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vendredi 19 mai 2017

19 mai 2017. Nouvelles de la Résistance. Vive la vie ! Non à la bureaucratie !

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Suite et fin du cycle consacré à Marc WEINSTEIN :
L’évolution totalitaire de l’Occident. Sacralité politique I.
Hermann, Le Bel Aujourd’hui, Paris, 2015.
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LES CITATIONS DU JOUR.
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Thèse 6. Totalitarisme et démocratie, loin de la parenté que leur prête le discours néolibéral, sont deux tendances antagoniques. La démocratie est une tendance antique et moderne à la division articulée du social par indétermination subjective (mouvement relatif). Le totalitarisme est une tendance moderniste à l’indivision du social sous déterminations objectives (mouvement absolu de la technoscience, de l’État et de l’économie.) (Page 349.)

"De là viennent les deux types de totalité que l’on connaît aujourd’hui.
"Le premier est celui de la totalité démocratique, où l’universel second émane des relations premières entre autonomies particulières. Le principe est le suivant : plus les parties locales (cité, commune, conseil, lieu de production, comité de quartier, corporation artisanale, association civique, coopérative paysanne, région, etc.) seront autonomes et reliées entre elles horizontalement (interdépendance fédérative), plus chacune symbolisera en elle-même le tout de l’humanité universelle autonome. La totalité universelle démocratique repose donc sur le symbolisme métonymique général, elle est relationnelle, relative, seconde, respectueuse des parties particulières locales, fondamentalement décentralisées, polycentralisées, sans détermination dominatrice. On aura compris que ce type de totalité, qui eut un certain succès au début des Temps modernes (cités franches, institutions communales aux États-Unis) avant de devenir ponctuel (Commune de Paris, soviet de Kronstadt, consejos ou juntas espagnols de 1936-1937, conseils hongrois de la révolution" de 1956), est aujourd’hui presque inexistant et que l’avenir démocratique de l’humanité universelle passe par lui.
"L’autre totalité est de tendance capitaliste et totalitaire ; elle réalise l’impossible de faire exister de manière première et séparée l’universel qui n’a pas d’existence première et séparée (c’est le motif désormais connu du gouvernement économique et/ou étatique comme art de rendre nécessaire ce qui est impossible). De même que le Dieu chrétien est la Substance Une, Première, Universelle qui « existe » de manière première et séparée (avant et hors la diversité des êtres particuliers), de même l’Unité objective formée par la science, l’État et le capital est première et transcendante par rapport à la multiplicité diverse des communautés sociales, multiplicité qui doit donc être réduite à l’Un scientifique (destruction des savoirs autres que scientifiques), à l’Un étatique (destruction des institutions autres qu’étatiques), à l’Un capitaliste (destruction des modes de production autres que capitalistes). Dans cette réduction à l’Un global, ce qui est détruit ou empêché, c’est aussi l’autonomie des parties particulières locales (coopératives, communes, conseils, etc.), où l’agir de l’homme trouve en principe sa seule réalité (puisqu’il ne dispose pas de l’ubiquité de Dieu pour habiter en même temps tous les endroits du monde). Quand la tendance est à la fabrication d’une population mondiale-Une, uniformisée scientifiquement, étatiquement et économiquement, exposée aux mêmes blockbusters, à la même langue globish, à la même nourriture pathogène et/ou rapide (fast-food), on obtient un tout universel qui n’a plus de parties autonomes et particulières pour y renvoyer symboliquement et métonymiquement. […]." (page 359.)

"Les plus sincères des quelques survivants du libéralisme aujourd’hui (je ne dis pas : du néolibéralisme) objectent à la démocratie qu’on ne peut pas faire confiance au peuple : celui-ci ne vote-t-il pas le cas échéant pour des candidats extrémistes voire racistes ? Question qui laisse bien sûr deviner un nouveau plaidoyer pour les élites « éclairées ». Mais, encore une fois, le problème est mal posé.
"Et si, à l’inverse, les bonnes questions étaient celles qui renoncent à faire du peuple une essence immuable ? Un être figé, incapable de s’auto-éduquer ? Et si au lieu de décider que la démocratie est impossible par manque d’un peuple vertueux, il ne valait mieux pas se demander si ce n’est pas le manque de démocratie qui empêche l’avènement d’un peuple relativement vertueux ? L’agir autonome n’est-il pas éducateur, et la démocratie ne se prouve-t-elle pas par et dans l’agir qui s’auto-éduque ?" (Page 361.)
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2. COMMENTAIRES.
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Le retour à une véritable démocratie consiste à recréer des corps intermédiaires vivants, nourrissant le lien social par des échanges incessants, et agissant à son niveau de compétence, selon le principe de subsidiarité. Il n’y a pas d’autres solutions pour entretenir la paix civile. La société n’est pas faite d’individus semblables. La grande imposture de l’égalité consiste à confondre l’égalité ontologique de dignité avec l’égalité sociale des conditions, c’est-à-dire à considérer comme identiques EN FAIT des personnes qui sont différentes. L'exemple du tirage au sort des étudiants, validé par la nullissime ex-ministre de la Déséducation nationale est une excellente illustration de cette tendance des politiques à nous prendre pour des numéros.
Oui, le peuple, pour autant qu’on veuille bien lui faire confiance et qu’on ne méprise pas sa supposée ignorance, est capable de s’auto-éduquer. L'exemple inverse de cette absence de confiance nous est donné par la Franc-maçonnerie dont les membres se croient autoriser à penser pour le peuple, dans des conciliabules que fréquentent nombre d'hommes politiques, qui y trouvent un appui et des relais pour leur élection, au prix du reniement de leurs propres sentiments.
On peut objecter que ce retour aux corps intermédiaires risque de faire flamber le communautarisme. La critique aurait de la valeur si le système actuel ne l’avait justement pas institué obliquement, douceureusement, au mépris de toute justice et dans l’irrespect le plus total de la loi, notamment avec les associations prétendument cultuelles, subventionnées par l’Arabie saoudite et le Qatar, qui ne sont que des sous-marins de la subversion de nos valeurs et de nos modes de vie.
Fort heureusement, il existe de très grands esprits chez les musulmans Français contemporains qui ont flairé le piège et ne cessent de le dénoncer. Malheureusement on ne les entend pas, et leur vote compte peu pour la réélection des nuls. Je connais de ces esprits. J'ai eu l'honneur d'en avoir certains pour élèves. Ils se reconnaîtront. Je les assure ici de mon amitié et de mon affection.
Par définition, un corps intermédiaire doté de pouvoirs politiques est hétérogène, et ne peut avoir pour ciment une religion ou une philosophie. Il est par nature horizontal et non pas pyramidal comme il en est aujourd’hui. Marc WEINSTEIN en a identifié un certain nombre et je les ai énoncés dans des billets précédents et dans celui-ci même.
C’est à la société de s’auto-organiser en vertu de sa capacité à fédérer les personnes par l’instauration d’un véritable lien social. Et ce ne sont pas les Associations, le plus souvent des relais des partis politiques, qui sont des corps intermédiaires. Outre qu’elles sont étroitement contrôlées par les Préfets, qu’elles doivent déposer des statuts en Préfecture, établir des procès-verbaux d’Assemblée générale, elles ne sont qu’un pâle reflet de la vie véritable, mais un parfait miroir de l’organisation bureaucratique du pays.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Sur les fouilles du Saint-Sépulcre.

