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mercredi 23 novembre 2011

Libéralisme(s)

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A plusieurs reprises, Pierre-Henri a protesté contre la condamnation que j'aurais porté contre le libéralisme. Je viens de découvrir que nous ne parlions pas toujours de la même chose. Je me suis un peu documenté sur la question, et j'ai confronté cette documentation (a) à ma propre perception ; (b) à celle des médias. Un petit résumé de la documentation puis un commentaire montreront à Pierre-Henri que nous sommes entièrement d'accord, ou presque, sur le fond.
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Voici d'abord ce que dit Wikipédia dans son introduction à l'article "Libéralisme".
Le libéralisme est un courant de pensée de philosophie politique, né d'une opposition à l'absolutisme et au droit divin dans l’Europe des Lumières (XVIIIe siècle), qui affirme la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur le pouvoir du souverain. Il repose sur l’idée que chaque être humain possède des droits fondamentaux qu'aucun pouvoir n'a le droit de violer. En conséquence, les libéraux veulent limiter les obligations sociales imposées par le pouvoir et plus généralement le système social au profit du libre choix de chaque individu. Le libéralisme repose sur un précepte moral qui s'oppose à l'assujettissement, d'où découlent une philosophie et une organisation de la vie en société permettant à chaque individu de jouir d'un maximum de liberté, notamment en matière économique. Pour la plupart des libéraux, la dichotomie entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » n'existe donc pas, puisqu'il s'agit de l'application d’une même doctrine dans des domaines différents.
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Au sens large, le libéralisme prône une société fondée sur la liberté d'expression des individus dans le respect du droit du pluralisme et du libre échange des idées. La satisfaction et l'expression libre de l'intérêt de chacun permet une société qui valorise les meilleures adaptations. Elle doit joindre, d'une part, dans le domaine économique, l'initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l'économie de marché, et d'autre part, dans le domaine politique, des pouvoirs politiques encadrés par la loi librement débattue, et des contre-pouvoirs. Elle valorise ainsi le mérite comme fondement de la hiérarchie. Cela suppose idéalement un État de droit où sont respectées les minorités jusqu'à la plus petite, l'individu ; l'État n'étant que le garant de ce respect et devant rendre des comptes de son action.
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Cette position théorique implique le respect du pluralisme et une adaptation aux évolutions sociales: le libéralisme peut donc se manifester de façon fort diverse, voire opposée; le libéral peut ainsi être, selon le lieu, voire en fonction des moments, celui qui exige de l'État qu'il brise un traditionalisme religieux ou social oppresseur pour l'individu (caste, statuts, discriminations et privilèges, ...) ou qui défend la liberté de pratiquer une religion ou une tradition, il peut demander que l'État intervienne pour donner à chacun une véritable capacité d'action économique (bridée par un monopole, la pauvreté, le manque d'éducation, de crédit ou autre), ou inversement celui qui s'oppose à l'intervention du pouvoir. Les limites à fixer à l'action de l'État, ainsi que les modalités de l'action publique (notamment aux rôles respectifs de l'action administrative et de la loi), sont donc sujets à débat au sein même du libéralisme. La plupart des libéraux considèrent que l'action de l'État est nécessaire à la protection des libertés individuelles, dans le cadre de ses fonctions régaliennes, et nombre d'entre eux (comme Adam Smith, Raymond Aron, Karl Popper ou Benedetto Croce) acceptent et même recommandent certaines interventions de l'État dans l'économie, notamment en matière de contrôle et de régulation. À l'opposé, les libertariens de tendance anarcho-capitalistes refusent à l'État toute légitimité dans quelque domaine que ce soit.
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(a) Comment je vois les choses. ? Quand Pierre-Henri défend le libéralisme, il défend finalement le libéralisme philosophique, celui qui reconnaît à la personne (et non à l'individu) des droits fondamentaux et inviolables au nombre desquels il faut reconnaître la liberté de conscience. Il en résulte qu'un régime politique qui reconnaît ces droits ne peut-être que démocratique (ce qui du reste ne préjuge pas de sa forme concrète, monarchie ou république : la Suède, monarchie constitutionnelle, est plus démocratique que la France, république à président élu). C'est le libéralisme politique lequel s'oppose à toutes les autres formes de régime politique au motif qu'il ne respecte pas ces droits (liberté d'expression et d'échange, liberté de la conscience, droit à la propriété, etc.). Et puis il y a l'application de ces principes au domaine économique. Et dans ce domaine, il y a l'excroissance monstrueuse d'un libéralisme économique qui dit respecter ces droits, mais les ignore superbement, et notamment ceux des personnes et des communautés naturelles. C'est malheureusement la forme prédominante du libéralisme économique mondiale. Oui à la liberté des échanges d'idées et de biens, non à l'injustice sociale suscitée par l'avidité d'actionnaires sans scrupules. L'erreur de raisonnement des contempteurs du libéralisme économique en général clair : ils ne voient pas que ces déviations sont les fruits vénéneux du comportement de quelques uns imposant leurs vues hégémoniques au plus grand nombre. C'est très exactement cela la domination : dissymétrie des pouvoirs, subordination obligatoire, arbitraire des décisions. Et cela, aucun être humain digne de ce beau nom ne le peut supporter.
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(b) La malhonnêteté des médias consiste à mélanger tous les genres, à ignorer que des hommes parfaitement identifiables sont à l'origine de ces honteuses déviations, que celles-ci ne sont pas inhérentes aux systèmes mais à la nature humaine, et que toutes les autres formes d'organisation sont par essence totalitaires. En sommes, ils nous profilent pour un autre esclavage, autrement plus dangereux puisqu'il fait intervenir la coercition et la force aveugle de la force étatique : police, police secrète, tribunaux aux ordres, militaires prêts à casser du dissident ou des manifestants.
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Je préfère bien entendu un vrai libéralisme, celui qui respecte les droits naturels de la personne humaine.
Je suis trop long. J'arrête. A demain.




