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mercredi 25 mai 2011

Il faut tout de même avoir du culot

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Madame LAGARDE se voit donc visée par le parquet général pour avoir autorisé la liquidation arbitrale du conflit qui opposait monsieur Bernard TAPIE au Crédit Lyonnais. A l'évidence, l'ancien ministre de la ville de monsieur MITTERRAND avait été floué par cette banque. Le parquet général ne semble pas avoir mis le même empressement à rechercher les responsabilités dans l'affaire du trou du Crédit Lyonnais (300 milliards de francs lourds), creusé alors que cette banque était nationalisée et sous la surveillance de représentants de l'Etat. Ces messieurs se rendent-ils compte qu'avec leur justice à géométrie variable, ils dégoûtent de plus en plus un nombre croissant de leurs concitoyens ? Madame LAGARDE est sans doute un des meilleurs ministres des finances et de l'économie que nous ayons eus depuis des années. Mais il faut faire plaisir, n'est-ce pas, à ceux qui risquent d'arriver bientôt au pouvoir. Ils ont du culot tous ces gardiens de la virginité douteuse de l'orthodoxie financière...

Je m'absente jusqu'au lundi 16 mai. Donc, petite relâche dans mes billets.

jeudi 11 septembre 2008

Larmes de crocodiles

On se frotte les yeux. On se pince les avant-bras. On croit rêver. Les belles âmes, socialistes en tête, se scandalisent de voir que le contribuable doit rembourser à monsieur TAPIE 285 millions d'euros, des intérêts de retard, et une somme de 45 millions pour préjudice moral. L'ancien responsable du Consortium de réalisation, puis le Président du Crédit Lyonnais qui a succédé à monsieur HABERER, monsieur PEYRELEVADE y vont de leur étonnement, de leur protestations, de leurs insinuations. Ils ont la mémoire très, très courte. Il convient sans aucun doute de la leur rafraîchir.
Quand monsieur TAPIE était ministre du Président MITTERRAND, les éléphants, éléphanteaux, et momies d'éléphants n'avaient assez de mots pour louer un homme qui clouait le bec à Jean-Marie LE PEN, et contribuait au dézingage de Michel ROCARD. Patatrac. Il apparaît que tout n'est pas net dans les comptes du ministre. Ils commencent à se détourner de cet homme qui fut bien utile à la réalisation de leurs petites combines. Et puis voilà qu'après un procès qui n'en finit pas (il dure depuis 15 ans) et pour mettre fin à une procédure douteuse, devant - il faut le rappeler - les jugements contradictoires de diverses juridictions, le dernier étant, il est vrai, défavorable à monsieur TAPIE, on a recours à la procédure parfaitement légale de l'arbitrage. Monsieur TAPIE, qui ne cache pas sa sympathie pour monsieur SARKOZY, n'en est cependant pas l'ami, ce qu'il a le courage public de regretter ; il est accusé d'avoir bénéficié de la faveur du Prince. C'est faire bon marché de l'honneur des arbitres qui sont connus pour leur probité et leur bon sens. Rien n'y fait. Il est le parfait bouc émissaire de ces petits bonshommes. René GIRARD analyserait fort bien la situation si envie lui prenanit de remuer cette boue. On démolit toujours celui qui vous ressemble ou qui vous a ressemblé. C'est la rivalité mimétique.

J'ai dit que je rafraîchirai la mémoire de ces peu reluisants amnésiques. Voici un article tiré d'internet (je n'en ai pas trouvé la référence malheureusement).

COMBINES ET « TRICHERIES » DE L’ÉTAT DANS L’AFFAIRE DU CRÉDIT LYONNAIS.

