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mardi 8 avril 2014

Nouvelles de la Résistance : Veillée nationale ce soir

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Non, vous l'aurais-je assez dit, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche d'être vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.

Ce soir grande veillée nationale des Veilleurs sur Culture et démocratie. Voici un texte que je me propose de lire en un lieu de veillée que je vous révélerai demain. Pour les Parisiens, le rassemblement se fera à la Fontaine Saint-Michel.

"[…]. Aussi monsieur SAUVY a-t-il parfaitement raison d’affirmer que l’information est d’une importance capitale en démocratie : elle est le seul lien qui puisse rassembler les individus en « société », le seul qui les articule plus ou moins les uns aux autres, le seul qui les avertisse des événements dont la connaissance importe aux conduites qu’ils doivent tenir. L’information coïncide avec la démocratie moderne et il n’est pas extraordinaire qu’elle en expulse peu à peu les trois pouvoirs qu’on attribue au système, pour s’agglutiner finalement à la puissance qui dirige le régime et dont nous savons qu’elle est toujours tyrannique et arbitraire, quel que soit l’aspect anonyme ou déclaré qu’elle revêt. Démocratie et information vont de pair. L’une et l’autre sont symétriquement irréelles.

            L’information est aussi indispensable aux régimes démocratiques contemporains et réciproquement que ne le sont entre eux l’avers et le revers d’une médaille. C’est la démocratie qui fait surgir l’information et c’est l’information qui permet la survie du système au titre d’élément décoratif d’un autre régime qui n’a pas encore reçu de nom : elle lui infuse un semblant d’existence parce qu’elle est perceptible, audible et visible. Les individus plongés dans la « société » de masses que la démocratie a fait surgir de l’Ancien Régime à microgroupes ont désormais en commun quelque chose qui les rassemble mais dont la précarité doit être renouvelée à chaque instant : le contraire des valeurs immanentes à la vie quotidienne et à ses finalités, la nouveauté, le choc émotionnel enrobé dans une conception imaginaire de l’existence sociale ou encore les changements incessants que « l’évolution » apporte au système de lois et de règlements qui enserre les citoyens dans ses rets et qui s’efforce de canaliser leurs comportements subjectifs en multipliant et en reserrant les maille de son filet par de perpétuelles « réformes de structure »."

Marcel De CORTE.
L'intelligence en péril de mort.
Edition du Club de la culture française, Paris, 1969. (Je possède et j'ai lu dix fois ce livre remarquable !)
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2. Commentaires.
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Je conviens avec vous que ce texte est dense et d'approche difficile. Il n'entend pas condamner la démocratie, mais les démocraties contemporaines, tout entières plongées dans le relativisme, et le combat des factions à coup d'idéologie pour la prise du pouvoir. En vérité, nous vivons sous le régime du relativisme le plus agressif, ce relativisme dont MUSSOLINI disait "qu'il est le fascisme" (je garantis l'authenticité de cette citation).
Nous avons besoin d'une information complète et non pas filtrée par des journalistes peu scrupuleux, des journalistes qui baignent dans leur ego boursouflé (heureusement, il y en a qui sont honnêtes) ; cette information ne peut se cantonner à nous faire prendre de connaissance de faits (soigneusement sélectionnés) et immédiatement, absolument contemporains de l'instant où ils sont diffusés. Ainsi et par exemple, les journaux télévisés dans leur forme sérieuse ou caricaturale, attaquent directement ou à mots couverts les ringards que seraient les cathos qui croient à la Parole du Maître, mais ils se gardent bien de nous montrer les photos des djihadistes syriens en train de jouer au football avec les têtes des chrétiens de KASSAB qu'ils ont décapités au nombre de 13. Je les ai vue,s ces photos, et je n'ai pas osé les publier dans un billet, tout simplement parce que l'on ne peut pas jouer sur l'émotion, bien compréhensible, pour faire avancer la vérité, mais l'on doit prendre du recul devant l'événement pour en voir toute l'horreur et toute la signification historique.
Une peau de saucisson dans une mosquée, et nous avons droit à une levée de boucliers des bien-pensants. Attention, je ne dis pas que j'approuve ce geste, mais je n'approuve pas davantage les profanations des églises qui, en nombre croissant, sont taguées, voient leur tabernacle brisé, leurs statues cassées, les chandeliers renversés, les bénitiers souillés d'excréments ou d'urine. Ces faits sont vérifiables (L'observatoire de la Christianophobie nous en donne des exemples pratiquement chaque semaine). De ces faits, nul ne nous informe. C'est bien le vice fondamental de la démocratie contemporaine qui n'a plus de démocratie que le nom et qui n'est qu'une forme terrible, insidieuse et révoltante de la servitude imposée par une minorité. à une majorité. La collusion entre les politiques, les journalistes et les puissances d'argent ou les sociétés de pensée empêche que la vérité des faits ne soit divulguée. Il n'y a donc pas d'information, sans parler, bien entendu, des mensonges historiques dont on bourre le crâne de nos enfants.
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3. Infos sur la résistance.
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Les lieux des veillées.

