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jeudi 8 décembre 2011

Une fable d'actualité

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Tant pis pour ceux qui n'aiment pas la littérature chinoise. Elle recèle des trésors, et notamment de ces petites fables pleines d'humour et de sagesse. Malgré les possibles réticences de mes lecteurs, en voici une qui mérité d'être méditée (avant que je ne la commente) :
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"Il y avait autrefois un éleveur qui possédait une multitude singes.
A force de vivre ensemble, ils étaient arrivés, maître et singes, à se comprendre parfaitement. Et le maître avait pour ces animaux une telle affection que, pour les nourrir, il allait jusqu'à rogner sur les vivres de la famille.
Quand plus tard, les vivres vinrent à manquer, il fut obligé de diminuer la ration des singes. Pour prévenir leur mécontentement, il usa d'un stratagème :
-A chacun de vous, dit-il, je vais donner trois marrons le matin et quatre le soir. D'accord ?
Mais les signes firent de hideuses grimaces signifiant à leur maître que la ration était trop maigre.
Au bout d'un moment, le maître reprit :
-Puisque vous trouvez insuffisante la ration de trois marrons pour le matin et quatre pour le soir, on va faire autrement. Ce sera quatre marrons pour le matin et trois pour le soir. Cela vous va-t-il ?
Les singes, dupés par ce stratagème de PURE RHÉTORIQUE, acceptèrent l'arrangement avec satisfaction."
(LIEZI)
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Nous sommes les singes, et monsieur HOLLANDE est l'éleveur, comme le serait ou sera du reste tout successeur de l'actuel président de la République. On ne peut pas distribuer des richesses qui n'ont pas été produites. C'est l'évidence. L'éleveur de singes le sait. Pas les singes... Il est temps d'évoluer, non ? Mais le pouvoir trompeur de la parole humaine est considérable. Et la rhétorique est le bon auxiliaire des caractères mous et incertains. Quel que soit le futur président de la République, il n'aura que 7 marrons à distribuer si nous ne changeons pas notre manière de créer des richesses. Il n'y en a pas 36, mais un nombre assez restreint, parmi quoi il faut compter le travail. On en est loin.
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C'est tout pour aujourd'hui.
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lundi 8 mars 2010

Histoire de la hache

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Voici un petit apologue chinois qui ne cesse de m'interpeller. Je vous souhaite autant de plaisir à le lire que j'en ai eu à le découvrir.
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"Un homme ayant perdu sa hache soupçonna le fils de son voisin de la lui avoir dérobée. Plus il y pensa, plus il le crut. A force d'y penser, la démarche, la mine, les paroles, tous les faits et gestes de ce garçon, lui parurent ceux d'un voleur. Or, ayant vidé sa fosse à fumier, il y trouva sa hache. Le lendemain, quand il revit le fils de son voisin, il lui trouva l'air du plus honnête garçon qui fût." (Liezi, III ; traduction du RP L. WIEGER.)
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Voilà ce me semble un conte qui offre matière à réflexion, et tout spécialement dans le champ politique. Celui qui a tort, qui exploite, qui vole, est toujours l'autre, à qui nous prêtons des sentiments tordus, des manoeuvres honteuses et souterraines, que nous accusons de nous spolier, jusqu'au jour où, retroussant nos manches, et fouillant dans notre vie, nous découvrons que nous avons une petite part de responsabilité dans ce qui nous advient. Bien entendu, l'effort sur nous-même n'efface pas la réalité des conflits surgissant de la divergence des analyses, mais il permet ce réduire celles-ci aux dimensions du réel, et non de l'étendre à l'imaginaire.
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J'attends avec impatience vos réactions.
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