D'abord la devise, bien sûr. PICARD de lignée, j'ai une certaine obstination et je ne céderai pas à la résignation ; mes ancêtres en ont vu d'autre.
Non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
1. La citation du jour.
Je feuilletais l'épais traité de MALEBRANCHE, intitulé Recherche de la vérité, que je venais de me procurer dans une excellente librairie [elle a du reste, a pris la responsabilité de rééditer (Editions Galerie de la Sorbonne) ce texte absolument ébouriffant (à en juger par la table des matières) en dépit de son titre austère], quand je suis tombé sur ce paragraphe. Il n'y a pas de hasard, il n'y a que de la providence.
"Il y a donc des esprits de deux sortes : les uns remarquent aisément les différences des choses, et ce sont les bons esprits ; les autres imaginent et supposent de la ressemblance entre elles, et ce sont les esprits superficiels. Les premiers ont le cerveau propre à recevoir des traces nettes et distinctes des objets qu'ils considèrent ; et, parce qu'ils sont fort attentifs aux idées de ces traces, ils voient ces objets comme de près, et rien ne leur échappe. Mais les esprits superficiels n'en reçoivent que des traces faibles ou confuses ; ils ne les voient que comme en passant, de loin et fort confusément, de sorte qu'elles leur paraissent semblables, comme les visages de ceux que l'on regarde de trop loin, parce que l'esprit suppose toujours de la ressemblance et de l'égalité où il n'est pas obligé de reconnaître de différence et d'inégalité, pour les raisons que je dirai dans le troisième livre."
Portrait de Nicolas MALEBRANCHE.
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2. Commentaires.
(a) MALEBRANCHE est prêtre, oratorien, théologien et surtout philosophe. J'ai fait sa connaissance en lisant dans les Œuvres
complètes, au tome XV, son Entretien
d’un philosophe chrétien et d’un philosophe chinois sur l’existence et la
nature de Dieu. Édité par André ROBINET.
("Bibliothèque des textes philosophiques". Directeur : Henri
GOUHIER.) 3e édition. (Librairie
Philosophique J. Vrin, Paris, 1986). Il y expose d'une manière lumineuse son argument ontologique et je doute fort qu'un esprit droit et ouvert n'y soit point sensible, quand bien même, pour des raisons très estimables et qui tiennent à l'exercice de la liberté, il ne pourrait y adhérer. MALEBRANCHE n'est guère enseigné dans les cours de philosophie. Il est catholique, prêtre, percutant et convaincant. Et bien qu'il soit un cartésien convaincu (ce qui me gêne un peu), il ne faut pas le mettre entre les mains de ces jeunes gens et jeunes filles que l'on veut tout entier pour l'Etat et la République.
(b) Ce qui vaut aux journalistes d'être traités par le peuple de collabos est justement ce que reproche MALEBRANCHE aux esprits superficiels.
En voici deux exemples.
Ces esprits superficiels n'ont cessé d'appeler madame Valérie TRIERWEILER la Première Dame de France, feignant de voir en elle l'équivalent d'une Michelle OBAMA ou de tout autre épouse d'un chef d'Etat, jusqu'à la conclusion que l'on sait. Ils n'ont pas vu la différence d'avec une épouse et l'ont assimilée à ce qu'elle n'était pas. On peut concevoir que si monsieur HOLLANDE avait vu, lui, la différence, tout en la considérant comme sa compagne, il n'aurait pas pris le risque de l'installer à l'Elysée. En réalité, d'ailleurs, sa liaison avec mademoiselle GAYET était déjà établie, quand il a pris cette décision. Il y a ici un triple témoignage de superficialité, celle des journalistes et médias divers, celle de monsieur HOLLANDE, et celle de madame TRIERWEILER qui s'est assimilée à ce qu'elle n'était pas. Je dois signaler ici, du reste, la seule réaction digne et compassionnelle envers celle-ci. Christine BOUTIN a dit, et je partage son point de vue : "Ce que vit Valérie TRIERWEILER est inhumain".