73 veillées sont organisées demain en simultané dans toute la France, sur le thème "Culture et démocratie". A quelques exceptions près, toutes commencent à 21h :
  • Ajaccio – Cours Napoléon (20h30)
  • Angers – Place du Ralliement
  • Annecy – Place de l’Hôtel de Ville
  • Arras – Beffroi place des Héros
  • Auch – Allées d'Etigny
  • Beauvais – Parvis de l’Hôtel de Ville
  • Bergerac – devant le Palais de Justice
  • Blois – Place de la République
  • Bourg-en-Bresse – (lieu à venir)
  • Bourges – Parvis de la Mairie
  • Cambrai – Parvis de l’Hôtel de Ville
  • Carhaix – Place de Latour d’Auvergne
  • Carpentras – Parvis de la Mairie
  • Chalon-sur-Saône – Place de l’Hôtel de Ville
  • Chambéry – Place du Château
  • Chartres – devant le monument à la mémoire de Jean Moulin (face à la Médiathèque)
  • Châteauroux – Place de la République (20h30)
  • Chatou – Gare, côté Choissy (20h30)
  • Cherbourg – devant le Théâtre (20h30)
  • Clermont-Ferrand – Place de Jaude
  • Cognac – Place François 1er
  • Colmar – Koïfhus
  • Dreux – devant la Sous-Préfecture
  • Evron – devant la Mairie
  • Haguenau – (lieu à venir, 20h30)
  • Houilles – Gare RER (20h30)
  • Jérusalem (ISR) – Consulat de France (18h30, heure locale)
  • Lamotte-Beuvron – Parvis de la Mairie
  • Laval – devant la Mairie
  • Le Mans – Place de la République (20h30)
  • Le Puy-en-Velay – Place Cadelade
  • Lille – Place de l’Opéra
  • Limoges – Place d’Aine
  • Londres (UK) – Hyde Park, face à l’Ambassade de France
  • Lons-le-Saunier – Place de la Liberté
  • Loudéac – Place de l’église
  • Lyon – devant l'Opéra
  • Mâcon – Quai Lamartine
  • Maisons-Laffitte – Gare RER (20h30)
  • Marseille – Ombrière du Vieux Port
  • Metz – Place d'Armes
  • Mont-de-Marsan – devant la Préfecture (20h)
  • Montélimar – Allées Provençales
  • Montluçon – Place Piquant (18h30)
  • Montpellier – devant la Préfecture
  • Nantes – Cours des 50 Otages
  • Orléans – Esplanade de la France Libre
  • Niort – Place de la Brèche
  • Paris – Fontaine Saint Michel
  • Pau – Place Clémenceau
  • Périgueux – Place André Maurois
  • Quimper – Médiathèque des Ursulines
  • Rambouillet – Parvis de la Gare
  • Roanne – Place de l'Hôtel de Ville (20h30)
  • Rennes – Parvis de la Gare
  • Rodez – devant la Préfecture
  • Saint-Etienne – Place de l’Hôtel de Ville
  • Saint-Marcellin – Kiosque du centre-ville
  • Saint-Raphaël – Espace Delayen (20h30, parking Bonaparte)
  • Sartrouville – Place de la Gare
  • Sceaux – Coulée Verte (93-97 rue Houdan)
  • Sélestat – Place Vanolles (cinéma)
  • Strasbourg – Place du Château (20h)
  • Toulon – Place de la Liberté
  • Toulouse – Place du Capitole
  • Tours – Place Jean Jaurès
  • Tréguier – Place de la Cathédrale
  • Troyes – devant l'Hôtel de Ville
  • Valence – Parvis de la Mairie
  • Valenciennes – Place d’Arme
  • Vannes – au pied des Rempart, côté Préfecture
  • Vienne – Place de l'Hôtel de Ville
  • Villefranche-sur-Saône – Place des Arts




