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lundi 11 février 2013

Si non e vero...

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Je ne sais si l'anecdote qui m'a été transmise par un très cher ami alsacien est exacte. Mais si elle l'est, nous avons du souci à nous faire. Je vous la livre donc avec toutes les nuances qui conviennent, car je n'ai pas pu vérifier la source de cette information. Si elle est vraie (je vais vérifier) je commenterais alors ainsi : Il y a des limites à l'arrogance. Nos compatriotes musulmans, bien entendu, ne sont pas tous de cet acabit. L'inquiétant est que la religion soit invoquée par ces fondamentalistes pour exiger des recrutements. Il faut qu'ils prennent garde. Mais je n'ose croire que ces pratiques soient généralisées. Car ça pourrait bien se retourner contre ceux qui en sont les auteurs.

Je m'absente 6 jours et reprendrai mes billets samedi prochain.
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Bonne semaine tout de même.
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"Bravo à ce chef d'entreprise ! ! !

Charles Martel arrêta les Arabes à Poitiers.... et moi à la porte mon entreprise !

De retour de l'étranger où j'ai passé une longue partie de ma vie, j'ai repris une petite société qui venait de fermer pour insuffisance d'actif, dans mon Périgord natal. Après avoir rencontré le maire, le sous-préfet (on se demande pourquoi ?), la cession était presque terminée et je m'apprêtais à reprendre le flambeau. Tous les employés (une vingtaine) avaient été licenciés par l'ancienne direction dans le cadre de la liquidation et il ne me restait qu'à confirmer quelques contrats clients, mettre à niveau le matériel et réembaucher du personnel. Nous recherchions un ingénieur informatique pour travailler sur une bébête efficace mais pas toujours simple et nécessitant des connaissances solides Par ailleurs, nous recherchions également des employé(e)s de laboratoire.

Plus de 200 CV arrivent et avec une collaboratrice, on se met à trier. Nous convoquons les personnes pour test et entretien en spécifiant que les embauches ou les refus seraient signifiés par courrier dans les 10 jours. Les tests se passent, employés et ingénieurs et tout va bien. Le petit patelin est tout content de voir une activité reprendre et j'avoue que l'accueil est particulièrement agréable. Surtout que si cela redémarre bien, l'augmentation de personnel sera évidente ! Bref, la vie était belle, pour les employées qui trouvaient un espace pour regagner dignité et foi en l'avenir, et pour moi qui me réjouissais d'avoir des gens aimables, motivés. Pas chiants en quelque sorte !

Les embauches terminées, jeune ingénieur compris ayant fait trop heureux de trouver un poste au pays, tout allait bien !

Un jour, vers 10 heures, alors que nous n'étions pas encore en production, mais en formation et tests, arrive une BMW avec deux mecs en costume cravate et un enturbanné.

Ils insistent fortement auprès du gardien pour rentrer et se garer dans la cour. Rien n'y fait, le gardien est un ancien légionnaire à qui on ne conte pas fleurette. Ça commence bien !

Les trois hurluberlus se garent à l'extérieur et entrent à pied. Ils se présentent au secrétariat comme étant les « représentants de personnels ».

La secrétaire, soupçonneuse, leur demande d'attendre et m'avise. Mais elle m'avise aussi que certains chefs d'entreprises de la région ont reçu des menaces s'ils n'embauchaient pas des musulmans. Elle me conseille d'enregistrer la conversation et elle demande au gardien de venir se placer près de la porte, prêt à intervenir.

Je reçois les zoizeaux qui se présentent comme les représentants des « salariés d'origine musulmane » d'Aquitaine.

Dialogue (morceaux choisis)

- Et vous, qui êtes-vous ?

- Le patron ! - Mais plus précisément...

- Le patron d'une petite société qui est pressé ! Je vous écoute...

- Vous venez de procéder à des recrutements de personnels.. C'est bien ça ? (No comment, je n'ai pas à commenter mes occupations avec qui que ce soit !)