lundi 7 septembre 2009

Pourquoi ?

Je reviens sur mon séjour à AIX-EN-PROVENCE. Il m'inspire deux pourquoi ? Le premier est relatif à l'accueil mitigé que la critique parisienne (Le Monde, Le Nouvel Observateur, Libération) a fait à l'exposition Picasso-Cézanne. Je n'ai pas lu ces critiques. Leur teneur générale m'a été rapportée par une habitante d'AIX qui habite juste devant le Musée GRANET où se tient l'exposition. Il semblerait que ces messieurs, qui rédigent sans doute leur papier dans les cafés chics du Boulevard Saint-Germain, aient jugé que l'exposition tenait à un prétexte, que le rapprochement entre les deux peintres était artificiels, etc. Comme ci le rapprochement parisien de PICASSO et des Maîtres anciens ne l'était pas ? En vérité, celui-ci se justifie pleinement. PICCASSO était un grand collectionneur de tableaux de CEZANNE. Il avait acheté le château de VAUVENARGUES et des hectares de terre au pied de la montagne Sainte-Victoire et il proclamait bien fort : "J'ai acheté la Sainte-Victoire de Cézanne" (je cite de mémoire). Et si l'exposition pouvait se passer de quelques dessins ou esquisses, superfétatoires, elle nous donne à voir des chefs-d'oeuvre. De CEZANNE, un arlequin tout de rouge et de pourpre vêtu évoque - au point qu'on peut s'y tromper - un arlequin de PICASSO (qui a eu les honneurs d'un timbre), et un arlequin de PICASSO, dans des couleurs pastel, qui lui fait pendant, est une véritable splendeur. Le portrait de la mère de PICASSO par son fils est saisissant, comme l'autoportrait du peintre au crayon qui est digne des plus grands dessinateurs italiens de la Renaissance. Il y a aussi des portraits de Jacqueline. Un tableau de la Sainte-Victoire, peint par CEZANNE annonce le cubisme. Et, même si je n'aime pas les portraits picassiens torturés de femme, qui nous sont présentés sur les cimaises, je reconnais qu'il y a dans cette décomposition des formes quelque chose de saisissant. Bref une très belle exposition.
Mon deuxième "pourquoi" ? Il porte toujours sur PICASSO. Le Conseil général des Bouches-du-Rhône a eu la bonne idée d'organiser une petite exposition parallèle intitulée "Le geste de PICASSO". On peut y remarquer des céramiques de l'époque de VALLAURIS, mais surtout, il nous est loisible, pendant plus d'une heure d'admirer le film que CLOUZOT fit sur PICASSO en train de créer. Le peintre est derrière sa toile. On ne nous montre les traits et les couleurs animant la toile que par transparence. Le montage est tel que, souvent, on voit les états successifs du travail, états très rapprochés, mais présentés de manière discontinue. Et l'on se dit : "Comment un tel génie, un dessinateur aussi exceptionnel que cet homme, a-t-il pu prostituer son talent aussi bêtement ?". En effet, chaque toile qui naît sous nos yeux, commence toujours par un dessin absolument parfait, jailli en quelques traits. Ainsi, le picador en train de braquer sa lance sur un taureau furieux - est-ce DON QUICHOTTE ? Au loin, on croit distinguer sur la montagne des traces de moulins à vent - est dessiné en 5 à 6 secondes à peine. Et le résultat est prodigieux de proportion, de force, de précision, d'autant que le tout est noir et que, au terme de ce qui paraissait être un simple gribouillis, on voit émerger les silhouettes du brave et de l'animal furieux. Ici encore, la cafetière peinte en trois ou quatre coups, en traits épais de couleur bleu : à coup sûr, il faut la main d'un génie. Et puis tout se gâte. On surcharge, on déforme, on met des couleurs hurlantes, on accumule les repentirs, et au bout du compte, il y a ces productions qui font s'esbaudir l'homme au fait des tendances, mais laissent le petit enfant et ses yeux naïfs, plein de stupeur et qui dit à son papa en train de faire semblant d'admirer de somptueux mais invisibles habits : "Pourquoi le Roi il est tout nu, papa ?".
Voilà donc mes deux pourquoi. Que les admirateurs de PICASSO ne m'en veuillent pas. J'ai dit ce que je pensais.