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La foi soulève des montagnes. Honneur et prière pour nos frères d’Alep.

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Franc-maçonnerie et normes législatives.


La thèse évoquée dans l’article est accessible sur le site :

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La dernière imbécillité de la plus mauvaise ministre attaquée en Conseil d’État.



vendredi 5 mai 2017

05 mai 2017. Culture et patrie vues par un philosophe chinois contemporain.

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Nous reprendrons le cycle Henri HUDE après les élections présidentielles. En attendant, voici la réflexion d’un philosophe chinois sur la culture de sa patrie. Il me semble que dans le contexte politique actuel, nous pourrions inspirer de ces réflexions pour ce qui est de notre propre culture.

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"La culture est l’âme d’une nation. Au cours de cinq millénaires, la culture chinoise a informé les poursuites spirituelles de la nation et c’est là la marque spirituelle qui nous distingue des autres nations. Ses notions centrales ont structuré le monde spirituel des Chinois, ses valeurs fondamentales ont sédimenté comme les gènes culturels de la nation et au long d’un très long développement historique elles sont devenues la ligne de vie spirituelle de la nation. Transmettre la culture chinoise c’est justement maintenir cette ligne de vie. La nation et la culture sont tout un : pas de culture chinoise sans nation chinoise, et inversement. Ce qui fait le Chinois, ce qui fait la nation chinoise, est d’ordre culturel, d’ordre spirituel ; sans la culture chinoise, les Chinois ne pourraient être ce qu’ils sont, ni la nation être ce qu’elle est. Le caractère spirituel et la poursuite de valeurs de la culture chinoise ont maintenu en vie la nation pendant des millénaires, et cela reste aujourd’hui comme pour demain notre grande force spirituelle pour continuer à progresser. C’est toute cette spécificité qui constitue « l’esprit chinois » que nous devons aujourd’hui promouvoir et c’est là le pas décisif pour unifier nos forces et avancer d’un pas sûr sur notre route. Il est nécessaire de bien comprendre l’importance de la culture chinoise."
In
CHEN Lai (陈来)
 « La valeur et signification de la culture chinoise aujourd’hui »
Le Quotidien du Peuple, 人民日报, 17 mars 2017.
Traduit par Michel MASSON. Institut Ricci.
CHINE- Le Coin des penseurs / N° 61 / Mai 2017, p 1.

CHEN Lai est doyen de l’Institut des Études Nationales (Guó Xué, 国学)
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2. COMMENTAIRES.
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Mes plus anciens lecteurs savent l’intérêt et l’amour que je porte à la Chine, à son peuple, à sa pensée et à sa langue (que je m’efforce d’apprendre avec un bonheur inégal). D’où cette citation. Il est tout à fait intéressant de lire ce texte de CHEN Lai. Il explique très clairement qu’il ne saurait y avoir de nation chinoise sans culture spécifiquement chinoise, et réciproquement, signifiant par-là que les deux sont intimement liés. Il inclut, de manière très significatives, les aspects spirituels d'une culture. On peut donc se demander s’il en est de même pour la France. La question n’est pas innocente surtout quand un candidat ― dont tout porte à croire qu’il sera élu dimanche prochain ― ose dire qu’il n’y a pas de culture française. Se rend-il compte, cet homme, qu’il plonge dans la stupéfaction la plus profonde ceux de nos amis étrangers qui se plongent avec délice, et depuis leur tendre enfance, dans les textes de nos grands écrivains, visitent dans l’admiration le Louvre, Versailles, Chambord ou le mont Saint-Michel, admirent nos arts de la table et s’en délecte ? Cet homme est indigne de notre patrie. Il n'aura pas ma voix, même pour "barrer la route au FN" qui récolte tout de même des millions de voix ce qui ne semble émouvoir que les bénéficiaires du système.
J’ai quitté au bout d’un quart d’heure le « débat » de mercredi soir, en vérité un échange entre chiffonniers, un débat qui m’a écœuré. Voilà où nous ont réduits deux quinquennats catastrophiques, celui de monsieur HOLLANDE surpassant en nullité toutes les autres magistratures, septennats ou quinquennats réunis. Et vous voudriez que nous votassions pour son clone ? Que n’a-t-il mis en œuvre les mesures admirables qu’il préconise aujourd’hui pour le seul bénéfice des actionnaires et des grands groupes industriels ?
Je voudrais dire aussi que je suis étonné de n'avoir eu aucune réaction de mes détracteurs sur le tableau comparatif. Ou bien c'est une marque de mépris et de désapprobation (ce que je pense), ou bien (plus improbablement), ils n'ont rien à objecter, car leur avis est purement passionnel.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Le monde de Macron n’est pas celui de Le Pen.

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Contre le libéralisme : un réquisitoire de Régis DEBRAY.

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Sur la possible pénalisation des familles nombreuses ou la résurrection de MALTHUS.

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Un débat indigne.

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Sur le bien commun, le texte très éclairant d’un évêque.


Dont ce passage :
Le Bien commun, c’est le Bien que tous peuvent rechercher en commun, car seul il garantit la dignité et l’épanouissement intégral de toute personne humaine, sans exception, à commencer par la plus fragile et la plus vulnérable. En ce sens, le Bien commun est le plus puissant facteur de cohésion et de paix sociales. A la suite de saint Jean XXIII, le Concile Vatican II l’a défini comme « l’ensemble des conditions sociales qui permettent tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée » (Gaudium et spes n. 26). Il se décline en un ensemble de biens fondamentaux qui jouent le rôle de principes dans le discernement politique.


vendredi 13 janvier 2017

13 janvier 2017. Nouvelles de la Résistance. Pour une économie humaniste.


Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LES CITATIONS DU JOUR.
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(a) "Il convient d’abord de rappeler que ce que vous appelez la « société de consommation » (telle qu’elle se met en place aux États-Unis au début des années 1920) trouve elle-même sa condition préalable dans la nécessité inhérente à toute économie libérale de poursuivre à l’infini le processus de mise en valeur du capital. Nécessité contradictoire ― puisque nous vivons dans un monde clos ― mais qui constitue depuis la révolution industrielle, la clé d’intelligibilité principale (quoique non exclusive) du mouvement des sociétés modernes. Dans un monde où chacun doit finir, tôt ou tard, par être mis en concurrence avec tous ― conformément au principe libéral d’extension du domaine de la lutte ―, il est en effet vital, si l’on veut rester dans la course, d’accroître sans cesse son potentiel de départ (toute attitude « conservatrice » étant nécessairement suicidaire dans une économie « ouverte » et théoriquement concurrentielle.)"
In
Jean-Claude MICHÉA.
Notre ennemi, le capital. Note sur la fin des jours tranquilles.
Climats/Flammarion, Paris, 2017, p. 19.

(b) "Dépasser la lutte des classes ne signifie pas que la lutte des classes soit sans importance, ou qu’elle fut sans importance au XIXe siècle, à l’époque ou MARX la théorisait. Cela signifie que la lutte des classes n’a jamais été et n’est pas l’essentiel du capitalisme. Ce n’est pas par la lutte des classes que les capitalismes révèlent leur potentiel totalitaire ; c’est par le processus d’objectivation de la vie sociale et subjective. Il suffit de voir l’oligarchie néolibérale (aux États-Unis ou en Chine, en Russie ou en Europe occidentale) pour constater que les « riches » ne sont pas moins déculturés et lobotomisés que les « pauvres » (là est la différence entre l’oligarchie néolibérale et la bourgeoisie libérale du XIXe siècle). L’aspiration des « pauvres » à vivre comme les « riches » atteste non seulement de l’indivision sociale, mais surtout de la perte de leur culture. Les populations, au sens précis du mot, ont même perdu leurs deux cultures : leur culture-ethos, et la culture savante obstinément créée par la modernité contre le modernisme. Car la culture savante, cessant d’être un mode d’existence, est elle aussi frappée d’objectivation ― tendanciellement réduite à un signe extérieur de richesse. Bref, l’anti-capitalisme ou l’anti-totalitarisme fait fausse route s’il voit la finalité suprême de sa politique dans une meilleure répartition des richesses capitalistes… tout en continuant à croire que l’infini progrès de la technoscience apportera d’infinis bienfaits à l’humanité."
In
Marc WEINSTEIN.
L’évolution totalitaire de l’Occident. Sacralité politique I.
Hermann, Le Bel Aujourd’hui, Paris, 2015, p. 346.

(Rappel : Citation de LÉNINE : "Le socialisme est impensable sans la technique du grand capitalisme conçue d’après le dernier mot de la science la plus moderne, sans une organisation d’État méthodique soumettant des dizaines de millions d’hommes à l’observation rigoureuse d’une norme unique dans la production et la répartition des produits. […]. Notre devoir est de nous initier au capitalisme d’État des Allemands, de nous appliquer de toutes nos forces à l’assimiler, de ne pas ménager les procéder dictatoriaux afin d’accélérer cette assimilation encore davantage que ne le fit PIERRE le Grand pour l’assimilation de l’occidentalisme par la Russie barbare, et sans craindre les moyens barbares pour combattre la barbarie.")
Cité par Marc WEINSTEIN, ibidem, p. 317.

(c) "Libéral, en dépit d’élans parfois réactionnaire, CHESTERTON était partisan du distributisme, philosophie économique dite de « troisième voie », qui visait à appliquer au capitalisme les principes de justice sociale de l’Église catholique romaine en répartissant la propriété des moyens de production entre les citoyens plutôt qu’en la centralisant dans un système bureaucratique (socialisme) ou entre les mains d’une classe de nantis (capitalisme ploutocratique). L’idéal du distributisme, c’est une société d’artisans qui unifierait le capital, la propriété et la production. […] En 1926, il [CHESTERTON] présida à la naissance de la Distributist League, mouvement politique et économique, voué à défendre l’idée d’une distribution large et massive de la propriété privée en Angleterre, en faveur d’une société plus lente, plus artisanale et paysanne. […]"
Note 1, page 266.
In
Gilbert Keith CHESTERTON.
Hérétiques. Traduction de l’anglais, notice et notes par Lucien d’AZAY.
Climats/Flammarion, Paris, 2010.
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2. COMMENTAIRES.
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Il me semble que ces trois citations s’éclairent l’une l’autre et permettent de réfléchir de manière dépassionnée sur les maux actuels de notre civilisation.
Le capitalisme, en effet, tant décrié par les gens de gauche, mais parfaitement compris dans son essence par LÉNINE, est l’application des progrès supposés indéfinis de la technoscience à la production industrielle. Qui dit production industrielle dit investissement dans la construction et le maintien d’unités de production de plus en plus grandes (pour répondre au développement supposé illimité des technosciences). Qui dit investissement dit argent (public ou privé) utilisé pour créer ces grandes unités de production. Le capitalisme est né avec la révolution industrielle. Et, n’en déplaise aux idéologues, il ne se confond aucunement avec le néolibéralisme (c’est mon seul point de désaccord d’avec l’opinion de MICHÉA).
Le néolibéralisme est une doctrine économique qui s’appuie sur trois et même quatre principes : la concurrence, la loi de l’offre et de la demande, la financiarisation des activités de production et, de nos jours, la mondialisation.
La concurrence est censée empêchée la création de monopoles (d’où les lois américaines antitrust). Son contraire est le monopole d’état. La concurrence présente d’énormes limites. En effet, ou bien l’offre excède la demande et, pour garder des parts de marché, les producteurs de biens et services baissent leurs prix en utilisant les salaires et les restrictions des emplois comme variables d’ajustement. Ou bien la demande excède l’offre, et les prix s’envolent (exemple : les produits de luxe de chez VUITTON).
La loi de l’offre et de la demande est le cache-sexe de la prétendue liberté économique. Il est en effet difficile de fixer une fourchette de prix ; ceux-ci sont souvent arbitraires. On le voit dans la crise agricole ou les grandes firmes agro-alimentaires déterminent eux-mêmes les prix d’achat du lait, du porc, de la viande bovine ou des fruits, et ruinent les agriculteurs (un suicide tous les deux jours voire tous les jours dans le monde paysan). Il est clair que le juste prix de ces produits serait celui qui permet aux producteurs de vivre décemment. Ce n’est pas l’avis de Lactel pour le lait, ou de Sovibo pour la viande. Le contraire de cette loi de l’offre et de la demande, c’est la fixation autoritaire des prix, et leur contrôle, par la puissance publique. On a vu où mène cette politique dans la défunte URSS, ou le Venezuela : pénurie, queues immenses, quand ce n’est pas la restriction alimentaire.
La financiarisation de l’économie trouve son sinistre reflet dans la franchisation des marques, la ruine des petits commerces des centres villes, et la ruée imbécile de la foule dans les centres commerciaux de la périphérie. On n’en finirait pas de citer ces marques qui parasitent, gangrènent et tuent l’économie telle que la concevait avec justesse CHESTERTON.
Enfin, la mondialisation est l’extension au monde entier de la doctrine économique néolibérale, cette course en avant vers le gigantisme, la déshumanisation, la perte du sens de son travail. La Chine contemporaine est un exemple parfait des méfaits de cette doctrine. Elle envahit le monde entier de ses produits, elle construit des barrages, des usines, des équipements énormes, des bateaux, des avions, des voies ferrées. Pour aller où ? si ce n’est pour entretenir la compétition entre nations.
Résumons, si nous continuons sur la lancée d’une extension illimitée des technosciences, de leur application illimitée à l’industrie, nous allons à la catastrophe.
Et c’est pourquoi le distributisme, si cher à mon cher CHESTERTON est la seule voie possible : une croissance lente, une meilleure redistribution des biens, une certaine ascèse de vie, la prise en compte des justes revendications et idées de l’écologie humaine, voilà des pistes qui doivent et peuvent être suivies. Ce n’est pas la métropolisation, les nouvelles et monstrueuses usines, les folles zones commerciales, la boboïsation à outrance des grandes villes qui feront notre salut.
J’ai le regret de vous dire que je n’entends point les divers et nombreux candidats à l’élection présidentielle développer ces idées de bon sens. Ou s’ils le font, il le font mal, sans voir le côté totalitaire de l’objectivation et de la fusion de l’économie, des technosciences et du pouvoir politique.
De l’air ! De l’air !

