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jeudi 8 décembre 2016

07 décembre 2016. Nouvelles de la Résistance. Le Prince qui n'a pas su s'attacher le Peuple !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. Un prince qui n’a pas su s’attacher le peuple sera dans l’incapacité de reprendre les rênes du gouvernement des mains des familles privées qui s’en sont emparées, de mettre le holà aux ambitions des hommes influents qui cherchent à accaparer le pouvoir, de corriger les injustices quand les récompenses échoient à ceux qui n’ont rien accompli, de restaurer les lois quand elles restent lettre morte et ne sont plus appliquées, et d’empêcher que les sanctions viennent frapper les innocents. […]."
In
HO-KOUAN-TSEU (HE GUAN-ZI ; 鹖冠子) ou Œuvres du Maître à la crête de faisan, rendu en français par :
Précis de domination par le Maître à la crête de faisan.
Traduit du chinois par Jean LEVI.
Éditions Alia, Paris, 2008, pp. 30-31.
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2. COMMENTAIRES.
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On ne sait pas qui est l’auteur de ce texte, datable du III ou IIe siècle avant J.-C. Toujours est-il qu’il contient une foule de remarques à caractère éthico-politique (ce qui, dans la civilisation chinoise forme ce que le Pr Anne CHENG appelle un continuum). J’ai extrait cette perle.
Qui est le prince, chez nous ? Il n’a pas été capable de reprendre les rênes du gouvernement et se trouve contraint de renoncer. Et il n’a pas su s’attacher le peuple qui le repousse.
Qui sont donc ces familles privées qui se sont emparé du gouvernement ? Les grands corps, les hauts fonctionnaires qui élaborent dans l’ombre des normes contraignantes auxquelles ils s’empressent d’échapper en s’octroyant des privilèges ahurissants (voir le livre de Christophe GUILLUY : le Crépuscule de la France d’en-haut, dont j’ai déjà parlé et dont je reparlerai).
A-t-il réparé des injustices en refusant de reconnaître le droit à l’objection de conscience ?
A-t-il été capable de mettre le holà aux ambitions des VALLS et des MACRON ?
A-t-il restauré les lois relatives à la laïcité (sur lesquelles les hommes politiques ne cessent de gloser, lois que personnellement je trouve stupides) alors qu’il favorise l’expression de l’islam souvent radical dans l’espace public mais ne permet pas celle des chrétiens ? (Ainsi, dans la foulée, Roland RIESS, maire de STRASBOURG, a-t-il cru bon d’enlever de l’entrée du S’Christ Kindelmärik, la plus ancienne foire de Noël de France, l’enseigne lumineuse qui portait ce titre triomphal ; voir informations diverses ci-dessous.)
N’a-t-il pas récompensé des incapables en leur conférant des responsabilités ministérielles ? Madame VALLAUD-BELKACEM a détruit, ou fini de détruire le peu quoi restait de l’éducation nationale ; c’est la championne de la langue de bois, dixit le prince déchu. N’est-elle pas encensée, flattée, honorée ?
Et que dire des sanctions qui vont s’abattre sur ceux qui veulent donner des renseignements complets sur l’avortement ?
Décidément, le Maître à la crête de faisan avait vu juste !
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Une belle méditation de CHESTERTON


dimanche 16 décembre 2012

Sima Qian toujours d'actualité !

