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dimanche 13 octobre 2019

Dimanche 13 octobre 2019. Du droit de au droit à, ou la mort du politique.


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Chers lecteurs,

Toutes affaires cessantes (au pluriel) je vous invite à vous procurer ce petit livre qui, de mon point de vue, est d’une importance capitale. Il s’intitule : Du contrat sexuel. Il a pour auteur Cédric LAGANDRÉ. Et il vient d’être publié aux Presses Universitaires de France, Paris, en ce mois d’octobre. L’auteur est agrégé de philosophie.
J’en extrais, intentionnellement, ce passage qui éclaire d’un jour cru le grand débat sur la PMA. Il n’en est pas question dans cet ouvrage, et c’est donc de manière indirecte qu’il intéresse le sujet.

"Francis WOLFF note que la prolifération des droits à (l’éducation, la santé, au logement) qui depuis la Seconde Guerre mondiale se sont substitués aux droits de (aller et venir, s’associer, pratiquer sa religion) témoigne d’un affaissement de l’idée d’égalité politique, l’important dans ces revendications étant moins l’égalité des droits à l’égard de la puissance publique que les exigences particulières de l’individu pris comme instance ultime du droit. (L’auteur donne ici la référence du livre de WOLFF, et il développe alors son analyse.) Les « droits à » ne sont pas redistribués égalitairement par la puissance commune, mais découlent de l’individu lui-même. En tant qu’individu et non en tant que membre de la communauté politique, il a droit à la jeunesse et au bonheur, individu-Léviathan (allusion manifeste au livre de HOBBES) à qui tout est dû et à l’égard de qui la puissance commune est toujours en défaut. Le renversement est complet : l’individu conscient de soi est, de fait, le fruit de la communauté ; mais par l’effet de la désymbolisation de la culture occidentale, voilà que cet individu assigne la communauté en justice pour être seulement réel, au lieu d’idéal.
Le droit répare ce qui peut l’être, tout ce qui comme dit KANT, relève de « la contrainte extérieure réciproque » : il n’a pas pour mission, ni pour légitimité d’embrasser la totalité de la réalité, ni de la reconstituer selon ses propres normes. C’est pourtant ce qui se produit quand les catégories juridiques deviennent folles, et, s’autofondant magiquement, font en leur propre nom un procès au réel. Le renversement des « droits de », fondés sur la Cité, en « droits à » fondés sur eux-mêmes, est l’expression de la résolution du politique, jugé partout obsolète — le politique ayant ayant apparemment trouvé sa solution finale — dans un nouvel ordre moral."
Pages 67 à 69.

Vous noterez que dans ce passage capital, l’auteur utilise la notion d’individu, pris au sens d’atome social, isolable, confiné dans son propre désir, et non la notion de personne, entendue comme sujet social (et donc politique). Vous remarquerez ensuite que le basculement des « droits de » aux « droits à » s’accompagne de l’instauration d’un nouvel ordre moral lequel consiste en réalité détruire l’altérité, à ignorer que l’homme n’est pas seul, mais qu’il est pris dans un réseau de relations qui l’ont constitué et dont, en dépit de tous ses efforts, il ne peut se déprendre.
Et c’est dans ce petit chef-d’œuvre d’analyse que Cédric LAGANDRÉ démontre ceci : qu’il n’y a pas de sexualité proprement humaine sans compréhension profonde de l’altérité qui trouve son achèvement dans l’acte sexuel.
Pour être honnête, je dirai enfin que je connais bien Cédric, puisque je suis son beau-père. Il n'est en rien un sympathisant des thèses attribuées à la droite, aux réacs, aux cathos, aux culs coincés, etc. Je puis vous l'assurer. Ce serait plutôt le contraire ! Simplement, il pense, il est nourri des analyses de la politique qu'ont faites les auteurs grecs, sans aucun doute. Mais pas que... Bref, c'est un esprit libre. 

mardi 20 février 2018

20 février 2018. Nouvelles de la Dissidence. Gare à l'égalité ! La cité peut en crever.