La mise en examen de Jean-Claude Trichet pour "diffusion de fausses informations au marché, présentation et publication de comptes sociaux inexacts" est symptomatique de la "corruption" du secteur bancaire français par les hommes de l’Etat. Il doit être clair qu’au-delà du rôle de quelques hauts fonctionnaires dans les artifices comptables pour cacher les pertes de la "plus grande banque européenne", c’est l’Etat-actionnaire et gestionnaire et le système d’entreprises publiques qui devraient se retrouver au "banc des accusés".
Les faits reprochés dans le cadre de l’enquête sur les comptes du Crédit Lyonnais en 1992 et 1993 à Jean-Claude Trichet, actuel gouverneur de la Banque de France, remontent à l’époque où il était directeur du Trésor. Après les plaintes en 1996 du Ministre des finances Jean Arthuis et d’Alain Géniteau (actionnaire minoritaire du Lyonnais) et les perquisitions à la Banque de France et au Trésor, le haut fonctionnaire est soupçonné d’avoir participé au "maquillage" du bilan du Crédit Lyonnais.
Représentant l’Etat (actionnaire majoritaire de la banque) et avec l’appui de ses collègues du Conseil d’administration, il aurait tout simplement dissimulé en 1992 les pertes en sous-évaluant de 50% les risques-pays (correspondant à des pertes liées à des investissements effectués à l’étranger) et en prélevant 3,6 milliards de francs des provisions de l’année précédente. Résultat de l’artifice : le Crédit Lyonnais a affiché pour l’exercice 1992 seulement 1,8 milliards de francs de pertes au lieu de 45 milliards.
En dépit de ce "lifting" comptable, la banque publique continuera à accuser des pertes (7 milliards de francs en 1993 et 12,1 milliards en 1994) et frôlera la "mise en faillite" par la Commission européenne en 1998.
Même si ce scandale bancaire du siècle présente une certaine complexité financière et comptable, le contribuable ordinaire peut et doit comprendre les véritables causes de l’échec du Crédit Lyonnais, qui est un échec de l’Etat-gardien de l’intérêt général, de l’Etat-banquier et de l’Etat-actionnaire.
(1) Tout d’abord, il faut se rendre à l’évidence qu’en réalité, le système d’entreprises publiques (nationalisées) et le capitalisme d’Etat (certains préfèrent la notion de socialisme) permettent à une petite élite, tels un Jean-Yves Haberer (président du Crédit Lyonnais entre 1988 et 1993), un Jean-Claude Trichet ou un Jean-Louis Butch (secrétaire général de la Commission bancaire en France), de faire valoir, aux dépens du contribuable, leurs intérêts et ambitions personnelles. On est très loin de l’Etat-gardien d’un intérêt général quelconque. Quelle belle leçon de morale publique que de se mettre dans l’illégalité aux Etats-Unis pour affaires frauduleuses et de se commettre avec les escrocs.

(2) Ensuite, l’Etat s’avère un mauvais gestionnaire et un très mauvais banquier. Un système nationalisé, à la différence du système de banques privées, pousse logiquement à l’irresponsabilité. Le banquier fonctionnaire n’est pas la meilleure formule pour inciter le dirigeant à bien gérer les risques et le patrimoine de la banque.

(3) Enfin, l’Etat-actionnaire est un mauvais "propriétaire". Alors que théoriquement les entreprises publiques, comme le Crédit Lyonnais, sont la propriété de chaque citoyen, en réalité, une telle forme de propriété publique est source d’inefficacité et de gaspillages.

Ainsi, si l’affaire du Lyonnais fut possible, c’est parce que l’Etat, actionnaire majoritaire et propriétaire de jure et de facto (ayant le pouvoir de contrôle), n’a pas agi correctement pour limiter les dégâts (à la différence des propriétaires et actionnaires privés d’une banque qui sont incités à chercher les informations et à sanctionner la mauvaise gestion). La collusion des parties, responsables de la gestion de la banque (Trésor, Banque de France, Ministre de l’économie, Commission bancaire) s’est faite aux dépens des véritables propriétaires théoriques—les citoyens—qui en définitive vont payer la facture. Et des gadgets, comme la création en 1995 du Consortium de Réalisation (assumant les pertes du Crédit Lyonnais) n’y changeront rien : les Français devront débourser dans cette aventure au moins 100 milliards de francs.
Mais les conséquences de ce scandale vont au-delà des frontières hexagonales. En effet, la mise en examen de Trichet, qui a été désigné comme le successeur de Wim Duisenberg à la tête de la Banque Centrale Européenne à la mi-2002, ne fait que rendre plus incertaine la gestion future de la monnaie unique et renforce la méfiance des opérateurs sur le marché des changes vis-à-vis de l'euro. L'affaire du Crédit Lyonnais n'aura contribué qu'un peu plus à sa chute spectaculaire.
En conclusion, le bon sens et la justice exigent que l’Etat et les politiques se désengagent du domaine bancaire et financier. Liberté, droits de propriété privée dans le domaine de la banque et responsabilité bancaire vont ensemble et sont indissociables.