- Nous avons entendu dire qu'il n'y avait aucun employé de confession autre que chrétienne dans votre entreprise. - Exact, il n'y a pas non plus d'employés communistes, ni chinois, ni sénégalais..., mais avant la race, la couleur ou la religion, il y a des employés qui ont envie de travailler, qui me conviennent... Et lorsque je recrute, je regarde l'expérience et pas la religion !

- Donc, vous êtes contre les étrangers ? - Je considère, cher monsieur, que dans un village de 3000 habitants, alors que toutes les entreprises ont fermé (dont certaines pour aller s'implanter chez vous), il serait anachronique d'embaucher en dehors du village des gens qui n'ont aucun lien avec la région. Je donne donc la priorité aux gens qui en ont besoin et dans ce cadre, ce sont les gens du village ! Et quel est le problème ?

- Vous connaissez le CV anonyme et la discrimination ? - Oui, je connais, mais ici, vous êtes en France monsieur. Je n'ai pas fait preuve de discrimination, j'ai fait preuve de compétence en embauchant des gens qui n'avaient pas ou peu de déplacements à effectuer, et qui avaient soit une expérience dans ce secteur, soit une très forte motivation et qui plus est, des gens stables de préférence, capables de s'intégrer dans un travail d'équipe...

Par ailleurs, je vous signale que je me suis fait assister par quelqu'un de l'ANPE qui a suivi les CV envoyés et qu’aucun ne portait la mention « musulman ». Si cela avait été le cas, je l'aurais écarté de suite ! (Il s'étouffe l'enturbanné !)

- Ah bon, et pourquoi s'il vous plaît ?

- Parce que je ne recrute pas des hommes de foi ou de peu de foi mais des collaborateurs !

- Je pense, monsieur, que vous devriez réviser votre position et que nous pourrions en reparler dans quelques temps ! - Eh bien, moi je pense, monsieur, que je ne réviserai pas ma position et qu'il est inutile d'en reparler.

L'entretien est terminé. Au revoir !

Les trois zoizeaux ressortent, accompagnés par notre légionnaire bien-aimé, mais le micro étant branché, la secrétaire a avisé le personnel du déroulement de la conversation.

Et tout le personnel de faire une « haie d'horreur » aux zoizeaux afin de bien leur montrer que, dans ce village, ce ne sont pas les enturbannés qui commanderont et que la résistance, ils connaissent depuis que Charles Martel a arrêté les Arabes à Poitiers !

Un adjoint de l'inspecteur du travail, certainement saisi par les visiteurs d'un jour, nous a rendu visite quelques jours plus tard. Lorsque le personnel a été avisé, autant vous dire qu'il a eu à subir une certaine hostilité et des employés lui ont expliqué le pourquoi du comment et lui ont demandé de quel droit lui, un fonctionnaire français, osait venir défendre des étrangers au lieu de prendre la défense des locaux. L'adjoint de l'inspecteur n'a pas traîné dans le quartier et depuis, plus aucune nouvelle !

Comme le disait si bien Matsushita, au lieu de faire défendre les employés par l'entreprise, faites défendre l'entreprise par les employés. C'est ce qui fut fait de manière très efficace et les photos prises en catimini par mes employés sont apposées dans le hall d'entrée avec quelques commentaires sur les religieux qui ne passeront pas par chez nous !

