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mercredi 5 novembre 2014

05 novembre 2014. Nouvelles de la Résistance. Une remarque judicieuse d'Alexandra David-Néel

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Et d'abord la devise :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.
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Je ne me lasserai jamais de lire et de relire le récit du voyage qu'entreprit Alexandra DAVID-NEEL depuis les confins du TIBET oriental jusqu'à LHASSA, en compagnie de son fils adoptif YONGDEN. Alexandra a un style simple, coloré, direct, visuel. Il nous suffit de fermer les yeux pour qu'avec elle, nous frissonnions en les traversant les sombres forêts peuplées de mystère qui couvrent les flancs des montagnes tibétaines, qu'avec elle nous gravissions les pentes enneigées qui conduisent aux très hauts cols ou que nous longions les rivières roulant des eaux furibondes au fond de gorges étroites. (Sans atteindre à la perfection d'un Nicolas BOUVIER, Alexandra occupe un rang plus qu'honorable dans la hiérarchie des écrivains voyageurs.)

Le voyage eut lieu en 1917.

Les choses ont bien changé aujourd'hui, puisque LHASSA est desservie par une ligne de chemin de fer qui part de GOLMUD et traverse à des altitudes insensées le désert d'herbe.



Dans son récit, Alexandra décrit un fragile et improbable pont qui, à CHOWA franchit le POLOUNG TSANGPO et elle remarque qu'il est décoré de "minuscules banderoles en papier" porteuses d'inscriptions, et d'affiches elles aussi inscrites.On peut y lire des formules poétiques, pieuses ou magiques. Et elle conclut sa description comme ceci (je garde l'orthographe originelle) :

"Les Thibétains tout comme les Chinois aiment à décorer les ponts, les routes et les sites remarquables de leur pays avec des inscriptions d'un caractère poétique, religieux ou philosophique.Certains voyageurs ont cru devoir tourner cette coutume en ridicule ; je les comprends mal. Quelques lignes de subtile poésie, comme les Chinois excellent à en écrire, une sage pensée, gravées sur un pittoresque, l'image d'un Bouddha en méditation, peinte dans une caverne ou même flottant au vent à un carrefour, un simple ruban de papier portant l'antique mantra sanscrit : Sarva mangalam (joie à tous), me semblent infiniment préférables aux réclames prônant des jambons et des liqueurs qui décorent les pays occidentaux."
In
Alexandra DAVID-NEEL [de SAINT-SAUVEUR, si l'on tient compte du nom de son mari qu'elle a planté allègrement, sans cesser du reste de lui écrire, souvent pour lui demander de l'argent.]
Voyage d'une parisienne à Lhassa.
[Nombreuses éditions dont la suivante : Press Pocket/Plon, N°2095, Paris, 1982. Page 273.]
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2. Commentaires.
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Alexandra est morte plus que centenaire à DIGNE. J'ai visité à plusieurs reprise sa demeure, sous la houlette de "Tortue", nom qu'elle avait donné à la fidèle amie qui la servit sur les dernières années de sa vie. A plus de 90 ans, Alexandra montait encore au lac d'ALLOS pour y passer la nuit, des nuits qui lui rappelaient sans doute celles qu'elle passa dans des cavernes, sous les arbres, ou encore sous la petite tente qu'elle transporta avec elle lors de son voyage avec son fils adoptif.
Elle n'a pas pu voir la désolation qui s'est abattue sur les abords de nos grandes villes, dans ces zones dites commerciales, où des panneaux publicitaires vantent aux badauds les mérites de ceci ou de cela. L'horreur absolue en matière de goût, d'urbanisme, d'atmosphère sereine ! Les "créatifs" qui ont pondu ces affreuses publicités n'ont qu'un but : pousser à la consommation, pour servir les intérêts de leurs commanditaires.
Eh bien je dois dire que je préférerais voir flotter, au sommet de grands mâts, des banderoles inscrites sur lesquelles je pourrais lire de belles pensées forgées par des philosophes de tous les pays. Il n'en manque pas. Au lieu de cela, une pin-up qui ne cache rien de ses formes vante les qualités d'un réfrigérateur, un athlète musclé désigne aux gringalets que nous sommes les appareils qui nous ferons de beaux biceps, sans parler des "réclames" pour des conserves qui nous proposent des cassoulets ou des choucroutes meilleures ou presque que celles de nos grands-mères.
Bien sûr, il n'est pas question de supprimer ces publicités. Mais sans exercer de censure, on pourrait au moins en limiter le nombre, sans faire intervenir la réglementation ou les lois (le remède serait pire que le mal. )C'est au bon goût des "créatif" qu'il faut faire appel, c'est au respect du public aussi. Est-ce trop demander ?
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3. Informations.
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Faute d'idées, des élus du PS diffament : le cas de VERSAILLES (via le Salon beige).

