où l'on semble confondre patriotisme et extrémisme, où l'on se triture les méninges pour savoir sur quoi repose l'identité de la France, il est intéressant de retrouver dans ce passages des mots, des idées, des ardeurs qui me semblent bien être ceux de notre peuple encore aujourd'hui : le refus du mercantilisme, une large ouverture au monde, un désintéressement chevaleresque, un respect des alliances nouées, allât-il contre l'intérêt matériel de la patrie, le sens de l'honneur. Voilà ce qu'il fallait dire messieurs les gribouilles qui avez torpillé le débat sur l'identité nationale. Car ce débat vous aurait révélé que les valeurs qui fondent notre patrie, notre vouloir vivre ensemble sont précisément celles que vous vous efforcez de confiner dans l'espace privé. Que voulez-vous, même déchristianisée, même laïcisée, même boboïsée, la France vit encore sur son antique foi en Jésus-Christ. Pour combien de temps encore ? Du train où vont les choses, on peut s'interroger. Mais il y en a des qui résistent.
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mardi 26 juillet 2011

Est-il encore possible d'aimer sa patrie ?

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Un grand amoureux de la France, et qui en fut le Président, avait pour patronyme quelque chose qui évoquait l'ancien nom de notre patrie ; je veux parler du Général de GAULLE. Celui qui a toutes les chances d'être le prochain Président de la République (si l'on en croit les sondages !) porte, lui, le nom d'une Province des Pays-Bas. Ni l'un ni l'autre ne peuvent mais à cette détermination. Il est tout de même intéressant de la signaler si l'on aime les interprétations audacieuses de papa FREUD.
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Or donc, monsieur HOLLANDE attribue aux idées d'extrême droite la folie meurtrière du jeune Anders BREIVIK qui vient de commettre un affreux massacre en Norvège. France Info de son côté signalait qu'il se disait "chrétien". C'est comme si je prétendais moi, ne prenant en compte qu'un des aspects de la personnalité, que ces meurtres sont le fruit de l'idéologie des francs-maçons auxquels le meurtrier se flattait d'appartenir. On voit comment fonctionnent l'idéologie ramasse-miettes, le mensonge et l'insinuation.
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L'opposition a torpillé le débat sur l'identité nationale. Ce faisant, elle s'est fait beaucoup d'amis dans la bonne société boboïsante qui passe ses hivers à l'île Maurice, fait du shopping à New York ou à Londres, se risque à faire du ski à Gstaadt tout en plaçant sa fortune à Genève et se prélasse lors de croisières dans l'Océan Indien. Monsieur STRAUSS-KAHN est l'archétype de ces personnalités. Il n'est pas question de critiquer un tel choix. C'est son droit. On peut simplement l'interroger. Mais l'opposition n'a pas effacé la question de fond qui taraude le peuple français : Qu'est-ce qu'être français ? Est-il réactionnaire de se poser cette question ? Est-ce afficher des idées extrêmes que de chercher des repères symboliques, historiques, linguistiques, politiques, culturels, fondateurs de cette identité nationale ? Est-il encore possible d'aimer sa patrie sans risquer d'être taxé de nazi, de fascite, d'extrêmiste ?
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Quand on parle de fraternité, n'est-il pas nécessaire pour l'affirmer de pouvoir échanger avec le frère putatif ? Est-il donc inconcevable de réclamer des français, quelle que soit leur origine, qu'ils parlent notre langue et partage les valeurs qui ont construit la France depuis des siècles ? Est-il acceptable de faire rembourser les frais engendrés par la circoncision des adolescents musulmans par la Sécurité Sociale (sur la demande d'un député UMP) quand on prétend être un pays laïc ? Est-il normal de traiter sur un pied différent les chrétiens, les israëlites et les musulmans dans les cantines scolaires, au pays de l'égalité ? Elle voudrait, l'égalité, que toutes les obligations alimentaires soient respectées, ou qu'aucune ne le soit. C'est ce traitement à géométrie variable qui insupporte les gens simples, et quand je dis simples, je n'entends pas dire "simplets", je veux signifier des gens qui raisonnent à partir de leur expérience de vie. Pourquoi monsieur DELANOE fêtera-t-il la fin du ramadan à la mairie de PARIS (230.000 euros de dépenses tout de même) ? A quoi cela rime-t-il cette distorsion entre les discours et la pratique ?
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Il n'y a pas à discuter la qualité de Français à ceux qui l'ont obtenue légalement et selon les diverses lois qui en régissent l'attribution. Mais peut-être faut-il s'interroger sur leur pertinence et améliorer l'instruction civique et l'apprentissage de la langue française pour les nouveaux arrivants (je parle des immigrés légaux), être très strict sur l'exercice des droits civiques qui doit être définitivement ou temporairement interdit en cas de crimes et délits graves, et pas seulement, comme c'est un peu court de le dire, aux personnes naturalisées de fraîche date. Quand on est Français, il ne me paraît pas normal de vivre et de payer ses impôts en Suisse pour échapper aux contraintes fiscales nationales, tout en continuant à voter. Il faut choisir. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. En somme, il ne suffit pas de dire "Je suis Français" pour l'être vraiment ou autrement que juridiquement. Il y a un petit plus. Il se peut qu'il tienne à une passion. Je me risque quand même à nommer le plus : l'amour, un amour qui ne soit pas aveugle mais raisonné, affirmé, argumenté, tolérant, et ouvert.
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mercredi 4 mai 2011

Un géant chez les pantins

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Nous aurions bien besoin de voir surgir sur la scène publique de notre pays un homme de cette envergure intellectuelle, morale et même, eh oui, politique. Il viendrait donner un peu de chair aux débats qui agitent les responsables des principaux partis, dont nombre hélas, me semblent être des sortes de pantins se mouvant au gré des sondages d'opinion.


Car celui qui a écrit le beau texte que j'ai présenté dans mon billet d'hier n'est autre que Jean JAURES. Je l'ai trouvé dans un ouvrage passionnant que l'on doit au Pr Rémy PECH, spécialiste d'histoire rurale, et ancien Président de l'Université de Toulouse-Le-Mirail (Jaurès paysan, éditions Privat, Toulouse, 2009). En dédicaçant son ouvrage à son père, ouvrier journalier et à ses deux grands pères, l'un vigneron coopérateur, l'autre ouvrier journalier puis régisseur, Rémy PECH ne fait pas mystère de ses origines que les imbéciles déclareraient modestes, non plus que de ses probables sympathies pour le socialisme. C'est une telle simplicité que j'aime chez lui. Par ailleurs, il est d'une grande probité intellectuelle, et n'hésite pas à souligner que certaines des options de JAURES (une épouse croyante et pratiquante, une fille qui fait sa première communion, au grand scandale des VIVIANI, Camille PELLETAN et autres personnalités que l'on ne connaît plus que par les Lycées, Collèges, Boulevards, Rues auxquels on a donné leur nom, et qui ne me semblent pas des modèles de tolérance) faisaient de lui un homme de nuances, d'empathie, d'interrogations et parfois de contradictions.


Allons plus loin. Ce que j'aime chez JAURES, c'est que c'est un penseur, et un penseur qui s'intéresse à l'homme CONCRET. Ce n'est pas un idéologues, c'est un idéaliste généreux. Certes, il a dû parfois concéder aux "valeurs dominantes" de la gauche : anticléricalisme (modéré), croyance non critique mais compréhensible en la lutte des classes, certitude que le socialisme et une certaine collectivisation sont les clés de la libération des individus (et non des personnes), internationalisme. Mais ces concessions, il les a faites avec toutes les nuances et le respect qu'il devait à ses concitoyens.