Encore bravo et merci, je suis fier d'eux !"

mardi 19 octobre 2010

Histoires vraies

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Première histoire.
Mathilde vient de démissionner de son emploi. Elle était en CDI, mais elle ne supportait pas le bruit des travaux qui se faisaient dans l'entreprise où elle travaillait à deux pas de chez elle. En ces temps où les emplois sont rares, il faut être soit inconscient, soit amoureux risque. Mais Mathilde est plutôt inconsciente. Un voisin, la croisant dans la rue, discute avec elle, et lui suggère d'envoyer son CV à un de ses amis, susceptible de la recruter dans sa compétence. Il contacte cet ami pour la recommander et lui indique que le CV va être envoyé. L'ami accepte de recevoir Mathilde que le voisin prévient de ces bonnes nouvelles. Mais entre temps, Mathilde a été recrutée par une instance prestigieuse à la porte de laquelle des dizaines de candidats (malheureux) se pressent en vain. Le CV de Mathilde n'est pas très fourni. Mais enfin elle a convaincu le recruteur. Elle bénéficiera d'un statut très privilégié dans la fonction publique. Le voisin la croise, la félicite, et celle-ci répond d'un ton furieux : "C'est de l'esclavagisme ; bientôt il faudra payer son employeur pour trouver du travail, etc." Et elle se répand en amertume en raison de la prétendue modicité de son traitement, alors qu'elle n'aura chômé qu'un petit mois, et que son lieu de travail est à 5 min à pieds de chez elle, ce qui lui permet de remplir au mieux ses obligations de mère de famille. [Je garantis l'absolue véracité de cette histoire. Le prénom a été changé, et les détails permettant d'identifier Mathilde n'ont pas été donnés.] Pour Mathilde, c'est l'emploi qui doit se plier à son désir.
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Deuxième histoire.
Josiane a 48 ans. Elle a travaillé pour une compagnie d'assurance, géré un restaurant de poissons avec son mari, fait le guide touristique dans un château en Provence. Elle est mère de trois enfants. Les emplois qu'elle occupait sont précaires. Elle les perd. Après trois ans et demi de chômage et plus de 2.000 CV envoyés sans succès, elle décide de se prendre en main et de créer sa propre entreprise en Bretagne, Digital Story pour la nommer. Cette micro-entreprise se consacre au montage de récits de vie sous forme de petits films ou d'album de photos. Josiane a été aidée pour le lancement de son affaire par l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique ; téléphone vert : 0 800 800 566) qui lui prête 1500 euros pour acheter un ordinateur, un scanner, une plastifieuse. Les affaires tournent si bien, qu'après avoir remboursé son emprunt, elle s'apprête à en contracter un nouveau pour acheter un nouvel appareil de photo. (Cette histoire est racontée par le Journal gratuit 20 minutes dans son numéro daté du 14 octobre 2010). N'hésitez pas à confier vos travaux à cette femme courageuse qui n'attend pas que tout lui tombe rôti dans le bec. Josiane a écouté son désir de vivre, et a compris que le remplir ne dépendait pas des autres mais d'elle.
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lundi 13 septembre 2010

Des raisons d'espérer...

