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samedi 12 octobre 2013

On continue d'accueillir... ou les raisons d'un divorce

A chacun de leurs déplacements en province ou à PARIS, les ministres de ce gouvernement sont accueillis, (et pas seulement par les opposants à la Loi TAUBIRA ; l'accueil de monsieur HOLLANDE à ROANNE est à cet égard très symptomatique), par des huées, des cris, des slogans hostiles. Apparemment, ils ne sentent pas gênés. Et ils en ont des idées... ça, pour en avoir, ils en ont : ainsi, monsieur MOSCOVICI envisage d'établir un impôt sur la valeur locative fictive de l'appartement dont vous êtes propriétaire, chers, très chers lecteurs. De même, et sur des principes analogues, la taxe d'habitation pourrait augmenter de 300 à 500 %. Pour ce qui me concerne, si c'était le cas, je serais dans l'incapacité de payer et me verrais contraint de vendre mon appartement. Tout ce que ces gens savent faire, c'est de mentir, de créer des taxes et des impôts, de servir leurs amis, et d'avoir la prétention de rentrer dans l'histoire en faisant des lois de sociétés dont un grand nombre de Français ne veulent pas. La dernière manipulation en date est celle d'un sondage indiquant que 54 % des Français sont contre l'objection de conscience pour une loi qui vient d'être votée. La question a été posée en ces termes, en effet. Maintenant, supposez que l'on pose la question comme que je vais vous le dire : Admettez-vous que des maires puissent refuser de marier des personnes de même sexe pour des raisons de conscience ? Et tâchez d'imaginer la réponse.
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Nos Princes révèlent leur vrai visage : celui de gens qui pensent devoir apporter la lumière du progrès aux attardés que nous sommes, devraient-ils le faire par la contrainte, la force et la manipulation des âmes, surtout enfantines. Sur les lumières dont ils veulent nous éclairer, il faudrait lire les écrits de leurs prédécesseurs en socialisme, ceux d'Abel HOVELACQUE, par exemple, franc-maçon notoire, ("La sélection naturelle a fait disparaître dans le cours de l'histoire un nombre considérable d'idiomes : les langues qui se trouvent en collision nous offrent le spectacle des groupes animaux qui ont à lutter les uns contre les autres pour assurer leur existence" et qui prédit la mort inéluctable de nombre de parlers régionaux, dont le basque, en raison de leur pauvreté ; monsieur HOVELACQUE est mort, pas le basque),  de VINSON (il a le culot de dire, en parlant des Basques : "Une race dont le langage est très pauvre en idées, doit nécessairement être très pauvres en idées" ou, tenez-vous bien : "On admire la piété universelle ; mais on s'attriste en découvrant sur tous ces visages la marque d'une intelligence encore endormie, en constatant l'influence énorme exercée par le clergé sur ces populations en retard. Pourquoi le Pays basque a-t-il gardé cette physionomie spéciale ? La cause en est certainement la conservation de sa langue), ou de LEFEVRE, libre-penseur déclaré qui établit clairement une hiérarchie de valeurs entre les langues, et met, bien entendu, le français au-dessus de tout. En fait, ces gens, dont se réclament aujourd'hui un ministre comme Vincent PEILLON, reprenaient à leur compte la fameuse apostrophe de BARERE, le sinistre, le sanguinaire BARERE : "Ôtez-leur l'emprise des prêtres par l'enseignement de la langue française". Pour dire le vrai, la première partie de la demande a assez bien réussi ; pour ce qui est de la seconde, il y a encore du boulot. En sommes, monsieur HOLLANDE, monsieur PEILLON, monsieur VALLS, madame TAUBIRA, et tous les autres nous chantent le refrain bien connu : "Alors ce don gracieux, vous en voulez, oui ou zut ?" (et quand je dis zut... je suis poli !).
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La crise, la perte des repères, la dissolution de notre identité aggravent le malaise. Et je ne serais pas étonné qu'un jour, il y ait une explosion... qui justifierait le recours à des moyens qu'on a de la peine à imaginer mais que nos gouvernants, menacés DE TOUS COTES par le peuple, n'hésiteraient pas à employer. Mais pourquoi n'écoutent-ils pas ?