Nous avons assez réfléchi. Pas d’informations diverses.



samedi 5 juillet 2014

5 juillet 2014. Nouvelles de la Résistance : trahison de la patrie par les élites auto-proclamées

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Qu'on se le dise !

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !

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1. La citation du jour.
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De Philippe BENETON. Dans Les fondements de la justice. (Contribution parue dans À LA RECHERCHE D’UNE ÉTHIQUE UNIVERSELLE.)
Académie d’éducation et d’études sociales. (Collection "Histoire essentielle" de l’Éditeur.)
François-Xavier de Guibert, Paris, 2012.

"L’illusion moderne est de croire que de bonnes institutions suffisent et que, par suite, les acteurs peuvent être égoïstes en toute bonne conscience. Ils y gagnent la prospérité grâce aux mécanismes du marché, les droits grâce à la mécanique de la démocratie libérale, ils peuvent même y gagner la justice grâce aux constructions théoriques d’aujourd’hui. Mais la cupidité altère le marché, l’absence d’esprit public corrompt la démocratie libérale. Quant à l’idée d’une société où tout serait juste et sans que quiconque soit tenu de l’être, elle pousse l’illusion encore plus loin. La théorie peut aveugler." 
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2. Commentaires.
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Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de commenter l'évidence. Nous pensions avoir de bonnes institutions ? Chaque jour qui passe nous montre que les gens de pouvoir (majorité ou opposition) les utilisent à leur profit, sans souci des personnes et des biens. Nous pensions que notre démocratie prétendument libérale (en vérité l'un des régime les plus totalitaire qui soit, puisqu'il nous interdit de penser dans l'espace public, espace politique par excellence, un espace parfaitement réglé par la loi : il n'y a qu'à voir comment une Sentinelle/Veilleur debout a été expulsé manu mitari de la Place Vendôme [Vidéo de Viméo, à voir sur le site du Salon beige]) nous pensions disais-je que la démocratie libérale nous donnait des droits ; elles nous les ôtent au fil du temps qui coule. Nous pensions avoir la justice au service du citoyen. Chaque jour qui passe nous démontre le contraire : des supporteurs algériens peuvent, chez nous, brûler des voitures, caillasser des policiers, ils ne sont pas inquiétés, mais on interdit au maire de Nice d'interdire l'usage de drapeaux étrangers dans les rues pendant la coupe du monde.
Je le dis tout net : nos élites politiques, juridiques, intellectuelles, médiatiques nous trahissent, trahissent leur patrie, et contribuent à l'effacer de la scène internationale. Comme j'aimerais qu'une révolution douce (pas de la même nature que celle dont on s'apprête à fêter la naissance le 14 juillet) nous permît de juger ces hommes et ces femmes pour le mal qu'ils ont fait. Mais je rêve ; ils continueront de nous dézinguer, jusqu'au jour où, lassé de tant de trahison, il y aura une révolte violente dont eux seuls seront les responsables.
(Il est vrai que monsieur Bernard HENRI-LEVY se shoote pour doper sa "création" philosophie et sa pensée et qu'il donne ainsi une très belle image de l'état réel de ces élites auto-proclamées !)
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3. Informations diverses.
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Elle est pas belle l'Europe ?

Déclaration du père de Léonarda qui semble avoir bénéficié, lui et sa famille, d'un passeport croate lui donnant droit à revenir nous emmerder : "Attention, j'arrive !"
Si nous avons un gouvernement digne de ce nom, il reconduira à la frontière ces insolents qui nous narguent. S'ils ne le font pas, je crains qu'il ne se trouve des citoyens pour botter le derrière aux divers membres de cette famille de parasites. Je suis désolé de devoir être aussi peu charitable d'apparence. Mais ces gens n'ont strictement rien à faire ici, sauf à bénéficier de prestations payées avec la sueur des Français qui bossent.
Du balai !





mercredi 23 novembre 2011

Libéralisme(s)