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Natacha a été violée et tuée dans la fleur de son âge. Son assassin présumé est un récidiviste condamné à dix ans de réclusion et libéré au bout de quatre ou cinq ans (je ne sais pas le chiffre exact). Le père de cette jeune femme aurait eu toutes les raisons humaines de haïr l'homme qui lui a ravi sa fille. Or, lors de la cérémonie qui a eu lieu à MARC-EN-BAREUL, lieu où résidait la victime, cet homme brisé a eu le courage de dire un Notre-Père en étendant les bras et de prononcer d'une voix forte le "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". Je l'ai vu et entendu, et c'était bouleversant, car il n'y avait pas de mensonge dans la voix, ni d'ostentation dans le geste, ni d'affectation dans le ton : tout était juste. Oh oui ! Voilà une raison d'espérer en l'homme droit. Monsieur MOUGEL a donné un exemple, et sans le savoir, un témoignage de disciple.
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Samedi soir ! Nous désirons voir le film de Xavier BEAUVOIS, Des hommes et des dieux, à la séance de 20 heures. Nous pensons qu'arriver une demi-heure avant le début de la séance, suffira pour trouver des places. Las ! Il y a une queue de plus de 200 mètres, et nous renonçons. Dimanche, la séance du début d'après-midi est moins chargée. C'est qu'à 13 h 30, à Paris, en ce premier jour de la semaine, on déjeune. Mais quand nous sortons vers 16 heures, il y a une file d'attente de plus de deux cents personnes. Un silence plein de respect et de ferveur vient d'accueillir la dernière image. Nous nous taisons. Les spectateurs le sentent en effet : il ne convient pas de commenter les chefs-d'oeuvre. Encore une raison d'espérer.
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Aujourd'hui, à Tibériade, il est possible de prendre un exemplaire du testament de Christian de CHERGE, le prieur de TIBHIRINE, décapité avec ses frères dans des conditions qui demeurent mystérieuses. Christian l'a rédigé entre le 1er décembre 1993 et le 1er janvier 1994, d'abord à ALGER, puis dans son monastère de TIBHIRINE. En voilà un extrait, prophétique et superbe : "Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m'ont rapidement traité de naïf, ou d'idéaliste : 'Qu'Il dise maintenant ce qu'Il en pense !' Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai [noter le futur, je vous prie ; c'est moi qui souligne], s'il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec lui Ses enfants de l'Islam tels qu'il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruit de Sa Passion, investis par le Don de l'Esprit dont la joie secrète sera toujours d'établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences". Oui, encore une raison d'espérer en ces hommes de prière et de foi qui acceptent par avance de donner leur vie et qui effectivement la donne.
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Dans un autre registre, ces chiffres qui laissent augurer d'une embellie dans les perspectives d'emploi, et le recul du chômage : en 2010, 43 % des entreprises consultées ont prévu d'embaucher au moins un cadre (8 points de plus qu'il y a un an). Ce sont là des résultats assez proches de ceux qui prévalaient avant la crise (chiffres de l'APEC, dans sa note de conjoncture du troisième trimestre 2010). Un directeur de cabinet de recrutement (Frédéric BEZIERS ; cabinet HAYS) constate une amélioration globale de l'embauche. Le groupe GDF-Suez annonce 13600 recrutement en 2010 (dont 1400 cadres et 350 jeunes diplômés). Le groupe BOUYGUES annonce, lui, 5000 recrutements en 2010, et EIFFAGE, 3000). On note une forte augmentation de la demande en maçons, coffreurs, boiseurs, soudeurs dans le domaine du bâtiment, et pour des emplois très qualifiés. Même remarque pour les chefs d'équipe, chefs de chantier, conducteurs de travaux, qui sont très recherchés. Encore une raison d'espérer.
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Je résume : l'espoir vient de la foi de quelques hommes enracinés dans la certitude du disciple, il vient de l'intérêt inespéré du public pour des hommes qui ont vécu une aventure spirituelle engageant leur vie ; il vient de la confiance que quelques entrepreneurs, moins frileux que la moyenne, illustrent en recrutant des jeunes, des ouvriers qualifiés, des cadres. Tous regardent l'avenir avec des yeux neufs. Ils n'ont pas le coeur rance, l'esprit aigri, et ils croient en l'homme. Allons ! Courage ! Tout n'est pas perdu.
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samedi 12 juin 2010