Dans le dernier bulletin municipal, les élus PS de Versailles accusaient deux conseillers municipaux d’avoir demandé au maire de la ville s’il contrôlait l’orientation sexuelle des animateurs que la municipalité embauche. Les deux conseillers municipaux mis en cause, membres du groupe Versailles Famille Avenir, ont réagi.
Ces propos n'ont pas été tenus, selon les enregistrements du conseil, car les conseils municipaux de Versailles sont enregistrés. La majorité municipale a donc fait réécouter la bande aux élus des deux camps ce mardi. Verdict : ces propos n’ont pas été tenus. Au cours du conseil municipal, Fabien Bouglé a demandé au maire ce qu’il comptait faire pour "éviter que le lobby LGBT n’infiltre les personnels", mais pas s’il comptait contrôler l’orientation sexuelle des animateurs.
Fabien Bouglé promet que s’il ne reçoit pas des excuses publiques de la part des élus socialistes, il compte saisir le procureur de la République et porter plainte pour diffamation. Isabelle This Saint Jean, la chef de file des élus PS, assure qu'elle était de bonne foi...
Quand il ment, un élu socialiste est toujours de bonne foi : "phobie administrative", par exemple ! Ou encore "c'est pas facile" ! Ou encore "je n'ai pas de compte à l'étranger" !




mercredi 9 novembre 2011

Suite orientale

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Dans les années 1930, un voyageur allemand, Egon Erwin KISCH visitait la Chine. Il était assez proche et même très proches de ceux des Chinois qui croyaient au communisme. Mais son regard était acéré et il était assez bien documenté.
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On apprend dans le livre qui relate son voyage, La Chine secrète (Gallimard, Paris, 1935), qu'il y avait à l'époque 2 499 00 fuseaux chinois, 1 821 000 fuseaux japonais et 178 000 fuseaux anglais dans les filatures installées sur le sol du Céleste Empire. Il consacre un chapitre de son ouvrage aux Enfants à l'usine. Après avoir décrit les conditions qui sont faites aux ouvrières et enfants qui travaillent dans les filature, puis décrit une scène terrible où l'on voit un groom chinois, un gamin, qui veille sur les entrées et sorties des clients dans un bar, s'amuser à taper sur les coolies qui s'arrache le client à transporter dans leur rickshaw, il reprend : "Mais retournons à la filature, chez les condamnés à perpétuité. Ici, la notion de perpétuité est prise dans un sens plus littéral que dans le code pénal : le nouveau-né gît sous le métier à tisser, la petite soeur surveille le métier à filer, la maman travaille au dévidoir, la grand-mère coud les ballots. Et c'est ainsi que s'écoulera ta vie, bébé, selon la loi qui t'échut en partage."
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Les choses n'ont guère changé, au bébé près. Les ouvriers travaillent dans les mêmes conditions ; ils sont houspillés par les mêmes contremaîtres pour le profit de quelques privilégiés, et celui des exportations . Quand ils sont exténués de fatigue, usés par les heures de veille, on les renvoie.
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Permettez-moi, lecteurs attentifs qui avez la bonté de lire ces billets, de vous rapporter une Parabole qui nous vient du TIBET, et qui ressemble étrangement à ce que dit Simone WEIL ; je la dois à un ami alsacien qui vient juste de m'envoyer un diaporama magnifique :

"J'ai regardé au loin ! J'ai vu quelque chose qui bougeait. Je me suis approché. J'ai vu un animal. Je me suis encore approché. J'ai vu un homme. Je me suis encore approché, et j'ai vu que c'était mon frère."
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Souvenez-vous de la Parabole du Bon Samaritain. Jésus ne dit-il pas à propos de l'homme laissé pour mort sur le bord du chemin : "De qui cet homme a-t-il été le prochain ?" Il a été le prochain du schismatique, honni des juifs orthodoxes ; il a été le prochain du Samaritain. Ma fois, je trouve une certaine analogie avec les situations dont nous discutons depuis deux ou trois jours.
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Bonne soirée.