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mercredi 16 septembre 2009

Ce soir ou jamais, une bonne émission de France 3

Jamais je n'avais regardé cette émission. C'est une erreur. Animée par Frédéric TADDEI elle réconcilie les téléspectateurs avec la télévision qui, pour une fois, ne sont pas pris pour des imbéciles. L'animateur est brillant, sympathique, respectueux de ses invités. Il ne leur coupe pas la parole, ne cherche pas à les déstabiliser, sait les mettre en valeur.
Her soir donc, autour de la table, Marin KARMITZ, Matthieu KASSOWITZ, Hélène CIXOUS, Isamïl KADARE et un jeune philosophe qui répond au prénom de Cédric. Frédéric TADDEI met une question en débat, et chacun est invité à donner son avis.
Première question : la série de suicide à France Télécom. Il y en a eu 23 en 18 mois. C'est beaucoup, c'est trop. Et même s'il reste à prouver que tous ses suicides sont imputables aux difficultés rencontrées par les désespérés dans leur travail, il est avéré que nombre d'entre eux le sont effectivement. Cédric, en quelques mots, résument bien les erreurs de la direction : infantilisation, confiscation de la parole, gestion pré-totalitaire de l'entreprise qui se prend pour sa propre fin. Hélène CIXOUS rajoute déshumanisation, et perte d'identité. Les autres invités paraphrasent ces deux interventions, surtout celle de Cédric.
Deuxième question : faut-il laisser numériser par GOOGLE tous les livres de toutes les bibliothèques ? Consensus général pour dire que la numérisation facilite l'accès au savoir, en facilite la diffusion, permet de consulter des ouvrages rares ou inaccessibles. Plus grande réticence quant au monopole de fait que GOOGLE est en train de s'approprier. Cette société est la seule qui dispose des moyens techniques et financiers susceptibles de mener à bien le projet. Cédric, de nouveau, intervient. GOOGLE, dit-il, est en train de numériser la planète et petit à petit, cette numérisation va couper les hommes du réel, et de l'expérience du réel. Un livre s'annote, se perd, se brûle, se déchire. Il est soumis à d'autres influences que celles de notre propre pensée. Pas un livre numérisé. Les invités insistent tous sur le fait que conférer ce monopole à une société privée revient à lui donner tout pouvoir. GOOGLE a numérisé les rues, les bâtiments, les reliefs, les fleuves (GOOGLE Earth) et toutes sortes d'autres données. Sa frénésie de stockage de toutes les connaissances humaines relève d'une intention totalitaire. Mais, pour moi, le plus grand danger est bien la perte de contact avec le réel. Olibrius peut comprendre ici ce que j'ai si mal dit sur le réel. Un livre se perd, s'annote, se brûle, se déchire. Pas un livre virtuel numérisé et dupliqué, caviardé peut-être par celui qui l'a mis en boîte électronique. Il est alors un objet mort que l'on ne peut s'approprier, par aucun moyen.
La troisième question me semblait moins actuelle. Il s'agissait de savoir si les autorités américaines ont ou non dissimulé des informations importantes concernant les attentats du 11 septembre. La discussion m'a semblé relever des présupposés idéologiques des uns et des autres. Deux conclusions importantes émergent de tout cela. L'une vient d'Hélène CIXOUS : on interroge jamais l'anti-américanisme sous-jacent manifestement à cette question. Ce serait intéressant et utile de le faire (sans le dire explicitement, elle soulève la question de l'idéologie). L'autre, de nouveau, vient de Cédric, reprise et commentée par les autres invités : il est légitime de se poser des questions, mais il est peu raisonnable d'anticiper les réponses.
Je connais bien Cédric, et pour cause. Il est le deuxième fils de mon épouse, restée veuve à l'âge de 29 ans avec trois enfants. Nous n'avons pas toujours les mêmes opinions. Mais c'est un philosophe dont on reparlera. Retenez bien son nom : Cédric LAGANDRE. Et si la philosophie politique vous intéresse, lisez son récent essai "La société intégrale", paru début septembre aux éditions Climats/Flammarion. Aucune obligation bien sûr. Mais si vous commencez la lecture de cet ouvrage, vous verrez très rapidement son intérêt.