Economie dirigée ; le volte-face de la Convention

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Peu avant la chute de ROBESPIERRE, la propagande de la Convention exaltait encore la Loi dite du maximum qui n'était autre qu'un contrôle des prix lié à un rigoureux contrôle social. C'était "un bienfait national ; sans elle, l'égoïsme et la cupidité, de concert avec l'aristocratie, auraient déjà fait mourir le peuple dans la cruelle agonie des besoins" (Circulaire du 24 messidor ; 12 juillet 1794).
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Vient thermidor et la chute de l'Incorruptible. Six mois après l'exécution du "Tyran", la Convention proclame ceci : "La raison, l'équité, l'intérêt de la République réprouvaient depuis longtemps la loi du maximum... Les esprits les moins éclairés savent aujourd'hui qu'elle anéantissait de jour en jour le commerce et l'agriculture ; plus cette loi était sévère, plus elle devenait intolérable ; l'oppression prenait en vain mille formes. C'est à l'industrie, dégagée d'entraves, c'est au commerce régénéré, à multiplier nos richesses et nos moyens d'échange. Les approvisionnements de la République sont confiés à la Liberté, seule base du commerce et de l'agriculture." (Proclamation du 24 décembre 1794.)
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Ainsi, après avoir affamé le peuple par cette loi imbécile du maximum (il y eut une très grave famine en 1793) qui ne frappait que les pauvres, le Gouvernement faisait une étonnante volte-face et brûlait (avec la presse à assignats) les principes qu'il adorait quelques temps auparavant.
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L'événement est significatif du mouvement de l'histoire politique de notre pays. Ce que fait un gouvernement est défait par celui qui lui succède après s'y être opposé. Il n'y a aucune continuité dans la politique, de sorte qu'aucune des mesures n'a eu le temps de porter ses fruits mais qu'elle a bien celui d'exercer ses effets négatifs avant d'avoir pu en manifester les positifs.
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Il n'y a qu'à entendre les responsables de l'opposition qui promettent (à mon avis avec témérité) d'abolir les mesures que désapprouvent sa clientèle électorale, s'il elle revient au pouvoir. Il est de la sorte impossible de conduire une politique sur le long terme, et de travailler à ce que TAINE appelait les "grandes oeuvres héréditaires". Il n'y a, d'aucun côté, la moindre tentative de considérer les faits dans leur nudité absolue. Nous avons le meilleur institut de statistiques économiques du monde, il faut le dire très haut. Il fournit des données immédiates et des projections pour le futur qui ont montré leur grande fiabilité. Rien n'y fait. Si le système dit qu'il faut aller dans le mur pour prendre le pouvoir, il faut le faire.
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Misère ! quand aurons-nous suffisamment d'esprits courageux, d'où qu'ils viennent, pour regarder bien en face et avec autant de précision possible la réalité, et prendre les mesures qui s'imposent pour en relever les défis.
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Déjà un journaliste du Directoire disait : "Le petit peuple travaille très doucement... son métier est devenu une sorte d'amusement... Il loue ses bras comme par condescendance". Je mettrais quelques bémols au premier terme de ce jugement sévère. Mais j'en approuve le deuxième et le troisième : le grand crime de madame AUBRY contre l'homme, avec ses 35 heures, c'est d'avoir considéré que le travail est une malédiction imposée par les "patrons", alors qu'il est une des dimensions fondamentales de la construction de soi. Il suffit de regarder la tristesse, le désespoir des chômeurs. Madame AUBRY a commis une énorme confusion entre emploi et travail. Le travail ne sert pas seulement à la vie du corps, mais aussi à celle de l'esprit et de l'âme. On mettra du temps à s'en remettre.
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samedi 26 janvier 2008

Ellipse !