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A plusieurs reprises, Pierre-Henri a protesté contre la condamnation que j'aurais porté contre le libéralisme. Je viens de découvrir que nous ne parlions pas toujours de la même chose. Je me suis un peu documenté sur la question, et j'ai confronté cette documentation (a) à ma propre perception ; (b) à celle des médias. Un petit résumé de la documentation puis un commentaire montreront à Pierre-Henri que nous sommes entièrement d'accord, ou presque, sur le fond.
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Voici d'abord ce que dit Wikipédia dans son introduction à l'article "Libéralisme".
Le libéralisme est un courant de pensée de philosophie politique, né d'une opposition à l'absolutisme et au droit divin dans l’Europe des Lumières (XVIIIe siècle), qui affirme la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur le pouvoir du souverain. Il repose sur l’idée que chaque être humain possède des droits fondamentaux qu'aucun pouvoir n'a le droit de violer. En conséquence, les libéraux veulent limiter les obligations sociales imposées par le pouvoir et plus généralement le système social au profit du libre choix de chaque individu. Le libéralisme repose sur un précepte moral qui s'oppose à l'assujettissement, d'où découlent une philosophie et une organisation de la vie en société permettant à chaque individu de jouir d'un maximum de liberté, notamment en matière économique. Pour la plupart des libéraux, la dichotomie entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » n'existe donc pas, puisqu'il s'agit de l'application d’une même doctrine dans des domaines différents.
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Au sens large, le libéralisme prône une société fondée sur la liberté d'expression des individus dans le respect du droit du pluralisme et du libre échange des idées. La satisfaction et l'expression libre de l'intérêt de chacun permet une société qui valorise les meilleures adaptations. Elle doit joindre, d'une part, dans le domaine économique, l'initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l'économie de marché, et d'autre part, dans le domaine politique, des pouvoirs politiques encadrés par la loi librement débattue, et des contre-pouvoirs. Elle valorise ainsi le mérite comme fondement de la hiérarchie. Cela suppose idéalement un État de droit où sont respectées les minorités jusqu'à la plus petite, l'individu ; l'État n'étant que le garant de ce respect et devant rendre des comptes de son action.
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Cette position théorique implique le respect du pluralisme et une adaptation aux évolutions sociales: le libéralisme peut donc se manifester de façon fort diverse, voire opposée; le libéral peut ainsi être, selon le lieu, voire en fonction des moments, celui qui exige de l'État qu'il brise un traditionalisme religieux ou social oppresseur pour l'individu (caste, statuts, discriminations et privilèges, ...) ou qui défend la liberté de pratiquer une religion ou une tradition, il peut demander que l'État intervienne pour donner à chacun une véritable capacité d'action économique (bridée par un monopole, la pauvreté, le manque d'éducation, de crédit ou autre), ou inversement celui qui s'oppose à l'intervention du pouvoir. Les limites à fixer à l'action de l'État, ainsi que les modalités de l'action publique (notamment aux rôles respectifs de l'action administrative et de la loi), sont donc sujets à débat au sein même du libéralisme. La plupart des libéraux considèrent que l'action de l'État est nécessaire à la protection des libertés individuelles, dans le cadre de ses fonctions régaliennes, et nombre d'entre eux (comme Adam Smith, Raymond Aron, Karl Popper ou Benedetto Croce) acceptent et même recommandent certaines interventions de l'État dans l'économie, notamment en matière de contrôle et de régulation. À l'opposé, les libertariens de tendance anarcho-capitalistes refusent à l'État toute légitimité dans quelque domaine que ce soit.
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(a) Comment je vois les choses. ? Quand Pierre-Henri défend le libéralisme, il défend finalement le libéralisme philosophique, celui qui reconnaît à la personne (et non à l'individu) des droits fondamentaux et inviolables au nombre desquels il faut reconnaître la liberté de conscience. Il en résulte qu'un régime politique qui reconnaît ces droits ne peut-être que démocratique (ce qui du reste ne préjuge pas de sa forme concrète, monarchie ou république : la Suède, monarchie constitutionnelle, est plus démocratique que la France, république à président élu). C'est le libéralisme politique lequel s'oppose à toutes les autres formes de régime politique au motif qu'il ne respecte pas ces droits (liberté d'expression et d'échange, liberté de la conscience, droit à la propriété, etc.). Et puis il y a l'application de ces principes au domaine économique. Et dans ce domaine, il y a l'excroissance monstrueuse d'un libéralisme économique qui dit respecter ces droits, mais les ignore superbement, et notamment ceux des personnes et des communautés naturelles. C'est malheureusement la forme prédominante du libéralisme économique mondiale. Oui à la liberté des échanges d'idées et de biens, non à l'injustice sociale suscitée par l'avidité d'actionnaires sans scrupules. L'erreur de raisonnement des contempteurs du libéralisme économique en général clair : ils ne voient pas que ces déviations sont les fruits vénéneux du comportement de quelques uns imposant leurs vues hégémoniques au plus grand nombre. C'est très exactement cela la domination : dissymétrie des pouvoirs, subordination obligatoire, arbitraire des décisions. Et cela, aucun être humain digne de ce beau nom ne le peut supporter.
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(b) La malhonnêteté des médias consiste à mélanger tous les genres, à ignorer que des hommes parfaitement identifiables sont à l'origine de ces honteuses déviations, que celles-ci ne sont pas inhérentes aux systèmes mais à la nature humaine, et que toutes les autres formes d'organisation sont par essence totalitaires. En sommes, ils nous profilent pour un autre esclavage, autrement plus dangereux puisqu'il fait intervenir la coercition et la force aveugle de la force étatique : police, police secrète, tribunaux aux ordres, militaires prêts à casser du dissident ou des manifestants.
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Je préfère bien entendu un vrai libéralisme, celui qui respecte les droits naturels de la personne humaine.
Je suis trop long. J'arrête. A demain.




vendredi 2 juillet 2010

A l'intention des tentés...

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Le premier Empereur QIN SHIHUANGDI, fondateur de l'éphémère dynastie des QIN, cet Empereur qui fit édifier pour lui une tombe somptueuse gardée par des milliers de soldats grandeur nature en terre cuite, fut un véritable tyran. Pour unifier l'Empire, il n'hésita pas à combattre impitoyablement les Lettrés confucéens (on raconte qu'il en fit enterrer vivants plus de 400 !), ordonna de brûler tous les Livres, autres que de médecine, d'agriculture et de technique, et s'entoura, pour gouverner, de conseillers de l'école des Légistes. Ces derniers prirent des mesures exclusivement fondées sur la répression, le châtiment et la récompense, et le contrôle. Quiconque, par exemple, était pris en possession d'un des Classiques confucéens, était mis à mort.
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De tout temps, les détenteurs du pouvoir ont eu à coeur d'étendre leur puissance par le moyen des Lois et des Règlements. Nos actuels régimes n'échappent pas à la tendance : contrôles, fiscaux, contrôles de la vitesse, contrôle du travail (inspecteurs du travail), contrôle douanier, contrôle de toutes sortes d'activités (inspecteurs de la répression des fraudes), contrôle des activités de téléchargement d'oeuvres protégées, etc. Il n'est pas question de nier que certains de ces contrôles soient nécessaires. Il est tout à fait possible de s'interroger sur leurs modalités et sur l'état d'esprit dans lequel les fonctionnaires chargés de les opérer agissent.
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LANZA del VASTO (j'en ai déjà tellement parlé !) dans cet ouvrage décapant (je l'ai si souvent cité), Les quatre fléaux, dit ceci à propos des contrôles.
"D'aucuns pensent que par un contrôle sévère et complet, on peut coordonner l'économie, supprimer les abus. De fait, le Régime Libéral peut guérir de sa fièvre en mourant. On peut écraser l'actif, inventif, astucieux Commerçant sous le poids du Fonctionnaire inerte, inepte et soucieux de conserver sa place : préférer au parasite sautillant, du type de la puce, le parasite planté à même la chair, de l'espèce de la tique. C'est alors que le permis, la patente, le certificat, le ticket, la fiche, le timbre, le visa, la montagne des papiers, barrent tous les chemins et bouchent l'horizon. C'est alors que petits et grands, à la queue, vont mendier, à la grille des guichets, la permission de vivre. C'est alors que les bateaux s'encroûtent dans les ports, que les stocks pourrissent dans les gares, que le gâchis public remplace tous les excès passés du profit personnel et l'incurie des bureaux l'injustice des tyrans."
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Je me demande (a) si ce n'est pas cette société-là que les hommes politiques, de droite comme de gauche, nous préparent, au nom de l'utopie de l'égalité ; (b) si nous ne préférons pas la servitude du confort administré à la liberté de vivre en assumant les risques de la vie ; (c) si nous arriverons un jour à sortir de ce faux dilemme : liberté ou égalité.
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En matière de contrôle, je crois que le socialisme a une longueur d'avance sur le soi-disant libéralisme. Rien n'indique cependant que celui-ci ne rattrapera pas celui-là. La tyrannie réglementaire des bureaucrates de BRUXELLES met effectivement de l'ordre dans ce décalage des distances. Comment ne pas évoquer de nouveau Joseph de MAISTRE : "Étant données la population, les moeurs, la religion, la situation géographique, les relations politiques, les richesses et les bonnes et les mauvaises qualités d'une certaine nation, trouver les lois QUI LUI CONVIENNENT." Ces messieurs de BRUXELLES concoctent leurs potions pour un Européen idéal, un Européen qui n'existe pas. Et de cela, moi je ne veux pas, car je suis Français.
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Alors, à l'intention des tentés par la réglementation, le contrôle, l'encadrement de la société, à la manière du totalitaire PLATON (voir mon billet "J'aime pas PLATON"), je suggère la lecture des Quatre Fléaux de LANZA del VASTO, né Prince LANZA di TRABIA, qui n'a point dédaigné travailler de ses mains, cultiver la terre, élever des moutons, jeûner, vivre pauvrement, mais toujours dans les cimes de la pensée (pas des idées !), d'une pensée nourrie de méditation, de prière, de bienveillance. S'ils ont du temps, et s'ils en trouvent les l'oeuvres, ils liront avec profit les Considérations sur la France du Comte Joseph de MAISTRE.
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mercredi 23 septembre 2009