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ARISTOTE nous dit sur l’égalité (qu’il appelle, soyons honnête et probe « unité »), des choses incontournables, mais qu’hélas les élites imbéciles de la république à la française, imbibées de ressentiment purement idéologique, mais nullement désintéressées, ne peuvent ou ne veulent voir.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Mais il est manifeste que si elle s’avance trop sur la voie de l’unité, une cité n’en sera plus une, car la cité a dans sa nature d’être une sorte de multiplicité, et si elle devient trop une, de cité elle retourne à l’état de famille, et de famille à celui d’individu. On peut dire, en effet, que la famille est plus une que la cité, et l’individu plus un que la famille. Si bien que, serait-on à même de réaliser ce but, on devrait se garder de le faire, car ce serait mener la citer à sa perte. La cité est composée de gens qui non seulement sont plus nombreux que dans la famille, mais aussi qui diffèrent spécifiquement entre eux ; une cité en effet n’est pas formée de parties semblables : une alliance militaire et une cité sont deux choses différentes. […]."
In
ARISTOTE.
Les Politiques. Traduction et présentation de Pierre PELLEGRIN. Nouvelle édition. (GF N°490.)
GF Flammarion, Paris, 2015. (Page 153.)
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2. COMMENTAIRES.
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On rougit d’avoir à rappeler de telles évidences que les penseurs politiques, et jusqu’à tout récemment Hannah ARENDT, n’ont cessé de rappeler : un corps politique est une multiplicité, non pas une unité réductible à une collection d'individus identiques. Le dire ne signifie aucunement que la cité doit être en état de guerre permanente entre les membres multiples qui la composent ; cela signifie que la cité doit reconnaître la multiplicité et la différence, et ne pas s’acharner à vouloir au nom de l’égalité, à nier l’une et l’autre. Nous n’y pouvons rien : un homme n’est pas une femme ; un excellent violoniste n’est pas un excellent menuisier, un très bon plombier n’est pas un très bon dentiste. C’est à force de vouloir gommer ces différences que la république française a fini par remplacer la nécessaire hiérarchie des fonctions sociales, par la séparation entre ceux qui de manière irresponsable décident, au nom d’un savoir d’expert, et ceux qui exécutent au motif qu’on a décidé pour eux ce qui étaient bon, sans leur demander leur avis. Réduire le corps politique à l’unité, c’est ne plus considérer que des individus, des atomes sociaux soumis au mouvement brownien des élections, des manipulations médiatiques, de l’idéologie, et du vide de pensée abyssal dans lequel les plonge l’idolâtrie de la consommation.
Je dînais hier soir avec un jeune homme qui s’interrogeait aussi bien sur son avenir que sur la situation politique du pays. Nous parlions de l’école de vie qu’est le scoutisme pour des milliers de jeunes, filles et garçons. Et dans ses propos apparaissait en filigrane que la merveille du scoutisme, c’est la prise en compte de la différence des talents, c’est aussi l’existence d’une hiérarchie, une hiérarchie de service, car il ne viendrait à l’esprit d’aucun chef de patrouille (CP) d’exiger que les jeunes de sa patrouille soient à son service. Du reste, je me rappelle aussi les paroles d’un CP, Benoît, qui disait qu’il avait charge d’âmes.
En somme dans les constats si simples d’ARISTOTE, il y a une sagesse humaine impérissable pour l’humanité, mais hélas oubliée de ceux qui devraient être nos guides et nos pasteurs, et ne sont finalement que des sortes de despotes dont il faudrait que nous léchassions les pieds à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche.
Oui, il faut qu’il y ait des responsables politiques. Oui, il est nécessaire que nous leur obéissions pour autant qu’ils servent le bien commun dont l’horizon n’est point borné par les élections à venir, mais tout simplement par l’histoire des hommes et des générations futures.
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3. REVUE DE PRESSE CURIEUSE OU SCANDALEUSE.
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La guerre des mémoires, ou la réécriture de l’histoire.

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Le pari bénédictin ; Rod DREHER s’explique.


Il a parfaitement raison ! Nous en reparlerons quand le cycle consacré à ARISTOTE sera bouclé, avec un nouveau cycle consacré au livre remarquable de Bertrand VERGELY intitulé Traité de résistance pour le monde qui vient, suivi par un cycle DREHER.
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Le sang des martyrs.

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Un grand évêque ! Le cardinal SARAH.

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Pour le respect des différences.

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Folie humaine !

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Les fausses nouvelles diffusées par Media, copain de MÉLENCHON.


Messieurs, on peut venir du 93 et porter une veste ; décidément, votre haine pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à de bonnes manières, qualifiées par vous de bourgeoises, est tout simplement ridicule. Voyez-vous, la bonne éducation n’est pas l’apanage des bobos qui, eux, la veulent revendiquer, mais n’en ont aucune.
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Intéressant à lire.