jeudi 16 avril 2009

Travaux pratiques chinois

Il existe dans la Chine contemporaine des intellectuels remarquables et courageux qui agissent dans l'espace public en conjuguant les trois aspects sous lesquels tout problème de l'existence doit être résolu ; je vous les rappelle : le réel, l'idéel, et le virtuel. Je résume pour vous l'affaire TENZIN DELEK, avant de voir comment un groupe de ces intellectuels a agi pour y trouver des solutions acceptables.
Le vénérable lama TENZIN DELEK et l'un de ses compagnons, des opposants tibétains, sont injustement condamnés à mort, accusés de vouloir détruire l'ordre social. Le procès s'est déroulé dans des conditions iniques ; les procédures légales n'ont même pas été suivies ; le droit chinois - parce qu'il en existe un sur le papier - n'a pas été suivi. WANG LIXIONG, un spécialistes des questions tibétaines prend l'initiative avec vingt-trois autres intellectuels chinois de publier une "Lettre de proposition" qui réunit finalement cent quarante-sept signatures. Ces hommes et femmes courageux lancent un appel pour que TENZIN DELEK soit jugé équitablement, ils offrent au condamné les services du très célèbre avocat ZHANG ZHISI. Dans leur esprit, il s'agit de poser un geste de reconciliation entre les peuples HAN et TIBETAINS. Ils ne doutent pas que si des penseurs, chercheurs, philosophes proposent ainsi un pacte de coopération avec les TIBETAINS au nom de la dignité des peuples, il peut en résulter une atténuation des préjugés et des incompréhensions entre les deux peuples. Leur initiative, en outre, peut faire pression sur les autorités communistes, une pression populaire venant de leur propre ethnie, et susceptible de favoriser l'ouverture d'un dialogue entre le gouvernement du Dalaï Lama et les autorités de PEKIN. Les signataires concluent la "Lettre de proposition pour une révision de la condamnation à mrt des vénérables TENZIN DELEK et LOBSANG DHONDRUP, envoyée à l'Assemblée Nationale Populaire, la Haute Cour de Justice Populaire et la Cour d'Appel de la Province de SICHUAN" comme il suit : Garantir un traitement judiciaire équitable à TENZIN DELEK ne peut avoir que des effets positifs pour le pays, pour les peuples chinois et tibétains, ainsi que pour la crédibilité de notre système judiciaire.
Cette lettre illustre à la perfection, selon moi, ce que je disais dans le billet intitulé : "le réel, l'idéel et le virtuel".
Les signataires, en protestant, offrent au pouvoir une résistance. Ils tiennent eux-même compte des institutions susceptibles d'infléchir le cour des événements : Assemblée Nationale Populaire, Haute Cour de Justice Populaire, Cour d'Appel du SICHUAN. Ce sont les organismes qui font la loi et l'appliquent. Ce sont eux les points de résistance à toute modification du jugement. Voilà donc le réel auquel sont confrontés WANG LIXIONG et ses amis.
Ils s'y opposent, car ils constatent un décalage entre ce que dit la loi et la manière dont elle a été appliquée. Leur sens de la justice, la conscience aiguë qu'ils ont des Droits de l'Homme, est le moteur de leur action. C'est l'idée même qu'ils se se font d'une société harmonieuse qui est bafouée. En outre, en cette période de renouveau confucéen, c'est le principe même de la réciprocité confucéenne qui est offensé par ce déni de justice, c'est la culture chinoise dans ce qu'elle a de beau et noble qui est bafouée. Et voilà bien l'idéel qui intervient dans l'action.
Bien entendu, ils savent que la réconciliation entre les peuples tibétains et chinois n'est pas pour demain. Il s'agit d'un rêve, d'un très beau rêve, qui relève POUR L'INSTANT du virtuel, et se tient en un inaccessible horizon. Mais il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.
Ces intellectuels sont pour nous des modèles. Ils font partie de ces hommes qui font espérer en l'humanité. Je n'ai pas pu savoir si TENZIN DELEK et LOBSANG DHONDRUP ont vu leur peine commuée en prison. Mais je sais que nous devrions soutenir leurs initiatives, et ne pas nous laisser impressionner par le poids démographique ou économique (très discutable, je l'ai déjà dit) de la Chine. Grande nation, mais pas plus grande qu'aucune autre nation, la Chine mérite mieux que l'image qu'en renvoient au monde entier ses dirigeants !