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Le Salon Beige communique :

Accueil de madame TAUBIRA à AIX-EN-PROVENCE.



URL de la vidéo sur l'accueil de la championne de l'indépendance de la Guyane et de l'injustice réunies :



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Accueil de madame DELAUNAY ce soir à PAU : indications utiles.
Madame DELAUNAY est ce ministre délicat qui a remarqué que Benoît XVI ne l'avait pas consulté avant de prendre sa décision de renoncer  à sa charge en raison de son âge. Madame DELAUNAY se pique, en effet, de s'occuper des personnes âgées... PAU est une ville qui a donné le nom de BARERE (voir plus bas et voir billets précédents sur les guerres de Vendée) à une de ses rues. On arrête pas le progrès, hein.

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Accueil de Manuel Valls à Lyon hier soir.
Les Enfants des Terreaux et de  La Manif pour Tous accueillaient jeudi soir le ministre Valls en visite à Lyon. Une centaine de manifestants, près de 150  policiers en tenue ou en civil droits dans leurs bottes. Pas question de faire mauvaise impression alors que le ministre de tutelle est présent !
De nombreux jeunes manifestants ont été parqués pendant 2 heures avenue de Saxe, sous le contrôle de CRS, sans motif réel disent certains ! A suivre …



Ce qui me frappe dans ce que montre beaucoup de ces documents, c'est l'âge des manifestants : aux alentours de 20-25 ans. Les vieux croûtons de mai 1968 ont du souci, beaucoup de soucis à se faire. Qu'ils se rassurent, ils pourront manifester, s'assembler, bouger. Personne ne les en empêchera, mais il est à parier que personne ne les écoutera.
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Un énorme crash informatique m'a contraint à retarder la publication de ce billet. Bonne journée.



jeudi 10 octobre 2013

Nouvelles de la Résistance : défense du visage de l'homme

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Quelques photos et nouvelles intéressantes. Allez voir mon commentaire in fine, notamment ma mise au point sur la carte postale de la "Foire aux socialistes".

Les Sentinelles/Veilleurs debout à BORDEAUX
 


Le Salon Beige communique :

Accueil de Manuel Gaz à Lyon jeudi 10 octobre

Le ministre de l'Intérieur se rendra à Lyon jeudi. Manuel Valls est attendu à la Préfecture du Rhône à 17h, où il assistera à la cérémonie de remise des diplômes de la première promotion du diplôme universitaire « Religion, liberté religieuse et laïcité », et du certificat « Connaissance de la laïcité ». Sic.
Le ministre de l'Intérieur participera ensuite à la remise des insignes de Chevalier dans l'ordre national de la Légion d'Honneur à Jean-Jack Queyranne, le président du Conseil Régional, et ancien ministre.
 

Accueil de Christiane vendredi 11 octobre à Aix-en-Provence

La venue de Christiane Taubira, ministre de la Justice, à Aix en Provence ce vendredi 11 octobre, est confirmée. Elle vient pour rencontrer les professions judiciaires. Pour l’accueillir comme il se doit, et nous faire entendre, rendez vous à 13H45 devant le Palais de Justice d’Aix (Palais Verdun). Son arrivée est prévue à 14 heures.
Pour son départ prévu à 17H30, RDV à 17H15, au même endroit. Apporter de quoi faire du bruit et vos drapeaux. Parlez-en à vos voisins !
 

François Hollande accueilli à Saint-Etienne

François Hollande visite la ville de Saint Etienne malgré lui… Ayant programmé une visite à la mairie de St Etienne, mardi après-midi, François Hollande refuse de circuler devant les familles. Il rejoint la mairie puis la quitte par les ruelles adjacentes en faisant de larges détours… Pendant ce temps, les CRS ordonnent aux familles de faire place nette. Nous sommes alors refoulés et parqués loin des yeux et oreilles de notre Président en attendant son départ. Cet après-midi, c’était « cache cache pour tous » pour François Hollande. Un Président normal en visite dans une ville normale, nous sommes en 2013.
 