Il faut que je développe ici ce qui risque sinon de paraître comme un jugement de nanti, et que j'ai présenté de manière trop elliptique dans un récent billet. Je me suis fait incendié par un proche pour avoir, paraît-il, laissé entendre que les chômeurs étaient responsables de leur situation. Pour que les choses soient claires, je précise que telle n'est pas ma pensée. Mais j'ai dit et je maintiens qu'il n'y a pas de crise de l'emploi. Alors pourquoi tant de chômeurs ?
Tout simplement parce qu'il y a une inadéquation entre l'offre et la demande d'emploi. Notre système éducatif est incapable de former aux professions dont notre pays a besoin. Nos représentations collectives font de certains métiers le refuge des incapables et des incultes, et n'ont pour eux que du mépris. Notre civilisation du moindre effort et du bonheur à tout prix répugne à encourager les efforts. Nos références anthropologiques font que la frustration, hélas normale et consubstantielle à l'état d'homme, est devenue insupportable, comme si la vie devait être un chemin couvert de pétales de roses. On m'accordera, je l'espère, que ces constats peuvent faire l'objet d'un consensus général.
Et voilà pourquoi les restaurants emploient tant de cuisiniers (excellents) originaires d'Afrique ou d'Extrême-Orient. Voilà pourquoi les entreprises de nettoyage recrute essentiellement du personnel africain ou maghrébin. Voilà pourquoi, comme j'ai pu le constater récemment de visu, des artisans qui perpétuent des traditions séculaires dans les métiers du luxe n'ont que du personnel d'origine indienne ou pakistanaise. J'ignore si ces salariés sont recrutés de manière légale. Supposons que oui. J'ignore également s'ils sont correctement rémunérés, et je préfère imaginer que oui, sans en être tout à fait sûr. Arrêtez-moi si je me trompe : ne sont-ce point là des emplois qui manquent à nos jeunes compatriotes ?
Encore deux choses. Cet ami me reproche de taper à bras raccourcis sur les socialistes. Ce n'est pas parce qu'ils sont socialistes qu'ils font l'objet de mes critiques. C'est pour leur manque de contre-propositions et leur façon oblique et insinuante de démolir les messagers faute de pouvoir critiquer intelligemment leurs messages. Si j'accordais un aveugle crédit à cette doctrine - qui a des côtés que j'approuve - je ferais des propositions. J'encouragerais le partage et la solidarité par des mesures incitatrices (par exemple, et anecdotiquement, des déductions sur la TIPP pour les automobilistes qui font du covoiturage à titre gracieux) plutôt que par des appels au ressentiment, à l'envie, à la jalousie, à la dénonciation incessante des riches, et à la bureaucratie étatique .
Ensuite, non pour me justifier mais par souci de vérité, je dirais que je fais partie des privilégiés, que je le reconnais, que je n'en ressens aucune culpabilité mais une grande responsabilité vis-à-vis de ceux qui n'ont pas eu la chance d'avoir un métier passionnant, bien considéré, et bien rémunéré. Je dirais aussi que j'ai commencé à gagner convenablement ma vie à 32 ans, après des années d'études que j'ai pu payer en occupant (c'était facile à l'époque) des postes correspondant à ma formation (interne en biologie, puisque j'étais biologiste), après des années de préparation à des concours difficiles qui m'ont valu bien des veilles jusqu'à des heures avancées de la nuit, et après de multiples renoncement à des soirées en boîte, à des soirées entre amis, à des soirées de cinéma. En d'autres termes, il me semble avoir fait ce qu'il fallait pour arriver au succès dans une voie qui n'était pas tracée d'avance, au prix d'un effort auquel l'éducation reçue de mes parents m'avait formé. Je leur rends grâce, et pense souvent à eux, pour tout ce qu'ils m'ont donné, et que je me suis efforcé d'honorer par mon activité professionnelle. C'est d'un bourgeois banal, me direz-vous. Mais les contempteurs de cet idéal crèvent de ressentiment pour n'avoir pas su faire un choix de vie qui leur eût assuré d'obtenir ce qu'ils feignent aujourd'hui de mépriser. Le peuple, qui est sain et plein de bon sens, ne tombe pas dans l'amertume que j'ai vu trop souvent déborder des lèvres d'étudiants en sociologie, ethnologie, anthropologie, psychologie, musicologie, etc, inemployés en raison de leur passion pour le principe du plaisir et de leur mépris pour le principe de réalité. "Ils sont trop verts, disent-ils des raisins succulents qu'ils ne peuvent manger, et bons pour des goujats." Sauf qu'ils en ont faim.
PS : j'ajoute qu'avec des amis, nous avons pu créer une société de recherche sur contrat avec quatorze emplois à la clé, de l'animalier au chercheur en passant par le technicien, la secrétaire, le responsable administratif, etc. Nous avons pris des risques en y mettant de notre argent et de notre temps. Notre plus grande joie est de voir que cette société, devenue la propriété d'une compagnie australienne, est toujours bien vivante.