mercredi 15 avril 2009

Le réel, l'idéel et le virtuel

Il y a trois manières d'envisager les problèmes de l'existence, et parmi eux, les problèmes politiques : en tenant compte du réel, en voulant l'idéel, en rêvant le virtuel. Il est très vraisemblable que les solutions qui font sens à ces problèmes tiennent compte de ces trois aspects. Elles deviennent alors des solutions idéales. L'erreur vient toujours de la négligence que l'on manifeste pour l'un d'eux.
Le réel est ce qui nous résiste. A cet égard, en matière sociale, le réel c'est tout aussi bien les manifestations des uns que les propositions de loi des autres. Des deux côtés s'expriment les résistances, et il faut bien en tenir compte. La grande erreur des marxistes est de penser qu'il suffit de créer des "rapports de force", comme ils disent, pour emporter la victoire. La grande erreur des réalistes est d'ignorer que l'homme n'est pas un être de nécessité mais un être de désir, comme le disait BACHELARD.
L'idéel est ce qui nourrit l'idéologie et l'esprit de système. Que de l'observation des faits l'on tire des interprétations et des généralisations propices à nourrir l'action, est tout à fait normal. Mais que l'on veuille à toute force faire rentrer les faits dans des systèmes d'idées préconçues est faux. La grande erreur des socialistes (de certains, plus exactement), est d'ignorer le réel, et de croire (car c'est une croyance) qu'il suffit d'avoir un système d'idées préconçues et de l'appliquer, pour voir se résoudre toutes les difficultés, notamment sociales. Mais le réel se venge. Il résiste, on l'a dit. Et l'idéologie érigée en système de gouvernement est vouée à l'échec. Il est impossible d'appliquer démocratiquement un système imaginé par tel ou tel idéologue, sans voir aussitôt les individus et les groupes réagir pour en contourner les aspects les plus rugueux. Le système, donc, n'est applicable que par la contrainte, et même la contrainte policière. La Chine, Cuba, la Corée du Nord sont d'excellents exemples de l'idéel porté à son paroxysme, et déconnecté de tout réel.
Le virtuel, hélas, est rentré dans la vie, par le moyen des jeux vidéos, des films ou de la littérature de science fiction. Comme les concepteurs de virtuel sont de très fins psychologues, ils parviennent à rendre les adolescents dépendants de mondes qui n'ont pas la moindre chance de jamais voir le jour. Le virtuel, c'est le rêve éveillé. Faut-il pour autant négliger la part de rêve dans les projets personnels ou politiques ? Certes pas, à une condition, c'est de savoir qu'il s'agit d'un moteur pour l'action, mais non d'une fin en soi. Car la vie nous apprend à en rabattre. Martin Luther KING le disait : "I had a dream" ; j'ai fait un rêve. Il n'a pas eu le temps de vivre assez longtemps pour le voir se réaliser en partie. Car il y a des rêve qui ne sont pas fous. Tout le problème est dans le discernement.