 
 
 



Accueil de Gérard Collomb à Tassin

Même à Tassin la demi lune, qui fait partie de la Courly (communauté urbaine de Lyon), On Ne Lâche Rien! Spontanément, quelques Tassilunois ont accueilli M. Gérard Collomb, sénateur maire de Lyon, venu inaugurer le nouveau centre ville de Tassin la demi lune, samedi 05 octobre 2013 à 12h. Heureusement pour lui, M. le maire Jean-Claude Desseigne a fait appeler la gendarmerie...
 
 
Merci au Salon Beige. Consultez son site qui fourmille d'informations souvent tenues cachées par les médias. Je ne voudrais pas les piller, mais vous aurez compris que résolument opposé à ces gens qui se disent "socialistes", je cherche dans les sources sérieuses les informations utiles. Elles vous dispensent de le faire. Mais je ne désire pas me parer ici des plumes du paon ! C'est pourquoi je donne les références de mes informations.
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Je vais, bien entendu, me fendre d'un commentaire. Et ensuite d'une mise au point.
Que nos princes ne comprennent pas ce qui se passe me paraît l'évidence. Quand une partie, en apparence minoritaire dans ses manifestations visibles, de nos concitoyens, persiste dans son refus à approuver une loi qui est injuste, et qui n'est donc pas une loi, il y a un problème. Inutile de finasser : il y a d'un côté les tenant de l'autoconstruction, et de la théorie de l'autonormativité (je me donne à moi-même mes propres règles), qui se réclament du matérialisme le plus épais, et ne peuvent servir le bien commun, pour cette raison ; et puis il y a ceux pour qui la loi écrite découle de lois non écrites, conformes à la droite raison, aux traditions immémoriales et à la nature de l'homme (contributions remarquables des Veilleurs). C'est ce que raconte l'Ancien Testament lorsqu'il parle de l'Alliance que Dieu établit avec ISRAEL en donnant à MOISE les Tables de la Loi. Vous comprenez la hargne d'un Vincent PEILLON ou d'un Grand-Orient viscéralement hostiles aux chrétiens qui se mettent (avec un bonheur croissant) en travers de leur chemin d'accessions au pouvoir sur les esprits. Je ne crois pas que l'homme soit un animal autonormé. Je crois même (et les contributions des Veilleurs à ma propre réflexion ont été déterminantes à cet égard) qu'il ne peut être homme que s'il accepte cette condition de dépendance vis-à-vis d'une réalité extérieure au monde sensible et matériel. Je l'appelle Dieu. Il est Père et son Fils a un nom : JESUS glorifié. La victoire de JESUS sur la mort et le péché est définitive. Et le Malin, sans doute l'une des créatures invisibles qui sait le mieux qui est Dieu et qui ne doute pas de son existence, lui, sait qu'il a déjà perdu dans son combat pour éliminer son créateur notre conscience. Voilà pourquoi nous devons combattre  cette véritable dénaturation du visage de l'homme, en reconnaissant ce visage à ceux-là même que nous combattons : d'où la non-violence, la bienveillance (quand elle a les personnes pour objet), et pourquoi pas, la prière.
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Commentaires bienvenus (car je me désole toujours de l'absence de réactions de la part de mes lecteurs dont pourtant le nombre croît tous les jours).
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Post-scriptum au Billet sur les photos (insolites) :
Rentrant hier soir d'un diner avec les animateurs(trices) de catéchèse des Lycées Claude Bernard et La Fontaine, j'ai fait brièvement allusion à la fameuse carte postale de la "Foire aux socialistes". La réaction indignée de deux d'entre elles m'a interpellé, et je tiens donc à préciser ceci. La publication de cette carte postale se voulait humoristique ; il se pourrait qu'elle eût été offensante pour des lecteurs qui se réclament du socialisme. Je désire donc (a) leur demander pardon si je les ai blessés ; (b) et préciser qu'il fallait prendre la chose au deuxième degré et que bien entendu je n'ai garde d'assimiler mes compatriotes socialistes à des cochons. Cette mise au point me paraît indispensable, car il y aurait une grande incohérence de ma part à parler de JESUS et à manquer de fraternité à leur égard. Je me voulais drôle, je n'ai peut-être été qu'inutilement blessant. Cela ne m'empêche aucunement d'être opposé à une pratique politique (celle de nos gouvernants) qui me paraît insupportable.
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mardi 30 août 2011