Ainsi il est intéressant de le voir dire dans son travail sur les caractéristiques d'un socialisme à la française ceci, que les imbéciles (je ne donne pas de noms) devraient méditer. Il affirme que le socialisme français doit être passionnément républicain, qu'il sera à la fois scientifique et idéaliste, qu'il sera non pas inévitable - comme MARX le disait avec un sens prophétique pour le moins discutable - mais JUSTE (ce qui n'est tout de même pas la même chose : l'inévitable inclut la violence, le juste, la conviction et l'éducation), et il ajoute :




"3°Enfin, et ceci est décisif, le socialisme français s'appliquera avec une énergie particulière, à sauvegarder dans l'organisation collectiviste, les énergies individuelles, le droit individuel, et pour tout dire la propriété individuelle en ce qu'elle a de légitime et d'essentiel."




Comme le souligne Rémy PECH, JAURES avait une extraordinaire capacité de synthèse. Elle frisait parfois l'union des contraires. Mais il avait une telle idée de la noblesse de l'homme qu'il ne doutait de rien pour ses congénères. Aussi, je dédie cette pensée à tous les polémistes, à tous les contempteurs de quotas, aux haineux du contrôle de l'immigration, à tous les adulateurs des confusions exotiques, ceci qui me semble bien adapté à la situation contemporaine de la France :




"De même que l'organisation collectiviste de la production et de la propriété suppose une forte éducation des individus, tout un système de garanties des efforts individuels et des droits individuels, de même la réalisation de l'unité humaine ne sera féconde et grande que si les peuples et les races, tout en associant leurs efforts, tout en agrandissant et complétant leur culture propre par la culture des autres, maintiennent et avivent dans la vaste Internationale de l'humanité, L'AUTONOMIE DE LEUR CONSCIENCE HISTORIQUE ET L'ORIGINALITE DE LEUR GENIE."




Pour avoir cru à l'unité du genre humain (philosophiquement et ontologiquement réelle) et à la fraternité des socialistes allemands, JAURES a été assassiné par un fou le 31 juillet 1914. Il n'aura pas eu l'âme déchirée par la mise en pièce de son idéal, par ces massacres organisées, par cette guerre totale, qui contredisaient factuellement tout ce en quoi il avait cru.




Je ne puis m'empêcher de terminer en vous faisant part de cette prière que le célébrant fait au cours de la messe : "Ramène à Toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés". Le souhait de JAURES était beau et de la même veine. Ses buts étaient nobles et je les partage. Les moyens qu'ils comptaient prendre avaient l'apparence de l'évidence, mais ils n'en avaient que l'apparence. Paul de TARSE l'avait bien dit dans l'une de ses lettres. Il ne suffit pas de voir le bien pour le faire. Video meliora deteriora sequor. Nous ne pouvons pas échapper à notre humaine condition d'êtres blessés par le péché.




Bonne journée.








dimanche 10 avril 2011

Une journée pour réfléchir

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Je me suis donné la journée avant de répondre à un commentaire de mon billet d'hier. J'admets volontiers que le nom de fanatisme donné au programme du FN est mal choisi. J'aurais dû utiliser celui de systématisme, plus explicite et moins injurieux. Je voudrais également faire remarquer que j'ai bien pris soin d'indiquer que les excès langagiers et idéologiques des responsables du FN conduisaient les responsables politiques de l'actuelle majorité et de l'opposition à ignorer les réelles problèmes soulevés par le FN et instrumentalisés par lui et à le rejeter dans les ténèbres extérieures de l'indignité politique. Je m'explique.


(a) Immigration : il y a un réel problème de l'immigration. Le nier est suicidaire. Faut-il pour autant mettre tous les immigrés dans le même sac ? Certes non. Il en est qui travaillent chez nous et que nous sommes très heureux d'utiliser pour exécuter des tâches souvent rebutantes, fatigantes, salissantes, ou réputées indignes. D'autres immigrés viennent enrichir de leur savoir et de leur créativité la vie de notre patrie. Et puis il y en a effectivement qui sont là pour profiter de la vache à lait. La difficulté - elle est énorme - est de séparer le bon grain de l'ivraie. La désignation des immigrés comme responsables de tous nos maux conduit les descendants d'immigrés, nés français car nés en France, à se considérer comme rejetés ; ils sentent bien qu'on les identifie à tort comme des profiteurs ; et de fait, dans l'esprit de nombre de nos concitoyens qui du reste ne votent pas forcément FN, émerge une tendance fâcheuse : elle consiste en effet à assimiler les français descendants d'immigrés aux immigrés clandestins. Ces Français, se sentant rejetés, forment des ghettos, se réfugient dans des ghettos identitaires mélangeant langue, culture, politique et religion. La réaction est visible surtout chez les jeunes de lointaine origine maghrébine, les plus nombreux ; mais on la retrouve aussi chez les jeunes d'origine africaine et même asiatique. Bref, le tort du FN est d'amalgamer, de généraliser, de ne pas voir que nous sommes en partie responsables de ce repli identitaire et de ne pas voir qu'une partie importante des immigrés ou descendants d'immigrés est parfaitement capable de s'intégrer, puis de s'assimiler sur le long terme. Il y a certes pour les croyants de religion musulmane un réel problème ; il faut donc mieux connaître l'islam, faire confiance à la raison et aux découvertes philologiques, historiques, archéologiques dont j'aurai l'occasion de reparler.


(b)Identité nationale : là encore, il y a un réel problème. Le refus de l'opposition de gauche d'envisager que ce problème existe tient à son idéologie internationaliste, dont j'ai parlé récemment. Les hésitations de la majorité semblent tenir à l'ostracisation dont cette valeur, justement mise en lumière par le FN, fait l'objet de la part des médias, des cultureux, des bien pensants, y inclus certaines bonnes âmes chrétiennes. Mais l'identité nationale combine bien des facteurs et ne sauraient se résumer à Jeanne d'Arc ou au drapeau bleu-blanc-rouge (encore que...) ; de tous temps, il y a eu en France une tradition d'ouverture aux nations, à leurs cultures, à leurs savoirs, à leurs savants et lettrés. L'apogée de cet esprit d'ouverture à l'autre se situe sans doute sous Louis XIV qui députa des envoyés dans de nombreux pays (Chine, Siam, par exemple). Et nous ne pouvons vivre dans une identité "frileuse", attitude que nous critiquons chez les autres. Il y a un ciment de l'identité qui est la langue. Elle est massacrée par les imbéciles qui nous parlent d'écrivaine, de Professeure, de Députée, que sais-encore, de buzz, de sponsors, de meeting. Ne parlons pas des publicités ("What else ?" de ce bon George CLOONEY et le "George, we recycle", ou bien "Das Auto" à propos d'une voiture allemande), elles sont à pleurer. Il y a un autre ciment qui est l'espace public, la géographie, les traditions (qui survivent dans les lundis de Pâques, de Pentecôte, le jeudi de l'Ascension, Noël ou le 15 aôut), souvent d'origine chrétienne, mais dévoyées par les marchands du temple (exemple de la fête de la Lumière à Lyon). Tout cela peut s'expliquer aux Français ; personne ne le fait. Et tout ce qui faisait le prix de ces traditions se dévoient dans un oubli souvent voulu par les acharnés de la laïcité, c'est-à-dire les anticléricaux et les athées militants. La vérité est que l'identité de la France est profondément chrétienne, et je dirai même sans doute catholique. Mais cette identité-là n'a rien à voir avec un christianisme sociologique ou idéologique. Elle est d'un autre ordre, et il revient à quelques disciple,s dont le nombre croît dans l'ombre, de maintenir dans notre patrie cette tradition vivante : Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Soeur Emmanuelle en été de très bons flambeaux.


(c) Laïcité : il y a à l'évidence un énorme problème, surtout du côté des revendications d'un islam intégriste et radicalisé. Il suffit d'appliquer la loi. Et d'exiger des politiques qu'ils ne se mêlent pas des religions ou des cultes. Madame ROIG a mélangé les genres, par exemple (n'oubliez pas : ne plus jamais voter pour l'UMP, si elle et monsieur Frédéric MITTERRAND ne retirent pas leur soutien financier à l'exposition Piss Christ). Et d'autres encore, en subventionnant la construction de mosquées ou d'autres lieux de culte. Les catholiques parisiens ont leur "chantier du cardinal" ; ils financent eux-mêmes la construction de nouvelles églises. C'est un bon exemple, à suivre par tous les autres.