Ce sont les responsables du CDR - cette structure censée gérer les pertes du Crédit Lyonnais -pertes dont ils connaissent et l'origine et les raisons, qui essayent de se refaire une virginité en accablant un homme seul, abandonné de ses anciens amis, et désigné à la vindicte de la populace au point qu'il a dû inscrire ses enfants à l'école sous un nom d'emprunt pour qu'ils n'aient pas à souffrir d'un opprobre immérité. Les salauds ont de beaux jours devant eux. Je n'ai pas de sympathie particulière pour monsieur TAPIE. J'essaye de partir des faits, de raisonner, et non d'insinuer, d'amalgamer, de nuire venimeusement. Décidément, ces accusateurs de bas étages ne méritent pas notre estime et monsieur TAPIE a droit à ma compassion. Je n'aime pas voir un homme pleurer parce qu'il est accablé par l'injustice populacière et médiatique.
Et si j'utilisais les méthodes d'insinuation de ces pauvres types, je laisserais entendre que monsieur PEYRELEVADE a tout intérêt à insinuer que le Président de la République a arrangé l'affaire ; il est le Vice-Président du MoDem, c'est-à-dire le porte-parole de monsieur BAYROU ; que monsieur AUBERT, l'ancien Président du CDR, ne tient pas à aggraver les comptes de cette structure de liquidation, et que les éminences socialistes - et ils sont là très imprudents - comptent mettre au débit de l'actuel Président de la République, leurs erreurs et leur mauvaise gestion des affaires, quand ils étaient au pouvoir. Mais hélas, je crois qu'ils sont tous de bonnes foi. Et c'est bien cela qui est grave. Leurs vraies larmes à eux sont des larmes de crocodiles.


samedi 26 juillet 2008

Ils ne manquent pas d'air

Il y en a des qui ne manquent pas d'air. Et je vais peut être le leur raréfier. Monsieur AYRAULT, au sourire si doux, s'offusque du jugement arbitral rendu dans le conflit qui oppose le Crédit Lyonnais à Bernard TAPIE. Je dirai d'abord que je n'ai pour ce dernier aucune admiration particulière. Mais tout de même, à plusieurs reprises, les juridictions chargés de rendre un jugement dans cette affaire, ont bien indiqué que monsieur TAPIE avait été grugé. Le Crédit Lyonnais, au moment de la vente d'ADIDAS était une banque nationalisée, sous le contrôle de l'Etat. Mais monsieur AYRAULT, donc, écrit à madame LAGARDE pour lui demander de ne pas valider l'arbitrage rendu en faveur de monsieur TAPIE. Embouchant la même trompette que monsieur BAYROU, d'ordinaire mieux inspiré, il trouve en effet inadmissible que le contribuable ait a payer l'indélicatesse commise à l'encontre du Ministre de la Ville de Monsieur MITTERRAND. J'aurais aimé qu'il ait la même belle attitude, quand il eut vent du trou faramineux creusé par la calamiteuse gestion de cette Banque Nationalisée. Nul ne peut aujourd'hui évaluer avec certitude l'ampleur de ce trou qui atteint sans doute près de 180 milliards de francs lourds, payés par le contribuable. Rappelons aussi que le Consortium de Réalisation chargé de liquider les actifs du Crédit Lyonnais a été créé en vue d'apurer cette situation financière catastrophique (liquidation des actifs douteux). Et monsieur AUBERT, qui en fut le Président, est bien mal venu de trouver inadmissible, ou plutôt inexplicable, le jugement rendu, en conformité avec la Loi, par un tribunal arbitral saisi par le CDR lui-même. On devrait donc faire des économies là ou on peut, y compris en trichant avec les victimes des malversations ? Tout cela est minable, et accuser de collusion messieurs TAPIE et SARKOZY, et les membres du Tribunal arbitral (déclaré par monsieur AUBERT justice privée non transparente) relève encore une fois des insinuations les plus basses. A moins que monsieur AUBERT ait des informations précises. Dans ce cas, il lui revient de saisir les tribunaux. Quand on accuse sur ce mode, il faut avoir des preuves. Quand à monsieur AYRAULT ou monsieur Le ROUX, et toutes les belles consciences de gôôôôche, elles devraient se souvenir que par le jeu des nationalisations, le PS a ruiné la France pour au moins une décennie. S'ils revenaient au pouvoir, je ne suis pas sûr qu'ils recommenceraient.
PS : un lecteur commente mon billet "Habiter sa vie". Je lui demande bien vouloir lire ma réponse. Et je consacrerai un billet à cette question qui clarifiera ce que j'ai voulu dire d'un Jésus destructeur de toutes les religions.