jeudi 16 avril 2009

Travaux pratiques chinois

Il existe dans la Chine contemporaine des intellectuels remarquables et courageux qui agissent dans l'espace public en conjuguant les trois aspects sous lesquels tout problème de l'existence doit être résolu ; je vous les rappelle : le réel, l'idéel, et le virtuel. Je résume pour vous l'affaire TENZIN DELEK, avant de voir comment un groupe de ces intellectuels a agi pour y trouver des solutions acceptables.
Le vénérable lama TENZIN DELEK et l'un de ses compagnons, des opposants tibétains, sont injustement condamnés à mort, accusés de vouloir détruire l'ordre social. Le procès s'est déroulé dans des conditions iniques ; les procédures légales n'ont même pas été suivies ; le droit chinois - parce qu'il en existe un sur le papier - n'a pas été suivi. WANG LIXIONG, un spécialistes des questions tibétaines prend l'initiative avec vingt-trois autres intellectuels chinois de publier une "Lettre de proposition" qui réunit finalement cent quarante-sept signatures. Ces hommes et femmes courageux lancent un appel pour que TENZIN DELEK soit jugé équitablement, ils offrent au condamné les services du très célèbre avocat ZHANG ZHISI. Dans leur esprit, il s'agit de poser un geste de reconciliation entre les peuples HAN et TIBETAINS. Ils ne doutent pas que si des penseurs, chercheurs, philosophes proposent ainsi un pacte de coopération avec les TIBETAINS au nom de la dignité des peuples, il peut en résulter une atténuation des préjugés et des incompréhensions entre les deux peuples. Leur initiative, en outre, peut faire pression sur les autorités communistes, une pression populaire venant de leur propre ethnie, et susceptible de favoriser l'ouverture d'un dialogue entre le gouvernement du Dalaï Lama et les autorités de PEKIN. Les signataires concluent la "Lettre de proposition pour une révision de la condamnation à mrt des vénérables TENZIN DELEK et LOBSANG DHONDRUP, envoyée à l'Assemblée Nationale Populaire, la Haute Cour de Justice Populaire et la Cour d'Appel de la Province de SICHUAN" comme il suit : Garantir un traitement judiciaire équitable à TENZIN DELEK ne peut avoir que des effets positifs pour le pays, pour les peuples chinois et tibétains, ainsi que pour la crédibilité de notre système judiciaire.
Cette lettre illustre à la perfection, selon moi, ce que je disais dans le billet intitulé : "le réel, l'idéel et le virtuel".
Les signataires, en protestant, offrent au pouvoir une résistance. Ils tiennent eux-même compte des institutions susceptibles d'infléchir le cour des événements : Assemblée Nationale Populaire, Haute Cour de Justice Populaire, Cour d'Appel du SICHUAN. Ce sont les organismes qui font la loi et l'appliquent. Ce sont eux les points de résistance à toute modification du jugement. Voilà donc le réel auquel sont confrontés WANG LIXIONG et ses amis.
Ils s'y opposent, car ils constatent un décalage entre ce que dit la loi et la manière dont elle a été appliquée. Leur sens de la justice, la conscience aiguë qu'ils ont des Droits de l'Homme, est le moteur de leur action. C'est l'idée même qu'ils se se font d'une société harmonieuse qui est bafouée. En outre, en cette période de renouveau confucéen, c'est le principe même de la réciprocité confucéenne qui est offensé par ce déni de justice, c'est la culture chinoise dans ce qu'elle a de beau et noble qui est bafouée. Et voilà bien l'idéel qui intervient dans l'action.
Bien entendu, ils savent que la réconciliation entre les peuples tibétains et chinois n'est pas pour demain. Il s'agit d'un rêve, d'un très beau rêve, qui relève POUR L'INSTANT du virtuel, et se tient en un inaccessible horizon. Mais il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.
Ces intellectuels sont pour nous des modèles. Ils font partie de ces hommes qui font espérer en l'humanité. Je n'ai pas pu savoir si TENZIN DELEK et LOBSANG DHONDRUP ont vu leur peine commuée en prison. Mais je sais que nous devrions soutenir leurs initiatives, et ne pas nous laisser impressionner par le poids démographique ou économique (très discutable, je l'ai déjà dit) de la Chine. Grande nation, mais pas plus grande qu'aucune autre nation, la Chine mérite mieux que l'image qu'en renvoient au monde entier ses dirigeants !

