Sylvain TESSON a eu le Prix Médicis 2011 pour le livre dont le titre sert d'en-tête à mon billet. Il a des bonheurs de plume, des images insolites, un vocabulaire riche, une très vive sensibilité, des aphorismes aussi précis qu'un profil de camée. On regrette que parfois, son écriture trahisse l'effort du créateur et paraisse affectée. Mais c'est une petite critique pour une immense approbation de la manière dont il rend compte de ses six mois passés en ermite dans une cabane au bord du Lac BAÏKAL. Je recommande vivement la lecture de ce récit à tous ceux que tente l'aventure d'une vie érémitique, transitoire ou définitive, c'est selon. La frugalité de la vie d'ermite l'amène à réfléchir à ce qu'est la vie de subsistance, la vie âpre et dure qui oblige à tirer sa nourriture, son couvert et son chauffage d'une lutte incessante avec l'hostile nature. Je me permets de proposer à la réflexion d'Eva JOLY et des fans, une petite réflexion que Sylvain TESSON fait sur l'écologie et la décroissance.
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"Les théoriciens de l’écologie prônent la décroissance. Puisque nous ne pouvons continuer à viser une croissance infinie dans un monde aux ressources raréfiées, nous devrions ralentir nos rythmes, simplifier nos existences, revoir à la baisse nos exigences. On peut accepter ces changements de plein gré. Demain, les crises économiques nous les imposerons.
"La décroissance ne constituera jamais une option politique. Pour l’appliquer, il faudrait un despote éclairé. Quel gouverneur aurait le courage d’imposer pareille cure à sa population ? Comment convertirait-il une masse à la vertu de l’ascèse ? Convaincre des milliards de Chinois, d’Indiens, d’Européens qu’il vaut mieux lire SÉNÈQUE qu’engloutir des cheeseburgers ? L’utopie décroissante : un recours poétique pour individus désireux de se conformer aux principes de la diététique."
-Je crois que l'écologie à la française est un luxe de riche. Il est toujours facile de prendre du bicarbonate pour digérer quand on a la panse (j'ai corrigé une erreur orthographique qui est un lapsus calami, grâce à Roparzh Hemon) bien remplie.
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