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Soutenons cette initiative.




mercredi 17 mai 2017

17 mai 2017. Nouvelles de la Résistance. Pour un autre genre de vie, sauver la personne, faire mourir l'individu

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Nous poursuivons le cycle consacré au livre de Marc WEINSTEIN,
L’évolution totalitaire de l’Occident. Sacralité politique I.
Hermann, Le Bel Aujourd’hui, Paris, 2015.

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LES CITATIONS DU JOUR.
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Thèse 3. Le totalitarisme, y compris néolibéral, se définit d’abord non par la terreur ou la répression policière, mais par la loi du mouvement absolu vers la superfluité de l’homme, loi en vertu de laquelle la technoscience tend à produire la domination-Une de la détermination objective et l’indivision (unification) technoscientifique de la société (dissociété technoscientifique).

"Venons-en maintenant à l’objectivité. En proie à ce que BAUDELAIRE nomme la « fatuité moderne », la science incline volontiers à considérer que l’objectivité est l’apanage du modernisme et que les civilisations traditionnelles n’ont connu, en matière de savoir, que leur pure subjectivité ; Mais si, d’une manière ou d’une autre, lesdites civilisations n’avaient pas eu accès à la connaissance de leur monde « objectif », comment auraient-elles fait pour y aménager leur vie ? En réalité, toutes les sociétés humaines ont aspiré d’une façon ou d’une autre à connaître le monde. « Cet appétit de connaissance objective, dit Claude LÉVI-STRAUSS, constitue un des aspects les plus négligés de la pensée de ceux que nous nommons “primitifs”. S’il est rarement dirigé vers des réalités du même niveau auxquelles s’attache la science moderne, il implique des démarches intellectuelles et des méthodes d’observation comparables. » (In La pensée sauvage. Plon, Paris, 1962, p. 13)." (Page 137.)

"La présente exploration des profondeurs structurelles du totalitarisme (c’est-à-dire de la manière dont la technoscience, l’État et l’économie tendent à créer de l’indivision sociale en objectivant le pouvoir social) ne doit pas masquer les moments où la structure affleure à la surface, s’y manifestant par des symptômes précis : novlangue, eugénisme, culte de la vitesse et de l’urgence, collaboration des victimes, discours du « il n’y a pas le choix » (car « l’économie a ses lois »), mégalomanie et gigantisme objectifs, fonctionnement obsessionnel du social, superfluité de l’homme, etc. Parmi les grands signes du syndrome totalitaire, on trouve aussi le motif de la fin. Pour certains marxistes, le communisme était la fin de l’histoire, pour les néolibéraux la fin de l’histoire se réalisait à l’inverse avec la chute du communisme." (Page  169.)

