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DROITS ET DEVOIRS, OU LA PRÉSENCE DE L’AUTRE.
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Le hasard fait bien
les choses, à moins que ne ce soit la Providence, en qui j’ai du reste plus de
confiance. Je rangeais (un peu) l’affreux fouillis de ma bibliothèque lorsque j’ai
retrouvé ce petit opuscule, d’où j’extrais à votre intention ce passage.
"Les Droits de l’homme et les devoirs qu’ils
impliquent assurent la dignité et la cohérence de la vie des individus humains.
Ils sont une expression essentielle du propre
de l’homme. À l’heure actuelle, cependant, nous les avons mis en danger.
Doublement : d’abord en obscurcissant la relation nécessaire que les
droits ont avec les devoirs. Nous voulons les droits, mais nous rechignions
devant les devoirs, en nous aidant de la psychanalyse, interprétée à
contre-sens. D’autre part, chacun, média aidant, se persuade que ses droits
sont aussi illimités que ses désirs. L’individualisme a lancé la formule :
j’ai droit à. En l’occurrence, j’ai
droit à l’enfant parfait, selon la représentation que je m’en fais. Ainsi, nous
nous assimilons à notre désir quel qu’il soit et à notre imaginaire même s’il
est chimérique, et tout ce qui ne les satisfait pas est mauvais, donc rejeté.
Nous ne prenons pas le temps de chercher plus loin que ces leurres, toujours
changeants, toujours insatiables et inapaisés. Le moi disparaît dans ce mouvement incontrôlé, parce que le désir et l’imaginaire,
qui sont en nous des forces précieuses, s’égarent quand ils courent dans n’importe
quelle direction. Nous ne nous voyons plus, nous ne vivons plus avec nous-mêmes et en nous-mêmes, parce que nous ne voyons plus l’autre, nous ne vivons plus réellement avec lui. Chacun,
devenu un atome social, force le jeu du désir et de l’imaginaire parce que sa
solitude lui fait peur le plus souvent."
Janine CHANTEUR.
Peut-on parler d’un
propre de l’homme ?
In
L’animal et l’homme. À
propos des xénogreffes. Colloque 18 et 19 octobre 2002. Centre Sèvres. Facultés
jésuites de Paris. Philosophie/Éthique. Médiasèvres, Paris, 2003 (Page 77, d’un
article qui va de la page 73 à la page 80.)
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COMMENTAIRES.
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Vous remarquerez la consonance
de ce passage avec l’extrait du livre de Cédric LAGANDRÉ, que j’ai livré dans
mon billet de lundi. Le droit de a
été remplacé par le droit à, sans
aucune considération pour l’autre (les autres citoyens, l’enfant à venir, par
exemple). J’ai moi-même utilisé le terme d’atome social, repris ici par Janine CHANTEUR
(Professeur émérite de philosophie morale et politique à la Sorbonne) ce que j’ignorais.
Il est urgent de
réapprendre à penser. Avec des Marlène SCHIAPPA, des BELLOUBET, des CASTANER et
autre GUERIBIU, nous en sommes loin… Mais on n’est pas obligé de les écouter,
et encore moins d’y obéir.