Affichage des articles dont le libellé est Auto-entrepreneur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Auto-entrepreneur. Afficher tous les articles

samedi 15 novembre 2014

15 novembre 2014. Nouvelles de la Résistance. Bronca hier soir à l'Olympia. Premier billet du jour.

-
Voilà un billet un peu particulier. Vous allez voir pourquoi.

Je rentrais chez moi hier soir, après une importante réunion. En m'attendant, ma femme avait allumé la télévision et regardait l'émission que Patrick SEBASTIEN animait sur la scène de l'Olympia, pour fêter ses 40 ans de carrière. Le titre était prometteur de réjouissance : Ze fiesta. J'arrivai juste au moment ou SEBASTIEN déguisé en François HOLLANDE, après avoir disparu en coulisses quelques petites minutes pour se grimer, reparaissait sur scène et s'apprêtait à imiter ce dernier.

A cette vue, le public (il y avait des centaines de personnes, la plupart déguisées) s'est mis à huer, à siffler, à vociférer ; l'intention était claire : il s'agissait de manifester publiquement et collectivement son opposition et son désaveu à un soi-disant président, incapable de fixer un cap, confit dans ses mensonges, captif de ses amours plurielles. J'étais absolument sidéré, et c'est la première fois, je le crois bien, qu'au cours d'un spectacle, l'homme censé nous diriger est conspué sans retenue. En tout cas, je n'avais jamais vu ça.

On nous a rebattu les oreilles avec les manifestations pré-révolutionnaires qui ont conduit au désastre de la Révolution. Des privilégiés de cours refusaient de voir la misère d'une partie de la population, n'imaginaient pas qu'ils puissent être ontologiquement les égaux des manants et des sans-dents. Ils ont payé de leur vie cette arrogance. Bien entendu je n'appelle aucunement de mes voeux la récurrence de telles violences. Elles ont abouti à instaurer un ordre plus tyrannique que celui qu'elles prétendaient abolir. Je crains, hélas, de me tromper. Le peuple français est las de se voir tondre la laine sur le dos et, dans le peuple, la classe dite moyenne, les agriculteurs, les professions libérales, les petits commerçants et les artisans qui font vivre le pays au prix de leurs efforts, de leur sueur et de leur angoisse de l'avenir sont excédés et il suffirait d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Les grenades offensives, désormais interdites, n'y feront rien.

Au syndicaliste, le droit d'être logé dans un appartement refait à neuf (plus de 100 000 euros de travaux !) avec l'argent des adhérents ; à l'auto-entrepreneur que je suis, l'obligation de verser une taxe foncière bien que travaillant dans mon propre appartement et payant déjà à ce titre une taxe foncière non négligeable. Mon activité est strictement dématérialisée, de nature purement intellectuelle ; je ne produit aucun déchet, je ne pollue point. Mais monsieur le maire de BOULOGNE-BILLANCOURT n'en a pas moins décidé de me taxer. Je vais lui écrire, bien sûr, pour protester. Mais à ce point de racket, il ne me reste guère d'autres solutions que de renoncer à ce statut et de me délocaliser à LONDRES où un ami hébergera mon activité.

Voilà de quoi nous crevons : prendre indûment l'argent là où il est facile à trouver. Mais ça ne marche plus. Ils ont dégoisé, les historiens stipendiés, sur les honteuses corvées que devait fournir le peuple à son roi sous l'Ancien Régime. Mais aujourd'hui nous travaillons (enfin ceux qui payent des impôts directs ; il convient de souligner que tout le monde paye des impôts indirects) près de la moitié de l'année pour engraisser des incapables, ou des inutiles, ou des parasites, ou pire encore, des nuisibles. Que nous reste-t-il ? Je crains que ce ne sois la désobéissance civile, l'inertie, le désespoir, et la déliquescence de la patrie.

mardi 19 octobre 2010

Histoires vraies

-
Première histoire.
Mathilde vient de démissionner de son emploi. Elle était en CDI, mais elle ne supportait pas le bruit des travaux qui se faisaient dans l'entreprise où elle travaillait à deux pas de chez elle. En ces temps où les emplois sont rares, il faut être soit inconscient, soit amoureux risque. Mais Mathilde est plutôt inconsciente. Un voisin, la croisant dans la rue, discute avec elle, et lui suggère d'envoyer son CV à un de ses amis, susceptible de la recruter dans sa compétence. Il contacte cet ami pour la recommander et lui indique que le CV va être envoyé. L'ami accepte de recevoir Mathilde que le voisin prévient de ces bonnes nouvelles. Mais entre temps, Mathilde a été recrutée par une instance prestigieuse à la porte de laquelle des dizaines de candidats (malheureux) se pressent en vain. Le CV de Mathilde n'est pas très fourni. Mais enfin elle a convaincu le recruteur. Elle bénéficiera d'un statut très privilégié dans la fonction publique. Le voisin la croise, la félicite, et celle-ci répond d'un ton furieux : "C'est de l'esclavagisme ; bientôt il faudra payer son employeur pour trouver du travail, etc." Et elle se répand en amertume en raison de la prétendue modicité de son traitement, alors qu'elle n'aura chômé qu'un petit mois, et que son lieu de travail est à 5 min à pieds de chez elle, ce qui lui permet de remplir au mieux ses obligations de mère de famille. [Je garantis l'absolue véracité de cette histoire. Le prénom a été changé, et les détails permettant d'identifier Mathilde n'ont pas été donnés.] Pour Mathilde, c'est l'emploi qui doit se plier à son désir.
-
Deuxième histoire.
Josiane a 48 ans. Elle a travaillé pour une compagnie d'assurance, géré un restaurant de poissons avec son mari, fait le guide touristique dans un château en Provence. Elle est mère de trois enfants. Les emplois qu'elle occupait sont précaires. Elle les perd. Après trois ans et demi de chômage et plus de 2.000 CV envoyés sans succès, elle décide de se prendre en main et de créer sa propre entreprise en Bretagne, Digital Story pour la nommer. Cette micro-entreprise se consacre au montage de récits de vie sous forme de petits films ou d'album de photos. Josiane a été aidée pour le lancement de son affaire par l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique ; téléphone vert : 0 800 800 566) qui lui prête 1500 euros pour acheter un ordinateur, un scanner, une plastifieuse. Les affaires tournent si bien, qu'après avoir remboursé son emprunt, elle s'apprête à en contracter un nouveau pour acheter un nouvel appareil de photo. (Cette histoire est racontée par le Journal gratuit 20 minutes dans son numéro daté du 14 octobre 2010). N'hésitez pas à confier vos travaux à cette femme courageuse qui n'attend pas que tout lui tombe rôti dans le bec. Josiane a écouté son désir de vivre, et a compris que le remplir ne dépendait pas des autres mais d'elle.
-