"Si la tendance à indiviser (unifier) le social sous la pression de la domination objective des oligarchies technoscientifiques et technocratiques caractérisait déjà le totalitarisme nouveau-libéral, il faut préciser que la tendance était avant tout nationale (et nationaliste). Le néolibéralisme a ceci d’original qu’il donne à la science une dimension transnationale, globale, mondiale." (Page 179.)
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2. COMMENTAIRES.
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Je vous concède que ces citations demandent à être lues attentivement. Néanmoins qui ne voit que sous couvert d’égalité, on tend à unifier le social, à transformer chaque être humain que dis-je ? à le conformer à un modèle abstrait élaboré par des groupes de savants, financiers, politiciens, de façon à uniformiser mondialement les modes de consommation, les pratiques sociales, les façons de penser ? (Notez ici l'accumulation des verbes utilisant les syllabes FORMER). Et ce à un point tel qu’il est pratiquement impossible aujourd’hui de dire que la souveraineté nationale est un bien sans se faire taxer de xénophobe, d’islamophobe, d’extrême-droite, que sais-je encore ?! En vérité, ce qui manque à la plupart des penseurs politiques et à ceux qui les écoutent, c’est une conception saine de l’anthropologie, une conception qui dépasse les sectarismes. Les luttes pour le pouvoir, les grandes batailles d’idées sont en réalité des batailles de polochons dans un dortoir de gamins. Il y a une distinction, notamment, qui semble complètement échapper à nos importants : celle du genre et de l’espèce. Il est possible d'être Français et de tenir à sa province !
Pour un penseur chrétien l’homme est fait pour la vie éternelle, et il ne peut y parvenir que s’il développe à leur plus haut point les qualités naturelles qui dorment en lui et ne demandent qu’à être éveillées. Il est assez symptomatique de voir que les grecs utilisaient le mot aletheia pour désigner la vérité, un mot qui signifie sortie du sommeil. Autrement dit, il est impossible de considérer qu’un homme est échangeable ou interchangeable ou inutile. Concevoir la politique à travers le prisme de l’économie est la pire des manières de faire vivre la cité. Le politique a pour obligation de réveiller l'homme qui sommeille en chacun, de le remettre debout. Il n'a pas pour but de remplacer les hommes par des robots (ce que nous sommes en train de faire : la voiture sans chauffeur est un exemple grotesque de cette prétention à se passer de l'homme).
Allons plus loin. Retournons à des modes de vie qui tiennent compte de la subjectivité sociale. Pourquoi faudrait-il, en matière d’enseignement, que les méthodes, les programmes, les horaires, les dates de vacances soient uniformisées pour tout un pays (avant de l’être un jour pour tous les citoyens des grands ensembles imaginés par les grossiums) ? Les modes de vie d’un provençal ne sont pas (enfin, pas encore !) ceux d’un homme du nord, le climat de leur petite patrie respective est différent, l’histoire locale reste encore (pour combien de temps) présente aux esprits, cela suffit à créer des différences signifiantes et utiles à tous.
Pourquoi faudrait-il laisser crever les centres des villes moyennes, en promouvant (toujours sous la pression de l’économisme) les zones marchandes périphériques ? Quel citoyen aura le courage de s’associer à d’autres citoyens, des familles à d’autres familles, dans sa ville, ou dans son bourg, pour garantir sous forme de groupement d’achat, un revenu minimum à un "petit" marchand de fruits et légumes, un chausseur ou un charcutier et faire vivre ainsi le cœur de la cité ? Quel maire aura l’audace d’attirer dans sa commune des commerces et des services, en garantissant à ceux qu’il attire, des conditions fiscales avantageuses (municipalisation des fonds de commerce en déshérence, location à bas prix des pas de porte ainsi libérés, exemption ou forte diminution de la taxe d’habitation, accès privilégié aux appels d’offre communaux, etc.)
La liberté en général, et la liberté politique en particulier supposent que les divers pouvoirs qui croient à leur savoir objectif, acceptent que le corps politique puisse avoir d'autres choix que ceux qu'ils considèrent comme objectifs et nécessaires.
Si nous laissons crever la notion de personne, la notion de sujet social, au profit de l’individu, simple atome social consacré à la consommation, je ne donne pas cher de notre civilisation. Il faut sauver la personne et faire crever l'individu.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Analyse intéressante, très intéressante même !

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A blackbouler sans hésiter !


jeudi 20 février 2014

Nouvelles de la Résistance : vont-ils enfin nous écouter ?

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La devise pour commencer :

Non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.

Nous l'emprunterons à Benjamin CONSTANT :

"[L'effort de la société moderne] est de faire que chaque individu soit son propre centre. Or, quand chacun est son propre centre, tous sont isolés. Quand tous sont isolés, il n'y a que de la poussière. Quand l'orage arrive, la poussière est de la fange." (De la religion considérée dans sa source, ses formes et ses développement. Préface), cité par T. TODOROV.
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2. Commentaires.