Je reviendrai sur les autres problèmes soulevés par le FN. Je résume. Le FN a des positions tranchées, insuffisamment respectueuses des autres, en rupture avec une partie du génie national. Il faut qu'il s'assagisse. Il est trop systématique. Suis-je clair ?

vendredi 29 octobre 2010

Femme politiquement incorrecte, suite

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Je vous promettais hier de vous donner la suite de l'interview de madame Malika SOREL. La voici. Et comme promis, je vous raconterai une petite anecdote dont j'ai été le témoin avant-hier. Pour les références de ma source, reportez-vous au billet d'hier.
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"Question 4 : Qu'opposer aux doctrines que vous dénoncez ?
Réponse : Rien d'autre que le modèle d'intégration républicain qui fonctionnait très bien ! On doit doit accueillir les gens dans la communauté française et non l'inverse. Ils doivent respecter le système français. Si on avait fait ça, on aurait suscité le désir d'intégration. Mais comment y parvenir quand on injecte 200.000 nouveaux entrants par an dans une société en proie à des des difficultés majeures ? C'est irresponsable, grave et fondamentalement dangereux. Il est évident que là réside le défi des prochaines années : si l'on continue comme aujourd'hui, nous irons vers des troubles majeurs. Trop de gens arrivés récemment n'éprouvent plus le besoin de respecter la loi de la République, et reconstituent leurs sociétés d'origine sur le territoire français... Si rien n'est fait pour y mettre un terme, la pression va devenir rapidement intenable.
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Question 5 : Quelles pressions, justement, exercent ces sociétés reconstituées ?
Réponse : Dans les cultures maghrébines et africaines, le groupe prend possession de l'individu. Or, plus la société est déstructurée et permet des accommodements, plus les membres des groupes mieux structurés sont tentés de bafouer les règles françaises, qu'on peut défier à moindre risque. La culture de l'école de la République est aussitôt rejetée parce qu'elle ne correspond pas aux normes culturelles d'origine. Le racisme antiblanc est une réalité. L'insulte suprême utilisée, c'est "céfranc". Les professeurs nous le disent : être sérieux en cours, c'est déjà, pour certains, vouloir devenir français : une honte, car assimilé à une traîtrise. Les bons élèves sont, de ce fait, de plus en plus soumis à des pressions par les enfants de la même origine culturelle.
Le fait que les institutions françaises - la police et l'école - soient attaquées - n'est évidemment pas anodin. Or on continue à excuser les auteurs de ces attaques, à les déresponsabiliser en invoquant leurs conditions sociales. Or, ces mêmes populations, avec des conditions sociales nettement inférieures, ne se comportent pas ainsi dans leur pays d'origine. C'est bien la preuve que l'attitude de notre société a joué un rôle déterminant dans l'apparition des problèmes que nous connaissons.
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Question 6 : Vous accusez le droit du sol. Pourquoi ?
Réponse : Devenir français est un processus qui doit être personnel, car il faut être prêt à assumer d'inscrire ses propres descendants dans un nouvel arbre généalogique qui n'est pas celui de ses ascendant biologiques et culturels. Il y a là une véritable rupture, très difficile à assumer. C'est pourquoi aujourd'hui, pour une multitude de raisons, peu de gens ont le désir de devenir français. Ils prennent les papiers parce qu'ils savent que c'est le sésame avec lequel ils n'auront plus jamais faim. Ils sont honnêtes et ils l'avouent : je ne suis pas français, j'ai juste les papiers. C'est la classe politique, dans son ensemble, qui ment et occulte ce que signifie l'identité française. La communauté française reste pour l'instant silencieuse car elle est bâillonnée mais, comme dans tous les pays du monde, elle n'est pas prête à accepter comme françaises des populations étrangères à son identité. Il y a aujourd'hui, en France, une négation fondamentale du droit des Français à être français.
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Question 9 : Que pensez-vous de la déchéance de la nationalité ?
Réponse : Il faut la mettre en place. Et il faut cesser de donner la nationalité à tout le monde. Les gens qui risquent aujourd'hui la déchéance de la nationalité n'auraient jamais dû l'obtenir. Il faut vraiment que les politiques s'occupent de toutes ces questions très rapidement. Beaucoup, parmi eux, sont habités par la peur car les populations de l'immigration leur apparaissent comme ayant facilement recours à la violence. Il va pourtant falloir avoir le courage de traiter toutes les dimensions de ce sujet. C'est dans l'intérêt de tous. Notre société est chaque jour plus déstabilisée. C'est la cohésion nationale qui est désormais en jeu ! Tout accepter met la France par terre !"
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Je rappelle à mes lecteurs que madame Malika SOREL est d'origine algérienne, et je leur fais remarquer que si un homme politique français avait tenu ces propos, tous les bien pensants de gauche et d'ailleurs, tous les cultureux et d'autres qui vont passer du bon temps au Maroc, tous les média eussent crié à la xénophobie et au racisme. Or il n'y a aucune violence dans ces propos, simplement beaucoup de bon sens lié à une intelligence aiguë, et à une connaissance du sujet par l'intérieur.
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Voilà l'anecdote dont j'ai été le témoin. Dans une boutique de produits exotiques, quatre adolescents africains discutent entre eux dans une langue incompréhensible pour nous, sans doute celle de la région d'origine de leurs parents. Ils me bousculent, mais pas plus pas moins que d'autres adolescents. Au moment où ils vont quitter le magasin sans avoir rien acheté, je vois que l'un d'eux dissimulent dans sa main un citron vert. Et moi de lui dire : "Ça serait bien si tu payais ton citron". Il me réponds goguenard : "Il me l'a donné". J'avise le propriétaire du magasin, un homme souriant et aimable, d'origine maghrébine qui répond : "C'est vrai ! Je lui ai donné." Les jeunes sortent. Je dis alors : "Il l'a volé, n'est-ce pas ?" - "Oui ! J'ai dit que je l'avais donné. J'ai eu tort." Il ne me revient pas d'interpréter les attitudes respectives des protagonistes de la scène. Je vous la livre pour ce qu'elle vaut, en vous laissant tirer les conséquences que vous pensez pouvoir en tirer.
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A demain, pour une autre historiette qui en dit long sur ce sujet.
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samedi 8 mai 2010

Réponse à un lecteur

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Dans un commentaire de mon précédent billet, un lecteur donne à entendre que je favorise l'analyse de l'UMP quant aux problèmes soulevés par une immigration incontrôlée, et surtout le développement d'un communautarisme ethno-religieux, essentiellement musulman. Je n'ai rien dit de semblable. Mais simplement affirmé qu'une position partisane ou idéologique est et sera incapable de régler ces difficultés.
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Il m'apparaît qu'une observation objective des faits, de leurs causes et de leurs effets, est parfaitement possible, et qu'en conséquence il devrait être possible de trouver des solutions aux difficultés nées de la présence sur notre sol de communautés étrangères, clandestines ou non, ou de groupements de français d'origine étrangère sur des fondements ethno-religieux. Cela ne dépend ni de MARX, ni de LE PEN, ni de Martine AUBRY, ni de Nicolas SARKOZY, mais de notre volonté collective de faire vivre un patrimoine historique, culturel, religieux, linguistique qui a fait de la France ce qu'elle est aujourd'hui. Cela n'empêche pas l'évolution, mais l'oriente. Et c'est bien là toute la question.
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Le bon sens selon Descartes