jeudi 7 février 2008

Gogos ter

La Cour des Comptes vient de publier son rapport annuel. Edifiant. On y apprend que la privatisation des sociétés d'autoroute ne s'est pas accompagnée de clauses qui eûssent protégé l'usager contre les hausses abusives des tarifs. Le patrimoine immobilier de l'Etat, dont il semble impossible de faire un inventaire exact, a été géré "au fil de l'eau". Mais le pire est encore dans le constat que fait la cour sur la manière dont les "actifs douteux hérités du Crédit Lyonnais, du Gan et du Crédit Foncier de France dans les années 1990" ont été liquidés ; la liquidation aura coûté aux contribuables, tenez-vous bien, 20 milliards d'euros, plus que le trou de la Sécu. On peut donc gloser sur les dérives des banques privées dont la Société Générale. Alors nationalisées, les institutions sus-nommées n'étaient pas mieux gérées, et ce ne sont pas les actionnaires qui ont eu à en pâtir, mais les contribuables qui n'en pouvaient mais et n'avaient pas leur mot à dire dans les décisions stratégiques prises par leurs dirigeants. (Ce qui, d'un point de vue de la philosophie politique, soulève la question de la délégation du pouvoir par le peuple en démocratie.) Ainsi, ce n'est pas la forme, publique ou privée d'une banque ou d'une compagnie d'assurance, qui prémunit contre l'appât du gain ou la passion du jeu ; ce qui motive collectivement et individuellement les professionnels de la banque, c'est tout simplement le goût du pouvoir, de l'argent et du prestige. Mais cette motivation est inconsciente et inhérente au métier même. On ne peut faire de procès à ces femmes et ces hommes qui travaillent souvent d'arrache-pied et avec une compétence redoutable dans ces métiers. Il faut donc renvoyer dos à dos les tenants des deux formules (public versus privé), et imposer une nouvelle manière d'envisager les fins pour lesquelles les banques ont été créées : pour aider les entreprises et les particuliers dans leurs projets d'investissement moyennant une rétribution du service rendu. (Il y aurait bien des choses à dire sur ce service ; il me semble que ce sont les clients plus que les banquiers qui rendent service ; qu'ils prêtent ou qu'ils empruntent, ils permettent à ces banques de placer leurs liquidités, et font des emprunteurs des courtiers.)
Il ne faut tout de même pas nous prendre pour des gogos (ter) ! J'ai bien conscience d'être utopique, et de ramer à contre-courant du siècle qui se vautre dans l'argent, comme des laies dans la boue. Mais nous devons prendre conscience de ces dysfonctionnements pour y remédier résolument.