jeudi 26 avril 2007

Solutions concrètes (bis)

Monsieur NIHOUS, candidat malheureux à la présidence de la république, a défendu avec talent la cause de la ruralité. Il a raison. Hormis quelques régions à forte concentration urbaine ou très touristiques, la Fance est un désert. Je m'en suis aperçu, il y a une vingtaine d'année, lorsque je l'ai traversée à pieds de Paray-le-Monial à Ussel, ou, depuis des lustres, pendant des vacances passées dans ces régions superbes que sont le Rouergue, l'Auvergne, le Quercy ou les zones de moyenne montagne.
Il me semble qu'il y a des solutions concrètes qui permettraient d'enrayer cette désertification navrante. Supposons que quelques communes, regroupant un nombre significatif d'habitants (2500 au minimum) décident de s'associer pour attirer des professionnels de proximité (de préférence des familles, mais non obligatoirement). Il suffit de mettre à leur disposition un local commercial et un logement refait à neuf, au moyen d'un bail emphytéotique. On ne fait rien sans visibilité, sans inscription dans la durée. On peut imaginer que le bail soit donné à titre gracieux pour une dizaine d'années, et qu'ensuite, le prix du loyer soit modique. Le contrat d'association intercommunal est du type gagnant-gagnant si plusieurs professionnels sont attirés et répartis dans les diverses communes contractantes : une épicerie-mercerie-quincaillerie-dépôt de gaz, un garage et une pompe à essence (il faut alors que l'essence soit au même prix que dans les hypermarchés : cela est tout à fait possible si les grossistes en carburant bénéficient de bonus d'impôts ou de taxes pour les livraisons à ces professionnels particuliers), un électricien-plombier-sanitariste (il en existe), un café-cybercafé-dépôt de poste, etc. Pour que ces professionnels ne soient pas des assistés, ils doivent accepter de prendre des risques, notamment en empruntant à des taux préférentiels, les emprunts étant garantis soit par le conseil général, soit par le conseil régional. Il faut aussi qu'un revenu minimum leur soit assuré lors des cinq premières années d'exercice par les communes.
Supposons maintenant que trois ou quatre familles de deux ou trois enfants soient ainsi fixées dans ces zones : plus d'enfants, moins de fermeture de classes. Plus de proximité, moins de déplacements en voiture pour les habitants, et moins de pollution. Plus de services, moins d'exil. Des emplois, de la vie et en plus une nouvelle sociabilité. Bien entendu, les communes qui s'associeraient de la sorte seraient plus aidées par la puissance publique (notamment les collectivités territoriales) que celles qui préfèreraient se rencagnarder sur elles-mêmes.
Pourquoi une telle solution, adoptée par certaines communes, n'est-elle pas envisagée plus généralement ? Pour une raison très simple : la modernité a besoin de salariés, pas d'hommes et de femmes libres. Il lui faut des moutons uniformisés pour écouler ses produits fabriqués en masse et souvent inutiles. Et il faut avoir le courage de le dire, c'est une nécessité du capitalisme, lui-même conséquence du progrès technique. Et il faut aussi avoir le courage de dire que le socialisme et son avatar tyrannique, le communisme, ont prospéré avec le développement d'un salariat de misère.
Ainsi, voilà une autre proposition concrète (outre celle que j'ai déjà faite en m'inspirant d'Henri HUDE et qui consisterait à exiger des actionnaires qu'ils détiennent leurs actions au moins pendant le laps de temps séparant deux assemblées générales de la société dont ils sont les propriétaires partiels, ou alors qu'ils soient très fortement imposés s'ils ne respectent pas ces délais. Ainsi pas de spéculation boursière possible). On ne peut pas servir deux maîtres : l'argent et l'homme dont la perfection, pour moi, est Jésus.