Les mêmes esprits superficiels (de Claire CHAZAL au Figaro en passant par France 3, France info et j'en passe) ont déclaré que les manifestants du Jour De Colère étaient des catholiques intégristes, et des opposants radicaux ou radicalisés, mettant tout le monde dans un panier unique qui me paraît définitivement percé. Mais comme si cette analyse n'était pas suffisamment superficielle, ils en ont rajouté en soulignant, ce qui est quand même assez paradoxal, que ce rassemblement était hétéroclite. Un bon esprit aurait utilisé le mot moins connoté d'hétérogène et il se serait demandé ce qui pouvait unir des gens aussi divers en âge, en condition sociale, des gens venus de la France entière. Si les journalistes l'avaient fait, ils auraient pu alors identifier trois motifs différents : le sentiment d'iniquité de traitement, le sentiment de mépris de l'élite en place (gauche, droite confondue), le déni de démocratie. En étant non pas loin, mais près, en interrogeant les manifestants en un nombre suffisant, ils auraient pu donner une image plus juste de la réalité. Seulement voilà, la foule criait "Journalistes ! Collabos !". C'est pas bon ça ! On n'en parle pas dans les journaux de ça ! C'est vrai hélas de presque tous les journalistes : ils sont les serviteurs zélés de ce régime. (Mettons-en quelques uns de côté : monsieur Nicolas DOZE ou monsieur BOURDIN, par exemple, ou Yves CALVI, dans des registres divers. Ces gens sont courageux et impartiaux) ! Petits esprits, petite culture, petite haine du peuple ! Tout est petit chez nombre de journaleux !
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3.Informations sur la Résistance
Jour de Colère : Vidéo.
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=KNXRJGeoHGM
Témoignages (via le Salon beige).
Témoignages (via le Salon beige).
Gabrielle Cluzel était en colère hier, elle raconte :
"Dimanche, de la Bastille aux Invalides, c’était Jour de colère. Alors ils sont tous venus, la carpe et le lapin, de Sarcelles à Versailles, avec leur colère en bandoulière, sous une pluie assortie à leur humeur. 17.000 selon la police, 160.000 selon les organisateurs. Des organisateurs que personne ne connaît. Car aucun parti politique, aucun mouvement d’envergure, ni bonnets rouges ni LMPT, n’a appelé à manifester. Le succès n’en est que plus inattendu, déconcertant, inquiétant… À cette manif un peu foutraque, pas de « tenue correcte », ni de carton d’invitation exigé à l’entrée. On y vient dans son jus, comme on est, avec la pancarte qu’on s’est bricolée sur un coin de table. Suffit d’être en colère. C’est le principe.Beaucoup de jeunes, énormément de jeunes. Derrière la banderole « lycéens et étudiants en colère », il y a les Hommen. Une trentaine de jeunes gens marchent symboliquement enchaînés par un homme casqué en scooter… Au-dessus de leur pantalon coloré, ils sont torse nu, certains grelottent, mais ils crient pour se tenir chaud. Dans la foule qui marche, les slogans sont souvent drôles, parfois graveleux, actualité oblige. Hasard de manif, des mères de familles cathos marchent derrière un « Pendant que la France part en c… Hollande promène les siennes ». Si vous croyez que ça dérange les petites dames… La respectabilité, le bon goût, l’impression que l’on va faire au 20 h sur les médias de bon aloi, on finit par s’en battre les roupettes, justement. Parce que quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, on aura toujours tout faux. Parce que même en mettant un tutu rose, en faisant les pointes devant la caméra, en ayant l’air jeune, sympa, sexy et ouvert d’esprit, on sera toujours un facho. Parce que quand la maison brûle, on ne fait pas taire le p’tit gars qui crie « au feu » avec vous, sous prétexte qu’il mettrait ses coudes sur la table ou aurait fait une quenelle au lycée. [...]À 18 h, l’ordre de dispersion est lancé. À 18 h 10, les forces de l’ordre bloquent les avenues donnant sur la place et balancent les premiers gaz lacrymogènes. Pour apaiser la colère, sans doute ? Les grands médias, eux, n’ont rien vu, rien entendu. Quelle manif ? Quelle colère ? Préfèrent parler du dîner de gala à Bombay de madame Trierweiler que du jeûne de madame Bourges."
Un témoin raconte la scène hier soir vers 18h :
Si Valls condamne les violences, il peut s'en prendre à sa propre police. A moins que ce soit lui-même qui ait donné ces instructions."Quittant difficilement la manif par l'avenue de Villars, à hauteur du 12, au travers d'un barrage filtrant de CRS et gendarmes, j'ai vu et entendu un commandant arriver vers ce barrage et dire à ses hommes :"allez maintenant on y va !". Incroyable, car a ce moment, les intervenants étaient toujours en train de témoigner au micro et la foule les écoutait calmement.Mais au même moment j'ai vu un groupe d'hommes en noir sans signes distinctifs, passer "amicalement"ce barrage policier, arriver au contact de la foule et se retourner pour attaquer fictivement les CRS..."