Les limites d'un système

Les concepteurs et promoteurs de l'idéologie libérale - qui met "la main invisible du marché" au coeur de la régulation des échanges, de l'économie et de la société - ont bien vu les limites et les dangers de leur système ; ils ont imaginé des dispositifs destinés à briser les monopoles ou à empêcher leur formation. Aussi curieux que cela puisse paraître, le système libéral, si l'on prend conscience de sa cohérence interne, n'est pas compatible avec le développement d'une société où la technique joue les premiers rôles.
Le développement technique, en effet, entraîne nécessairement une concentration des moyens de production entre un nombre réduit d'entreprises. Pourquoi ? Simplement parce que la concentration entraîne d'énormes économies d'échelle, et permet de mettre sur le marché des produits qui ne soient point trop coûteux et puissent séduire une large clientèle. Mais elle a aussi pour effet de diminuer le nombre de sociétés aptes à faire les investissements considérables, nécessaires pour atteindre ce but, et elle aboutit inéluctablement à des accords de cartel et des ententes illicites entre grands groupes qui déterminent d'un commun accord le prix d'achat des matières premières, le prix de vente des produits finis, et même les parts de marché qui reviennent à chacun des rares membres de l'entente. La concurrence est placée au coeur du système libéral. Elle ne peut jouer librement que si le nombre des acteurs économiques, vendeurs comme acheteurs, est suffisamment élevé pour empêcher ces dérives. C'est tout le contraire qui se produit.
La ruine qui menace les producteurs de lait n'a pas d'autre origine que la concentration des moyens de conditionnement du lait entre les mains d'un nombre restreint d'entreprises acheteuses en regard de la dispersion géographique et de la fragmentation politique des agriculteurs vendeurs. Ils l'ont fort bien compris : il ne leur reste plus comme arme de défense que la grève de la production et de la vente de leur récolte.
Nul n'est en mesure de dire, dans ce système, comment se forment les prix. Mais le simple bon sens l'indique : des éleveurs qui travaillent durement entre 10 et 12 heures par jour doivent avoir des revenus qui leur permettent de vivre décemment, d'élever leurs enfants, et de jouir de quelques loisirs et repos. Il est parfaitement possible de déterminer le revenu moyen souhaitable et normal des éleveurs, et c'est le revenu ainsi défini qui devrait fixer le prix du lait à la vente aux grands collecteurs. Sans doute est-ce trop simple. Mais on le sait, et je l'ai déjà dit, le propre de l'idéologie est d'être insensible au sort des hommes concrets. Et c'est pourquoi, sans que les médias s'en émeuvent, quelques six éleveurs de Basse-Normandie se sont suicidés ces derniers mois. Ils n'étaient pas salariés de France Télécom.
Pendant ce temps, les dockers de Fort-de-France en Martinique travaillent sept heures par semaine et gagnent 7000 euros par mois. Ils sont indéboulonnables. Le trafic du port a diminué de 28 % depuis le début de l'année 2009, en raison des grèves. Ils continuent imperturbablement à toucher un salaire qu'ils ne méritent pas. Que voulez-vous, nous vivons au pays de l'égalité virtuelle !