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"Je me conduirais toujours, dit DESCARTES dans le Discours de la Méthode, suivant les opinions les plus modérées et les plus éloignées de l'excès qui fussent communément reçues en pratique par les mieux sensés de ceux avec qui j'aurais à vivre - Et entre plusieurs opinions également reçues, je ne choisirais que les plus modérées, tant à cause que ce sont toujours les plus commodes pour la pratique, et vraisemblablement les meilleures, tout excès ayant coutume d'être mauvais, comme aussi afin de me détourner moins du vrai chemin, en cas que je faillisse, que si ayant choisi l'un des extrêmes, c'eût été l'autre qu'il eût fallu suivre."
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Voilà une maxime que nous devrions "faire graver en lettre d'or sur le fronton de nos cheminées". Quand je persiste à demander que l'on distingue soigneusement ceux de nos compatriotes d'origine étrangère qui aiment leur nouvelle patrie de ceux qui la salissent, je m'éloigne autant du Front National qui les condamne tous, que du Parti Socialiste, qui les angélise tous. Au nom de l'identité de nos natures humaines, il m'apparaît nécessaire de traiter tous les hommes sur le même plan, sans distinction d'origine, de race, ou de religion. Voilà une opinion qui me semble modérée, et qu'un nombre croissant de Français, y compris d'origine étrangère, partage.
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A méditer par conséquent.

vendredi 7 mai 2010

Quelques réflexions utiles

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Notre grand BOSSUET disait magnifiquement : "Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses par ce qu'on veut qu'elles soient et non par ce qu'on a vu qu'elles sont en effet."
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C'est là la condamnation sans appel de l'idéologie et de l'esprit de système. Si nos hommes politiques voulaient bien voir la réalité, ils ne réagiraient pas en traitant de racistes ou de français indignes, ceux de nos concitoyens qui se plaignent des comportements, de l'arrogance et des abus de certains immigrés (bien entendu, et j'insiste, pas de tous !). C'est cela qu'il faut combattre avant que nos compatriotes, excédés, ne finissent par réagir avec violence contre ces colonisateurs à rebours qui entendent profiter des Français tout en les méprisant, voire contre tous les étrangers, ce qui serait le pire des drames.
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Je n'ai pas de solution toute faite à ce problème. Les socialistes portent une responsabilité écrasante dans le développement du communautarisme, essentiellement musulman. Mais les grandes entreprises qui manquaient de personnels et ont été recruter de la main d'oeuvre bon marché dans les années 60 aussi. Et l'ensemble des Français, en ne tendant pas la main à ces étrangers, en s'en moquant, en ne leur offrant que des emplois subalternes les ont ancrés dans l'idée qu'on était bien content de les avoir chez nous pour les exploiter.
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Dans les premières mesures à prendre, figurent l'abolition définitive du droit du sol (pour les enfants nés en France de parents étrangers), comme de celui du sang d'ailleurs, l'octroi de la nationalité française seulement à des adultes majeurs (18 ans et plus), parlant correctement le français, et connaissant les règles qui régissent notre vie politique et quelque peu l'histoire de la patrie qu'ils veulent adopter. Tout bien réfléchi, nous ne pouvons pas non plus accepter des comportements sociaux trop éloignés de ceux que nous ont légués l'histoire et nos aïeux : pas de burqa, pas de voile intégral, pas de fichu islamique, pas de turbans sick. Car rien de tout cela n'existait dans le passé. Il est très intéressant de remarquer que de tous temps, les responsables politiques ont régi l'habillement ou la mise des citoyens dans l'espace public : ainsi les Empereurs mandchous ont-ils imposé à leurs sujets le port de la natte ; le shah d'Iran vers la fin du XIXe siècle à interdit à ses sujets le port du couvre-chef traditionnel ; sans parler de l'Iran actuel et d'autres pays de confession musulmane, où la tenue vestimentaire des femmes est réglementée (que cela nous plaise ou non, à nous), sans que cela suscite de la rébellion.
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Si les responsables politiques s'obstinent à fermer les yeux sur ce problème, ne prennent pas les mesures coercitives nécessaires (perquisition militaire de tous les quartiers dits sensibles où se trafiquent la drogue et les fruits des rapines ; expulsion immédiate de tous les délinquants vers leurs pays d'origine s'ils sont étrangers ; déchéance de la nationalité s'ils sont fils ou filles d'étrangers mais nés en France, à tout le moins déchéance des droits civiques), n'arrivent pas par des mesures d'urbanisation humanisante à casser ces ghettos communautaires, nous allons tout droit à la catastrophe. Je ne doute pas qu'en disant cela, je vais passer pour un réactionnaire. Mais je redis ici que ce sont les faits, constatables par tout un chacun. Il convient aussi de faire notre mea culpa, et de faire un pas de fraternité vers ceux des immigrés qui ont choisi la France et l'aiment : leur parler, les recevoir, les aider, les estimer. Tout cela est du bon sens.
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Je voudrais terminer ici par une citation choc tirée du fameux livre de MONOD, le hasard et la nécessité (scientifiquement critiquable à bien des égards ; MONOD s'est planté plusieurs fois !) ; mais celle-là mérite qu'on l'encadre :
"Le seul espoir du socialisme n'est pas dans une révision de l'idéologie qui le domine depuis plus d'un siècle (MONOD sous-entend ici, entre autre, le sens de l'histoire), mais dans l'abandon total de cette idéologie."
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C'est la grâce que je souhaite à ceux de mes compatriotes qu'aveugle une pensée qui nous a fait tant de mal.

mardi 4 mai 2010

Dehors !

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Il s'est donc trouvé un éditeur pour produire un torchon appelé "Nique la France", vomi par un certain Saïd BOUAMAMA et un incertain ZEP, qui, lui, ne pousse pas le courage jusqu'à dévoiler son patronyme. La couverture du dit torchon montre une femme "enturbannée", me signale l'ami qui m'a transmis l'information, laquelle pointe vers le haut son index d'une manière très explicite.
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Nous demandons explicitement à monsieur le Président de la République qu'il prenne toutes les mesures juridiques pour faire interdire la publication d'un manifeste qui appelle à la haine et à la violence. Nous demandons de plus que monsieur saïd BOUAMAMA soit expulsé vers son pays d'origine s'il n'est pas français, qu'il soit déchu de sa nationalité s'il l'est. Car si ce monsieur a peut-être la nationalité française, il évident qu'il n'est pas français ; son initiative le prouve. Il veut bien profiter, je le devine, de tous les avantages que lui procure notre patrie, mais il ne l'aime pas, et il ne mérite pas l'honneur qui lui est fait, soit d'être accueilli sur notre sol, soit d'avoir la nationalité française. Quant à ce peu courageux ZEP, s'il est français, même mesure ; s'il ne l'est pas, même décision. Nous demandons enfin que l'éditeur de ce livre soit condamné pour outrage à la patrie.
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Un autre ami m'a envoyé un grand nombre d'extraits de "chansons" produites par des "groupes" d'origine maghrébine, algérienne plus exactement. Il est tout simplement honteux qu'on laisse de tels groupes chanter de telles "chansons", mélange de haine, d'ordure, de ressentiment, de rage, d'appel à la vengeance. Nous demandons aussi que ces pratiques soient interdites et sanctionnées. Après tout, si ces soit-disant "artistes" détestent tellement la France et lui manifestent une telle haine, il est préférable qu'ils regagnent le pays d'où ils viennent ou d'où viennent leurs parents. Ils ne l'honorent guère, et l'Algérie mérite mieux que les prétendus hommages de ces furieux. De plus, ces boutefeux font le lit du racisme et du Front National dont nous ne voulons pas. Il ne s'agit pas de ma part d'une opinion émise par souci de symétrie, mais d'un avis fondé sur mon expérience professionnelle et mon expérience de la vie.
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Nous demandons aux hommes politiques qu'ils prennent conscience, pendant qu'il est encore temps, du fossé qui se creuse entre certaines communautés issues de l'immigration, et le reste du pays. Nous insistons bien sur le fait qu'il ne faut pas pratiquer un amalgame indu entre ces fous furieux et la majorité silencieuse de nos compatriotes d'origine maghrébine qui ont fait le choix de la France, s'y sentent bien, et l'honorent de leur travail et de leur amour.
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Pour tous les autres, un seul mot d'ordre : dehors !
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PS : Merci à Francis, merci à Dominique qui m'ont transmis ces informations par courriel

