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samedi 26 janvier 2019

Vendredi 25 janvier 2019. Note pas très brève : le temps des dénonciateurs et le temps du courage


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Le temps des délateurs et des dénonciateurs n’est pas mort. Le temps des imbéciles fleurit toujours à longueur de bave et de fureur. Le temps des courageux subsiste en de rares personnes, dignes de notre admiration et de notre soutien.
Madame Agnès THILL fait partie de ces femmes courageuses. Elle est député LREM, et elle a osé, contre la meute des imbéciles qui semblent former la masse des godillots de ce pseudo-parti, s’élever avec vigueur et sans langue de bois, dire très fort qu’elle était opposée à l’extension de la PMA aux couples de lesbiennes.
Monsieur GRIVEAUX, vous savez le ministre porte-parole du gouvernement, qui dit ne pas pouvoir se loger à Paris en raison de la modicité de ses revenus, mais qui est quand même candidat à la mairie, s’oppose en ces termes à madame Agnès THILL :
"Insupportables et méprisantes paroles d’Agnès THILL à l’égard des mamans et des enfants comparés à des médicaments. Ces mots blessent des familles et viennent nourrir tous les préjugés ignobles que je continuerai à combattre inlassablement. Effectivement, ça suffit."
Qu’a donc dit madame THILL qui justifie une telle attaque ?
"On me dit : elles en ont envie. Mais est-ce que la médecine a vocation à répondre à une envie ? Un enfant n’est pas un médicament. C’est un être humain. Elles souffrent. J’entends bien qu’elles souffrent. Mais qu’est-ce qu’on fait si un drogué souffre ? On lui donne de la drogue ?"

Alors je vais répondre à cet imbécile patenté de Benjamin GRIVEAUX par la bouche de Simon LEYS ceci (merci à Jean-Claude MICHÉA et André PERRIN, dans l’ouvrage duquel le premier cite LEYS dans une admirable Préface) :
"La passion policière qui poussent certaines gens à dénoncer voisins, parents, relations ou collègues ne trouve de véritable exutoire que dans les périodes de bouleversements, de guerres, d’occupations, etc. Mais même en temps normal, elle n’en demeure pas moins latente chez les ratés, les envieux et les médiocres et constitue un phénomène singulier qui mériterait d’être mieux étudié. La vénalité en est rarement absente, mais ce serait une erreur d’y voir un moteur exclusif ; dans ce genre de démarche, en effet, la recherche d’avantages personnels s’augmente d’autres mobiles non moins puissants : des sentiments d’infériorité ou de frustration (sur qui la seule apparence du succès chez autrui vient agir comme une intolérable provocation), le désir de se donner de l’importance, une forme d’exhibitionnisme, et surtout un respect inné du pouvoir, de l’Ordre établi, des Autorités, l’instinct flic, la haine de tout ce qui apparaît non conforme, différent, hétérodoxe, hérétique." (Tiré du livre de Simon LEYS, Images brisées.)

Monsieur GRIVEAUX émet une opinion personnelle de condamnation, mais n’analyse pas la PMA comme un objet de réflexion et de possibles discussion. Il parle à partir de son nombril de sous-ministre, poste auquel il tient énormément, et il condamne un messager, sans envisager la qualité de son message. C'est un homme rempli de préjugés, et ses préjugés, eux, sont vraiment ignobles (au sens étymologique). Madame THILL argumente. On peut contester son argumentation (personnellement, je ne le ferai pas, car elle a, philosophiquement parlant, parfaitement raison), mais on argumente, monsieur GRIVEAUX, on ne condamne pas, comme vous le faites, du haut de son petit trône, lequel, en langue française, a différentes acceptions, dont toutes ne sont pas royales.


dimanche 15 juin 2008

Je ne l'ai pas fait exprès...

Je vous jure qu'avant d'avoir acheté le livre qui donne l'extrait (que je vais commenter) d'un ouvrage de Simon LEYS, je ne le connaissais pas. Souffrez que je vous narre ma découverte ! Thierry WOLTON, un spécialiste réputé des relations internationales, a publié, en 2007, un livre intitulé Le grand bluff chinois (Robert Laffont, Paris). Le trouvant d'occasion, j'achète ce livre. Page 15 du dit ouvrage, une époustouflante citation de LEYS. Voici l'extrait que WOLTON approuve et reprend à son compte : Les idéologues occidentaux se servent de la Chine maoïste comme les philosophes du XVIIIe se servaient de la Chine confucéenne : c'est un mythe, une projection abstraite et idéale, une utopie qui permet de dénoncer tout ce qui va mal en Occident et d'en prendre le contre-pied en s'économisant la peine de penser soi-même. (Simon LEYS. Bâtons rompus. In Essais sur la Chine, Collection Bouquins. Robert Laffont, Paris, 1998).

L'étonnant de ce constat, c'est qu'il fait un lien explicite entre l'idéalisme des Lumières, la perte de contact avec le réel, les aberrations utopiques des grandes têtes pensantes qu'ont été les SARTRE, Roland BARTHES, Philippe SOLLERS, avec tant d'autres bonnes valeurs à la bourse des éditeurs parisiens, la dispense de la réflexion et de la pensée, et l'approbation ou l'ignorance des crimes les plus abominables de STALINE ou de MAO.

Je vous jure que je ne connaissais pas cet extrait. Maintenant, je me sens moins seul. Et en bonne compagnie. Car Simon LEYS est un des plus fins connaisseurs de la Chine qui soient. Il ne fait pas de bruit. Il ne s'étale pas dans les journaux télévisés, il ne se vautre pas dans les scandales. Il s'informe et il pense. Maintenant, vous comprenez peut-être pourquoi je m'acharne sur ce fatal XVIIIe S., et en relation avec ses errements intellectuels, pourquoi je ne cesse de dénoncer notre complicité avec les horreurs staliniennes et maoïstes, les méfaits de l'idéologie, pourquoi j'insiste sur la nécessité de partir des faits pour penser. J'exulte !

Je reviendrai sur le livre de WOLTON, dans le prolongement de ce que j'ai dit du livre du CAI CHONGGUO il y a quelques jours. Mais voici tout de même le plan de cet ouvrage admirablement documenté : La mise en condition ; le Bluff politique ; le Bluff économique ; le Bluff commercial ; le Bluff social ; le Bluff pacifique ; Un dragon de papier.

Allez ! Bon dimanche.