Notules bleues

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Accueillir avec exultation la naissance matinale de l'azur. Tendre l'oreille aux bruissements que font, dans les vieux platanes, les feuilles agitées par un vent qui aujourd'hui prend le doux nom de tramontane. Se réjouir par avance aux murmures des fontaines qui enchantent les placettes de la vieille ville. Voilà des joies qui ne sont pas marchandes. Nul spéculateur, nul fiscaliste, nul avide ne peut nous ravir ces trésors. A force de les contempler, je m'enrichis à en devenir multimilliardaire en sensations, en souvenirs, en émotions.
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Oui, AIX-en-PROVENCE est une ville enchanteresse. J'en avais déjà parlé, il y a deux ans, dans un billet émerveillé. Contrairement aux gens du troisième âge, non seulement ce billet n'a pas pris une ride, mais il a rajeuni. Les Aixois sont des gens de goût. La preuve en est que la Fondation Jacques et Suzanne PLANQUE a jugé utile de laisser en dépôt pour quinze ans au Musée Granet, la fabuleuse collection de peintures que Jacques avait patiemment réunie. Il était l'agent artistique parisien de la fameuse galerie bâloise BEYELER et s'était fait de nombreux amis parmi les peintres. Les pièces majeures de cette collection sont exposées, merveilleusement exposées (thème par thème, genre par genre), dans les salles réservées aux expositions temporaires : CEZANNE, DUFY, PICASSO, ROUAULT, BRAQUE, BISSIERE, UBAC, LEGER, TAPIES, CLAVE, DUBUFFET, Nicolas de STAEL, Sonia DELAUNAY, La FRESNAYE, KLEE, des peintres helvétiques (Jacques était citoyen de la confédération) dont l'excellent AUBERTJONOIS, et d'autres encore dont j'ai oublié les noms, mais qui sont tout aussi prestigieux. Cet homme "avait un oeil" disait de lui un de ses amis. Il était devenu très proche de PICASSO et de DUBUFFET. Il y eut entre celui-ci et Jacques un petit moment de brouille, perdu dans des années de proximité complice.
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Et puis il y a encore le bleu céruléen de MARSEILLE. Enchantement de la montée des ACCOULES et des escaliers qui quadrillent le quartier du PANIER, et cette fabuleuse exposition temporaire de peintres orientalistes à la Vieille Charité. En lui-même, cet ancien hôpital-hospice est déjà un miracle d'architecture et la chapelle baroque plantée au milieu de l'immense cours est un chef-d'oeuvre de PUGET. Elle est coiffée d'une coupole ovale dont on se demande comment elle a pu être construite et défier l'usure du temps et l'ébranlement qu'ont dû susciter dans le quartier les bombardements destructeurs de la seconde guerre mondiale. Et dans ce décor unique, le Musée accueille plus de 120 tableaux orientalistes, signés des plus grands maîtres : De DELACROIX à  MATISSE (c'est du reste ne nom donné à l'exposition). Les organisateurs sont ravis : près de 4.000 visiteurs journaliers exercent leur goût et affûtent l'acuité de leur regard. L'exposition a été présenté d'abord au Musée Royal de BRUXELLES, puis au Musée des Beaux-Arts de VIENNE, avant de s'installer aux rivages de la Mare Nostrum, preuve que PARIS n'a pas le monopole du goût. Je suis frappé de voir que la majeure partie des tableaux exposés sont ceux d'artistes français. Comme le tableau a été organisé par un commissaire belge aidé de spécialistes autrichiens, on ne peut accuser de chauvinisme les organisateurs. Il y a quelques excellents tableaux de peintres belges et autrichiens, anglais aussi, mais à eux tous il ne font pas 20 % de la collection. Il faut bien conclure qu'au XIXe siècle, notre pays rayonnait sur l'Europe entière et exerçait un magistère artistique qui dura, sans aucun doute, jusque vers les années 1950. Qu'est-il devenu depuis et pourquoi ? On ne saurait accuser BRUXELLES, les Américains, les Russes, les Chinois, les Indiens ; c'est trop facile. D'où vient cet appauvrissement de notre créativité ? Je n'ai pas de réponse. Mais je me demande si les responsables de la Culture avec leur goût de la provocation (cf. le Piss Christ de SERRANO) ne sont pas les acteurs principaux de ce déclin public du goût et de la disparition des vrais artistes de l'espace public. Heureusement, il y a des poches de résistance qui se forment et grossissent, et pas chez les bobos ou les "élites" éclairées, mais dans ce peuple robuste et plein de bon sens grâce auquel notre patrie peut encore être ce qu'elle est.
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Maintenant le ciel vire au bleu nuit. Une foule animée déambule dans les rues étroites. Des dîneurs attablés donnent aux terrasses des cafés et des restaurants un air de fêtes sérieuses. On ne crie pas, on parle avec cet accent qui n'est pas celui de MARSEILLE, mais celui de la Provence. Et je repense à ce marquis qui, pour épouser sa maîtresse, assassina sa femme, et s'enfuit au PORTUGAL après avoir accompli son forfait. Faute de pouvoir obtenir une extradition en bonne et due forme, il fut jugé par contumace, et les juges d'AIX ordonnèrent que l'on décapite l'effigie de l'assassin en place publique. Tout marquis qu'il était, il n'échappa point à une juste sentence qui aurait été exécutée sans aucun doute, si l'on avait pu saisir le vif.
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Voilà, la nuit est tombée, sereine, sur le cours MIRABEAU. Il y a encore du monde au Café des deux Garçons. Peut-être CEZANNE y prend-il un verre incognito avant de regagner son JAS de BOUFFAND. Nous rentrons à notre hôtel, humant les senteurs de lavandin et de lentisque que les talus plantés, exposés au soleil, exhalent pour le bonheur des nostalgiques. Je ne te dis pas adieu AIX, mais au-revoir.
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jeudi 6 janvier 2011