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Sima Qian (Sseu-ma Ts'ien ; 司马迁) est un historien chinois antique (145-86 av. J.-C). Il a écrit un ouvrage monumental, le Shiji ou Mémoires historiques qui est une mine d'anecdotes, de récits, de biographies tous plus intéressants les uns que les autres, une fois que l'on a dépassé la difficulté de bien repérer les noms des hommes qu'il met en scène. (Je n'ai pas tout lu, car il n'existe pas de traduction complète de ce monument en langue française.) Les dernières biographies sont consacrées à des types sociaux plus qu'à des grands hommes. Voici le discours que SIMA QIAN met dans la bouche d'un devin qui répond à de hauts dignitaires de la Cour venus l'interroger. (La traduction, formidablement élégante est de Jean-François BILLETER.)
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 "Quant à ceux que vous, messieurs, appelez les hommes de valeur, ils devraient au contraire se voiler la face de honte ! Ils ne s'avancent qu'en rampant et leurs discours sont un tissu de flatteries. Chacun cherche à s'attacher l'autre en lui promettant pouvoir et profit. Ils se liguent contre les gens honnêtes pour s'élever, pour asseoir leur réputation et s'emparer des prébendes. Ne connaissant que leurs intérêts particuliers, ils tournent à leurs profits les décrets de leur maître et mettent les paysans en coupe réglée. Ils se servent de leurs qualités officielles pour terroriser leur monde et, maniant la loi comme bon leur semble, commettent crimes et brutalités pour s'enrichir. Ils ne valent pas mieux que des bandits dévalisant leurs victimes les armes à la main !"
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S'il vous vient spontanément à l'esprit des noms à qui le portrait s'applique, sachez que ce n'est pas une coïncidence. C'est à se demander si SIMA QIAN n'était pas aussi visionnaire que le devin Sseu-Ma Tsi-Tchou (SIMA ZICHU) qu'il met en scène dans cette terrible charge contre les élites, et s'il n'avait pas prophétisé à l'avance les maux dont notre patrie est affligée depuis plus de 30 ans. Vous noterez aussi l'extraordinaire convergence de ce portrait avec ce que LANZA del VASTO disait des courtisans et que je vous ai rapporté dans mon billet d'hier.
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Je m'absente pour 3 jours. Retour Jeudi 20 !
Bonne journée.
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mercredi 26 mars 2008

L'exemple des Romains, ou comment en prendre de la graine

Quand les Romains eurent été battus à trois reprises par Hannibal qui s'était rendu maître de presque toute l'Italie, ils n'avaient plus d'armée, les caisses de l'état étaient vides, les consuls chargés de conduire les troupes avaient été tués. La situation était désespérée.
La France, toute proportion gardée, est dans cet état là. Du reste, le Journal Marianne titre : Un Président impuissant, et sous-titre (notamment) sur la crise économique mondiale, et le lâchage des media pour expliquer la chute de popularité du chef de l'Etat.
Or voici ce que dit un auteur du XVIIIe S. (qui n'était pas un Philosophe) à propos des moyens mis en oeuvre par Rome pour redresser une situation désespérée. "Le Consul représenta que les Magistrats devaient donner l'exemple au Sénat, & le Sénat au Peuple, d'aider la République dans l'extrémité où elle se trouvait : Que le moyen d'engager les inférieurs à contribuer de leurs biens au soutien de l'Etat était de commencer par le faire soi-même : Qu'ainsi, ils devaient tous porter au trésor public leur or & leur argent. Cela fut exécuté sur le champ, & avec un tel zêle (sic), qu'à peine les Receveurs et les Greffiers pouvaient-ils suffire à l'empressement public, chacun ambitionnant l'honneur de se faire incrire des premiers. L'Ordre des Chevaliers, & ensuite le Peuple, en firent autant, sans qu'il fût besoin pour cela d'aucun Edit public".
In
De la manière d'enseigner et d'étudier les Belles Lettres, par rapport à l'esprit et au coeur. Tome quatrième. Nouvelle édition.
par M. ROLLIN.
A Paris, chez les Frères Estienne, Rue saint Jacques, A la vertu (re-sic).
1755.(Je possède les quatre tomes de cet ouvrage dans ma bibliothèque)


Et monsieur ROLLIN dit un peu avant ceci, commentant le point de vue de CICERON :
"On ne peut bien gouverner un état sans garder en tout une exacte justice".

Voilà pourquoi le paquet fiscal dans certaines de ses dispositions ne peut être reçu par l'esprit public.
Voilà pourquoi les mesures que les députés de l'ancienne législature ont prises à l'unanimité, concernant leur retraite et les indemnités qu'ils recevraient pendant des années au cas où ils seraient battus, sont tout simplement scandaleuses.
Voilà pourquoi les traitements, parachutes dorés et autres indemnités des grands patrons d'industrie ne peuvent être comprises.
Quand la nation va mal, tous et surtout les élites, doivent contribuer à son redressement. On en est hélas très loin, car "la souveraineté du Libre Arbitre", et l'individualisme lié à l'absence de références morales objectives ont triomphé de tous les scrupules. Nous n'avons pas pris exemple sur les Romains, hélas !
On a beaucoup glosé sur l'augmentation du traitement du Président de la République, alors même qu'il est avéré que cette augmentation ne coûte rien au Trésor Public, puisqu'il s'agit simplement d'un transfert dans l'affectation des fonds attribués au fonctionnement de l'Elysée. Il est clair toutefois que cette mesure était inopportune, quand bien même elle permet une plus grande transparence. Mais on a assez peu commenté les augmentations que messieurs les deputés se sont octroyées avant de partir en campagne électorale.