vendredi 11 avril 2008

Le Tibet, la Chine, l'histoire

La Dalaï Lama vient d'affirmer avec force que les Jeux Olympiques sont dus à la Chine. Nous ne pouvons être plus royalistes que le Roi. J'admire cet homme de paix qui ne désire rien d'autre pour son peuple que le respect de ses traditions, de sa langue, de sa culture, de sa religion. Les dirigeants chinois auront-ils la sagesse d'entendre cette voix ? Jupiter aveugle ceux qu'ils veut perdre ! Rien n'est moins sûr par conséquent.
En revanche, il me paraît absolument indispensable de faire savoir par tous les moyens possibles au peuple chinois les exactions dont leurs dirigeants se sont rendus coupables à l'égard des Tibétains : lettres, mails, discussions, et par-dessous tout, dignité dans la révolte, et respect de ce grand peuple qu'est le peuple chinois.
Et puis il me souvient que l'Occident, Angleterre en tête, n'est pas en mesure de donner trop de leçons. N'est-ce pas le Général anglais YOUNGHUSBAND qui rentra au Tibet, avec ses troupes, à la fin du XIXe S., arriva à LHASSA et réduisit à quia les Tibétains, après quoi ils interdirent l'entrée du pays à tout étranger ? Il me souvient avoir vu la photo tremblée d'un général tibétain, habillé de la robe traditionnelle laissant une épaule dégagée. Un genou en terre, frappé à mort, la jambe fracassée par une balle anglaise, il était l'image même du courage impuissant, de la noblesse d'âme et de la résistance à l'oppression. Malheureusement je n'ai pas pu retrouver dans mes 4500 et quelques livres, celui qui montre cette photo. Je vous promets de vous présenter la dès que je la trouve.
Je suis absent pour quelques jours et reprendrai les billets le 18 avril.

mercredi 9 avril 2008

Manque, impair et rouge

J'ai attribué par erreur à monsieur ROGGE un jugement qu'il faut attribuer à un diplomate chinois en poste à Paris, lequel qualifiait les manifestations organisées sur le passage de la flamme olympique d'expression d'une haine pour la Chine. Manque d'informations vérifiées aboutit à un impair ; je prie mes lecteurs et monsieur ROGGE (si par un hasard des plus extrêmes, il a lu mon billet d'hier) d'accepter mes excuses.
Encore une fois, disons et redisons notre admiration pour une culture multiséculaire, pour un peuple industrieux, travailleur, souvent en butte soit aux éléments déchaînés ou encore, écrasés par des tyranneaux, qu'ils s'appellent mandarins ou cadre du parti communiste. Aujourd'hui c'est à eux que les citoyens chinois doivent rendre des comptes sur tous les domaines de leur vie, y compris les plus intimes ou les plus personnels, comme celui du nombre d'enfants. Ne confondons surtout pas les intellectuels chinois rebelles au système avec ces cadres rouges, souvent corrompus, cyniques mais rarement cultivés.
Honneur à la Chine éternelle ! Honte à ses dirigeants actuels.
Ceci étant dit, le Comité Olympique International est dans une situation intenable ; elle était prévisible. On ne donne pas un brevet d'honorabilité à une tyrannie. C'est ce qu'il a fait. Il persiste à maintenir les jeux à PEKIN, à refuser toute forme de manifestation politique, à faire la moindre allusion au TIBET. A vrai dire, il n'a plus guère le choix. Comme la charte olympique bannit toutes références politiques, comme la télévision chinoise est muselée, comme les opposants sont jetés en prison, comme il n'y a pas de presse libre, les citoyens chinois resteront dans l'ignorance des méfaits de leur pays au TIBET, et - c'est un travers du peuple chinois - comme ils ont une tendance à la xénophobie, que celle-ci sera attisée par les médias officiels, le ressentiment chinois ne fera qu'aggraver la situation. Il n'y a pourtant qu'une seule issue la négociation avec le Dalaï Lama, avant qu'il ne soit trop tard.
Et oui, manque, impair et rouge !