lundi 3 mai 2010

Ubi bene, ibi patria

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A plusieurs reprises, dans mes billets, j'ai pris soin de faire la distinction entre patrie (la terre des pères) et nation (du mot latin natio : la portée d'une femelle animale). La nation est un concept né pendant la Révolution française. Et il a nourri le nationalisme avec toutes les conséquences que nous lui connaissons. Ce n'est pas pour rien que l'étymologie de ce mot en signale l'animalité et son corollaire qu'à l'homme d'une nation, il n'est pas possible de choisir son appartenance (cf. Rémi BRAGUE.)
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Qui n'a jamais fait la poignante expérience de l'émotion surgie des profondeurs du coeur qui l'étreint quand il rentre dans sa patrie après une longue absence à l'étranger ? Ibi bene, ubi patria : La patrie est là où l'on se sent bien. Voilà pourquoi le débat sur l'identité, malencontreusement nommée nationale, n'est pas vain. Il s'agit en réalité de l'identité patriotique. Elle n'est pas une affaire de race, mais de coeur.
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Peut-on dire que des jeunes d'origine africaine ou maghrébine se sentent bien dans leur prétendue patrie, quand ils caillassent des bus, vivent de rapines et de trafics, brûlent des voitures, ou dégradent les biens publics ? Notez bien que je dis "des" (et non pas "les", car il y a de jeunes d'origine africaine ou maghrébine qui se sentent bien dans leur patrie ; j'en ai connus des dizaines parmi mes étudiants). La réponse est non, bien évidemment. Il est important d'essayer de comprendre pourquoi.
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Je me demande si, précisément, la raison de ce malaise n'est pas la confusion que le monde politique entretient entre nation et patrie. Le concept de nation suscite le nationalisme, et par voie de conséquence, l'exclusion de tout ce qui ne fait pas partie de "la portée", c'est-à-dire le racisme. Celui de patrie se nourrit du sentiment d'appartenance d'abord à une culture et à un mode de vie qui contribuent au bonheur de vivre. Langue, moeurs, coutumes et croyances, foi, nous ont été transmis par nos aïeux. Ils ont par leur travail modelé le paysage de notre pays. C'est là un fait qui ne se discute pas. Ceux de nos frères humains venus de lointains pays qui goûtent cet héritage, s'en reconnaissent comme les héritiers adoptifs sont littéralement nos compatriotes. Ceux qui entendent importer dans notre pays des coutumes, des moeurs, des croyances, un régime politique étrangers à cet héritage ne sont pas des compatriotes, mais des colonisateurs. Et nous n'avons aucune raison d'accepter que se développent sur notre sol ces cancers communautaristes et violents.
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Notre histoire donne de nombreux exemples d'hommes venus d'horizons lointains et qui ont servi leur nouvelle patrie avec un zèle admirable : MAZARIN, Maurice de SAXE, le maréchal de SCHÖNBERG, le prince PONIATOWSKY et bien d'autres. Preuve que l'origine géographique ne fait rien à l'affaire, et que le sentiment patriotique se nourrit plus de sentiments venus du coeur que de pseudo-évidences juridiques, comme le droit du sol ou le droit du sang. Oui, décidément, Ubi bene, ibi patria.
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mercredi 31 mars 2010

Jounaux et journalisme

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Monsieur MELANCHON a déclaré à un jeune étudiant en journalisme, qui insistait pour qu'il réponde à une question sur la réouverture des maisons closes : "Le journalisme ? Un métier pourri, une corporation voyeuriste". Arrêtez-moi si je me trompe. Entendîtes-vous sur les petites lucarnes, dans les gazettes, magazines, revues, quotidiens, hebdomadaires et autres médias, le moindre avant-projet de proposition de brouillon de protestation contre ces propos ? La vérité serait-elle sortie toute nue du puits où la confinait honteusement la droite honnie par ces messieurs ? (Divers médias ; vidéo sur metrofrance.com/melenchon.)
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L'UMP qui détenait deux régions avant les élections régionales et en dirige aujourd'hui trois a, de l'avis des journalistes, "subi un cinglant revers". Monsieur BERLUSCONI qui gagne quatre régions sur la gauche, selon les mêmes journalistes "résiste à celle-ci". Cherchez l'erreur. (France Info.)
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La maison d'arrêt de NANTERRE héberge 900 détenus, pour 500 places. L'administration pénitentiaire indique que 80 % d'entre eux sont de "sensibilité musulmane", euphémisme charmant pour indiquer leur origine sans le dire tout en le disant. (Un imam visite régulièrement ces prisonniers. Et ces visites sont fructueuses, et bonnes ; elles ont pour effet de limiter les cas de récidive à la sortie de prison.) Je ne tire aucune conclusion de ce constat. Il se peut en effet que les services de police concentrent leurs efforts de répression sur les populations émigrées ou d'origine étrangère. Tout de même, avant de condamner monsieur ZEMMOUR, il serait bon de se renseigner sur la véracité de ses assertions. (20 minutes du 30 mars 2010, page 3.)
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Le jeune homme qui a volontairement renversé un policier à EPERNAY, me fait savoir un ami, a 26 ans ; il est d'origine algérienne, a déjà un lourd passé judiciaire, et n'a qu'un permis de séjour temporaire. J'ai vainement cherché cette information dans les médias. Si elle est exacte, ce que je crois, on peut se demander pourquoi ce délinquant qui ne jouit que d'un permis de séjour temporaire n'a pas été renvoyé en Algérie.
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Il apparaît donc qu'une interdiction générale de la burka serait contraire à la loi. Il nous faut donc accepter de voir ces pauvres fantômes habillés de noir traverser en hâte les rues de nos villes. Tel est en tout cas la volonté affichée des islamistes, qu'il ne faut pas confondre avec les musulmans. C'est en entretenant dangereusement cette confusion que nous créons de toute pièce des antagonismes imaginaires, gros de violences et d'incompréhension. Non à la burka, oui aux hommes religieux qui mettent la transcendance au-dessus des contingences humaines. J'ai eu des élèves musulmans dont la piété était sincère, et qui avaient une vie intérieure que nombre d'entre nous pourraient envier. Ils étaient mes amis, et ils le sont restés. Que Dieu les bénisse !
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Hier, dans la navette mise gracieusement à la disposition des habitants de ma ville, monte un vieux monsieur très digne, et de noble allure. Il a du mal à marcher. Bien qu'un siège, à côté, soit occupé par un jeune garçon dont la maman est restée debout, personne ne bronche. Le bus est bondé. Je me lève et cède à ce monsieur ma place, un kabyle manifestement. Il me remercie chaleureusement car il a mal à la jambe et me dit : "C'est un grand pays, la France. J'y habite depuis 60 ans. La France est bénie par Dieu". J'aurais embrassé volontiers ce vieillard si digne, qui sans renier ses racine, a adopté sa nouvelle patrie, et lui est reconnaissant. Mais de ces hommes-là, les médias ne parlent jamais. Ils mettent en exergue la réussite de tel ou tel ingénieur, homme politique, homme d'affaire, scientifique d'origine maghrébine ou africaine. Mais ils passent sous silence ces milliers d'hommes et de femmes qui travaillent, élèvent leurs enfants avec amour, ne passent pas leur temps à récriminer, et jouissent paisiblement de leurs droits dont ils sont les légitimes détenteurs. En somme, la démocratie ce n'est pas le communautarisme, c'est l'égalité légitime des conditions, égalité inhérente à la nature humaine.
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lundi 22 février 2010