Quand on analyse les décisions prises par les hommes politiques depuis 50 ans, on ne peut que constater ceci qui laisse rêveur : du général de GAULLLE au Président POMPIDOU, les décisions et lois ont toujours intéressé le bien commun et le corps politique des Français pris dans leur ensemble. L'élection de Valéry GISCARD d'ESTAING a marqué un tournant dans la conception de la responsabilité politique : il fallait en avoir une drôle en effet, pour instaurer un "Ministère de la qualité de la vie", comme si l'Etat était en mesure de contribuer au bonheur en prenant des mesures concernant l'individu (et non la personne) pris comme un isolat dans une foule anonyme. Du général de GAULLE qui refusait de faire rembourser la pilule contraceptive par la sécurité sociale avec ce mot qui est bien de lui (Ah non ! on ne rembourse pas le plaisir !) à nos socialistes qui font de l'avortement un droit inaliénable, il y a, vous en conviendrez un immense fossé. Je vous en laisse apprécier la largeur et la profondeur.
Nous en sommes arrivés aujourd'hui à un point où tout l'effort de l'Etat socialiste (mais pas seulement lui) consiste - et c'est un paradoxe - à ne considérer que les individus pour répondre à leurs désirs, et non pas à voir le bien commun qui suppose l'existence de liens de toutes sortes : familiaux, sociaux, professionnels, culturels, amicaux, etc. fondements mêmes d'une société vivante. La seule conception qu'ils ont de cette dernière est celle d'un agrégat d'atomes dont le rassemblement suffit à former une "nation" (mot horrible) et non point une patrie. Cette incapacité à voir qu'une patrie est comme un corps vivant au sein duquel circule des informations et des sentiments, qu'il fonctionne par échanges, interactions, rétroactions positives ou négatives, nous ramène (a) au communautarisme qui est le très pâle substitut de la patrie, (b) aux revendications des individus groupés en lobbies dont le seul ciment est la défense d'intérêts catégoriels, (c) à la mort des corps intermédiaires (à commencer par la famille, les groupements spontanés que sont des associations autonomes [indépendantes des subventions publiques pour leur survie] - qu'elles soient professionnelles, culturelles, ou politiques), (d) au totalitarisme devenu nécessaire pour assurer la cohésion  sociale d'individus qui ne savent plus ou pas pourquoi ils vivent ensemble.
Accabler les socialistes ou les libéraux (qui ont sur l'homme pratiquement la même pensée) de tous les maux est vain et de plus injuste. Ils ne sont que les héritiers de ce mouvement né à la Renaissance (!), amplifié par DESCARTES, codifié et installé pendant les prétendues Lumières, culminant à la Révolution, et engendrant ce système impossible qu'est la République française, un mouvement qui place le "moi" ou plus précisément l'ego au centre de la vie de chacun de nous. Hélas, comme le dit si bien CONSTANT, cela n'aboutit qu'à créer un tas de sable, dont les flots de l'histoire mondiale qui montent sous nos yeux pourraient bien avoir sous peu raison en le transformant en tas de fange.
Mais la nature humaine est ainsi faite que rien ne peut vraiment la détruire, n'en déplaise à ce fieffé imbécile bernanosien qu'est Vincent PEILLON. Les Français n'ont plus que du désintérêt quand ce n'est pas du mépris, pour tous ces pantins qui s'agitent dans les couloirs des Palais nationaux et s'imaginent qu'il suffit de parler, de communiquer, d'avoir des mots, pour que le réel se plie à leurs fantasmes. Le système ressemble à un moulin qui broie du vent. Les Français, rois mondiaux de la débrouille, se passent de plus en plus de leurs "services", lesquels ressemblent plutôt à des oukases qu'à des décisions utiles à tous.
Je rêve à ce jour, où prenant conscience de leurs erreurs, examinant avec humilité des effets désastreux de leurs décisions, ces "élites" enfin nous écouteront et entendront la voix du bon sens. 
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3. Infos sur la Résistance.
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20 février : accueil de Najat Vallaud-Belkacem à Grenoble.

Grenoble a le plaisir de recevoir Najat Belkacem ce jeudi 20 au musée.
RDV entre 19h et 19h15 devant l'entrée du musée proche de celle du parking...
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Une vidéo du Père Jean-Régis FROPO (Merci à Anne).

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Des Sentinelles/Veilleurs debout devant un bureau de poste (via le Salon beige) pour demander le retrait du timbre Femen.

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Belgique : des Sentinelles/Veilleurs debout protestent contre l'assassinat des mineurs (via le Salon beige) : une vidéo.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=eiMUSUcAKdA



vendredi 25 novembre 2011

Individu, personne et libéralisme

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L'individu est à la personne ce que l'atome est à la molécule. L'analogie est paradoxale. J'aurai l'occasion d'y revenir ce soir, car je dois partir dans quelques instants. Mais si l'on se rappelle que l'atome est la plus petite quantité de matière pouvant exister à l'état combiné, et que la molécule est la plus petite quantité de matière pourvant exister à l'état libre, on conviendra aisément qu'une personne, sujet social est toujours en relation avec l'autre et que c'est précisément cette interdépendance qui lui confère sa liberté. Un atome, son nom l'indique, est insécable, c'est un être insaisissable ou difficilement saisissable puisqu'il est toujours dissimulé dans une combinaison. Un individu est un tome qui croit qu'il existe indépendamment des autres ; il ne voit pas que cette existence d'isolé n'a aucune réalité psychologique, sociale, ou ontologique, sans parler de la réalité physique ; il est combiné à l'autre, mais il l'ignore ou veut l'ignorer, et pour cette raison il ne réalise pas qu'il ne doit sa liberté qu'à cette combinaison. Il est prisonnier et il ne le sait pas.
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Toute la problématique du libéralisme repose sur l'opposition entre individu et personne. A ce soir pour des éclaircissements.