Affichage des articles dont le libellé est Peine de mort. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Peine de mort. Afficher tous les articles

vendredi 23 novembre 2012

Droit positif et droit naturel en Ouganda

-
Chers amis, je vous invite à signer la pétition (voir adresse ci-dessous) destinée aux autorités ougandaises qui veulent prendre une loi punissant de mort les homosexuels.


Je me permets, sans ironie, croyez-le bien, de vous inviter avec cette pétition à comprendre la différence qu'il y a entre les lois prises au nom du droit positif, édictées en conformité avec une Constitution politique, et le droit naturel qui interdit d'ôter la vie à aucun être humain. Dans le débat sur le mariage pour tous, il est bon de réfléchir à ces deux positions extrêmes que sont d'une part l'attribution aux homosexuels d'un bien qui en toute justice ne leur est pas due, et de l'autre l'infliction d'une peine qui au nom du droit naturel est indigne et doit être combattue par tous les moyens.

Et je vous demande ainsi de reconnaître qu'il y a dans mes propos une certaine cohérence.
-
Par ailleurs, je répondrai aux commentaires de TIPPEL par un billet.


mardi 28 juin 2011

Réponse à la question d'un lecteur

-
Que pensez-vous de la peine de mort, me demande un(e) lecteur (trice) dans un commentaire fait hier ? Je note d'abord qu'il (elle) en est partisan(ne), qu'il (elle) donne des exemples effroyables de crimes horribles, et qu'à entendre leur description, on comprend l'envie qui nous prend de supprimer les monstres qui les ont commis. Mais CORATINE sait que je suis un farouche opposant à la peine de mort
-
Je vais essayer d'expliquer le plus clairement possible pourquoi. La peine de mort peut satisfaire à deux fins : (a) la prévention des crimes ; (b) la réponse de la société, une fois le crime commis. Il faut donc examiner l'adéquation de la peine et des objectifs visés.
-
Pour autant que j'ai pu lire sur le sujet, il ne semble pas que la peine de mort ait un effet dissuasif sur les sujets violents, souvent compulsifs, qui agissent sous le coup de la colère ou de la passion, et qui de toute façon espèrent bien échapper à la peine en se cachant, en fuyant, en faisant usage de toutes les astuces qu'un esprit faux peut avoir en tête. Il s'agit là du premier type de crime, que l'on peut ranger dans la catégorie des "crimes passionnels". Il y a aussi les crimes prémédités. Ils soulèvent bien des questions. Planifier, organiser un meurtre suppose un sang-froid et une cruauté glaciale. Ce sont en général des pervers qui en sont responsables. La mort ne leur fait pas plus peur que la mort qu'ils infligent à autrui, et là encore, je doute de la valeur dissuasive de la peine capitale. Je ne parle pas des crimes affreux commis par les esprits dérangés. Là encore, effet dissuasif nul. Il faut toutefois signaler que du temps où elle existait, la peine de mort empêchait les truands de tuer les policiers ou les membres des forces de l'ordre pour se protéger. C'était là un réel effet dissuasif.
-
La réponse de la société aux crimes et criminiels consiste à retrancher de la société des hommes, des hommes qui ne sont plus jugés dignes d'en faire partie. Il s'agit là tout simplement de l'assouvissement de l'esprit de vengeance lequel ne résoud rien. Elle suppose qu'il n'y a pas de rédemption possible pour ces criminels. J'ai là à dire deux choses : la première, c'est qu'un homme convaincu de crime, et de crime affreux, doit être privé de liberté, effectivement, réellement, et pour le restant de ses jours, sans possibilité de libération anticipée. Il faut pour cela disposer de prisons adaptées qui ne transforment pas les prisonniers en bêtes fauves, prêtes à tout ; la seconde est qu'infliger la mort à un criminel revient à estimer qu'il lui est impossible de changer, qu'il n'y a pas de rédemption possible pour lui. Or l'histoire pénitentiaire montre qu'en prison, condamnés à mort ou non, souvent se convertissent et finissent comme des saints ou des mystiques. On connaît l'histoire de Jacques FESCH qui rentrent dans la catégorie des premiers. On connaît moins l'histoire de ce responsable khmer rouge qui a rencontré la foi, a demandé pardon à ses victimes et accepte par avance le jugement des hommes. En somme, il ne faut jamais désespérer de l'homme, jamais l'enfermer dans un acte ou dans une parole, fussent-ils criminels.
-
Je ne sais pas si j'ai répondu à CORATINE de manière satisfaisante. Mais j'ai essayé de le faire le plus honnêtement possible.