mercredi 20 mai 2009

Une pensée forte

Jean-Claude GUILLEBAUD produit très régulièrement un bloc-notes dans l'hebdomadaire La Vie. C'est un homme qui pense, pèse le poids de ses propos, chemine. Son dernier article, intitulé Panne de sens, publié dans le numéro 3324 de l'hebdomadaire (semaine du 14 au 20 mai), est absolument remarquable. (Enfin il l'est pour moi ! Je module pour ne pas donner l'impression d'avancer avec trop d'assurance...). Il commence comme il suit :
Voilà qu'au sujet de la crise resurgissent des questions "morales". Les guillemets s'imposent car on aurait bien tort de les réduire à la seule morale traditionnelle. On pense à cette rapacité, à ce vertige du lucre et du profit immédiats qui ont été à l'origine de la dérive financière du libéralisme. En vérité, c'est plus d'anthropologie que de morale qu'il faut parler. Expliquons-nous. Le capitalisme - à l'instar de la société moderne - ne peut fonctionner que parce qu'il a hérité que quelques types anthropologiques dont il n'était pas lui-même le créateur : des juges irréprochables, des ouvriers consciencieux, des entrepreneurs imaginatifs, des fonctionnaires intègres, etc.
Ces types humains avaient été créés dans des sociétés antérieures, à des époques où ni l'argent ni le cynisme n'étaient tout à fait rois. Ces modèles anthropologiques étaient donc les produits d'une longue alchimie éducative. Leur création - on pourrait dire leur patiente "construction" - se référait à des valeurs encore jugées prioritaires : honnêteté, civisme, désintéressement, goût d'entreprendre. Seules ces valeurs partagées ont pu être le ciment invisible qui permet à une société humaine d'assurer sa cohésion et - surtout- de durer en se reproduisant, d'une génération à l'autre.
L'auteur poursuit son analyse, explique comment le système libéral à déraillé d'une manière tout-à-fait prédictible, en niant les valeurs qui avaient permis son émergence. Et il conclut :
Ce processus, on le voit bien, n'invite nullement à un discours moralisateur. Il nous renvoie à une question bien plus essentielle : quel est donc cet ingrédient qui nous permettait de vivre ensemble et que, manifestement, nous avons perdu ?
Souvent, dans mes billets, je vous ai parlé de "morale", au sens d'un art de vivre et de la réponse qu'il convient de donner à la question du "que dois-je faire ?" La morale en effet n'est pas une accumulation de mesures d'obligations et d'interdiction, mais une orientation délibérée de la vie, en fonction de ses exigences propres. Dans cet article, je retrouve, infiniment mieux dit que je n'aurais pu le faire, un cheminement de pensée que je ne cesse suivre depuis l'ouverture de ce Blog. Combien de fois n'ai-je pas critiqué la fausse anthropologie, l'anthropologie trompeuse de nombre de penseurs modernes (pas plus tard que dans mon dernier billet) ? Combien de fois n'ai pas rageusement dénoncé la cupidité, l'avidité pour les profits immédiats, le mortel égoïsme des puissants, la convoitise dérisoire des moins bien nantis ?
Les deux caractéristiques de la vie sont la croissance et la reproduction. GUILLEBAUD fait tout à fait allusion à ces propriétés qui ont permis à nos sociétés de tenir "cimentées". Et, par sa question finale, il appelle une réponse. Quand on congédie la majesté, la puissance et l'amour divins de l'espace public, on a, du moins il me semble, identifié les raisons de notre autodestruction. Ce que nous avons perdu ? Je vous le laisse deviner.

mercredi 15 avril 2009

Ne rangez jamais votre bibliothèque

Ne rangez jamais votre bibliothèque. Vous aurez des surprises. Je l'ai fait ce matin, en partie. Et j'ai retrouvé un petit papillon coincé entre les pages de garde d'un livre que j'avais relié. C'est une manie chronophage certes, mais, quand je lis, je note sur des petits papiers tout ce qui me paraît digne d'intérêt, ou qui a retenu mon attention et sollicité ma réflexion. Ce papillon, donc, était resté là et n'avait jamais été recopié (je le fais toujours dans un cahier spécial).
Je donnerai le nom de l'auteur après.
L'homme n'a saisi qu'un aspect de la réalité. Sur l'arbre de la science, il a cueilli le fruit défendu ; mais ce fruit n'était pas mûr ; il nous donna la connaissance de toute chose à l'exception de nous-même. La science fit l'inventaire du monde matériel ; elle en organisa l'exploitation systématique. La technologie nous apporte la richesse, la santé, le confort, toutes facilités de l'existence ; elle nous permet de créer un nouveau paradis terrestre. [...] [Mais] au lieu d'établir nos institutions sur des concepts scientifiques, c'est-à-dire sur la réalité concrète, nous les modelâmes d'après les idéologies. Ainsi s'édifia un monde qui est incapable de satisfaire à nos vrais besoins et où nous resterons éternellement des étrangers.
L'histoire de notre émancipation morale et de notre abandon du sens du sacré se confond avec celle de la désobéissance aux lois essentielles de notre nature. Considérer, par exemple, le profit comme le but spécifique de l'existence a rétréci arbitrairement le champ des activités humaines. Il n'est pas possible de limiter nos efforts à la poursuite exclusive d'avantages matériels, sans rétrécir notre personnalité. L'Homo aeconomicus est une invention du marxisme et du libéralisme, et non pas de la nature. L'être humain n'est pas construit uniquement pour produire et consommer. Depuis le début de son évolution, il fait preuve d'amour de la beauté, du sens religieux, de curiosité intellectuelle, d'imagination créatrice, d'esprit de sacrifice, d'héroïsme. Réduire l'homme à son activité économique équivaut donc à l'amputer d'une partie de lui-même. Le libéralisme et le marxisme violent donc, l'un et l'autre, des tendances fondamentales de la nature.
Alexis CARREL.
Réflexions sur la conduite de la vie. Quinzième mille.
Librairie Plon, Paris, 1950.
Je trouve tout à fait troublant d'avoir dénicher ce billet après que j'avais rédigé celui que j'ai intitulé : Le réel, l'idéel et le virtuel. J'entends d'ici le choeur des effarouchés. Quoi ! CARREL, ce nazi, ce défenseur de l'eugénisme, ce réactionnaire. L'objection ne me trouble pas. Je regarde d'abord ce qu'il dit, et je réfléchis. Ma conclusion est qu'il a raison. Comme par ailleurs les détracteurs de ce très grand savant sont probablement les mêmes qui approuvent les travaux sur les cellules souches, la procréation médicalement assistée avec réduction embryonnaire consécutive à un diagnostic génétique préimplantatoire, l'avortement, quelles qu'en soient les circonstances, je me dis que ces effarouchements sont de peu d'importance.
Donnez-moi votre avis sur cette question.
Merci à ceux qui ont réagi à mon avant-dernier billet.