L'ivresse des oies

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Un emploi du temps surchargé et des perturbations dans ma messagerie se sont ligués contre moi. Je n'ai pu vous raconter hier cette délicieuse histoire.
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Cette vieille dame - elle a 86 ans - est d'une vivacité, d'une jeunesse d'esprit qui forcent mon admiration. Elle a occupé des fonctions importantes dans la presse, et son frère, aujourd'hui disparu, fut un très grand microbiologiste. Elle me raconte - tandis que je lui donne le bras pour l'accompagner chez son boulanger - des souvenirs de sa grand-mère, des souvenirs qui s'enfoncent loin dans le XIXe siècle, et en particulier me décrit la scène hilarante que voici.
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Sa grand-mère n'hébergeait dans sa basse cours, pour d'obscures raisons (!), que des volailles au plumage blanc : des poules et des oies, notamment. Vers la fin septembre venait le temps des vendanges auxquelles les oies allaient participer à leur manière. D'abord, à peine le ban en avait-il été affiché que, de tous les environs des coteaux d'Aix, on se précipitait chez les vignerons en recherche de main-d'oeuvre, autant pour arrondir ses maigres revenus, que pour vivre les joyeux moments des repas de vendanges, les veillées du soir, souvent arrosées de quelques bouteilles choisies, pour partager rires et potins. Tôt le matin, tandis que le soleil se levait à peine, étirant ses bras au dessus des rares couvertures de brume, on allait dans les vignes, ciseaux à la main, panier de bois au bras ou hotte sur le dos, tandis qu'au bout des rangées, se trouvait un chariot dans lequel d'un coup de rein on versait le contenu de sa hotte ou l'on passait son panier à un gai luron chargé de cette besogne. Des plaisanteries fusaient de ci, de là, et l'on supputait le menu qui viendrait à midi interrompre le cours des activités. Le soleil, paternellement, répandait à flot son or sur les coteaux. Venait le triste jour, jour triste en tous, où, hormis d'involontaires oublis, on constatait que la messe était dite, qu'il n'y avait plus rien à récolter, qu'aucun pampre n'ornait plus les ceps.
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C'est alors que les oies rentraient en scène. On les chargeait à la ferme dans une carriole qui ne servait qu'à ce transport annuel, une carriole spéciale paraît-il dont les caractéristiques ne m'ont pas été décrites. On montait par un sentier pierreux, des pierres tranchantes, sonnantes, déboulantes, jusqu'au bord des vignes et on y lâchait les volatiles. Battements d'aile, mouvement de course et bousculade, jusqu'à ce que chacune des oies, ayant trouvé son coin, commence à grappiller les raisins qui auraient échappé à la vigilance des vendangeurs, avalaient gloutonnement les grains écrasés par des pieds peu scrupuleux, des pieds d'hommes manifestement - une femme aurait pris soin - et cette seconde vendange durait tout le temps qu'il fallait pour les oies manifestassent par leur comportement qu'elles étaient ivres. Elles se dandinaient de droite et de gauche et l'on n'avait aucune difficulté à les saisir, à les fourrer dans la carriole spéciale et à les rapatrier dans leur patrie de basse cours où dans un incroyable vacarme d'abord, puis dans des manifestations peu à peu moins agressives pour l'oreille, elles sombreraient le soir venu dans un sommeil d'oie heureuse.
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Histoire charmante. Les oies ont-elles encore le droit de s'enivrer dans les coteaux d'Aix ?
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lundi 7 septembre 2009

Pourquoi ?