Deux choses

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Je n'ai pas aimé la manière dont TIPPEL a commenté mon dernier billet, et mes lecteurs auront compris que la suspension de mes interventions est liée à sa réaction. Ceci étant dit la liberté de penser inclut aussi la possibilité de penser faux.
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Je maintiens qu'une réflexion approfondie sur la question de l'identité nationale, en un moment de l'histoire où les flux migratoires et la mondialisation modifient considérablement l'idée que l'on peut avoir de la nation, a du sens, et que le débat lancé par monsieur Eric BESSON a été pollué bêtement par l'intervention des idéologues frontistes et socialistes. Je n'exclus pas non plus qu'il y ait quelques arrières pensées électoralistes, mais il s'agit alors de suppositions, et non pas des opinions abruptes et déconnectées de tout contact avec le réel, fulminées par les uns et les autres.
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Il est intéressant de remarquer que l'un de nos plus éminents historiens contemporains, Fernand BRAUDEL, a consacré deux importants ouvrages à cette question ; leur titre est explicite : L'identité de la France. Le premier volume est consacré à l'espace et l'histoire ; le second aux Hommes et aux Choses (Arthaud-Flammarion, Paris, 1986). Le hasard a voulu que le deuxième tome me tombe hier entre les mains. Il m'est impossible de vous retranscrire la totalité de l'analyse qu'il fait du problème de l'immigration. Néanmoins, je peux en donner les grandes lignes et en citer quelques passages caractéristiques.
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Après avoir constaté que de très nombreux et illustres français, de nationalité ou d'adoption, étaient d'origine étrangère (Marie CURIE, Pablo PICCASO, MODIGLIANI, CHAGALL, IONESCO, SOUTINE) et avaient honoré leur nouvelle patrie par leur attachement et leur production, BRAUDEL conclut la section intitulée L'immigration étrangère, un problème récent, du chapitre lui-même intitulé La population du Xe siècle à nos jours, par ces mots, je cite :
"En tout cas, pour la première fois, je crois, sur un plan national, l'immigration pose à la France une sorte de problème 'colonial', cette fois planté à l'intérieur d'elle-même. Avec des incidences politiques qui tendent à occulter la complexité des phénomènes de rejet - réciproque - qu'on ne peut nier, autant qu'on les déplore."
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Dans les sections suivantes, BRAUDEL analyse avec objectivité le problème économique (page 187), le problème raciste (page 190), le problème culturel (page 193), posés par l'immigration massive de population d'origine maghrébine. Je vous invite à lire ce livre très équilibré ; il prend tout son sens et son importance dans la bouche d'un spécialiste de l'histoire longue qui a écrit un autre livre tout aussi remarquable, La grammaire des civilisations. Tous ces ouvrages sont des messages d'espoir, de bon sens et d'ouverture sans complaisance. On aurait souhaité que monsieur LE PEN, monsieur MOSCOVICI, et aussi monsieur BESSON, s'inspirassent des premiers livres que j'ai évoqués, pour planter le décor d'un débat centré sur la patrie, et non point sur la nation, vieux concept qui remonte à la Révolution, et qui s'est forgé dans l'opposition sanglante à tout ce qui n'était pas l'idéologie révolutionnaire de ces fous furieux de Conventionnels.
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Je conclus en disant que c'est la dernière fois que j'évoquerai, sauf faits nouveaux, ce problème.

samedi 13 février 2010

Le mystère est levé

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Le mystère est levé. Je sais qui est Olibrius. C'est un ami très cher. J'avais des soupçons, mais pour diverses raisons, je les balayais d'un revers de main. Dans un échange de courriel, après qu'il a eu dévoilé son identité, cet ami me fait gentiment le procès de dérive droitière et pense que plusieurs commentateurs me manipulent. Je vais donc résumer ici ce qu'il vous sera loisible de vérifier en lisant (si vous en avez la patience et le temps) tout ce que j'ai pu dire sur la très importante question de la patrie et de la nation, depuis l'ouverture de ce Blog.
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Sur les 33 thèses que j'ai dirigées pendant ma carrière universitaire, six ont été soutenues par des étudiants étrangers, dont deux originaires du Maghreb, un de Syrie, deux d'Afrique. De tous les enseignants-chercheurs de notre Faculté, un collègue et ami très cher excepté, notre laboratoire a été l'un de ceux qui a formé le plus d'étrangers, tant par le moyen de la thèse, que celui DEA ou des stages. Je ne pense pas que ce soit là le comportement d'un raciste ou d'un xénophobe.
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J'ai eu à plusieurs reprises l'occasion de dire que ma famille maternelle avait une (lointaine) origine étrangère puisque le fondateur de la branche française venait des Flandres, ce qui du reste s'exprime par le nom patronymique de ma grand-mère et de mes nombreux cousins issus-de-germains. J'ai dit aussi que ma grand-mère avait épousé en seconde noce un médecin d'origine martiniquaise, (après avoir perdu son premier mari à la guerre de quatorze), un homme que je considérais comme mon grand-père et qui portait à sa patrie un amour digne d'admiration ; il l'a prouvé par son comportement pendant les deux guerres mondiales. Or ce grand-père d'adoption que j'ai tant aimé, descendait des esclaves africains.
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J'ai dit que le fondement moral de tout comportement humain est la règle d'or. Elle s'exprime de manière négative "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse" et de manière positive (seule Jésus l'a exprimée ainsi) :"Fais à autrui ce que tu voudrais qu'il te fasse". Cette règle de réciprocité de bienveillance me semble avoir une portée universelle. Ainsi je refuse tout colonialisme ou toute intrusion de ma patrie dans la vie des pays étrangers ; mais je réclame qu'il en aille de même de leur part. Il n'y a aucune raison d'accepter de se laisser coloniser si soi-même on a compris l'immoralité du colonialisme.
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J'ai dit et je redis que cela ne nous exonère d'aucune façon de notre devoir de solidarité vis-à-vis des pays les plus pauvres. Cela ne saurait se traduire par l'accueil sans conditions de tout étranger qui se présente chez nous, quand cet accueil ne peut être décent. Si le choix de la majorité des français était d'ouvrir les frontières sans aucune restriction, j'accepterais ce choix. Mais il faut savoir qu'il a un prix, et que donner du travail, un logement, des prestations sociales à ces nouveaux arrivants, accueillir dans les écoles, lycées et collèges les enfants qui viendraient dans ces familles, ne pourrait se faire sans une sérieuse augmentation de la pression fiscale, et sans un investissement important dans la formation au sens civique et l'apprentissage du français de ces populations.
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Au nom du droit naturel inviolable à une nation, et parce que l'exil, toujours, est amer, il me paraît préférable (a) de ne plus soutenir des régimes corrompus, notamment certains régimes africains ; (b) de laisser aux nations la totale et libre disposition des richesses naturelles de leur sol ; (c) de payer les matières premières au prix où nous voudrions les vendre si nous en étions les propriétaires ; (d) de faire de sérieux efforts d'investissement dans les infrastructures de ces pays route, ports, voies ferrées, hôpitaux, écoles, collèges, universités, instituts de recherches, industries, à condition qu'ils en expriment le désir, et en suivant leurs logiques, leurs moeurs et des pratiques sociales éprouvées de longues dates, pratiques qui ne sont pas forcément les nôtres.
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Intensifier les échanges, accueillir pour parfaire leur formation les élites intellectuelles et politiques de ces pays, oui. Transformer notre pays en un immense réservoir de la misère, sans lever le petit doigt pour alléger celle-ci, non, car c'est une imposture. Voilà à quoi se résume ma très modérée dérive droitière.
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J'ajoute à cela une objection anthropologique de taille : l'indifférenciation, ou l'égalisation des conditions, est un facteur de déstabilisation. Je me réfère à René GIRARD, bien entendu, qui a très bien analysé ce qu'est la crise mimétique, chaudron de la violence : à force de vouloir que tout le monde soit pareil, tout le monde voudra être tout le monde, et le jour où il en sera ainsi, alors le moindre surgissement de différence suscitera la rivalité mimétique et déclenchera l'apocalypse. A voir le forcené AHMADINEDJAB courir vers la bombe atomique, ça fait froid dans le dos.
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mardi 9 février 2010

