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mardi 13 septembre 2022

BILLET DU 13 SEPTEMBRE 2022. DES REALITES UNIVERSELLES : LE BIEN ET LE MAL !

 Nous vivons en un monde où, de plus en plus clairement, la notion de bien et de mal n'a plus aucun sens. La raison de cet état de chose, qui, du reste, rend impossible le service du bien commun, vient de ce que dans l'esprit de nos contemporains l'exercice de la liberté précède celui de la raison. Un être raisonnable ne prendra pas la liberté d'égorger quelqu'un qui ne pense pas comme lui en matière de religion. Il rentrera en lui-même et examinera la fameuse règle d'or, formulée dans nombre de civilisations et qui s'énonce comme il suit : ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fît. Voici un petit extrait d'un ouvrage en tous points remarquables qui illustre la chose :


"Le bien et le mal moral sont des réalités objectives et universelles, fondées sur la vérité même des choses. Ils précèdent le choix libre de l'homme et ne dépendent pas plus de lui que n'en dépend sa propre existence, puisqu'il n'est ni sa propre origine ni sa propre fin. Le discernement du bien et du mal prend donc la forme d'une "re-connaissance" ou d'une connaissance participée.

(...).

L'esprit humain est ainsi fait qu'il ne peut se satisfaire d'un pur donné positif. Il désire connaître la raison d'être. Le positivisme moral et juridique, qui détache la loi de tout fondement rationnel (ou du moins qui réduit la raison à un rôle purement instrumental et procédural dans la détermination des normes éthiques) est une violence faite à l'esprit libre. Pire. En niant tout absolu au fondement de l'ordre moral, il entretient une étroite complicité avec le nihilisme. Si la justice a un sens et si la loi est autre chose qu'un compromis provisoire entre des intérêts divergents, nous ne pouvons bâtir l'édifice moral, politique et juridique sans nous interroger sur la solidité des fondations."

A plusieurs reprises, j'ai cité des extraits de cet contribution du Père Serge Thomas BONINO, dans un ouvrage capital intitulé "A la recherche d'une éthique universelle". Académie d'éducation et d'étude sociales (Collection "Histoire essentielle"), François-Xavier de GUIBERT, Paris, 2012.

Cette réflexion me paraît essentielle à la conduite d'une vie saine. Ainsi, il est évident que nous ne sommes pas aujourd'hui responsables, en tant que Français, des initiatives prises par les trafiquants d'esclaves du XVIIIe siècle. La culture dite Woke ne changera rien au fait qu'il s'est trouvé des tribus et clans Africains qui ont vendu leurs frères à des "négriers". La tribu des SONINKE par exemple, à laquelle appartient madame TRAORE, pour ne citer qu'elle. Ses ancêtres ne se sont pas privés de faire le commerce de leur frère (ou plus exactement d'Africains appartenant à des tribus dominées ; Cf : https://www.persee.fr/doc/jafr_0399-0346_2000_num_70_1_1219 . Eh bien je ne dis pas que madame TRAORE est responsable de l'esclavage. Mais je lui dénie absolument le droit de dire que nous, Français contemporains, nous le sommes.

De même, considérant les données de l'anthropologie, il apparaît que l'espèce humaine est faite d'hommes et de femmes. Aucune loi, aucun droit positif ne saurait changer ce fait de réalité. Monsieur le ministre de l'Education nationale devrait sans doute considérer la chose, avant de promouvoir la théorie du genre et la promotion de la transition d'un sexe à l'autre.



mardi 13 janvier 2009

Mes lecteurs ont la parole

Voici le commentaire qu'a fait l'un de mes lecteurs, au billet intitulé "à l'intention d'Eugénie". Je trouve cette contribution fort intéressante.
Né en 1949, Alain Finkielkraut est le fils unique d'un maroquinier juif polonais déporté à Auschwitz. En 1987, La défaite de la pensée marque le début de sa critique de la « barbarie moderne », se déployant volontiers dans l'horizon de pensée d'Hannah Arendt. Pour reprendre le qualificatif que Péguy s'attribuait à lui-même, Finkielkraut est un « mécontemporain », ne pensant que contre l'air du temps. Dans cet ouvrage, le philosophe s'attache à montrer comment le mot « culture », entendu comme l'activité spirituelle et créatrice de l'Homme a cédé devant le relativisme culturel qui désormais nivelle tous les modes d'expression humaine en les valorisant pareillement. L'abandon du caractère universel de la Culture, que préconisait les philosophes des Lumières, telle est cette « défaite de la pensée » qui s'est effectuée en deux temps. Il s'agit pour le philosophe d'analyser le malaise dans la culture, qui va grandissant « car la culture, c'est la vie associée à la pensée. Mais aujourd'hui il est courant de nommer culturelles des activités d'où la pensée est absente ». L'auteur se demande comment on en est arrivé là. Il dénonce l'impasse du « tout culturel » qui confond selon lui toute activité avec un fait de culture et la politique du « tout culturel » du Ministre de la culture de l'époque (Jack Lang).
Bien évidemment, j'adhère en totalité à ces propos. La culture ne se consomme pas. La culture est une activité de pensée. La culture requiert un effort. Et, n'en déplaise aux relativistes de tous poils, la culture est universelle comme l'est la pensée qui la sert. Merci à ce lecteur qui répond au joli pseudonyme de Fourmi pour ces propos marqués au coin du bon sens philosophique.