Je reviens sur mon séjour à AIX-EN-PROVENCE. Il m'inspire deux pourquoi ? Le premier est relatif à l'accueil mitigé que la critique parisienne (Le Monde, Le Nouvel Observateur, Libération) a fait à l'exposition Picasso-Cézanne. Je n'ai pas lu ces critiques. Leur teneur générale m'a été rapportée par une habitante d'AIX qui habite juste devant le Musée GRANET où se tient l'exposition. Il semblerait que ces messieurs, qui rédigent sans doute leur papier dans les cafés chics du Boulevard Saint-Germain, aient jugé que l'exposition tenait à un prétexte, que le rapprochement entre les deux peintres était artificiels, etc. Comme ci le rapprochement parisien de PICASSO et des Maîtres anciens ne l'était pas ? En vérité, celui-ci se justifie pleinement. PICCASSO était un grand collectionneur de tableaux de CEZANNE. Il avait acheté le château de VAUVENARGUES et des hectares de terre au pied de la montagne Sainte-Victoire et il proclamait bien fort : "J'ai acheté la Sainte-Victoire de Cézanne" (je cite de mémoire). Et si l'exposition pouvait se passer de quelques dessins ou esquisses, superfétatoires, elle nous donne à voir des chefs-d'oeuvre. De CEZANNE, un arlequin tout de rouge et de pourpre vêtu évoque - au point qu'on peut s'y tromper - un arlequin de PICASSO (qui a eu les honneurs d'un timbre), et un arlequin de PICASSO, dans des couleurs pastel, qui lui fait pendant, est une véritable splendeur. Le portrait de la mère de PICASSO par son fils est saisissant, comme l'autoportrait du peintre au crayon qui est digne des plus grands dessinateurs italiens de la Renaissance. Il y a aussi des portraits de Jacqueline. Un tableau de la Sainte-Victoire, peint par CEZANNE annonce le cubisme. Et, même si je n'aime pas les portraits picassiens torturés de femme, qui nous sont présentés sur les cimaises, je reconnais qu'il y a dans cette décomposition des formes quelque chose de saisissant. Bref une très belle exposition.
Mon deuxième "pourquoi" ? Il porte toujours sur PICASSO. Le Conseil général des Bouches-du-Rhône a eu la bonne idée d'organiser une petite exposition parallèle intitulée "Le geste de PICASSO". On peut y remarquer des céramiques de l'époque de VALLAURIS, mais surtout, il nous est loisible, pendant plus d'une heure d'admirer le film que CLOUZOT fit sur PICASSO en train de créer. Le peintre est derrière sa toile. On ne nous montre les traits et les couleurs animant la toile que par transparence. Le montage est tel que, souvent, on voit les états successifs du travail, états très rapprochés, mais présentés de manière discontinue. Et l'on se dit : "Comment un tel génie, un dessinateur aussi exceptionnel que cet homme, a-t-il pu prostituer son talent aussi bêtement ?". En effet, chaque toile qui naît sous nos yeux, commence toujours par un dessin absolument parfait, jailli en quelques traits. Ainsi, le picador en train de braquer sa lance sur un taureau furieux - est-ce DON QUICHOTTE ? Au loin, on croit distinguer sur la montagne des traces de moulins à vent - est dessiné en 5 à 6 secondes à peine. Et le résultat est prodigieux de proportion, de force, de précision, d'autant que le tout est noir et que, au terme de ce qui paraissait être un simple gribouillis, on voit émerger les silhouettes du brave et de l'animal furieux. Ici encore, la cafetière peinte en trois ou quatre coups, en traits épais de couleur bleu : à coup sûr, il faut la main d'un génie. Et puis tout se gâte. On surcharge, on déforme, on met des couleurs hurlantes, on accumule les repentirs, et au bout du compte, il y a ces productions qui font s'esbaudir l'homme au fait des tendances, mais laissent le petit enfant et ses yeux naïfs, plein de stupeur et qui dit à son papa en train de faire semblant d'admirer de somptueux mais invisibles habits : "Pourquoi le Roi il est tout nu, papa ?".