De Gaulle, un grand Français

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Du général De Gaulle, cette citation
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"La France, c'est tout à la fois, c'est tous les français. Ce n'est pas la gauche, la France ! Ce n'est pas la droite, la France ! Prétendre faire la France avec une fraction, c'est une erreur grave. Et prétendre représenter la France au nom d'une fraction, c'est une erreur nationale impardonnable. Je ne suis pas d'un côté, je ne suis pas de l'autre, je suis pour la France."
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Je vais vous dire : moi aussi !
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Et par conséquent, je regrette qu'il n'ait pas été possible d'organiser un débat serein sur la question de l'identité nationale, un débat sans accusation d'arrière pensée de qui que ce soit, sans soupçon de machiavélisme, sans idée de récupération électorale, du Front National pour les uns, des Français d'origine étrangère pour les autres. Ce qui est en jeu est d'un tout autre ordre. Il dépasse l'écume des joutes politiques, des jeux et des jours. Hélas, personne ne semble s'en apercevoir, pas même les sondeurs, qui a coup de questions tronquées parviennent à faire dire aux Français très exactement le contraire de ce qu'ils pensent.
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lundi 8 février 2010

Qu'on ne se méprenne pas

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Plusieurs lecteurs m'ont fait savoir par d'autres voies que celles des commentaires que mes billets pourraient être exploités par des représentants de "l'extrême-droite". Je pensais avoir été clair. Sans doute pas assez. Je vais donc préciser ma pensée sur ce que j'appelle le droit naturel à une patrie.
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Chaque être humain est inscrit dans une lignée et dans un territoire. Je puis ainsi dire que ma grand-mère maternelle me parlait de son trisaïeul, né avant la Révolution, et qu'elle m'a légué le gilet brodé qu'il portait ; car sa famille, venu des Flandres à la fin du XVIIe siècle, s'était installée en France pour y exercer le métier de chasublier et de brodeur. Ainsi, je me reconnais de lointaines origines étrangères. Et pourtant, je me sens français, jusqu'à la moelle de l'os. Nombre de membres de ma famille ont combattu pour défendre la patrie qu'elle avait adoptée, y ont perdu la vie parfois, ou des années passées en captivité, voire, pour mon grand-oncle, résistant de la première heure, plus d'une année de déportation à DACHAU. Pouvez-vous comprendre que tout ce passé, qui a bercé mon enfance et mon adolescence, donne une couleur et un prix à l'attachement que je porte à la France ? Semblablement, il me plaît de sillonner tous les coins et recoins de l'hexagone, et il n'est guère de provinces que je n'aie visitées. J'y ai trouvé les traces vivantes d'une histoire vivante, inscrite dans un espace que peu à peu j'ai fait mien. Jamais je n'accepterai que cet héritage soit pollué, trafiqué, altéré au nom d'une pseudo-solidarité et d'une pseudo-générosité qui ne sont que l'alibi de la lâcheté.
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MAIS, car il y a un mais, je connais nombre de Français d'origine étrangère qui aiment leur patrie, l'honorent de leur amour et de leur travail, de leur culture et de leur participation à la vie civique. Et il me plaît, par exemple, de voir que telle femme d'origine algérienne, mais française non seulement de nationalité, mais de coeur, ait été élue sénateur. Qu'elle soit socialiste ne me gêne guère ; son parcours est exemplaire et son discours (elle est passée par la CFDT et non par la CGT ! Nuance !) me paraît cohérent, argumenté, bienveillant. Je ne veux donc pas qu'on mette dans le même sac toutes ces personnes qui ont un nom ou une allure étrangers. Ce que je récuse, c'est l'extension rampante d'une culpabilité indue, vis-à-vis de tous les étrangers installés légalement ou nom sur notre sol. Le respect qu'on leur doit exige qu'on les traite comme tous les autres citoyens, dans le respect de leur origine bien évidemment, et qu'on exige d'eux un minimum de participation à la vie sociale. Ceci implique, au moins, une bonne connaissance de notre langue, l'adhésion sans arrière-pensée à nos lois et à notre constitution, et l'intégration progressive (par exemple en renonçant à prendre comme premier prénom un prénom étranger) à une culture suffisamment ouverte pour accueillir les apports étrangers mais suffisamment forte pour ne pas se renier elle-même.
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J'espère qu'Eugénie, de la patronne de qui nous célébrons la fête ces jours-ci, m'accordera qu'il s'agit là de propos très modérés et réalistes.

samedi 16 janvier 2010

Que la patrie est bien la terre des pères...

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Nous avons tous dans l'esprit le drame affreux qui s'est joué dans un lycée de la banlieue nord. Un lycéen de 18 ans, HAKIM, a été poignardé par l'un de ses condisciples. J'ai pu regarder au Journal Télévisé les suites que la population, les lycéens et la famille de HAKIM ont données à ce qu'il faut appeler par son nom : un crime injustifiable.
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J'observe tout d'abord que les médias se sont bien gardés de donner le nom de celui qui a mortellement blessé HAKIM. On peut supposer (a) soit que ce jeune est mineur et que l'on respecte, comme le veut la Loi, son anonymat ; (b) soit qu'il s'agit d'un jeune majeur, lui aussi d'origine maghrébine, et que l'on n'a pas voulu jeter de l'huile sur le feu du racisme. En tout cas le silence est étrange.
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J'observe ensuite que la famille de HAKIM a désiré que celui-ci soit inhumé en TUNISIE, la terre de ses aïeux. Il est tout à fait vraisemblable, pourtant, que HAKIM soit né en France et donc eût été français. Mais, et pour moi c'est parfaitement compréhensible, ses parents ont désiré que leur fils repose avec ses ancêtres. Il s'agit là d'un attachement qui témoignent de ce qu'est pour ce père et cette mère frappés par le malheur, leur racine et leur origine. Nous devons accepter l'idée que pour eux, l'identification à leur nouvelle patrie, la France, n'est pas totale et qu'il subsiste un attachement viscéral et parfaitement noble à leurs origines. Il est donc tout à fait légitime que les Français de plus longue date éprouvent pour la terre de leurs aïeux le même attachement que celui que des Français, plus récemment installés en France, manifestent pour leur terre originelle. Il s'agit là d'un sentiment très humain. Et ce que nous reconnaissons comme légitime pour les uns doit être reconnu comme légitime pour les autres, c'est à dire pour ceux qui exigent qu'on tienne compte de leur droit inviolable à une patrie.
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J'observe encore que le frère de HAKIM s'est adressé à la foule, qui se pressait en silence pour manifester sa solidarité à la famille, avec beaucoup d'émotion et qu'il a condamné toute espèce d'esprit de vengeance. Mais j'ai vu aussi autour de lui, nombre d'hommes en djellaba blanche, de femmes voilées strictement, et je puis comprendre le malaise que l'on peut éprouver devant l'expression d'une extranéité aussi massive. Il me semble qu'une plus grande discrétion dans la mise extérieure aurait été préférable, celle justement qu'a manifesté le frère d'HAKIM à la dignité duquel je rends ici hommage.
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Enfin, et ce n'est pas le moins curieux, j'ai vu des personnes qui, dans la foule, brandissaient gravement des pancartes inscrite d'invocations en arabe et de cette abréviation tout-à-fait chrétienne : R.I.P. Requiescat in pace ! Qu'il repose en paix ! Je vois là une belle manifestation de la fraternité qui peut unir des hommes devant des drames aussi épouvantables que ce meurtre, celui d'un jeune homme plein de promesses, et destiné au bonheur. Oui ! Qu'il repose en paix dans la terre de ses pères !
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Et que monsieur PEILLON ne viennent plus faire d'esclandre, en niant la réalité des sentiments propres à tous les hommes, et qui font partie de leurs droits inaliénables.