lundi 9 juin 2008

L'entendement et la volonté

Immense PASCAL que son génie même a fait enfermer par les médiocres puissants du siècle présent, dans les oubliettes de la ringardise ! Mais il ne suffit que de le lire pour être convaincu de la justesse de ses pensées. En voilà une qui explique la différence entre entendement et volonté, entre réalisme et idéalisme, entre vérité et système.
Personne n'ignore qu'il y a deux entrées par où les opinions s'insinuent dans l'âme, qui sont ces deux principales puissances : l'entendement et la volonté. La plus naturelle est celle de l'entendement ; car on ne devrait jamais consentir qu'aux vérités démontrées : mais la plus ordinaire, quoique contre la nature, est celle de la volonté ; car tout ce qu'il y a d'hommes, sont presque toujours emportés à croire, non pas par la preuve, mais par l'agrément. Cette voie est basse, indigne et étrangère : aussi tout le monde la désavoue. Chacun fait profession de ne croire, et même de n'aimer que ce qu'il sait le mériter.[...) Ces puissances ont chacune leurs principes et les premiers moteurs de leurs actions.
Ceux de l'esprit sont des vérités naturelles et connues à tout le monde, comme le tout est plus grand que sa partie, outre plusieurs axiomes particuliers, que les uns reçoivent, et non pas d'autres ; mais qui, dès qu'ils sont admis, sont aussi puissants, quoique faux, pour emporter la croyance, que les plus véritables.
Le propre des idéologies actuelles qui toutes portent un nom se terminant en ISME est de feindre, ou de convaincre, qu'elles sont fondées sur l'entendement alors qu'elles le sont sur la volonté (puissance qui nous fait agir), et d'admettre comme des axiomes évidents, des intuitions ou des idées dont la seule justification est de s'accorder à la volonté, entendue comme puissance d'action en vue de la satisfaction d'un désir.
Ceux de la volonté sont de certains désirs naturels et communs à tous les hommes, comme le désir d'être heureux, que personne ne peut ne pas avoir, outre plusieurs objets particuliers que chacun suit pour y arriver et qui ayant la force de nous plaire, sont aussi forts, quoique pernicieux en effet, pour faire agir la volonté, que s'ils faisaient son véritable bonheur.[...] Les principes du plaisir se sont pas fermes et stables. Ils sont divers en tous les hommes, et variables en chaque particulier, avec une telle diversité, qu'il n'y a point d'homme plus différent d'un autre que soi-même, dans les divers temps.
PASCAL expliquera dans la suite de ce texte, en un paragraphe consacré à L'Art de persuader (qui, dit-il, n'est proprement que la conduites des preuves méthodiques et parfaites) que la persuasion passe par trois parties essentielles : expliquer les termes dont on doit se servir, par des définitions claires ; proposer des axiomes ou principes évidents, pour prouver les choses dont il s'agit ; substituer toujours mentalement dans la démonstration, les définitions à la place des définis.
Le propre des idéologies actuelles est d'utiliser des mots entendus différemment par les interlocuteurs politiques, économiques, par les acteurs sociaux, en faisant semblant de croire qu'ils s'accordent tous sur leurs définitions : ainsi en est-il du mot LIBÉRALISME, ou du mot SOCIALISME (il serait malhonnête de ne pas souligner les erreurs, insinuations infondées, imputations irresponsables que font les ennemis de ce système. Mais l'un des grands problèmes du socialisme, et des socialistes est qu'ils entendent bien des choses différentes derrière ce mot. ils l'utilisent cependant, tous, sans ignorer la duperie et en écartant ainsi les problèmes de fond. L'une des grands contradiction du libéralisme et des libéraux est de confondre liberté d'entreprendre et liberté de ruiner les pauvres ou les faibles par la spéculation financière).
Dans ce texte extraordinaire, PASCAL a pressenti HABERMAS et René GIRARD, et l'on peut dire qu'il a précédé DESCARTES sans tomber dans l'idéalisme ou le rationalisme. Il substitue à la raison cartésienne, le raisonnement méthodique. C'est mieux.
Dans l'état où se trouve notre patrie, ne se trouvera-t-il point d'hommes pour admettre ces vérités si simples énoncées dans les trois principes de l'Art de persuader ? Faudra-t-il que le goût du pouvoir passe avant celui du bien commun, que le service de ses idées, passe avant la soumission à l'évidence ?

samedi 28 avril 2007

Quelques évidences

On peut tourner la question dans tous les sens : la réponse est toujours la même. Il n'est pas possible de répartir des richesses qui n'ont pas été produites. Il y a deux façons d'augmenter la manne à redistribuer : améliorer la productivité ; travailler. Ces deux moyens, du reste, offrent chacun diverses options d'action.
Ainsi de l'augmentation de la productivité. Elle peut être assurée par une personne, par une machine, ou par la rencontre des deux agents. Quand on a supprimé, dans le métro, les poinçonneurs et le chef de train, on a fait supporter par le conducteur les tâches de ces derniers. Trois personnes ont été remplacées par une. On a diminué le nombre de secrétaires-dactylographes lors de l'avènement de l'ordinateur et des logiciels de traitement de texte, et le jour n'est pas loin, ou par le traitement vocal, on supprimera totalement ces postes. Certains robots convenablement programmés peuvent parfaitement remplacer un agent d'entretien. On voit que, selon les cas, ce processus d'amélioration est plus ou moins légitime. Il me paraît l'être, s'il diminue la peine des hommes sans détruire leur emploi. ll l'est nettement moins s'il s'agit d'augmenter des profits en diminuant le nombre d'emplois. Une amélioration de la productivité NE DERAIT PAS DETRUIRE D'EMPLOI. Elle devrait au contraire en créer, par l'invention de nouvelles fonctions dans l'entreprise. Messieurs, mesdames, inventez, innovez, imaginez, à partir d'une vision politique, sociale, économique et anthopologique globale, et non pas financière.
Travailler plus, deuxième voie générale. Voilà qui fait pousser des cris d'orfraie à ceux qui, en général, ont des revenus suffisants et peuvent vivre dans une relative oisiveté, en bénéficiant, du reste, du travail des moins bien nantis (restaurateurs ouverts le dimanche, hôpitaux, services de garde divers, transports en commun, et dans certains secteurs, commerces divers à ouverture dominicale, etc.). Car si personne ne travaille quand ils ont eux des loisirs, ils vont s'ennuyer, non ? Pourtant, que ce soit dans la production de biens ou dans l'offre de services, il n'est nul besoin de sortir de polytechnique pour comprendre que ce "travailler plus" engendre des richesses susceptibles d'être réparties. Il y a aussi le travailler autrement par la création d'entreprises, l'innovation, la prise de risque personnel, et, la diminution du salariat au profit de l'initiative individuelle. : je suis absolument convaincu que nous allons vers cette dernière solution. Elle me semble avoir l'avantage de laisser à chacun la maîtrise de sa vie. La civilisation technique, dans sa logique insensée, est faite pour une société dans laquelle des usines ultramodernes et sans employés, produiraient des biens que personne ne pourrait acheter, faute de ressources et d'emploi.
Dernière réflexion : il n'y a pas une piste unique d'action. Il est facile de dire que l'on va redistribuer. Mais redistribuer quoi ? Les bonnes vieilles recettes idéalo-socialistes ont fait preuve de leurs limites. Elles ont simplement permis de contenir l'explosion sociale par l'acceptation d'une civilisation inhumaine dont ils ont eux-mêmes édifié les fondements. Leur intuition philosophique est très claire. Elle peut se résumer par une sentence de TOCQUEVILLE : "On se passe fort aisément de ce que les autres n'ont pas". Les bonnes vieilles recettes dites "libérales" (on se demande bien pourquoi) peuvent se résumer par une sentence qui m'est personnelle : "Enrichissez-moi". Je préfèrerais un mot d'ordre plus humain : "Enrichissons-nous". Serait ouvert le débat de fond : de quoi avons-nous besoin d'être enrichi ? Mais je ne vois point surgir cette question dans le débat électoral, et pour cause, car elle ouvrirait une boîte de Pandore, celle-qui renferme toute la question du sens de la vie humaine dans sa dimension personnelle ET sociale.