Voilà donc mes deux pourquoi. Que les admirateurs de PICASSO ne m'en veuillent pas. J'ai dit ce que je pensais.

samedi 5 septembre 2009

Drôle de mausolée

A-t-on idée de s'appeler SEC quand on habite une ville d'eau, AIX en l'occurrence ? Le Joseph SEC qui a fait ériger un monument à son nom, rue Pasteur, à cent mètres de l'enceinte nord de la vieille ville, n'a sans doute pas été sensible à l'ironie du contraste. Passons. Le monument qui porte la date du 26 février 1792 (la République n'était pas encore proclamée) est l'un des rares qui aient été érigés pendant la Révolution, plus soucieuse de détruire les édifices religieux, que d'ériger des monuments utiles aux citoyens. Il est fait de cette pierre blonde, (probablement de la "Pierre de la Couronne", ô ironie) légèrement poreuse d'aspect, et pourtant assez résistante, et il est beau. Il illustre à lui tout seul la naïveté pathétique, enflée, et emphatique de la période. A gauche de la plaque dédiant le monument à ville d'AIX, "observatrice des lois", surmonté d'une sorte de stèle, monsieur SEC, en effet, a fait graver le quatrain que voici :
Sorti d'un cruel esclavage,
Je n'ai d'autre maître que moi,
Mais de ma liberté je ne veux faire usage,
Que pour obéir à la Loi.
Quand on connaît l'art avec lequel les habitants de la Provence arrivent à contourner la Loi le plus légalement du monde, on se pose quelques questions quant aux répercussions qu'a eu cette belle profession de foi sur les habitants de la cité aixoise ! Passons encore. Il n'y a là aucune critique des Provençaux que je chéris particulièrement pour leur humour et leur légèreté.
Et poursuivons. A droite de la plaque, un autre quatrain qui laisse rêveur :
Fidèle observateur de ces lois admirables
Qu'un Dieu lui-même a daigné nous dicter,
Chaque jour à mes yeux, elles sont plus admirables,
Et je mourrais plutôt que de m'en écarter.
Je m'interroges sur la métrique du troisièmes vers. Il me semble qu'amuïr le "e" du pronom "elles" n'est pas conforme à ce que disaient et BOILEAU et VAUGELAS sur le dénombrement des pieds. Mais enfin, passons encore. Je ne vois pas comment il est possible de quitter un cruel esclavage dont la nature ne nous est pas précisée, pour tomber dans un esclavage plus cruel encore, qui nous ferait préférer la mort à l'inobservation de règles tombées du ciel. Tout cela est faux, ampoulé, ridicule. L'histoire ne nous dit pas si, après avoir commis ce monument, monsieur SEC a été proscrit, banni, guillotiné peut-être, pour avoir invoqué le patronage d'un tyran plus honni encore que le roi.
Un de mes proches, homme d'esprit, disait, au moment où monsieur MITTERRAND parlait du "Coup d'Etat permanent" qu'aurait perpétré contre la République l'un des derniers Grands Français, le Général de GAULLE : "Je préfère un grand con que cent petits". On pardonnera, je l'espère, la trivialité relative de l'expression, mais elle dit bien ce qu'elle veut dire. Dommage que monsieur SEC ne l'ait point connu.