jeudi 14 janvier 2010

Débat légitime

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N'en déplaise aux critiqueurs, issus essentiellement de la gauche, le débat sur l'identité nationale est utile et même indispensable. Il y a en tout cas une évidence : est Français celui qui se sent Français. Quand des jeunes gens - nantis par naissance d'une nationalité française qu'ils n'ont pas choisie, mais habités par l'amour d'une autre patrie -, brandissent à MARSEILLE le drapeau algérien après la victoire qualifiante de l'ALGERIE sur l'EGYPTE dans un match de foot-ball, brûlent le drapeau français, et mettent à sac tout un quartier, il y a toutes les raisons de se dire qu'ils ne sont pas français, parce qu'ils ne se sentent pas français. Cela n'a strictement rien à voir avec la religion, la couleur de peau, les origines. Cela relève de l'identification à un mode de vie, à une langue, et à une histoire que l'on désire enrichir par son propre apport.
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Il est intéressant de lire sous la plume d'Henri HUDE, ce philosophe dont j'ai souvent cité quelques réflexions, ceci, qui explique pourquoi les soi-disants et prétendus progressistes ne peuvent pas approuver ce débat.
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"Le terme de racisme est trop vague. Il recouvre des phénomènes et ds significations très différentes. Il soulève une indignation généreuse, mais il n'éclaire pas. Le problème précis auquel nous avons affaire, c'est une crise d'identité. C'est quelque chose que l'on ne résout pas avec des anathèmes et de la bienpensanterie. Lutter contre le racisme, c'est lutter contre l'identification par le non autre en son apparence.
Pour ce faire, il faut que les hommes puissent s'identifier à ce qu'ils sont. Ce qu'ils sont est à la fois objectif et subjectif : c'est ce qu'ils veulent être, il leur faut un projet ; c'est ce d'où ils viennent, dans leur être et dans leur signification, c'est leur patrie et leur culture. La nation, c'est l'union de la patrie et de la culture. Pour lutter contre le racisme, qui n'en est aujourd'hui qu'au début de son expansion, il n'y a qu'un seul moyen rendre au peuple sa nation et lui donner un projet.
Le projet en question ne peut donc pas être un projet contre la nation. PAS DAVANTAGE LA NATION EN QUESTION NE PEUT-ELLE ÊTRE UNE REPUBLIQUE RATIONALISTE INTEMPORELLE, QUI EST DE DROIT UNIVERSELLE [c'est moi qui met les majuscules]. La France, dans une conception rationaliste, ne peut plus être qu'un département de la République rationaliste universelle, c'est-à-dire qu'elle ne peut plus être une patrie. La France, dans cette même conception, ne peut pas adhérer à une autre culture qu'à celle du pseudo-progressisme et du n'importe quoi, c'est-à-dire qu'elle ne peut pas être une culture. C'est dire que la France ne peut pas être une nation. [...] Tel est le totalitarisme qui nous enfonce dans le racisme en violant sauvagement le besoin des hommes à l'identité et à l'intimité du sens. C'est pourquoi, si l'on veut s'enfoncer dans la violence, il suffit de continuer à déculturer les citoyens par l'économisme et l'anticulture du n'importe quoi." (In Ethique et politique, Chapitre VI, Immigration et identité, section 4, Le progressisme comme matrice du racisme moderne.)
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Nous comprenons pourquoi, pour garder le pouvoir en donnant aux courants de pensée "progressistes" la domination sur les esprits et la culture, le Président MITTERRAND a favorisé l'émergence du Front National, et a poussé ses amis à promouvoir l'utopie de la République universelle. On ferait une erreur en ne voyant là que machiavéliques manoeuvres. Il se pourrait qu'il y ait eu aussi ou en plus une adhésion aveugle à un système complètement déconnecté de la réalité. Car je n'arrive pas à croire qu'un esprit aussi délié que celui du défunt Président, n'ait pu aborder sereinement cette question, s'il n'avait pas été aveuglé par son idéologie.
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Madame AUBRY recommence, en proposant que les étrangers aient droit de vote aux élections locales. J'ai déjà eu l'occasion de donner là-dessus mon point de vue. Il faut être résolument contre cette désastreuse initiative qui ne peut que conduire à la violence et à la guerre civile, si les étrangers forment un collège unique avec les nationaux. Cela reviendrait à remettre entre leurs mains le destin de nos collectivités territoriales. On comprend aussi pourquoi les tenants des idées de gauche tiennent tant à défendre l'immigration libre et les immigrants clandestins. Mais je vais vous dire très clairement ce que je pense. En invoquant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, en pourfendant le colonialisme, les idéologues de gauche nous fournissent les armes dont nous avons besoin pour défendre notre patrie et notre culture. Nous n'étions pas les bienvenus dans ces colonies où tant de soldats, de médecins, de missionnaires ont oeuvré pour le bien des populations, en y laissant parfois la vie. Nous avons le droit de dire non au colonialisme à rebours, ce qui ne nous exonère pas du devoir d'aider les peuples pauvres, bien au contraire.
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Amen pour aujourd'hui.
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lundi 21 décembre 2009

Identité nationale, encore

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J'ai pour monsieur JUPPE le plus grand respect. Il m'apparaît comme l'un des rares hommes d'état que nous ayons en France. Je n'en suis que plus à l'aise pour exprimer mon désaccord catégorique à son refus du débat sur l'identité nationale. Sa critique porte en elle-même son propre principe de destruction. Selon lui (je cite de mémoire), "il est détestable de dresser les communautés les unes contre les autres".
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Il admet donc qu'il existe en France diverses communautés, de tradition, de culture, de langue, et de religion diverses. Dès lors il est normal de chercher, ce qui, à travers ces différences fait l'unité de la Patrie. Et il est normal de se demander si les principes républicains dont se gargarisent les uns et les autres ne sont pas en contradiction formelle avec l'existence reconnue de ces communautés.
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Je trouve assez piquant, du reste, que de nombreuses voix se soient élevées à gauche comme à droite pour refuser d'inscrire dans la constitution le droit de protéger les langues régionales minoritaires. La France est, après la Russie, le pays d'Europe qui héberge le plus grand nombre de langues : alsaciens (francique et allemanique), lorrain (bas-allemand), flamand, breton(s), basque, occitan, nissard, welsh, etc. Il est tout de même curieux de voir qu'elle a panthéonisé le fossoyeur des langues régionales, le fameux et scandaleux abbé GREGOIRE. Ainsi, le propre fonds de notre histoire culturelle est à mettre aux oubliettes, mais nous devons accepter que s'installent chez nous des communautés de langue arabe, turque, ouolof, etc. Je le voudrais bien si toutes les autres langues pratiquées chez nous étaient mises sur le même pied. Mais le République est déclarée une et indivisible, et l'esprit fédéraliste est mort avec les Girondins qui le défendaient, à juste titre.
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C'est tout simplement cette contradiction que nombre de Français, dont je suis, trouvent insupportable. Imposer à ce qu'il faut bien appeler "les Français de souche" des contraintes linguistiques, culturelles, légales, que l'on se refuse à imposer à des compatriotes (je dis bien compatriotes) venus de loin n'est tout simplement pas supportable. Je pense que les défenseurs de ce principe visent à rejeter les citoyens qui partagent ce point de vue dans les bras de l'inénarrable monsieur LE PEN. Ils peuvent toujours attendre en ce qui me concerne. Je ne ferai pas à monsieur JUPPE l'injure de lui supposer des intentions électoralistes en cherchant à retenir dans son vivier électoral potentiel des Français de sensibilité intermédiaire. Il me semble que le bon sens et la justice consiste à regarder la réalité en face. Et après tout, je croirai à la bonne fois des Pierre MOSCOVICI, Martine AUBRY, etc., le jour où ils habiteront à BARBES ou à SAINT DENIS, quand ils viennent en session parlementaire à PARIS.
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Je rappelle à mes lecteurs, en citant de mémoire, ce que disait Jean JAURES : "La Patrie est le seul bien qui reste aux pauvres". Les politiciens devraient bien méditer la parole de ce grand homme, qui appartient à la France, et non pas à la gauche.