Les fontaines d'Aix-en-Provence

Aix est une ville délicieuse. Je ne me suis point lassé d'en arpenter les rues, les places et les ruelles, de me tordre le cou pour admirer les façades des hôtels des XVIIe et XVIIIe siècles, les plus beaux sans doute que j'aie jamais vus. Il faut voir comment, vers les six heures du soir (heure d'été), les mascarons et le fronton de l'ancienne halle aux grains, Place de la Mairie, s'animent. Les rayons du soleil viennent raser très exactement les murs de ce chef d'oeuvre d'architecture. On dirait alors que la déesse (Cérès ?) dont une jambe pend avec grâce dans le vide - c'est une audace architectonique rare - attendait ce moment pour s'élancer vers la terre féconde qu'elle protège.
Et puis il y a les fontaines dont les eaux, jaillissant en jets puissants ou menus, retombent en bruissant dans des bassins limpides. Chaque place a la sienne, majestueuse ou simple, mais toujours faite pour le plaisir du promeneur : fontaine de la Rotonde, fontaine des Quatre Dauphins, fontaine de la Mairie, triste fontaine - celle-là est muette en effet - de la Place d'Albertas, et celle de la Place des Augustins, et tant d'autres encore.
Les femmes y sont belles, élégantes et graves. Et à ma courte honte, j'ai eu plaisir à les voir traverser la Place de la Mairie, le front haut, la taille dégagée, arborant un sourire léger. J'étais assis alors, sous l'auvent d'un café, et je buvais un pastis en grignotant des amandes, sans songer à rien d'autre qu'à la douceur du temps, goûtant la brise qui venait atténuer les ardeurs d'un jour encore brûlant.
La cathédrale est l'un des rares édifices religieux dont le baptistère soit resté continuellement en service depuis 1.500 ans, et l'est encore. Il est superbe avec les colonnes de marbre sombre qui en rythme l'espace. Il est lumineux, il parle, il est l'écho mystique des profanes fontaines de la ville.
Toute affaire cessante, et si vous en avez le loisir bien sûr, profitez des premiers jours de l'automne pour aller à Aix-en-Provence. Le temps semble s'y être arrêté ; en dépit de ce que disent les esprits chagrins et envieux, il devait y faire bon vivre du temps où l'aristocratique cité était la capitale du Comté de Provence. Et j'aime le petit clin d'oeil que la ville rebelle fait à la République. Sur chacun des écussons des corniches qui surmontent les fenêtres de la façade, il y une inscription : les trois du centre mentionnent la devise républicaine : Liberté - Égalité - Fraternité, mais celui de gauche exalte la Générosité et celui de droite la Probité ; tout un programme pour les historiens qui nous racontent la Révolution.